Flying Hearts V, by Stefan Georgi (Creative commons licence)

Gratuité ou libre accès? Poser les termes du débat, c’est déjà y répondre en partie

Flying Hearts V, by Stefan Georgi (Creative commons licence)

Flying Hearts V, by Ste­fan Georgi (Crea­tive com­mons licence)

Les mots sont très impor­tants, nous le savons. Ils sont les vec­teurs que nous uti­li­sons pour poser les débats et chan­ger le monde. Celui qui défini le voca­bu­laire du débat détient les termes de l’alternative. Il détient, fina­le­ment, les clés du futur. Il faut donc que nous soyons par­ti­cu­liè­re­ment méti­cu­leux lorsque nous choi­sis­sons les mots que nous employons pour défendre une cause. Il est frap­pant de noter que, par­fois, deux par­ties semblent s’entendre entre elles pour fixer une dis­cus­sion binaire qui résume le débat à leurs irré­duc­tibles posi­tion. Élégante façon de jeter hors du bateau la diver­sité des solu­tions, et de sim­pli­fier la déci­sion poli­tique, en la rame­nant à une option « noire » et une option « blanche ». Cette alliance objec­tive entre enne­mis est à l’oeuvre sur la ques­tion du libre accès aux résul­tats de la recherche scientifique.

Les voies « Gold » et « Green », une méta­phore qui réduit le débat sur le libre accès aux résul­tats de la recherche scientifique

Ste­ven Har­nad, grand défen­seur du libre accès, et figure de proue hyper-​connue de ce mou­ve­ment, a défini lui-​même les termes « green » et « gold ». Dans un article de 2007, The Green Road to Open Access: A Leve­ra­ged Tran­si­tion, il défi­nit comme green road:

This is why we should be focus­sing far more of our atten­tion and effort on the far less radi­cal tran­si­tion from a « Gray » to a « Green » TA jour­nal policy, whe­reby the jour­nal stops short of conver­ting to gold, but gives its « green light » to authors who wish to pro­vide OA for their own articles by self-​archiving them in their own university’s online « eprint » archives.

Et il défi­nit ensuite la « Gold road » :

Open Access (OA) is: immediate, per­ma­nent, toll-​free online access to the full-​texts of peer-​reviewed research jour­nal articles. A great deal of the research community’s atten­tion to OA today is focus­sed exclu­si­vely on the pros­pect of a direct tran­si­tion from Toll Access (TA, « Gray ») jour­nal publi­shing to OA jour­nal publi­shing (the « Gold » road to OA). This gol­den road is the more radi­cal of the two roads to OA, and hence the slo­wer and more uncer­tain one

On com­prend, donc, que la « voie verte » est une solu­tion « article par article » et la « voie dorée » est une solu­tion « revue par revue », la « voie verte » une solu­tion dans laquelle ce sont les auteurs qui sont à la manoeuvre, la « voie dorée » une solu­tion dans laquelle ce sont les éditeurs qui réa­lisent le mou­ve­ment vers le libre accès.

Je veux bien qu’on m’explique com­ment nous sommes pas­sés de cette équa­tion simple à une équa­tion sim­pliste : le « Gold » serait une solu­tion dans laquelle les éditeurs feraient payer aux auteurs pour publier (modèle dit « auteur-​payeur »). Les « articles pro­ces­sing charge » (APC) (exemple : http://​www​.bio​med​cen​tral​.com/​a​b​o​u​t​/​a​p​c​faq). Comme s’il n’y avait qu’une solution!

Plu­tôt que deux voies, il y a plu­sieurs modèles

Consul­tons le tra­vail de l’Open Access Direc­tory pour en savoir plus et consta­tons, ensemble, qu’il y a seize (16) modèles écono­miques pour l’open access des revues qui sont réper­to­riés (et 13 modèles pour les livres en libre accès).

Bien sûr, on nous rétor­quera que plu­sieurs de ces modèles ne sont pas vrai­ment de l’open access au sens qui lui est donné par des défi­ni­tions cano­niques (la plus mar­quante étant la Buda­pest Open Access Ini­tia­tive). Le pro­pos, ici, n’est pas de défendre un modèle en par­ti­cu­lier, d’autant qu’il y a des modèles expo­sés dans cette liste qui ne me paraissent pas réa­listes (« e-​commerce ») ou ne rele­vant pas de l’open access (« tem­po­rary OA »), mais d’affirmer qu’il n’est pas sou­hai­table d’enfermer le débat dans une oppo­si­tion binaire. C’est pour­quoi le Conseil scien­ti­fique d’OpenEdition a relayé la pro­po­si­tion d’une voie de pla­tine (« pla­ti­num road »), déjà pro­po­sée par d’autres, qui se défi­nit par une absence de paie­ment pour l’auteur comme pour le lec­teur, charge aux por­teurs du pro­jet de trou­ver d’autres finan­ce­ments1.

