Un appel d’offre sur l’édition numérique dans les pays du sud

L’Alliance inter­na­tio­nale des éditeurs indé­pen­dants qui coor­donne une réseau de dizaines de petits éditeurs sur les tous les conti­nents et se fait le héraut de la « biblio­di­ver­sité » vient de lan­cer un appel à pro­po­si­tions des plus inté­res­sants. Il s’agit de réa­li­ser une étude sur l’état de l’édition numé­rique dans les pays du sud. Le finan­ce­ment pour la réa­li­sa­tion de cette étude est prévu entre 6000 et 10 000 euros. La date de rendu du pro­jet est fixée au 29 août. Ci-​dessous, un des­crip­tif plus complet

Contexte et objec­tif de l’étude
• Le prin­ci­pal objec­tif du pro­gramme « Édition numé­rique et pays en déve­lop­pe­ment » – conduit par l’Alliance inter­na­tio­nale des éditeurs indé­pen­dants en par­te­na­riat avec la Fon­da­tion Prince Claus – vise « à établir les condi­tions d’intégration de l’édition numé­rique comme un des ave­nirs pos­sibles de l’édition dans les pays en développement ».

Pour cela, quatre phases consé­cu­tives sont pro­gram­mées sur trois ans (2010 – 2012).

La pre­mière phase du pro­gramme pré­voit la réa­li­sa­tion d’une étude qui per­met­trait à la fois d’apporter les pre­miers éléments de réponse à la pro­blé­ma­tique géné­rale, tout en pré­pa­rant les phases ultérieures.

Pré­sen­ta­tion des par­te­naires du programme

Alliance inter­na­tio­nale des éditeurs indé­pen­dants (www​.alliance​-edi​teurs​.org)
L’Alliance inter­na­tio­nale des éditeurs indé­pen­dants est une asso­cia­tion à but non lucra­tif ; véri­table réseau de soli­da­rité – com­posé de 85 mai­sons d’édition et col­lec­tifs d’éditeurs de 47 pays dif­fé­rents – l’Alliance repré­sente direc­te­ment ou indi­rec­te­ment quelques 360 mai­sons d’édition. L’Alliance orga­nise des ren­contres inter­na­tio­nales et mène des actions de plai­doyer en faveur de l’indépendance. Elle sou­tient aussi des pro­jets édito­riaux
inter­na­tio­naux – sou­tien qui peut prendre la forme d’une aide à la tra­duc­tion ou à la coédi­tion. Enfin, l’Alliance contri­bue à la pro­mo­tion et à la dif­fu­sion des pro­duc­tions du Sud et tente, modes­te­ment, d’inverser le sens « unique » des flux com­mer­ciaux. L’Alliance par­ti­cipe ainsi à une meilleure acces­si­bi­lité des oeuvres et des idées, à la défense et à la pro­mo­tion de la bibliodiversité.

Fon­da­tion Prince Claus (www​.prin​ce​claus​fund​.org)
La Fon­da­tion Prince Claus est convain­cue que la culture est une « néces­sité fon­da­men­tale », un bien de pre­mière néces­sité, indis­pen­sable à l’épanouissement de l’être humain. La Fon­da­tion Prince Claus entre en col­la­bo­ra­tion, par­tout dans le monde, avec des par­te­naires de qua­lité excep­tion­nelle ; ensemble, ils luttent pour la sau­ve­garde de la culture et sou­tiennent des pro­ces­sus cultu­rels durables. Par ses ini­tia­tives, la Fon­da­tion veut favo­ri­ser la prise de conscience de cha­cun s’agissant de la culture : elle est indis­pen­sable à nos vies quo­ti­diennes. Comme le sou­li­gnait le Prince Claus, « on ne déve­loppe pas les per­sonnes, elles se déve­loppent elles-​mêmes ». La Fon­da­tion Prince Claus, dont le siège est à Amster­dam, est finan­cée par le minis­tère des Affaires étran­gères et par la Lote­rie natio­nale du Code pos­tal des Pays-​Bas.

