Un appel d’offre sur l’édition numérique dans les pays du sud

26 juillet 2010
By

L’Alliance inter­na­tio­nale des éditeurs indé­pen­dants qui coor­donne une réseau de dizaines de petits éditeurs sur les tous les conti­nents et se fait le héraut de la « biblio­di­ver­sité » vient de lan­cer un appel à pro­po­si­tions des plus inté­res­sants. Il s’agit de réa­li­ser une étude sur l’état de l’édition numé­rique dans les pays du sud. Le finan­ce­ment pour la réa­li­sa­tion de cette étude est prévu entre 6000 et 10 000 euros. La date de rendu du pro­jet est fixée au 29 août. Ci-​dessous, un des­crip­tif plus complet

Contexte et objec­tif de l’étude
• Le prin­ci­pal objec­tif du pro­gramme « Édition numé­rique et pays en déve­lop­pe­ment » – conduit par l’Alliance inter­na­tio­nale des éditeurs indé­pen­dants en par­te­na­riat avec la Fon­da­tion Prince Claus – vise « à établir les condi­tions d’intégration de l’édition numé­rique comme un des ave­nirs pos­sibles de l’édition dans les pays en développement ».

Pour cela, quatre phases consé­cu­tives sont pro­gram­mées sur trois ans (2010 – 2012).

La pre­mière phase du pro­gramme pré­voit la réa­li­sa­tion d’une étude qui per­met­trait à la fois d’apporter les pre­miers éléments de réponse à la pro­blé­ma­tique géné­rale, tout en pré­pa­rant les phases ultérieures.

Pré­sen­ta­tion des par­te­naires du programme

Alliance inter­na­tio­nale des éditeurs indé­pen­dants (www​.alliance​-edi​teurs​.org)
L’Alliance inter­na­tio­nale des éditeurs indé­pen­dants est une asso­cia­tion à but non lucra­tif ; véri­table réseau de soli­da­rité – com­posé de 85 mai­sons d’édition et col­lec­tifs d’éditeurs de 47 pays dif­fé­rents – l’Alliance repré­sente direc­te­ment ou indi­rec­te­ment quelques 360 mai­sons d’édition. L’Alliance orga­nise des ren­contres inter­na­tio­nales et mène des actions de plai­doyer en faveur de l’indépendance. Elle sou­tient aussi des pro­jets édito­riaux
inter­na­tio­naux – sou­tien qui peut prendre la forme d’une aide à la tra­duc­tion ou à la coédi­tion. Enfin, l’Alliance contri­bue à la pro­mo­tion et à la dif­fu­sion des pro­duc­tions du Sud et tente, modes­te­ment, d’inverser le sens « unique » des flux com­mer­ciaux. L’Alliance par­ti­cipe ainsi à une meilleure acces­si­bi­lité des oeuvres et des idées, à la défense et à la pro­mo­tion de la bibliodiversité.

Fon­da­tion Prince Claus (www​.prin​ce​claus​fund​.org)
La Fon­da­tion Prince Claus est convain­cue que la culture est une « néces­sité fon­da­men­tale », un bien de pre­mière néces­sité, indis­pen­sable à l’épanouissement de l’être humain. La Fon­da­tion Prince Claus entre en col­la­bo­ra­tion, par­tout dans le monde, avec des par­te­naires de qua­lité excep­tion­nelle ; ensemble, ils luttent pour la sau­ve­garde de la culture et sou­tiennent des pro­ces­sus cultu­rels durables. Par ses ini­tia­tives, la Fon­da­tion veut favo­ri­ser la prise de conscience de cha­cun s’agissant de la culture : elle est indis­pen­sable à nos vies quo­ti­diennes. Comme le sou­li­gnait le Prince Claus, « on ne déve­loppe pas les per­sonnes, elles se déve­loppent elles-​mêmes ». La Fon­da­tion Prince Claus, dont le siège est à Amster­dam, est finan­cée par le minis­tère des Affaires étran­gères et par la Lote­rie natio­nale du Code pos­tal des Pays-​Bas.