Au pas­sage, il faut que je mette à contri­buer à cet excellent réper­toire qu’est l’OAD, car il faut mettre à jour les modèles et enri­chir l’information. Les exemples sont par­fois un peu datés, se concentrent sur l’univers anglo-​américain et oublient sou­vent les sciences humaines et sociales. De plus, de nou­veaux modèles émergent et méritent une pré­sen­ta­tion. Il est inutile de se plaindre du degré d’incomplétude de cet ins­tru­ment, il faut se retrous­ser les manches et contribuer.

Ni gra­tuité, ni bénévolat…

Vous l’aurez noté, je n’utilise pas le mot « gra­tuité », car la gra­tuité sous-​entend, me semble-​t-​il, une absence de modèle écono­mique. Or, le libre accès doit bien avoir un modèle écono­mique. Que ce soit dans le sec­teur public, privé ou asso­cia­tif, les gens qui tra­vaillent mangent, se logent, s’habillent, se déplacent, et cela se paie en géné­ral avec de l’argent, son­nant et trébuchant.

C’est aussi pour­quoi je m’oppose à l’expression de « béné­vo­lat » lorsqu’un cher­cheur s’implique dans une revue. Comme si le cher­cheur ren­voyait une par­tie de sa paie, à la fin du mois, pour cou­vrir les heures de semaine pas­sées à s’occuper de la revue. En fait, l’enseignant-chercheur n’a pas que des mis­sions éthé­rées et abs­traites, il a des mis­sions péda­go­giques, admi­nis­tra­tives et intel­lec­tuelles. Faire fonc­tion­ner une revue entre dans ses mis­sions. Si le tra­vail se fait, comme sou­vent, le soir, la nuit ou les week-​end, cela n’est tou­jours pas du béné­vo­lat, car ce tra­vail n’est pos­sible que parce que les heures de semaine sont bel et bien payées. D’ailleurs, les enseignants-​chercheurs tra­vaillent plu­tôt 70 heures, cela est connu, et ne disent pas qu’ils ont rédigé un livre de façon béné­vole, même lorsqu’ils l’ont écrit le week-​end. J’en pro­fite pour pré­ci­ser que je suis conscient qu’existe un véri­table béné­vo­lat, et c’est pour cela que je ne veux pas dire que je suis béné­vole quand je tra­vaille le week-​end, alors que le CNRS me donne un salaire me per­met­tant de me loger et de me nour­rir. Je ne deviens véri­ta­ble­ment béné­vole, à mes yeux, que lorsque je ne tra­vaille pas dans le péri­mètre de mes mis­sions pro­fes­sion­nelles. On sait que les fron­tières sont floues, mais je pré­fère un peu de rigueur. Par exemple, j’ai une col­lègue qui ne tra­vaille qu’à 80% de son temps pour pou­voir don­ner, gra­tui­te­ment, des cours d’informatique à des per­sonnes en grande pré­ca­rité. That’s bénévolat.

Et si une revue publiée avec l’aide d’un mi-​temps de secré­taire de rédac­tion payé par le CNRS est dif­fu­sée en libre accès, elle n’est pas gra­tuite, car elle coûte au CNRS. Elle lui coûte, au moins, ce mi-​temps. Bien sûr, on trou­vera beau­coup de revues pour les­quelles le CNRS ne donne rien, ou seule­ment 2000€ par an, soit 10 jours ouvrables de tra­vail d’un ingé­nieur d’études, peu ou prou. Il faut élar­gir le débat sur les modèles écono­miques et accep­ter de par­ler d’argent, car quand je fais mes courses au Super-​U du coin, fonc­tion­naire ou pas, je paie mes oranges avec des euros, de même que mes sty­los et le vinaigre qui agré­mente mes salades. Allons, met­tons à plat nos comp­ta­bi­li­tés et disons ce que les choses coûtent, vrai­ment. Fai­sons le aussi pour le sec­teur privé, parce qu’il n’y a pas de rai­son. Et trou­vons les méca­nismes ver­tueux qui per­met­tront de finan­cer cela. Car il faut pro­fes­sion­na­li­ser nos pra­tiques édito­riales, ce qui impose de dis­po­ser de véri­tables com­pé­tences et de faire cela dans un espace-​temps idoine, c’est-à-dire, si pos­sible pas avant que les enfants soient levés, sur un coin de table à la mai­son, entre la table à repas­ser et la pile de papiers EDF/​assurances/​opérateur télécom/​impôts/​sécurité sociales/​… que vous devez trai­ter de toute urgence… Bref. On parle d’une pro­fes­sion, pas d’un hobby.

