En 2005, j’ai commencé sur ce blog, dans le cadre de la rubrique « Observatoire des sciences humaines et sociales », à faire un point sur les dépôts OAI francophones. Il y a quinze jours, j’ai fait quelques nouveaux comptages, qui confirment la tendance à la croissance, régulière et soutenue, du nombre de documents disponibles.
Du côté des portails de revues, on trouve :
- Cairn
2006 : 16 251 enregistrements
2007 : 27 580 enregistrements
- Persée
2005 : 12 262 enregistrements
2006 : 55 881 enregistrements
2007 : 84 313 enregistrements
2005 : 10 005 enregistrements
2006 : 16 228 enregistrements
2007 : 22 361 enregistrements
Il s’agit là d’une formidable croissance de l’ensemble des portails, dont on ne peut que se féliciter. Les particularités disciplinaires et techniques de chacun pourraient être commentées, pour affiner l’analyse. Mais, en l’état, les valeurs brutes présentent une information de base.
Si d’autres portails francophones SHS étaient dotés d’un dépôt OAI, merci de me l’indiquer, afin que je puisse les ajouter à la liste.
On note l’apparition du CRHST :
- Centre de Recherche en Histoire des Sciences et des Techniques
2007 : 2 540 enregistrements
L’École nationale des chartes reste stable :
2005 : 253 enregistrements
2006 : 256 enregistrements
2007 : 256 enregistrements
Du côté de l’édition de thèses, Cyberthèses poursuit son bout de chemin :
- Universite Lyon 2 – Cybertheses
2005 : 542 enregistrements
2006 : 816 enregistrements
2007 : 992 enregistrements
Enfin, comme on pouvait s’y attendre, la croissance du dépôt d’archives ouvertes HAL reste forte.
- Hal SHS
2005 : 2 061 enregistrements
2006 : 10 969 enregistrements
2007 : 19 100 enregistrements (dont 8000 comportent le texte intégral)
Photographie (c) par Cédric. http://flickr.com/photos/lecedre/692507310/




Il est toujours délicat de se lancer dans des comptages lorsque l’on parle d’archives ouvertes et encore plus si on limite son propos aux SHS, sans préciser ce que l’on veut (dé)montrer.
Si on veut évaluer le dynamisme du mouvement des archives ouvertes, il vaudrait mieux regarder l’ensemble des dépôts français toutes disciplines confondues et repérer ce qui avance, ce qui stagne et ce qui recule ou disparaît. Pour cela, le site du ROAR (Registry of Open Access Repositories) http://roar.eprints.org/
offre une vision globale de la situation française, site par site, en détaillant par système et par type de documents déposés dans l’archive.
A la lecture de ces résultats, la situation apparaît plus contrastée que ce qui est indiqué ci dessus, en précisant qu’il s’agit sur le site du Roar d’un tableau multidisciplinaire. On note une très grande diversité que ce soit à propos des logiciels utilisés, des types documentaires et institutionnels d’archives. Un tiers des archives utilisent la plate forme Eprints, 18% le système HAL, 13% Dspace et 40% des systèmes divers. Cela mérite peut-être de s’y arrêter : on voit bien que les choix technologiques sont ouverts : il serait intéressant de savoir précisément ce qu’en pensent les institutions qui utilisent ces différentes plates formes et quelles ont été les raisons de leur choix initial.
La diversité institutionnelle et documentaire est une donnée qualitative importante : le lecteur mérite plus que le signalement de quelques sites « phares » parce qu’ils sont quantitativement significatifs ou parce qu’ils sont issus d’initiatives fédératrices ou centralisatrices. On ne peut pas évoquer la situation des archives ouvertes françaises voire francophones, même simplement en SHS en mentionnant uniquement, Cairn, Revues.org, Persée ou Cyberthèses. La réalité sur le terrain est beaucoup plus diversifiée et c’est cela qui est intéressant et mérite attention. Les grandes initiatives croissent et embellissent parce qu’elles sont adossées à un support institutionnel ou disciplinaire important. Mais l’éclosion ou la persistance d’initiatives locales ou décentralisées, en un mot différentes, est peut-être plus révélateur de la situation actuelle.
Enfin, il faut sur le plan méthodologique préciser la nature des documents déposés dans une archive qui lui confèrent le statut d’archive : ne doivent être pris en compte que les systèmes qui donnent accès à des documents et non pas à des notices bibliographiques. Il existe depuis longtemps des bases de données bibliographiques qui rendent des services bien connus mais de nature différente. Ce qu’attend le lecteur qui interroge une archive ou un portail c’est l’accès au document lui-même. Cette précision documentaire évitera de « mélanger les carottes avec les navets » et redonnera sa vraie valeur aux dépôts. Cette précision quant à la diversité des enregistrements, se retrouve quant à la nature des documents signalés : on peut supposer (mais je n’ai pas pu vérifier parce que l’adresse du site n’était pas fournie) que mettre à disposition 256 documents à l’école des Chartes n’est pas de même nature que d’engranger des documents au format pdf ou des notices bibliographiques.
L’archivage ouvert correspond à des pratiques éditoriales bien différentes et par conséquent des usages et des publics différents selon les institutions et les projets.
L’observation des usages est nécessaire à une condition ( au moins :=)) : que l’on ait clairement défini de quoi l’on parle, et que l’on dresse d’abord un panorama exhaustif du paysage français ou francophone en matière d’archives ouvertes.
Le ratiocineur de service : jpd
PS : ne pas oublier de donner le lien vers l’url des sites mentionnés.
En effet, ce modeste billet ne concerne que les Sciences humaines et sociales et ne traite pas du mouvement des archives ouvertes. En effet, il compte des documents de nature, de type et de formats hétérogènes. Il reste qu’il donne des éléments dont je disposais et que je souhaitais rendre publics. Pas plus, mais pas moins.
Ps : j’ai ajouté les liens vers les sites.
Quand on parle d’usage, il faut aller plus loin. L’augmentation du nombre de documents déposés est intéressante, tout comme la répartition de ces documents entre les différents sites. Mais qu’en est-il de l’usage du point de vue utilisateur final (« lecteur ») ? Que sait-on aujourd’hui de l’utilisation réelle des ressources en ligne dans les archives et plateformes éditoriales en SHS ?