Cahier des charges de l’étude : struc­ture poten­tielle
L’étude pour­rait se déve­lop­per autour de trois objec­tifs prin­ci­paux.
1. Il s’agirait tout d’abord de dres­ser un pano­rama suc­cinct de l’édition numé­rique dans les pays en déve­lop­pe­ment /​émer­gents.
• Quelles sont les ini­tia­tives exis­tantes dans les pays en déve­lop­pe­ment ? Quels en sont les prin­ci­paux acteurs ? Quels sont les pre­miers ensei­gne­ments que l’on peut tirer de ces expé­riences ?
• Existe-​t-​il une spé­ci­fi­cité des pays émer­gents (Bré­sil, Rus­sie, Inde, Chine, Mexique, Afrique du Sud), comme pour les autres acti­vi­tés écono­miques uti­li­sant les tech­no­lo­gies numé­riques ? Si oui, quelles sont les prin­ci­paux ensei­gne­ments que l’on peut tirer de ces expé­riences ?
• Existe-​t-​il un fossé crois­sant entre un ensemble de pays déve­lop­pés de plus en plus inves­tis dans la pro­duc­tion numé­rique de livres et un ensemble de pays en déve­lop­pe­ment ou émer­gents qui seraient très éloi­gnés – sinon indif­fé­rents – à la révo­lu­tion numé­rique dans le monde du livre ?
2. Il serait ensuite utile d’établir, selon une démarche pros­pec­ti­viste, un ensemble de consé­quences /​scé­na­rios pro­bables
• Si un déca­lage crois­sant ou une indif­fé­rence existe bien dans les pays en déve­lop­pe­ment, quels sont les risques pré­vi­sion­nels liés à cette situa­tion ? La pré­sence habi­tuelle des groupes édito­riaux des pays déve­lop­pés sur cer­tains mar­chés des pays en déve­lop­pe­ment est-​elle remise en ques­tion par la numé­ri­sa­tion des conte­nus ?
• À quelles condi­tions la numé­ri­sa­tion de l’édition pourrait-​elle jouer le rôle, pour les éditeurs des pays en déve­lop­pe­ment, qui a été par exemple celui du cel­lu­laire pour le monde de la télé­pho­nie (une nou­velle tech­no­lo­gie qui per­met de com­bler un retard basé sur un manque d’infrastructures et de matières pre­mières) ?
• Sachant que les liseuses sont essen­tiel­le­ment (et/​ou autres sup­ports) pro­duites, ache­tées, uti­li­sées dans les pays déve­lop­pés, l’édition numé­rique peut-​elle répondre à des enjeux de lec­ture – en termes éduca­tifs ou récréa­tifs – pour les pays en déve­lop­pe­ment ? Le sup­port essen­tiel ne serait-​il pas, dans ce contexte, l’ordinateur indi­vi­duel ? Le pro­blème prin­ci­pal de l’édition dans les pays en déve­lop­pe­ment étant la fai­blesse de la demande (« pénu­rie de lec­teurs »), l’édition numé­rique – en déma­té­ria­li­sant les conte­nus et en les ren­dant plus « trans­por­tables » – ne per­met­trai­telle pas aux éditeurs des pays en déve­lop­pe­ment d’atteindre plus faci­le­ment de nou­veaux mar­chés, de nou­veaux lec­teurs ?
• L’édition numé­rique n’est-elle pas « une chance pour la biblio­di­ver­sité », en par­ti­cu­lier pour les éditeurs /​conte­nus des pays en déve­lop­pe­ment ? N’est-elle pas un des nou­veaux moyens qui leur per­met­trait de répondre à des pro­blé­ma­tiques habi­tuelles, liées au contexte géo­gra­phique, poli­tique, écono­mique et déve­lop­pe­men­tal : rareté ou cherté de matières pre­mières (par exemple, papier) ; rareté et/​ou faible com­pé­ti­ti­vité des infra­struc­tures utiles à l’activité (par exemple, impri­me­ries) ; réseaux de dis­tri­bu­tion lacu­naires, peu pro­fes­sion­na­li­sés ; cherté de l’action pro­mo­tion­nelle et du mar­ke­ting, etc.
• Quels seraient, a contra­rio, les sec­teurs qui ne seraient pas ou peu tou­chés par la numé­ri­sa­tion des conte­nus dans les pays en déve­lop­pe­ment : la créa­tion ? Le pré­presse ? Etc.
• Com­ment les dif­fé­rents scé­na­rios se positionnent-​ils par rap­port aux deux scé­na­rios sui­vants : 1) un retard struc­tu­rel dans le domaine qui ne sera jamais com­blé et qui iso­lera les pays en déve­lop­pe­ment (deve­nus « zone papier ») et qui amoin­drira encore la pré­sence de leurs conte­nus dans les sys­tèmes d’information et de for­ma­tion mon­diaux ; 2) un déve­lop­pe­ment rapide de la tech­no­lo­gie, comme par­ti­cu­liè­re­ment adap­tée au contexte des pays en déve­lop­pe­ment.
3. Enfin, compte tenu 1) de la réa­lité de ter­rain consta­tée ; 2) des scé­na­rios pos­sibles envi­sa­geables à ce jour ; 3) de la nature des par­te­naires en pré­sence, il serait sou­hai­table de clore l’étude par une longue par­tie consa­crée à des recom­man­da­tions /​des pro­po­si­tions.
• Quelles seraient les pro­po­si­tions adres­sées aux par­te­naires du pro­gramme
« Édition numé­rique et pays en déve­lop­pe­ment », sachant que les pro­chaines phases du pro­gramme mis en oeuvre par l’Alliance pren­dront la forme à la fois de ren­contres inter­na­tio­nales et inter­pro­fes­sion­nelles et d’un test gran­deur nature (édition ou coédi­tion numé­rique impli­quant des éditeurs des pays en voie de déve­lop­pe­ment) ?
• Quelles seraient les recom­man­da­tions que vous adres­se­riez aux éditeurs des pays en déve­lop­pe­ment ? Dans une pers­pec­tive de soli­da­rité entre éditeurs, quelles seraient les actions soli­daires à mettre en oeuvre au sein du réseau de l’Alliance (mobi­li­sant éven­tuel­le­ment des éditeurs des PED et des éditeurs des PD, assu­rant un trans­fert de tech­no­lo­gie et de savoir-​faire, etc.) ?
• Plus géné­ra­le­ment, quelles seraient les pro­po­si­tions qui pour­raient être adres­sées aux orga­ni­sa­tions inter­na­tio­nales (Unesco, Cer­lalc, etc.) et aux auto­ri­tés des pays en déve­lop­pe­ment, en vue de favo­ri­ser la com­pré­hen­sion (voire le déve­lop­pe­ment) de la numé­ri­sa­tion du monde de l’édition ?