L’édition, c’est un métier

L'édition scientifique, un sacré business

L’édition scien­ti­fique, un sacré busi­ness. Source.

On ren­contre par­fois des gens qui pensent qu’on peut se pas­ser des éditeurs. J’entends leur colère, lorsque l’on voit que quelques géants de l’édition scien­ti­fique ont des taux de pro­fit qui égalent et dépassent des géants comme Coca-​Cola, Rio Tinto ou Apple. Il ne fau­drait pas confondre ceux qui font de l’édition un busi­ness avec les autres. Ce serait un très mau­vais ser­vice à rendre à la science que de consi­dé­rer que la média­tion édito­riale n’a plus de sens, plus d’utilité, plus de valeur ajou­tée. Elle n’a, au contraire, jamais été aussi indis­pen­sable. Et je crains que cer­tains pro­jets édito­riaux se lancent sans connais­sance ou res­pect de l’importance, de la tech­ni­cité et de l’utilité de ce tra­vail stric­te­ment édito­rial. C’est le cas pour l’édition papier comme pour l’édition élec­tro­nique. Pour le dire de façon simple et forte, l’édition élec­tro­nique, ce n’est pas poser un fichier PDF quelque part sur le Web. Nous avons essayé de le mon­trer, avec Pierre Mou­nier, dans un petit livre (L’édition élec­tro­nique, 2010) et dans le pre­mier Read/​Write Book.2 J’ai pro­posé de consi­dé­rer que l’édition élec­tro­nique dis­pose de cinq piliers :

- Struc­tu­ra­tion de l’information

- Docu­men­ta­tion de l’information

- Opti­mi­sa­tion des condi­tions de lecture

- Appro­pria­tion par les lecteurs

- Déve­lop­pe­ment des interopérabilités

Et nous avons égale­ment pro­posé que celle-​ci soit conforme à des prin­cipes fon­da­men­taux. L’édition élec­tro­nique ouverte, l’édition élec­tro­nique idéale selon nous, se doit d’être lisible, mani­pu­lable et citable. Sur cette base, il faut bien consta­ter que nous avons besoin de pro­fes­sion­nels de l’édition pour faire de l’édition, dont les métiers appar­tiennent aux cinq familles cor­res­pon­dant aux cinq piliers, qui ne se sub­sti­tuent pas, Ô grand jamais, aux métiers de l’édition, dits aussi métiers du monde du livre, qui évoluent avec l’arrivée du numé­rique, mais dont les fon­da­men­taux per­sistent (le tra­vail sur le texte). Par­fois, la pro­fes­sion a ten­dance à cal­quer un peu méca­ni­que­ment sa tra­di­tion sur le sup­port élec­tro­nique, mais c’est inévi­table, dans la longue période tran­si­toire qui s’est enga­gée au début du siècle.

Tout ceci a un coût, et il serait sui­ci­daire de le nier. C’est ainsi que la « gra­tuité » a un coût, ainsi que le montre le bud­get d’Open­Cour­se­Ware, l’initiative de cours en ligne en libre accès du MIT (3,7 mil­lions de dollars).

Du point de vue de l’expertise et de la tech­ni­cité, la situa­tion va s’aggraver. Il sera peu à peu impos­sible de dif­fu­ser un article sans les cor­pus et don­nées qui les sous-​tendent. Il fau­dra, non seule­ment, les expo­ser pro­pre­ment au public, mais le faire dura­ble­ment, de façon lisible, exploi­table, réex­ploi­table, etc. C’est tout l’enjeu des don­nées de la recherche, dont Else­vier a com­pris qu’il s’agissait de sa nou­velle fron­tière, de son nou­veau business-​graal. Il n’a jamais été aussi urgent de struc­tu­rer la ques­tion des don­nées dans des infra­struc­tures publiques de haut niveau, flexibles et for­te­ment cor­ré­lées aux usages de la recherche de terrain.

Reve­nons à la ques­tion du modèle écono­mique idéal pour le libre accès aux résul­tats de la recherche

C'est la semaine du libre accès !

C’est la semaine du libre accès !

Rien ne serait pire qu’une solu­tion unique à un pro­blème com­plexe. Je vou­drais que, comme cela se passe dans la vie (la « vraie vie » allais-​je dire), une diver­sité de modèles puissent coha­bi­ter, ce qui garan­ti­rait une robus­tesse et une richesse de ce qui ne serait pas un mono­lithe, mais un écosys­tème. Notez que je plaide aussi pour l’abandon de la notion de chaîne du livre, chère à la pro­fes­sion du même livre, ter­ri­ble­ment linéaire et XXe siècle, pour l’adoption de la notion d’écosys­tème du livre, qui reflète à mon sens bien plus fidè­le­ment le siècle qui s’annonce3.

