E-​books : c’est pour aujourd’hui ou pour demain ?

12 avril 2008
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Un récent billet paru dans imma​te​riel​.fr, fait le point sur l’offre actuelle de e-​books (je parle des machines) sur le mar­ché à l’heure actuelle. Le moins que l’on puisse dire est que le bilan n’est pas fameux. Jugeons plu­tôt. Mani­fes­te­ment, quatre machines sont en lice : le Rea­der (ou plu­tôt PRS-​505) de Sony, le Cybook GEN 3 de Boo­keen, l’iLiad de iRex et bien sûr le Kindle d’Amazon. Je n’ai essayé aucun des quatre. En revanche, je suis dans la posi­tion d’un ache­teur poten­tiel qui sou­haite acqué­rir une liseuse, comme on dit, et donc en capa­cité de confron­ter cette offre avec un cahier des charges que je me suis défini.

un ipod du texte

Ce cahier des charges est très simple : je cherche ce qu’on pour­rait appe­ler un ipod du texte ; c’est-à-dire, un objet léger, simple, résis­tant, sur lequel je peux lire toutes sortes de textes (livres, revues, presse), donc ouverts à des for­mats à peu près uni­ver­sels : pdf ou html, uti­li­sant une tech­no­lo­gie de type encre élec­tro­nique et, si pos­sible, pas trop cher. Je ne veux pas de fonc­tion sup­plé­men­taire et sophis­ti­quée. Avec cette machine, je veux seule­ment lire, comme j’écoute de la musique avec mon ipod. Pour faire des choses com­pli­quées avec du texte, j’ai un ordi­na­teur. Der­nier point, cette machine ne doit pas être exces­si­ve­ment coû­teuse ; je ne suis pas prêt à ache­ter plus cher qu’un ordi­na­teur por­table un outil dont les fonc­tions bien plus limitées.

Avec ce cahier des charges, je peux écar­ter d’emblée le Kindle d’Amazon. Celui-​ci en effet ne sait com­mu­ni­quer qu’avec…le cata­logue d’Amazon sur un canal qui lui est propre. J’aime beau­coup Ama­zon, je suis un gros et fidèle client d’Amazon, mais j’aimerais bien qu’il reste à sa place. Je ne suis pas prêt à lui aban­don­ner la faculté de choi­sir à ma place ce que je dois lire. On ne peut qu’être étonné d’ailleurs de voir cette entre­prise née dans la culture d’Internet ten­ter de prendre en otage ses clients avec une superbe stra­té­gie de lock-​in que ne désa­voue­rait pas Micro­soft. Vrai­ment très curieux. Bon, de toute façon, le Kindle n’est pas dis­tri­bué en France (ni aux Etats-​Unis du reste où il est en rup­ture de stock).

Deuxième can­di­dat, l’iLiad. Pour celui-​là, il faut se rendre sur le site du construc­teur hol­lan­dais pour pou­voir le com­man­der. C’est assez bizarre comme mode de dis­tri­bu­tion. Ce qui n’est pas bizarre du tout, par contre, c’est le coût d’achat de la machine : 649 euros ! c’est-à-dire plus cher qu’un por­table bien équipé. L’offre d’iRex a beau être de bonne qua­lité, elle n’en est pas moins d’un coût exor­bi­tant. Exit l’iLiad.

De qui se moque-​t-​on ?

Pas­sons main­te­nant au Cybook de Boo­keen : vendu à 350 euros, lisant toutes sortes de for­mats de fichiers, com­mu­ni­quant grâce à une inter­face wifi, la machine est attrayante. Las ! la page à par­tir de laquelle on peut l’acheter s’orne d’un magni­fique enca­dré rouge aver­tis­sant le futur client qu’en rai­son de dif­fi­cul­tés d’approvisionnement, il ne peut connaître la date à laquelle il sera livré. Sa carte bleue en revanche sera débi­tée immé­dia­te­ment, elle. De qui se moque-​t-​on ?

Reste le Rea­der, ou PRS-​505 de Sony. C’est fina­le­ment l’offre qui semble la plus viable. Elle a d’ailleurs ren­con­tré un cer­tain suc­cès au Japon et aux Etats-​Unis où elle est com­mer­cia­li­sée depuis.…plus d’un an ! Livres Hebdo croit savoir que Sony réflé­chit à une com­mer­cia­li­sa­tion en France d’ici l’été, mais hésite sur la stra­té­gie à adop­ter : via un dis­tri­bu­teur exclu­sif ou non. Voilà qui ne pré­sage rien de bon. Espé­rons que le prix amé­ri­cain de 300 dol­lars ne se trans­forme pas en prix euro­péen à 450 euros, selon la logique d’un taux de change dont seuls les dis­tri­bu­teurs exclu­sifs ont le secret.

