Il neige sur les nuages

J’utilise Drop­box pour syn­chro­ni­ser mes ter­mi­naux numé­riques. Je consi­dère cet outil comme un excellent ins­tru­ment pour pour­suivre mon tra­vail d’écriture d’un poste à l’autre, domi­cile, tra­vail, tra­jets… Je l’utilise éga­le­ment comme une excrois­sance numé­rique de mon bureau du moment, c’est-à-dire comme un outil de sau­ve­garde de mes don­nées. Cela ne peut fonc­tion­ner que si le ser­vice dans les nuages est fiable. C’est là que le prin­ci­pal risque réside.

Car si le nuage se troue alors mon patri­moine numé­rique devient poreux. C’est le cas depuis dix jours sur mon compte Drop­box pre­mium. Drop­box récu­père auto­ma­ti­que­ment les pho­to­gra­phies que je prends dans mon télé­phone riche (smart­phone en anglais). C’est pra­tique. Sauf quand on reçoit les images de quelqu’un d’autre sur son ordinateur!

C’est ce qui m’est arrivé à deux reprises récem­ment. Deux petits gar­çons se sont invi­tés dans mon dos­sier « Char­ge­ments appa­reil photo ». Ils semblent aimer le foot­ball (soc­cer en amé­ri­cain et québecquois).

Mon nouveau copain numérique

Mon nou­veau copain numérique

Mon nouveau copain numérique

Mon autre nou­veau copain numérique

Bref, il ne neige peut-​être pas sur Liège mais il neige sur mes nuages. Pour l’instant, rien de bien grave, car je suis inca­pable d’identifier cet enfant, et les pho­tos ne sont pas bien méchantes. Mais sur le prin­cipe, c’est inquié­tant. Qui a reçu les pho­to­gra­phies de mon fils assem­blant et pei­gnant un avion de chasse de la deuxième guerre mon­diale? (merci de les rame­ner aux objets trouvés).

Accès libre, accès ouvert, quelques précisions basiques

Free Child Walking

Free Child Wal­king on White Round Spheres Balance Crea­tive Com­mons. Par D. Sha­ron Pruitt, licence CC.

Il appa­raît que la culture juri­dique rela­tive aux droits d’auteurs n’est pas assez lar­ge­ment dif­fu­sée pour per­mettre un déve­lop­pe­ment serein et pré­cis des usages autour de l’accès ouvert. Je ne suis pas juriste, et je suis sûr que mes amis juristes com­men­te­ront abon­dam­ment chaque vir­gule de ce texte, mais je peux tout de même appor­ter quelques éclai­rages sur l’usage du droit d’auteurs dans le contexte de l’accès ouvert.

On dis­tingue le libre open access et le gra­tis open access.

Gra­tis open access

C’est ce que j’appelle l’accès ouvert. Un docu­ment en accès ouvert est consul­table sans bar­rière autre que la capa­cité d’avoir un accès à inter­net et un navi­ga­teur web. Il ne faut donc pas payer (d’où le « gra­tis ») ni s’identifier pour avoir accès au texte inté­gral. Une par­tie des archives ouvertes a adopté ce modèle. Lorsqu’elles exposent leurs méta­don­nées en OAI-​PMH, elles sont, par défaut, pro­té­gées par le droit. Il est pos­sible de citer ces conte­nus sous forme de « courte cita­tion », mais pas pos­sible de repu­blier le texte inté­gral. D’un point de vue stric­te­ment juri­dique, les méta­don­nées sont pro­té­gées comme le texte inté­gral. Mais, du point de vue des usages, les méta­don­nées (= titre, auteur, résumé, URL du docu­ment sur l’archive ouverte) ont inté­rêt à cir­cu­ler pour don­ner plus de visi­bi­lité au texte et à la pla­te­forme d’origine. Dès lors, même s’il fau­drait une auto­ri­sa­tion pour repu­blier les méta­don­nées, dans les faits, per­sonne ne s’en offusque (ceux qui veulent un contrôle total de leurs méta­don­nées vont jusqu’à mettre une bar­rière à l’accès de leur dépôt OAI-​PMH). En ce qui concerne le texte inté­gral, il en est autre­ment : repu­blier le texte inté­gral sur un site tiers aug­mente la visi­bi­lité du texte mais prive le site d’origine de la capa­cité de mesu­rer les usages. Il ne peut donc pas prendre la mesure des usages, qui est la prin­ci­pale « rétri­bu­tion » du site, ce qui lui per­met notam­ment de pour­suivre son activité.

Libre open access

C’est ce que j’appelle l’accès libre. Le libre open access est une com­bi­nai­son de l’accès ouvert (les textes sont acces­sibles sans iden­ti­fi­ca­tion et sans paie­ment) et d’une licence libre, per­met­tant la réuti­li­sa­tion dans cer­taines condi­tions. Le type de licence libre le plus uti­lisé est la licence Crea­tive Com­mons, mais d’autres peuvent être uti­li­sées. La licence la plus ouverte en crea­tive com­mons est CC BY : le texte peut être uti­lisé libre­ment, repu­blié et même modi­fié, à condi­tion que l’auteur soit cré­dité et que la source soit men­tion­née. La licence la plus res­tric­tive est CC BY NC ND : le texte peut être uti­lisé libre­ment, répu­blié, mais pas modi­fié et aucune uti­li­sa­tion com­mer­ciale ne peut en être faite. Dans ce cas, il est impos­sible de vendre le texte. Vendre des ser­vices connexes au texte est-​il auto­risé? Je ne sais pas trop.