Cahier des charges de l’étude : struc­ture poten­tielle
L’étude pour­rait se déve­lop­per autour de trois objec­tifs prin­ci­paux.
1. Il s’agirait tout d’abord de dres­ser un pano­rama suc­cinct de l’édition numé­rique dans les pays en déve­lop­pe­ment /​émer­gents.
• Quelles sont les ini­tia­tives exis­tantes dans les pays en déve­lop­pe­ment ? Quels en sont les prin­ci­paux acteurs ? Quels sont les pre­miers ensei­gne­ments que l’on peut tirer de ces expé­riences ?
• Existe-​t-​il une spé­ci­fi­cité des pays émer­gents (Bré­sil, Rus­sie, Inde, Chine, Mexique, Afrique du Sud), comme pour les autres acti­vi­tés écono­miques uti­li­sant les tech­no­lo­gies numé­riques ? Si oui, quelles sont les prin­ci­paux ensei­gne­ments que l’on peut tirer de ces expé­riences ?
• Existe-​t-​il un fossé crois­sant entre un ensemble de pays déve­lop­pés de plus en plus inves­tis dans la pro­duc­tion numé­rique de livres et un ensemble de pays en déve­lop­pe­ment ou émer­gents qui seraient très éloi­gnés – sinon indif­fé­rents – à la révo­lu­tion numé­rique dans le monde du livre ?
2. Il serait ensuite utile d’établir, selon une démarche pros­pec­ti­viste, un ensemble de consé­quences /​scé­na­rios pro­bables
• Si un déca­lage crois­sant ou une indif­fé­rence existe bien dans les pays en déve­lop­pe­ment, quels sont les risques pré­vi­sion­nels liés à cette situa­tion ? La pré­sence habi­tuelle des groupes édito­riaux des pays déve­lop­pés sur cer­tains mar­chés des pays en déve­lop­pe­ment est-​elle remise en ques­tion par la numé­ri­sa­tion des conte­nus ?
• À quelles condi­tions la numé­ri­sa­tion de l’édition pourrait-​elle jouer le rôle, pour les éditeurs des pays en déve­lop­pe­ment, qui a été par exemple celui du cel­lu­laire pour le monde de la télé­pho­nie (une nou­velle tech­no­lo­gie qui per­met de com­bler un retard basé sur un manque d’infrastructures et de matières pre­mières) ?
• Sachant que les liseuses sont essen­tiel­le­ment (et/​ou autres sup­ports) pro­duites, ache­tées, uti­li­sées dans les pays déve­lop­pés, l’édition numé­rique peut-​elle répondre à des enjeux de lec­ture – en termes éduca­tifs ou récréa­tifs – pour les pays en déve­lop­pe­ment ? Le sup­port essen­tiel ne serait-​il pas, dans ce contexte, l’ordinateur indi­vi­duel ? Le pro­blème prin­ci­pal de l’édition dans les pays en déve­lop­pe­ment étant la fai­blesse de la demande (« pénu­rie de lec­teurs »), l’édition numé­rique – en déma­té­ria­li­sant les conte­nus et en les ren­dant plus « trans­por­tables » – ne per­met­trai­telle pas aux éditeurs des pays en déve­lop­pe­ment d’atteindre plus faci­le­ment de nou­veaux mar­chés, de nou­veaux lec­teurs ?
• L’édition numé­rique n’est-elle pas « une chance pour la biblio­di­ver­sité », en par­ti­cu­lier pour les éditeurs /​conte­nus des pays en déve­lop­pe­ment ? N’est-elle pas un des nou­veaux moyens qui leur per­met­trait de répondre à des pro­blé­ma­tiques habi­tuelles, liées au contexte géo­gra­phique, poli­tique, écono­mique et déve­lop­pe­men­tal : rareté ou cherté de matières pre­mières (par exemple, papier) ; rareté et/​ou faible com­pé­ti­ti­vité des infra­struc­tures utiles à l’activité (par exemple, impri­me­ries) ; réseaux de dis­tri­bu­tion lacu­naires, peu pro­fes­sion­na­li­sés ; cherté de l’action pro­mo­tion­nelle et du mar­ke­ting, etc.
• Quels seraient, a contra­rio, les sec­teurs qui ne seraient pas ou peu tou­chés par la numé­ri­sa­tion des conte­nus dans les pays en déve­lop­pe­ment : la créa­tion ? Le pré­presse ? Etc.
• Com­ment les dif­fé­rents scé­na­rios se positionnent-​ils par rap­port aux deux scé­na­rios sui­vants : 1) un retard struc­tu­rel dans le domaine qui ne sera jamais com­blé et qui iso­lera les pays en déve­lop­pe­ment (deve­nus « zone papier ») et qui amoin­drira encore la pré­sence de leurs conte­nus dans les sys­tèmes d’information et de for­ma­tion mon­diaux ; 2) un déve­lop­pe­ment rapide de la tech­no­lo­gie, comme par­ti­cu­liè­re­ment adap­tée au contexte des pays en déve­lop­pe­ment.
3. Enfin, compte tenu 1) de la réa­lité de ter­rain consta­tée ; 2) des scé­na­rios pos­sibles envi­sa­geables à ce jour ; 3) de la nature des par­te­naires en pré­sence, il serait sou­hai­table de clore l’étude par une longue par­tie consa­crée à des recom­man­da­tions /​des pro­po­si­tions.
• Quelles seraient les pro­po­si­tions adres­sées aux par­te­naires du pro­gramme
« Édition numé­rique et pays en déve­lop­pe­ment », sachant que les pro­chaines phases du pro­gramme mis en oeuvre par l’Alliance pren­dront la forme à la fois de ren­contres inter­na­tio­nales et inter­pro­fes­sion­nelles et d’un test gran­deur nature (édition ou coédi­tion numé­rique impli­quant des éditeurs des pays en voie de déve­lop­pe­ment) ?
• Quelles seraient les recom­man­da­tions que vous adres­se­riez aux éditeurs des pays en déve­lop­pe­ment ? Dans une pers­pec­tive de soli­da­rité entre éditeurs, quelles seraient les actions soli­daires à mettre en oeuvre au sein du réseau de l’Alliance (mobi­li­sant éven­tuel­le­ment des éditeurs des PED et des éditeurs des PD, assu­rant un trans­fert de tech­no­lo­gie et de savoir-​faire, etc.) ?
• Plus géné­ra­le­ment, quelles seraient les pro­po­si­tions qui pour­raient être adres­sées aux orga­ni­sa­tions inter­na­tio­nales (Unesco, Cer­lalc, etc.) et aux auto­ri­tés des pays en déve­lop­pe­ment, en vue de favo­ri­ser la com­pré­hen­sion (voire le déve­lop­pe­ment) de la numé­ri­sa­tion du monde de l’édition ?