Demain, demain, demain…

Cela fait huit ans que je m’intéresse au e-​book. Il fai­sait l’objet d’un des pre­miers dos­siers d’Homo Nume­ri­cus en 2000 ! Déjà, à l’époque, on nous pro­met­tait pour très bien­tôt, très très bien­tôt, la révo­lu­tion du livre élec­tro­nique. Huit ans après, force est de consta­ter que mal­gré les pro­grès tech­niques, on en est tou­jours au même point au niveau indus­triel et com­mer­cial : le consom­ma­teur poten­tiel ne trouve devant lui qu’une offre ané­mique, coû­teuse, appuyée sur des cir­cuits de dis­tri­bu­tion pour le moins alambiqués.

Or donc, mes­sieurs les fabri­cants, mar­ke­teurs, dis­tri­bu­teurs de tous poils ; ce e-​book que l’on nous pro­met depuis si long­temps, cet ipod du texte que l’on attend avec impa­tience et qui est pro­mis à un brillant ave­nir ; c’est pour aujourd’hui ou pour demain ?


Cré­dit photo :« escar­got ? not me », par Pea­sap en CC By 2.0 sur Flickr

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8 Responses to E-​books : c’est pour aujourd’hui ou pour demain ?

  1. francois schnell on 13 avril 2008 at 2 h 26 min

    Je pense que le décol­lage des e-​books va venir de là ou on ne l’attend pas : la défer­lante subite des ultra por­table low­cost 9/​10 pouces pour cet été et sur­tout Noël (Asus, Dell, HP, Intel, etc… tous rentrent dans ce nou­veau mar­ché ini­tié par l’OLPC XO et l’eeePC d’Asus).

    Je n’ai jamais uti­lisé de lec­teur e-​book spé­cia­lisé et je n’étais pas vrai­ment convaincu de l’intérêt des ebooks.
    J’ai changé d’avis avec mon pre­mier ultra por­table low­cost, l’ASUS eeepc 701 que je ne des­ti­nais pas aussi pas à cet usage.
    Avec du recul je trouve qu’un por­table et un ultra por­table sont vrai­ment deux choses dif­fé­rentes mais complémentaire.

    Vu son prix et son poids mon eeePC me suit par­tout, dans mon sac, en rando, dans mon lit.
    Il a la taille et le poids d’un bou­quin (feulle A4 pliée en deux /​900 grammes) et mal­gré l’écran trop petit de la pre­mière ver­sion je m’y suis fait à la longue.
    Avec le pas­sage au 9 pouces et la sor­tie du nou­veau pro­ces­seur lowcost/​faible consom­ma­tion « Atom » d’Intel (cet été) ce seg­ment va vrai­ment deve­nir mature (notam­ment pour l’équipement poten­tiel des écoliers et étudiants). J’apprécie aussi d’avoir un vrai cla­vier et de prendre éven­tuel­le­ment des notes sur ce que je lis, de véri­fier une infor­ma­tion sur le web online/​offline, etc.

  2. Emile on 13 avril 2008 at 3 h 30 min

    certes, mais le bémol aux ultra­por­tables est qu’ils n’utilisent pas d’encre elec­tro­nique (fatigue visuelle) , ont une faible auto­no­mie et dégagent bruit et chaleur.….

    on ne peut que sou­hai­ter une plus grande concur­rence que les 4 pré­cé­dem­ment cités, his­toire d’accélérer enfin l’innovation (c’est tout de même incroyable d’avoir de petites machines por­tables pour de la musique, des films et des jeux vidéos.…..et pas pour le texte !).

    il se pour­rait bien qu’Apple, qui ne débarque pas for­cé­ment le pre­mier sur un mar­ché, finisse par mettre tout le monde d’accord, grâce à leur supé­rio­rité dans le design et l’ergonomie.
    espé­rons sim­ple­ment que ce ne soit pas avec un écosys­tème trop fermé à l’instar d’Amazon et Sony.….

  3. francois schnell on 13 avril 2008 at 5 h 54 min

    « » » certes, mais le bémol aux ultra­por­tables est qu’ils n’utilisent pas d’encre elec­tro­nique (fatigue visuelle) , ont une faible auto­no­mie et dégagent bruit et chaleur.…. » » »

    Les ultra­por­tables low­costs sont à base de SSD (Solid State Drive) qui sont par­fai­te­ment silen­cieux (pas de par­tie méca­nique) et dégagent très peu de cha­leur.
    Concer­nant le pro­ces­seur il ne tourne pas à fré­quence élevée et dégage rela­ti­ve­ment peu de cha­leur donc rela­ti­ve­ment peu de bruit de ven­ti­la­tion (dis­si­pa­tion ther­mique de l’ordre de 1 watt pour les Atom gra­vés en 45 nm).