Les men­tions légales

Nor­ma­le­ment, les men­tions légales d’un site sont obli­ga­toires. Elles font par­tie des bonnes pra­tiques et devraient être pré­sentes sous forme de lien dans chaque page de chaque site web. Par exemple, les men­tions légales d’OpenEdition : http://​www​.ope​ne​di​tion​.org/​6​540 C’est un exer­cice impar­fait, mais nécessaire.

Les men­tions légales per­mettent de savoir les condi­tions juri­diques d’utilisation du site web consulté. En l’absence de men­tions légale, le régime de pro­priété intel­lec­tuelle et la pro­tec­tion juri­dique des bases de don­nées s’applique. On peut donc lire, mais pas republier.

Libre ou gra­tis, d’abord, ensuite, après?

Il est plus dif­fi­cile d’atteindre le libre open access, car il faut convaincre les édi­teurs et les auteurs de céder plus de droits. Cer­tains pensent qu’il faut faire l’effort d’un coup, vers le libre open access. D’autres pensent qu’il faut pro­cé­der par étapes et com­men­cer par l’accès ouvert (gra­tis open access).

En tout état de cause, lorsque j’ai déposé sur HAL mes articles, j’ai auto­risé HAL à repu­blier les méta­don­nées et le texte inté­gral de l’article. Je n’ai pas cédé d’autres droits. Donc, pour auto­ri­ser un tiers à repu­blier mes articles, HAL doit m’en deman­der l’autorisation et à 50 000 ou 100 000 autres auteurs éga­le­ment. Dès lors, deman­der à HAL l’autorisation de repu­blier leurs 239 000 articles ne peut pas débou­cher sur une réponse posi­tive : ils n’ont pas cette pos­si­bi­lité au moment où j’écris ces lignes. En revanche, il est pos­sible de poin­ter vers l’article sur HAL très faci­le­ment. C’est la bonne pra­tique qu’il faut développer.

Une erreur courante

La presse est sou­mise au même régime juri­dique que les conte­nus scien­ti­fiques. Nous ren­con­trons de temps en temps un car­ne­tier d’Hypothèses qui croit qu’il peut repu­blier inté­gra­le­ment sur son car­net de recherche un article du jour­nal Le Monde parce que celui-​ci est en accès ouvert. Il est bien en accès ouvert (gra­tis open access) et non accès libre (libre open access). Par consé­quent, il n’est pas pos­sible de citer le texte autre­ment que sous la forme de courte cita­tion, sauf à avoir obtenu l’accord expli­cite des ayants-​droits. C’est la rai­son pour laquelle, en tant qu’hébergeur, je donne 24 heures au car­ne­tier fau­tif pour reti­rer le texte copié sans autorisation.

Un angle mort ? Les infrastructures pour les SHS en général et pour les carnets de recherche en particulier

A blind spot ?

cette image a été conçue par Elo­die Faath. Elle repré­sente les sites cités par les car­ne­tiers d’Hypothèses.

J’ai récem­ment orga­nisé un panel sur le blog­ging scien­ti­fique (qu’on pourra appe­ler car­ne­tage scien­ti­fique si on veut) au Forum mon­dial des sciences sociales, qui se tenait cette année à Mont­réal. Nous fai­sions le voyage pour le compte d’HESAM. André Gun­thert, Loïc le Pape et Arthur Char­pen­tier étaient de l’aventure, qui avait pour titre « Minor forms of aca­de­mic com­mu­ni­ca­tion: revam­ping the rela­tion­ship bet­ween science and society? « . Deux contri­bu­tions ont été publiées en ligne (Texte et suite d’Arthur Char­pen­tier et André Gun­thert). Ma contri­bu­tion avait pour titre « A blind spot? Digi­tal infra­struc­tures for digi­tal publi­shing, and for aca­de­mic blog­ging in particular ».

Une forme conversationnelle

The missing linkJ’y ai défendu l’idée (que j’emprunte, me semble-​t-​il, à Pierre Mou­nier) que le blog­ging scien­ti­fique se situe à l’intersection des formes clas­siques de com­mu­ni­ca­tion scien­ti­fique. Il n’est pas exac­te­ment une confé­rence (oral public), ni une publi­ca­tion (écrit public), ni une cor­res­pon­dance (écrit privé), ni une conver­sa­tion (oral privé), mais un assem­blage de toutes ces dimen­sions, pour pro­duire une forme que j’appelle mineure de com­mu­ni­ca­tion scien­ti­fique. Cette forme est mineure car elle n’entre pas dans les formes cano­niques (confé­rence, publi­ca­tion) qui sont évaluées.