La solu­tion unique, par exemple le «  Gold  » réduit à la notion d’auteur-payeur, c’est une solu­tion de type mono­po­lis­tique, même si plu­sieurs orga­ni­sa­tions portent ce modèle.

Je pré­fère, vous l’avez com­pris, par­ler de libre accès que de gra­tuité. Et il suf­fi­rait de faire un peu d’histoire cultu­relle pour se rendre compte que la radio et la télé­vi­sion sont en libre accès. Pas gra­tuites. Elles ont un sacré modèle écono­mique en place. Mais elles ne font pas payer les auteurs des oeuvres (en géné­ral, elles les paient, même), et elles ne font pas payer les lec­teurs des oeuvres non plus (sauf les télé­vi­sions cryp­tées ; je ne crois pas que des radios cryp­tées existent). Elles uti­lisent un modèle qui est publi­ci­taire, pour les uns, ou hybride publicité/​redevance, pour les autres. On pourra dis­cu­ter des consé­quences de ce modèle de finan­ce­ment sur les conte­nus, et dépo­ser sa télé­vi­sion au pied de son immeuble en la dénon­çant comme un modèle d’abrutissement des foules. Mais on ne pourra pas dénier que la télé­vi­sion est en libre accès.

Finan­ce­ment invisible ?

André Gun­thert parle de finan­ce­ment invi­sible, mais je ne suis pas sûr que la pro­po­si­tion fonc­tionne, car le finan­ce­ment publi­ci­taire est très visible, il trans­pire même au-​delà des séquences publi­ci­taires elles-​mêmes. Et même lorsque le finan­ce­ment est vrai­ment invi­sible, c’est presque pire, car il devient opaque. Or, il est impor­tant de savoir qui finance. Ainsi, la revue SAPIENS est en libre accès, finan­cée par l’Ins­ti­tut Veo­lia Envi­ron­ne­ment. On pourra cri­ti­quer ce mode de finan­ce­ment et avan­cer qu’il peut avoir un impact sur les conte­nus de la revue. Mais on ne pourra pas cri­ti­quer la trans­pa­rence du modèle. Et aucun modèle de finan­ce­ment ne me paraît neutre en ce qui concerne l’édition ou les médias.

C’est bien de cette neu­tra­lité qu’il faut par­ler. Évaluons et débat­tons des avan­tages et des incon­vé­nients de chaque modèle, en termes clairs. Et évitons, si pos­sible, les guerres de reli­gion (ton gold est moins gold que le mien ; ton green n’est pas si green ; ton open access n’est pas vrai­ment open access). Défi­nis­sons les cri­tères qui paraissent importants :

1. Est-​ce que le modèle peut fonc­tion­ner? C’est-à-dire : est-​ce qu’il est en mesure d’apporter le finan­ce­ment néces­saire à la qua­lité scien­ti­fique du livre /​de la revue, dans une pers­pec­tive durable, sans inféo­der le cher­cheur, c’est-à-dire sans alté­rer l’indépendance intel­lec­tuelle de celui-​ci ?

2. Est-​ce que le modèle est conforme aux atten­dus de qua­lité édito­riale défi­nis par des siècle de construc­tion pro­fes­sion­nelle? Je dis­tingue la qua­lité scien­ti­fique, brute, de la qua­lité édito­riale, qui est le pro­duit raf­finé (lisible, citable, mani­pu­lable) et à haut poten­tiel de dif­fu­sion, c’est-à-dire non seule­ment déposé mais puis­sam­ment exposé et diffusé.

3. Est-​ce que le contenu est vrai­ment en libre accès? Est-​ce que tous peuvent y avoir accès? Faci­le­ment? Peuvent-​ils faire un copier-​coller d’un para­graphe? Peuvent-​ils impri­mer? Reve­nons aux fon­da­men­taux : libre et accès ont un sens bien pré­cis. Il n’y a pas de bar­rière à l’accès au texte, point. Je suis per­son­nel­le­ment favo­rable aux licences libres, mais pas favo­rable à rendre obli­ga­toires les licences libres pour accor­der à un contenu en libre accès le sta­tut d’oeuvre en libre accès. C’est un abus de lan­gage. Cer­tains pro­posent de par­ler de libre Open Access, ce qui, en fran­çais, se dirait « libre libre accès » :-(