Cahier des charges de l’étude : forme pré­vi­sion­nelle
• Des études spé­ci­fiques – pou­vant consti­tuer des cha­pitres de l’étude géné­rale – par zone géo­gra­phique /​région (Afrique, Amé­rique latine, Asie) ;
• Une syn­thèse, une ana­lyse trans­ver­sale, en quelques pages ;
• De courts articles décri­vant l’avancée des tra­vaux, des points par­ti­cu­liè­re­ment éton­nants ou ori­gi­naux, etc. ;
• Un docu­ment final sous forme numé­rique – et sous for­mat papier, le cas échéant – contien­dra l’ensemble des ana­lyses, des annexes, etc. Ce dos­sier pour­rait ali­men­ter la col­lec­tion « État des lieux de l’édition » de l’Alliance ou être uti­lisé en tota­lité ou en par­tie pour ali­men­ter le centre de res­sources en ligne de l’Alliance (par­tie « Ana­lyses » et/​ou « For­ma­tion en ligne ») ;
• Le bud­get pour l’ensemble des étapes de l’étude devra être com­pris entre 6 000 et 10 000
euros.
Can­di­da­tures
• Vous êtes inté­res­sés par cette mis­sion ; nous vous invi­tons à dépo­ser votre can­di­da­ture
avant le 29/​08/​2010
• Il est sou­hai­table que les can­di­dats parlent et puissent écrire en fran­çais et en anglais (voire espa­gnol), sans que cela soit une condi­tion obli­ga­toire (une des deux langues, bien maî­tri­sée, est suf­fi­sante).
• Une can­di­da­ture repose sur l’envoi à l’adresse lhugues@​alliance-​editeurs.​org des éléments sui­vants :
o une pré­sen­ta­tion du can­di­dat ;
o une pro­po­si­tion de mise en oeuvre de l’étude ;
o une pro­po­si­tion de bud­get pré­vi­sion­nel concer­nant la réa­li­sa­tion de l’étude,
orga­ni­sée si pos­sible en postes de dépense ;
o une pro­po­si­tion de calen­drier de réa­li­sa­tion pré­vi­sion­nel.
• Il n’y a pas a priori de res­tric­tion aux can­di­da­tures ; par contre, le can­di­dat pourra se pré­va­loir d’être en mesure de : géné­rer une fac­tu­ra­tion confor­mé­ment aux dis­po­si­tions légale de la loi fran­çaise ; être payé en droits d’auteurs si son tra­vail fait l’objet d’une publi­ca­tion ; (etc.).
• Les can­di­da­tures seront exa­mi­nées par un Comité de sélec­tion, com­posé de Thierry Quin­que­ton (Pré­sident de l’Alliance) et de Lau­rence Hugues (direc­trice de l’Alliance), de Serge Dont­chueng Kouam (coor­di­na­teur du réseau fran­co­phone de l’Alliance), d’un repré­sen­tant de la Fon­da­tion Prince Claus et d’Étienne Gal­liand (Double ponctuation).

Les avis seront ren­dus avant le 20/​09/​2010 et com­mu­ni­qués aux can­di­dats, sans que le Comité de sélec­tion soit tenu de moti­ver ses décisions.

Annonce sur le site de l’Alliance

Tags:

One Response to Un appel d’offre sur l’édition numérique dans les pays du sud

  1. […] This post was men­tio­ned on Twit­ter by Marin Dacos, Revues​.org. Revues​.org said: RT @marind: Un appel d’offre sur l’édition numé­rique dans les pays du sud | Blogo-​Numericus: » • Le prin­ci­pal objec­tif du prog… http://​bit​.ly/​a​1​w​iRj […]

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*


Notifiez-moi des commentaires à venir via email. Vous pouvez aussi vous abonner sans commenter.

Enter your email address to subscribe to this blog and receive notifications of new posts by email.

Rejoignez 10 autres abonnés



Twitter de Revues​.org

Twitter de Calenda

Twitter d’Hypothèses