Cahier des charges de l’étude : forme pré­vi­sion­nelle
• Des études spé­ci­fiques – pou­vant consti­tuer des cha­pitres de l’étude géné­rale – par zone géo­gra­phique /​région (Afrique, Amé­rique latine, Asie) ;
• Une syn­thèse, une ana­lyse trans­ver­sale, en quelques pages ;
• De courts articles décri­vant l’avancée des tra­vaux, des points par­ti­cu­liè­re­ment éton­nants ou ori­gi­naux, etc. ;
• Un docu­ment final sous forme numé­rique – et sous for­mat papier, le cas échéant – contien­dra l’ensemble des ana­lyses, des annexes, etc. Ce dos­sier pour­rait ali­men­ter la col­lec­tion « État des lieux de l’édition » de l’Alliance ou être uti­lisé en tota­lité ou en par­tie pour ali­men­ter le centre de res­sources en ligne de l’Alliance (par­tie « Ana­lyses » et/​ou « For­ma­tion en ligne ») ;
• Le bud­get pour l’ensemble des étapes de l’étude devra être com­pris entre 6 000 et 10 000
euros.
Can­di­da­tures
• Vous êtes inté­res­sés par cette mis­sion ; nous vous invi­tons à dépo­ser votre can­di­da­ture
avant le 29/​08/​2010
• Il est sou­hai­table que les can­di­dats parlent et puissent écrire en fran­çais et en anglais (voire espa­gnol), sans que cela soit une condi­tion obli­ga­toire (une des deux langues, bien maî­tri­sée, est suf­fi­sante).
• Une can­di­da­ture repose sur l’envoi à l’adresse lhugues@​alliance-​editeurs.​org des éléments sui­vants :
o une pré­sen­ta­tion du can­di­dat ;
o une pro­po­si­tion de mise en oeuvre de l’étude ;
o une pro­po­si­tion de bud­get pré­vi­sion­nel concer­nant la réa­li­sa­tion de l’étude,
orga­ni­sée si pos­sible en postes de dépense ;
o une pro­po­si­tion de calen­drier de réa­li­sa­tion pré­vi­sion­nel.
• Il n’y a pas a priori de res­tric­tion aux can­di­da­tures ; par contre, le can­di­dat pourra se pré­va­loir d’être en mesure de : géné­rer une fac­tu­ra­tion confor­mé­ment aux dis­po­si­tions légale de la loi fran­çaise ; être payé en droits d’auteurs si son tra­vail fait l’objet d’une publi­ca­tion ; (etc.).
• Les can­di­da­tures seront exa­mi­nées par un Comité de sélec­tion, com­posé de Thierry Quin­que­ton (Pré­sident de l’Alliance) et de Lau­rence Hugues (direc­trice de l’Alliance), de Serge Dont­chueng Kouam (coor­di­na­teur du réseau fran­co­phone de l’Alliance), d’un repré­sen­tant de la Fon­da­tion Prince Claus et d’Étienne Gal­liand (Double ponctuation).

Les avis seront ren­dus avant le 20/​09/​2010 et com­mu­ni­qués aux can­di­dats, sans que le Comité de sélec­tion soit tenu de moti­ver ses décisions.

Annonce sur le site de l’Alliance

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