Woodcut carved by Johann von Armssheim (1483). Portays a disputation between Christian and Jewish scholars (Soncino Blaetter, Berlin, 1929. Jerusalem, B. M. Ansbacher Collection). http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Disputation.jpg

Wood­cut car­ved by Johann von Arm­ssheim (1483). Por­tays a dis­pu­ta­tion bet­ween Chris­tian and Jewish scho­lars (Son­cino Blaet­ter, Ber­lin, 1929. Jeru­sa­lem, B. M. Ans­ba­cher Col­lec­tion). http://​com​mons​.wiki​me​dia​.org/​w​i​k​i​/​F​i​l​e​:​D​i​s​p​u​t​a​t​i​o​n​.​jpg

Ce sta­tut de micro-​publication (terme uti­lisé par André Gun­thert dans sa pré­sen­ta­tion) consti­tue une chance, car elle réduit la pres­sion aca­dé­mique pesant sur l’objet, ce qui per­met de s’ouvrir à des expres­sions moins for­melles et lis­sées. Dans le car­net de recherche, il y a une forme de liberté que nous n’avons pas dans les livres et dans les articles qui contri­buent à l’avancement de la car­rière uni­ver­si­taire. Ces points ont été plus lon­gue­ment déve­lop­pés dans « Les car­nets de recherche en ligne, espace d’une conver­sa­tion scien­ti­fique décen­trée notre contri­bu­tion (Pierre et moi) au deuxième tome des Lieux de savoir diri­gés par Chris­tian Jacob. Le carac­tère conver­sa­tion­nel du car­net de recherche, paraît essen­tiel au déve­lop­pe­ment d’une pen­sée collective.

Nombre moyens de commentaires par billet sur Hypothèses (octobre 2013)

Nombre moyens de com­men­taires par billet sur Hypo­thèses (octobre 2013)

La conver­sa­tion prend diverses formes. La plus évi­dente de ces formes est le com­men­taire. En 2009, la pla­te­forme Hypo­thèses comp­ta­bi­li­sait plus de 3 com­men­taires par billets. Depuis, le nombre a baissé, pour atteindre un peu plus d’un com­men­taire par billet. Il fau­drait ici affi­ner la mesure, afin d’éliminer les car­nets qui se concentrent sur de la com­mu­ni­ca­tion, par oppo­si­tion à la conver­sa­tion scien­ti­fique. En effet, le suc­cès de la pla­te­forme Hypo­thèses a vu se diver­si­fier le type de car­nets de recherches et émer­ger des car­nets plus offi­ciels et ins­ti­tu­tion­nels. Or, les car­nets qui sont des canaux de dif­fu­sion venant d’organisations plus que des espaces d’échanges attirent peu les com­men­taires, ce qui paraît nor­mal. Dans ces condi­tions, le nombre de com­men­taires par billet me paraît tou­jours rela­ti­ve­ment élevé.

Nombre moyen de twitts par documents présents sur les plateformes d'OpenEdition (en septembre 2014)

Nombre moyen de twitts par docu­ments pré­sents sur les pla­te­formes d’OpenEdition (en sep­tembre 2014)

Avec l’aide d’Elodie Faath (coor­di­na­trice d’Ope­nE­di­tion Lab), j’ai com­paré l’écho conver­sa­tion­nel des quatre pla­te­formes d’OpenEdition sur le réseau Twit­ter. Il appa­raît clai­re­ment que les billets s’intègrent beau­coup plus dans les échanges sur Twit­ter que les autres types de conte­nus que sont les articles, les cha­pitres et les pro­grammes d’événements scien­ti­fique. Cela est pro­ba­ble­ment dû au fait que Twit­ter est un dis­po­si­tif conver­sa­tion­nel, de la même façon que les car­nets de recherches.

Score de fidélité des plateformes d'OpenEdition en septembre 2013

Score de fidé­lité des pla­te­formes d’OpenEdition en sep­tembre 2013

J’ai pro­posé, en 2009, la notion de conver­sa­tion silen­cieuse pour décrire le méca­nisme invi­sible qui mène les lec­teurs à être plus fidèles à des car­nets de recherches qu’à des revues. J’ai testé la pro­po­si­tion avec les don­nées de sep­tembre 2013, mais cette fois en me pen­chant non pas sur le car­net ou la revue, mais sur la pla­te­forme. On y découvre un score de fidé­lité se situant entre 1,5 et 2 pour Revues​.org et Calenda, et un score attei­gnant 2,5 pour Hypo­thèses. Plus inté­res­sant encore, la fidé­lité des uti­li­sa­teurs des car­nets anglo­phones et ger­ma­no­phones est plus éle­vée (valeur : 3). Il semble donc pos­sible d’identifier des com­por­te­ments lin­guis­tiques spé­ci­fiques. Ils s’expliquent sans doute par le fait que les com­mu­nau­tés de car­ne­tiers ger­ma­no­phones et anglo­phones d’Hypothèses sont plus récentes, et donc pro­ba­ble­ment plus enthou­siastes et proches des Digi­tal huma­ni­ties. Si ce déca­lage est bien lié à la jeu­nesse des com­mu­nau­tés ger­ma­no­phone et anglo­phone sur Hypo­thèses, il devrait se résor­ber au fur et à mesure que celles-​ci se déve­loppent. Il reste que la conver­sa­tion silen­cieuse est net­te­ment plus forte autour des car­nets, quelle que soit leur langue, qu’autour des revues.