    Pour l’autonomie, les 2h30 du eeepc701 me suf­fisent juste mais ce chiffre devrait sen­si­ble­ment aug­men­ter avec les Atom.

    Pour l’écran je le trouve petit mais pas par­ti­cu­liè­re­ment fati­guant une fois habi­tué au for­mat (je ne lis pas des heures d’affiliée des­sus non plus). L’écran du XO (OLPC) est par contre très inté­res­sant et Mary Lou Jep­sen a quitté l’OLPC pour mieux le com­mer­cia­lisé dans les appa­reils low­costs :
    http://​www​.pixelqi​.com/

    « »« c’est tout de même incroyable d’avoir de petites machines por­tables pour de la musique, des films et des jeux vidéos.…..et pas pour le texte ! » » »

    Certes. Je ne suis pas sure de l’effet que va avoir la ten­dance vers la conver­gence la des­sus. A force de trim­bal­ler un « mobile » pour faire X, un autre pour faire Y et un autre pour faire Z beau­coup de gens se sentent du coup moins … mobile. Main­te­nant les pro­grès tech­niques et la concur­rence dans la pro­duc­tion des ulta­por­tables low­costs pour­raient favo­ri­ser l’émergence d’un ou plu­sieurs ebook rea­ders abordables.

  4. Piotrr on 13 avril 2008 at 7 h 57 min

    Hello,

    merci pour la dis­cus­sion, mais je pense en effet que les ultra-​portables ne rem­placent pas les e-​books en terme de confort de lec­ture. Tu le dis toi-​même : « je ne lis pas des heures d’affilée des­sus non plus », or, c’est jus­te­ment le but : lire dans la conti­nuité de très longs textes des heures durant. Pour la lec­ture rapide et frag­men­taire, c’est l’ordi qui est le mieux, por­table ou ultra-​portable. Pour la lec­ture lognue, il y a un saut qua­li­ta­tif consi­dé­rable entre un écran lcd et un sys­tème de type e-​paper (équi­va­lent au papier).

  5. francois schnell on 13 avril 2008 at 14 h 07 min

    Hello,

    « » » je pense en effet que les ultra-​portables ne rem­placent pas les e-​books en terme de confort de lecture. « » »

    Oui, bien sûre d’accord, mais si l” »unique » cri­tère de choix d’un ebook rea­der est le confort visuel alors je pré­fère le confort que m’apporte un vrai livre (et je com­prends moins l’intérêt d’une machine dédiée). Main­te­nant dans un contexte de *mobile lear­ning* et de *conver­gence* les habitudes/​besoins/​usages sont pro­ba­ble­ment dif­fé­rents entre « digi­tal natives » et « digi­tal immigrants ».

    « »« Pour la lec­ture rapide et frag­men­taire, c’est l’ordi qui est le mieux, por­table ou ultra-​portable. » » »

    Pour ma part, je n’en suis pas cer­tains. En tout cas le Kindle de Bezos vise aussi cette « casual » lec­ture rapide (inté­gra­tion des Blogs et sites de news) et le Kindle res­semble fort à un « ordi » (cla­vier, wifi, tourne sous GNU/​Linux, etc).

    « » » Pour la lec­ture lognue, il y a un saut qua­li­ta­tif consi­dé­rable entre un écran lcd et un sys­tème de type e-​paper (équi­va­lent au papier). » » »

    Oui j’imagine mais cepen­dant la techno de Mary Lou Jep­sen est une évolu­tion impor­tante d’un écran LCD tra­di­tion­nel et offre un bien meilleure confort en plein jour avec une grande auto­no­mie.
    Il per­met de plus d’intégrer des illus­tra­tions cou­leurs et des médias riches dans l’idée du dyna­book d’Alan Kay ou du pro­jet Sophie de la Mel­lon fon­da­tion. Mais bon, du coup on peut se retrou­ver sur un cli­vage « livre tra­di­tion­nel » (repro­duit fidè­le­ment par la techno) et « réin­ven­ter le livre » notam­ment dans un contexte « digi­tal native » qui lisent mal­heu­reu­se­ment de moins en moins de vrais livres. Sujet qui n’a pro­ba­ble­ment pas beau­coup d’intérêt dans ce post, désolé pour mon spam ;)

  6. Christian Vandendorpe on 25 avril 2008 at 11 h 41 min

    J’ai actuel­le­ment un Rea­der Sony en expé­ri­men­ta­tion depuis quelques mois. C’est un bel objet : boî­tier en acier inoxy­dable, inséré dans une liseuse qui évoque la mani­pu­la­tion du livre. L’écran en papier élec­tro­nique (92 x123 mm) per­met une lec­ture très confor­table, autant que le papier. Mieux même, dans un sens, car l’écran per­met trois niveaux de gros­sis­se­ment du texte, ce qui est pré­cieux pour des mal-​voyants. On peut aussi y emma­ga­si­ner des pho­tos (seule­ment en noir et blanc) et sa dis­co­thèque de MP3.