On défen­dra, ici, l’idée d’infra­struc­tures publiques ins­cri­vant la recherche sur le long terme, comme le font depuis des siècles les biblio­thèques. Les infra­struc­tures doivent garan­tir la péren­nité, mais il ne s’agit pas de natio­na­li­ser le savoir. Là encore, l’exemple du Mini­tel, sté­rile, cen­tra­lisé, fermé, doit nous appe­ler à la vigi­lance. Les logiques mono­po­lis­tiques, qu’elles soient pri­vées ou publiques, débouchent sur des machins. Nous pou­vons éviter d’inventer un Mini­tel 2.0 en conti­nuant à nous ins­pi­rer des fonda­teurs d’Internet puis du Web, ces uni­ver­si­taires (et non ces mili­taires) qui avaient l’égalité et l’ouverture rivés au corps et à l’âme. L’innovation, quoi qu’on en dise, vient sou­vent, beau­coup, énor­mé­ment, pas­sion­né­ment de l’université, cette ins­ti­tu­tion publique libre et universelle.

Post-​Scriptum

Comme tou­jours, une seule per­sonne tient la plume ou le cla­vier, mais ce texte est le résul­tat de nom­breuses dis­cus­sions. Je vou­drais donc remer­cier ceux qui ont contri­bué à nour­rir mes connais­sances et la dis­cus­sion sur cette ques­tion de la gra­tuité et du libre accès. Dans le désordre. Pierre Mou­nier, Phi­lippe Aigrain, Lio­nel Mau­rel, Jean-​Claude Gué­don, Syl­vain Piron (qui me rap­pelle ami­ca­le­ment à l’ordre chaque fois que j’oublie les guille­mets sur « Gold » et « Green ») et Peter Suber. Je ne suis pas tou­jours d’accord avec eux, mais avec il est tou­jours pos­sible d’échanger en écou­tant l’autre, et c’est un plai­sir rare.

  1. Le Free­mium d’OpenEdition est donc une moda­lité de libre accès Pla­ti­num []
  2. Dans l’édition publique, nous avons notam­ment un réseau pro­fes­sion­nel (réseau Médici), une asso­cia­tion des presses uni­ver­si­taires (AEDRES), qui contri­buent à la struc­tu­ra­tion du pay­sage, et même une média­trice de l’édition publique, et je vou­lais pro­fi­ter de cet article pour vous en par­ler. []
  3. Et puisque j’y suis, la notion de livre homo­thé­tique me paraît réduire les termes du débat. []

5 réflexions au sujet de « Gratuité ou libre accès? Poser les termes du débat, c’est déjà y répondre en partie »

  1. Ping : Gratuité ou libre accès? Poser les termes du débat, c’est déjà y répondre en partie | Association Concert Urbain

  2. Ping : Gratuité ou libre accès? Poser les termes du débat, c’est déjà y répondre en partie | Blogo-Numericus | la bibliothèque, et veiller

  3. Marc

    Post utile. Merci. Ques­tion : les infra­struc­tures publiques sont-​elles plus garantes de péren­nité que des struc­tures pri­vées ? J’en doute. Il suf­fit de regar­der l’histoire des biblio­thèques (biblio­thèques aux­quelles vous vous réfé­rez… les véri­tables biblio­thèques publiques ne sont pas plu ou beau­coup plus vieilles qu’un éditeur comme Else­vier qui garan­tit aujourd’hui l’archivage et la conser­va­tion de ses fonds grâce à sa puis­sance finan­cière.). Débat ouvert…

    Répondre
  4. Alexandre

    Excellent post. On en arrive à l’idée qu’un tel choix est pure­ment poli­tique. L’open access per­met d’abattre les bar­rières qui privent le public du contact avec la pen­sée en train de se faire. La gra­tuité est aussi une manière de ne pas savoir exac­te­ment à qui s’adressent les textes, d’ouvrir le champ des lec­teurs pos­sibles, ou du public pos­sible, au-​delà du seul champ des spé­cia­listes, ou des pairs, ou des gens qui sont inté­res­sés et qui peuvent débour­ser de l’argent. C’est ainsi que nous avons conçu, au Col­lège inter­na­tio­nal de phi­lo­so­phie, la sor­tie de notre livre numé­rique, Inter­sec­tions : consul­table dans une tren­taine de lieux (média­thèques, centres cultu­rels, etc.) et offert au public en télé­char­ge­ment gra­tuit, il repose à sa manière la ques­tion de la gra­tuité et du libre accès au savoir. (30ans​ciph​.org)

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Notifiez-moi des commentaires à venir via email. Vous pouvez aussi vous abonner sans commenter.