Affluents d'Hypothèses entre septembre 2012 et septembre 2013. Les moteurs de recherches sont retirés

Affluents d’Hypothèses entre sep­tembre 2012 et sep­tembre 2013. Les moteurs de recherches sont retirés

Obser­vons à pré­sent les affluents (en anglais, refer­rers) qui apportent des visites à Hypo­thèses. En dehors des moteurs de recherches, les cinq pre­miers affluents sont Face­book, Twit­ter, Hypo­thèses, Ope­nE­di­tion et Scoop​.it. Trois des cinq pre­miers affluents sont donc des réseaux sociaux, de nature conver­sa­tion­nelle. Les deux autres sont Hypo­thèses (pla­te­forme nati­ve­ment conver­sa­tion­nelle) et Ope­nE­di­tion. Res­tent 1500 autres affluents, qui apportent, de façon cumu­lée, autant de fré­quen­ta­tion à Hypo­thèses que les cinq pre­miers affluents. Ils ne sont donc pas secon­daires. Ils consti­tuent même l’armature dis­tri­buée du réseau.

Emer­gence et rôle des plateformes

L'émergence des plateformes

L’émergence des plateformes

A ce pre­mier phé­no­mène conver­sa­tion­nel, qui se joue à l’échelle des indi­vi­dus, s’ajoute un phé­no­mène indus­triel, qui se joue à l’échelle des infra­struc­tures. Depuis une dizaine d’années, les pla­te­formes se sont déve­lop­pées et jouent un rôle de plus en plus impor­tant. C’est le cas à l’échelle géné­rale du Web (Face­book, Yahoo, Twit­ter, Bing sont des pla­te­formes), mais aussi dans de l’édition (Wiki­pé­dia) et dans celui de l’édition uni­ver­si­taire. ArXiv, HAL, Scielo, Plos, Per­sée et Ope­nE­di­tion sont des pla­te­formes. Elles se carac­té­risent par une masse cri­tique de docu­ments, de par­te­naires, de moyens et de tech­no­lo­gies et de fonc­tion­na­li­tés, qui leur per­mettent de s’appuyer sur des effets d’échelles et sur des effets de réseaux qui conso­lident leurs posi­tions. Hypo­thèses, qui est une des pla­te­formes d’OpenEdition, ne fait pas exception.

Hypothèses, une plateforme

Hypo­thèses, une plateforme

Le nom « Hypo­thèses » a été choisi car il s’agit d’un espace où chaque peut tes­ter ses hypo­thèses dans la chambre d’écho (ou même le gueu­loir flau­ber­tien) que consti­tue le car­net de recherches.

Nombre de carnets sur Hypothèses

Nombre de car­nets sur Hypothèses

Le nombre de car­nets pré­sents sur Hypo­thèses ne cesse de croître. Le gra­phique montre clai­re­ment une crois­sance très forte : nous venons d’atteindre le 700e car­net. En réa­lité, nous en avons créé envi­ron 1400, mais tous les car­nets ne sont pas ajou­tés au cata­logue. Il s’agit, ici, seule­ment des car­nets qui sont ajou­tés au cata­logue d’OpenEdition. Ceux-​ci reçoivent alors un ISSN et sont inté­grés dans le moteur de recherche d’OpenEdition.

En millions

En mil­lions

La demande sociale venant de la com­mu­nauté de l’enseignement supé­rieur et de la recherche est donc très forte. La fré­quen­ta­tion de la pla­te­forme est, elle aussi, signi­fi­ca­tive, mon­trant l’intérêt d’un lec­to­rat étendu pour ce type de contenus.

La pla­te­forme ne se contente pas d’accueillir des car­nets de recherches. Elle réa­lise un tra­vail de valo­ri­sa­tion édi­to­riale qui a pour objec­tif d’apporter une valeur ajou­tée aux lec­teurs, en hié­rar­chi­sant l’information.

Schéma simplifié des cinq étapes du workflow d'Hypothèses

Schéma sim­pli­fié des cinq étapes du work­flow d’Hypothèses

Ce tra­vail de valo­ri­sa­tion se construit gros­siè­re­ment par cinq étapes d’un work­flow édi­to­rial. Le car­ne­tier dépose une can­di­da­ture (1) qui, si elle est rete­nue, fait l’objet d’une créa­tion tech­nique (2). Si le car­net montre une acti­vité réelle et conforme aux objec­tifs de recherches d’Hypothèses, celui-​ci est ajouté au cata­logue (3) et un ISSN lui est attri­bué (ce point a fait l’objet de longues dis­cus­sions avec le bureau fran­çais des ISSN et des dis­cus­sions sont en cours avec le bureau de nom­breux autres pays). L’histoire ne s’achève pas là.

Des billets placés en bandeau

Des billets pla­cés en bandeau

Le conseil scien­ti­fique d’Hypothèses (en fait, les conseils scien­ti­fiques) sélec­tionne des billets en fonc­tion de leur carac­tère remar­quable et les place soit :

- à la Une d’une des pla­te­formes ou de la pla­te­forme générale.

- en ban­deau d’une des pla­te­formes ou de la pla­te­forme géné­rale. En géné­ral, seul un billet est mis en ban­deau par jour. Un tra­vail ico­no­gra­phique et de titraille est réalisé.

La visi­bi­lité et la valeur ajou­tée appor­tée par la pla­te­forme au car­net et/​ou au billet aug­mentent à mesure de la pro­gres­sion dans le pro­ces­sus, de la phase 1 à la phase 5.

Billets à la une

Billets à la une

Nous réa­li­sons éga­le­ment diverses acti­vi­tés de com­mu­nity mana­ge­ment, sur les listes de dis­cus­sion lin­guis­tiques des carn­tiers, et de docu­men­ta­tion, sur les espaces dédiés à cet effet : Mai­son des car­nets, Blo­ghaus, La casa de los blogs. Ces espaces et ces ani­ma­tions de com­mu­nau­tés sont réa­li­sés dans la langue des car­ne­tiers, par nos par­te­naires (UNED pour l’espagnol, Fon­da­tion Max Weber pour l’allemand) ou par Ope­nE­di­tion (pour le fran­çais). Nous sommes en train de construire un conseil scien­ti­fique, une liste de dis­cus­sions et une docu­men­ta­tion anglo­phones (par­te­naires wel­come !).

Ceci n’est ni facile ni gra­tuit. Cela coût de l’argent et c’est un point sur lequel je vou­drais insis­ter. Car, pour faire fonc­tionne une pla­te­forme comme Hypo­thèses, il faut quelques moyens. Il faut des per­sonnes qui gèrent le work­flow, qui répondent aux ques­tions des uti­li­sa­teurs, qui rédigent de la docu­men­ta­tion, qui tra­duisent, qui testent et retestent des fonc­tion­na­li­tés nou­velles, qui mettent à jour la pla­te­forme, qui coor­donnent et réa­lisent les déve­lop­pe­ments, qui assurent la main­te­nance sys­tème, la haute dis­po­ni­bi­lité et la sau­ve­garde des don­nées. Cet ensemble de fonc­tion­na­li­tés consti­tuent une infra­struc­ture.

The digi­tal infra­struc­tures gap

Par chance, l’Europe a décidé de se doter d’infrastructure pour la recherche. Ces infra­struc­tures intègrent le pro­gramme ESFRI. Le Stra­tegy Report on Research Infra­struc­tures — Road­map 2010 est éclai­rant sur les infra­struc­tures exis­tantes et sur la place des Sciences humaines et sociales (SHS) en leur sein. On y découvre des mon­tants pré­cis rela­tifs aux coûts de construc­tion puis de fonc­tion­ne­ment des infra­struc­tures concer­nées. On y découvre ce qui était à craindre : les sciences humaines et sociales ne sont pré­sentes qu’à la marge (1% du coût total de construc­tion), avec des pro­jets comme DARIAH et CLARIN

Coût de construction des infrastructures ESFRI

Pour­tant, ces infra­struc­tures joue­ront demain un rôle dépas­sant celui que jouaient hier les biblio­thèques et les archives. L’affaire est d’importance. Elle est, pour l’instant, ter­ri­ble­ment sous-​estimée par les poli­tiques publiques.

Coût de construction des infrastructures ESFRI

Coût de construc­tion des infra­struc­tures ESFRI

Pour­tant, l’édition élec­tro­nique en accès ouvert, que ce soit sous la forme de livres et d’articles dif­fu­sés en ligne, ou de nou­velles formes de com­mu­ni­ca­tion scien­ti­fique (wiki et car­nets de recherches, notam­ment), consti­tue une oppor­tu­nité unique de rap­pro­cher (d’autres diront récon­ci­lier) les sciences humaines et sociales et la société. C’est ce que nous avons appelé, avec Pierre Mou­nier, le canon à idées (dans Moritz Huns­mann, Sébas­tien Kapp (dir), Deve­nir cher­cheur. Ecrire une thèse en sciences sociales, Édi­tions de l’EHESS, col­lec­tion Cas de figure, 10 octobre 2013, p. 251. ISBN 978 – 2-​7132 – 2416-​4.). Il serait bien triste que le tour­nant numé­rique ne soit pas plei­ne­ment négo­cié par les SHS en rai­son d’une per­cep­tion incom­plète des enjeux et pers­pec­tives de l’accès ouvert et des huma­ni­tés numériques.

Image cc par edbrambley

Image cc par edbrambley

Abs­tract

After seve­ral cen­tu­ries of deve­lop­ment, know­ledge tech­no­lo­gies today form a highly orga­ni­sed eco­sys­tem, struc­tu­red around books and jour­nals and with its own clearly iden­ti­fied pro­fes­sions, infra­struc­tures and actors. From publi­shers to libra­rians, authors to book­sel­lers, a book indus­try has emer­ged and encou­rages the cir­cu­la­tion of ideas. With the rise of the net­work, these roles are slowly being rede­fi­ned and new actors are rapidly emer­ging. The 2006 ACLS report (“Our Cultu­ral Com­mon­wealth: The Report of the Ame­ri­can Coun­cil of Lear­ned Socie­ties Com­mis­sion on Cybe­rin­fra­struc­ture for the Huma­ni­ties and Social Sciences”) is one of the first signs of recog­ni­tion of the need for digi­tal infra­struc­tures. These infra­struc­tures are not sim­ply confi­ned to “noble” publi­ca­tions i.e. books and jour­nals. They also concern the so-​called minor forms of aca­de­mic com­mu­ni­ca­tion. Yet deve­lo­ping such infra­struc­tures requires much more than sim­ply ins­tal­ling a ser­ver under a desk. On the contrary, digi­tal infra­struc­tures neces­si­tate the crea­tion of plat­forms, which in turn entail the emer­gence of new teams and new pro­fes­sions – those of digi­tal publi­shing. These plat­forms are often deve­lo­ped or bought up by pre­da­tory mul­ti­na­tio­nals (for example, Men­de­ley absor­bed by Else­vier). Academic-​led alter­na­tives do exist (Zotero for biblio­gra­phies, Hypo­theses for blogs), yet the aca­de­mic com­mu­nity has fai­led to fully reco­gnise the asso­cia­ted oppor­tu­ni­ties and risks. The aca­demy has every inter­est in making sure it does not become mar­gi­na­li­sed within its own infra­struc­tures. The alter­na­tive is to repro­duce the vaga­ries of the extra­or­di­na­rily concen­tra­ted glo­bal publi­shing sys­tem, which has strip­ped the research sec­tor of some of its intel­lec­tual and bud­ge­tary initiative-​taking capacities.

Résumé

Voici son résumé en fran­çais : « Après plu­sieurs siècles de déve­lop­pe­ment, les tech­no­lo­gies du savoir ont abouti à un éco­sys­tème très struc­turé autour du livre et de la revue, avec des métiers, des infra­struc­tures et des acteurs clai­re­ment iden­ti­fiés. De l’éditeur à la biblio­thèque, de l’auteur à la librai­rie, un monde du livre s’est déve­loppé et a favo­risé la cir­cu­la­tion des idées. Avec l’avènement du réseau, ces rôles se redé­fi­nissent len­te­ment et de nou­veaux acteurs émergent rapi­de­ment. Le rap­port de l’ACLS en 2006 (Our Cultu­ral Com­mon­wealth, The report of the Ame­ri­can Coun­cil of Lear­ned Socie­ties Com­mis­sion on Cybe­rin­fra­struc­ture for the Huma­ni­ties and Social Sciences) est une des pre­mières prises de conscience de ce besoin d’infrastructures numé­riques. Celles-​ci ne concernent pas que les objets nobles, comme la revue et le livre. Elles concernent éga­le­ment les formes dites mineures. Or, il ne suf­fit pas pas de poser un ser­veur sous un bureau pour déve­lop­per de telles infra­struc­tures. Au contraire, elles néces­sitent la créa­tion de pla­te­formes, qui occa­sionnent la nais­sance de nou­velles équipes et de nou­veaux métiers, ceux de l’édition élec­tro­nique. Ces pla­te­formes sont sou­vent pro­po­sées ou rache­tées par des mul­ti­na­tio­nales pré­da­trices (Men­de­ley absorbé par Else­vier). Les alter­na­tives issues du monde uni­ver­si­taire existent (Zotero pour les biblio­gra­phies, Hypo­thèses pour les blogs), mais sans que la com­mu­nauté uni­ver­si­taire ait pris la pleine mesure des oppor­tu­ni­tés et des risques que cela repré­sente. L’université aurait inté­rêt à ne pas se lais­ser mar­gi­na­li­ser dans ses propres infra­struc­tures, au risque de repro­duire les erre­ments liés au sys­tème édi­to­rial mon­dial, extra­or­di­nai­re­ment concen­tré, qui a lar­ge­ment dépos­sédé le monde de la recherche de capa­ci­tés d’initiatives intel­lec­tuelles et budgétaires.

Il importe à la félicité du genre humain que soit fondée une Encyclopédie…

Leibniz_Monadology_2

Leibniz_​Monadology_​2

« Il importe à la féli­cité du genre humain que soit fon­dée une Ency­clo­pé­die, c’est-à-dire une col­lec­tion ordon­née de véri­tés suf­fi­sant, autant que faire se peut, à la déduc­tion de toutes choses utiles. » Ini­tia et spe­ci­mina scien­tiae gene­ra­lis, 1679-1680.

Source : http://​fr​.wiki​pe​dia​.org/​w​i​k​i​/​G​o​t​t​f​r​i​e​d​_​W​i​l​h​e​l​m​_​L​e​i​b​niz

Humanités numériques, l’association

Quelques notes rapides, avant THAT Camp Saint Malo auquel je ne pour­rai pas par­ti­ci­per concrè­te­ment, car je suis en ce moment à Mont­réal, suite à ma par­ti­ci­pa­tion au Forum mon­dial des sciences sociales. J’y mets en place de riches par­te­na­riats entre Ope­nE­di­tion et d’autres acteurs, qué­bec­quois, mais aussi mexi­cains, bré­si­liens, de Nouvelle-​Zélande, séné­ga­lais, etc.

Les sites cités par les carnetiers d'Hypothèses. Image par Elodie Faath.

Les sites cités par les car­ne­tiers d’Hypothèses. Image par Elo­die Faath.

Nous en par­lons depuis THAT Camp Paris, 1ère édi­tion, qui fut le pre­mier THAT Camp euro­péen, juste avant Cologne et Londres, de cette asso­cia­tion fran­co­phone des huma­ni­tés numé­riques. Nous n’avons pas la culture de créer des struc­tures et des com­mis­sions à la vitesse de l’éclair, contrai­re­ment à cer­tains de nos voi­sins. Cela peut appa­raître comme de la len­teur, mais je l’interprète plu­tôt comme une pro­pen­sion à pen­ser le pro­jet scien­ti­fique et poli­tique avant de mettre sur pied l’institution. On sent par­fois trop, dans la course ins­ti­tu­tion­nelle qui se joue depuis quelques années autour des Digi­tal huma­ni­ties, la course aux hon­neurs et aux postes de pou­voir. Oui, nous avons pris le temps de la réflexion, notam­ment à tra­vers cinq années de sémi­naire à Paris (grâce à la très fer­tile liberté don­née par l’EHESS à ses membres, dans le cadre Pierre Mou­nier, Auré­lien Berra et moi-​même) : 2009, 2010, 2011, 2012, 2013.

Je pro­pose que la future Asso­cia­tion fran­co­phone des huma­ni­tés numé­riques (AFHN pour les intimes, mais qui pourra por­ter d’autres noms) se posi­tionne clai­re­ment sur un cer­tain nombre de points.

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« The book is a conversation ». Really ?

'Sitting on history'Ori­gi­nal ver­sion in french. Trans­la­tion with help from Google trans­late. Opi­nions are mine. Errors are Google’s. ;-)

The 1st and 2nd of July ‚ the Jisc and the consor­tium OAPEN jointly orga­ni­zed a confe­rence at the Bri­tish Library in Lon­don to invite a large com­mu­nity to work toge­ther on the future of open access books in the huma­ni­ties and social sciences.

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Le livre est une conversation”. Vraiment ?

BritishLibraryInterior02Les 1er et 2 juillet der­niers, le Jisc et le consor­tium Oapen ont orga­nisé ensemble une confé­rence à la Bri­tish Library de Londres pour convier une large com­mu­nauté d’acteurs de la publi­ca­tion en sciences humaines et sociales à réflé­chir ensemble à l’avenir de la dif­fu­sion du livre en libre accès.

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#dhiha5 Quelle(s) idéologie(s) pour les humanités numériques ?

YesWeDigital“Chez nous — cha­cun le sait — le jeune homme qui se consacre à la science com­mence nor­ma­le­ment sa car­rière par le poste de Pri­vat­do­zent. Après avoir conféré avec le spé­cia­liste de la dis­ci­pline qu’il a choi­sie et après avoir obtenu son consen­te­ment, il se fait habi­li­ter pour l’enseignement supé­rieur en pré­sen­tant un ouvrage et en se sou­met­tant aux épreuves d’un exa­men, le plus sou­vent for­mel, devant le jury de la faculté d’une uni­ver­sité. Désor­mais il pourra don­ner des cours en choi­sis­sant lui-​même son sujet dans le cadre de sa venia legendi. Mais il ne per­çoit aucun trai­te­ment, il n’a d’autre rému­né­ra­tion que la contri­bu­tion des étu­diants. En Amé­rique on débute d’une tout autre façon dans la car­rière : on y est d’abord engagé comme « assis­tant ». D’une manière assez voi­sine, par exemple, de celle qui a ordi­nai­re­ment cours dans nos grands Ins­ti­tuts des Facul­tés des sciences et de méde­cine où l’habilitation for­melle comme Pri­vat­do­zent n’est convoi­tée que par une frac­tion des assis­tants et sou­vent tardivement.
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8. MAP Decision power ratio WORLD

La stratégie du Sauna finlandais

La stra­té­gie du Sauna finlandais.

Les fron­tières de Digi­tal Huma­ni­ties. Essai de Géo­gra­phie poli­tique d’une com­mu­nauté scientifique

Marin Dacos – Mai 2013 – Ver­sion 1.0

Résumé

Les Digi­tal Huma­ni­ties, on en parle ! Mais existent-​elles comme une com­mu­nauté, unie et cohé­rente ? Le gou­ver­ne­ment de cette com­mu­nauté est-​il équi­li­bré et démo­cra­tique ? Aucune étude n’avait, jusque-​là, exploré une telle com­mu­nauté à tra­vers une enquête concer­nant ses membres, au prisme du mul­ti­lin­guisme et de la géo­gra­phie. L’enquête « Who are you, Digi­tal Huma­nists ? » lan­cée à l’issue de THAT­Camp Luxem­bourg (2012) et pro­mue au cours de DH2012 (Ham­bourg), a per­mis de récol­ter un échan­tillon incom­plet, mais déjà signi­fi­ca­tif, de 850 per­sonnes, qui ont accepté de se prê­ter au jeu du ques­tion­naire. On y découvre une très grande diver­sité lin­guis­tique et géo­gra­phique, l’existence d’un hors-​monde qui n’a pas vu l’enquête ou n’y a pas prêté atten­tion, la mar­gi­na­lité de l’anglais comme pre­mière langue, mais sa domi­na­tion comme second idiome. S’y révèlent des Digi­tal Huma­ni­ties for­te­ment mar­quées par l’Histoire et les études clas­siques, mais très peu, beau­coup trop peu, connec­tées aux dis­ci­plines s’intéressant au monde contem­po­rain, d’une part, et au sciences du Web, à la fouille de don­nées, à la fouille de textes, d’autre part. On y découvre éga­le­ment un évé­ne­ment majeur, les ren­contres Digi­tal Huma­ni­ties 2012, dont le thème était la diver­sité cultu­relle, gou­verné par l’Europe et l’Amérique du Nord, et plus pré­ci­sé­ment par le Royaume-​Uni et ses anciennes colo­nies (Irlande, Canada, Etats-​Unis d’Amérique, Aus­tra­lie). L’anglophonie a encore frappé, dira-​t-​on. Afin de mesu­rer les pro­grès de la diver­sité au cœur du pou­voir de notre com­mu­nauté, cet article pro­pose la créa­tion d’un indi­ca­teur, le Digi­tal Huma­ni­ties Deci­sion Power (DHDP), qui per­met de mesu­rer l’écart entre la taille des bas­sins de Digi­tal Huma­nists et leur pou­voir dans l’expertise et les pro­cé­dures de sélec­tion scien­ti­fiques. Sur la base de cet indi­ca­teur, un débat col­lec­tif est néces­saire pour rendre notre com­mu­nauté plus ouverte à la diver­sité lin­guis­tique et géo­gra­phique. Nous appe­lons cela la stra­té­gie du Sauna finlandais.

Appel à traduction

Après les échanges en ligne avec les lec­teurs, cet article sera pro­posé à la publi­ca­tion dans une revue spé­cia­li­sée. Je cherche des volon­taires pour la tra­duc­tion en anglais/​espagnol/​italien/​allemand/​… de cet article.

Ver­sion espa­gnole : La estra­te­gia de la sauna finlandesa

Tra­duc­ción de José López Vil­la­nueva (josemlv@​msn.​com), Uni­ver­si­dad Nacio­nal Autó­noma de México – UNAM, RedHD).

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Donner un visage à l’open access : les lecteurs

Julien Sicot a publié sur You­Tube une vidéo sous-​titrée en fran­çais expli­quant très sim­ple­ment et plu­tôt avec effi­ca­cité ce qu’est l’open access. On notera, dans cette vidéo :

- une approche très prag­ma­tique et sans agres­si­vité, ce qui est tou­jours agréable

- une vision asso­ciant les deux voies de l’open access, c’est-à-dire les archives ouvertes et les revues en accès ouvert

- une péda­go­gie mon­trant que les mon­tants des abon­ne­ments liés aux oli­go­poles grippent tout le sys­tème (sous-​entendu : inves­tis dans l’open access, ces mon­tants pour­raient chan­ger le monde)

- une volonté de don­ner un visage à tous ceux qui peuvent pro­fi­ter de l’open access. Trop sou­vent, les cher­cheurs ont ten­dance à consi­dé­rer que les per­sonnes pou­vant pro­fi­ter de l’open access sont des col­lègues et, secon­dai­re­ment, des étu­diants. La réa­lité est très dif­fé­rente, car beau­coup de lec­teurs inat­ten­dus sont pos­sibles. Ne déci­dons pas a priori du groupe de per­sonnes qui pourra être inté­ressé par nos pro­duc­tions scien­ti­fiques. En éta­blir une typo­lo­gie serait déjà ter­ri­ble­ment réduc­teurs. Laissons-​nous sur­prendre par la curio­sité des lec­teurs. C’est aussi impor­tant d’un point de vue scien­ti­fique que d’un point de vue culturel.

- que, depuis 2009, date de la réa­li­sa­tion de la vidéo, on est pas­sés de 4000 revues en OA iden­ti­fiées à 8800. Nous savons que ce chiffre sous-​estime la réa­lité, car toutes ne can­di­datent pas à un réfé­ren­ce­ment dans le DOAJ, mais aussi parce que le DOAJ a du mal à suivre le rythme, tant la crois­sance est rapide. Pas encore assez rapide? Ca vient!