    Vou­lant relire La Char­treuse de Parme sur ce sup­port, je me suis cher­ché une édition en ligne. Gal­lica n’offrant que des ver­sions en for­mat PDF — qui est illi­sible sur le PRS 505 — , j’ai dû me rabattre sur le Guten­berg Pro­ject, où j’ai télé­chargé un fichier TXT, que j’ai converti en RTF pour l’installer sur le livrel. Cela m’a per­mis de consta­ter que le fichier source, dans le cas de Sten­dhal, conte­nait beau­coup de coquilles, qui occa­sion­naient même par­fois de sérieux contre­sens. Il n’en fut pas de même pour Wuthe­ring Heights, dont l’édition était impec­cable. Bref, en matière de biblio­thèques numé­riques gra­tuites et fiables, un gros tra­vail d’édition est à faire du côté francophone.

    Ce livrel se prête très bien à des lec­tures au long cours, quoique l’autonomie n’en soit pas aussi impor­tante que ce qu’annonce la publi­cité. Même si la pile est cen­sée per­mettre de tour­ner 7500 pages, il faut en rabattre beau­coup, dès lors que la lec­ture se pro­longe durant plu­sieurs jours. Et cela dimi­nue encore, natu­rel­le­ment, si on branche un écou­teur pour écou­ter de la musique.

    Au plan ergo­no­mique, des pro­grès notables sont néces­saires avant que ce Rea­der puisse vrai­ment se popu­la­ri­ser. L’accès aux textes se fait au moyen d’une hié­rar­chie peu intui­tive, voire archaïque. Des bou­tons de sélec­tion et de défi­le­ment des pages font double emploi. L’objet est juste un peu trop large pour entrer dans une poche. Le rafraî­chis­se­ment de la page écran exige un délai per­cep­tible. Sur­tout, on ne peut pas faire des recherches plein texte, ni anno­ter des pages (on peut les « cor­ner », c’est un début !) Et, sans connexion wi-​fi, l’appareil dépend d’un ordi­na­teur pour la mise à jour de la biblio­thèque et pour rechar­ger sa pile via la prise USB.

    Bref, je serais tenté de croire que le Kindle est net­te­ment supé­rieur, même si celui-​ci tend à enfer­mer l’usager dans l’enceinte com­mer­ciale d’Amazon. Tou­te­fois, d’après mes infor­ma­tions, il semble qu’il soit main­te­nant pos­sible d’y télé­char­ger ses propres PDF via la connexion télé­pho­nique EVDO pour un coût uni­taire très faible.

  7. Guizmow on 30 avril 2008 at 5 h 21 min

    Pour info, le Cybook Gen3 ne pos­sède pas de connexion wifi mais un accès au flux rss.
    il est aussi dit sur le site de boo­keen que les envois s’effectueront mi-​mai.
    Après au niveau du lec­teur en tant que tel, c’est sur­ement l’offre laplus à meme de répondre aux besoins d’un lec­teur. mul­ti­for­mat, écran e-​ink, un seul bou­ton pour tout faire plu­tot qu’un panel de fonc­tion­na­li­tés inutiles, il reste au des­sus du Kindle et du Sony par ces trois points. L’iliad est vrai­ment diff­fé­rent de par ces fonc­tion­na­li­tés qui en font un très bon outil pro­fes­sion­nel
    voici un lien pour voir une démo de la bête, trou­vable à par­tir de wiki­pé­dia. Giz­modo : Ver­dict Test du Cybook]
    ou encore un test en anglais : zdnet les tests des autres tablettes sont dis­po­nible sur ce site : giz­modo pour le sony et le kindle ou celui-​ci en anglais sur zdnet pour l’Iliad
    Pour toute per­sonne inté­ressé par les déve­lop­pe­ments des tech­no­lo­gies ebook, le forum mobi­le­read retrans­cris des ana­lyses forums et son­dages vrai­ment spé­cia­lisé sur les livres élec­tro­niques et numé­riques.

    >
    A+
    Guiz (pas celui de giz­modo, un autre)

  8. BIWIBIS on 2 mai 2008 at 2 h 28 min

    je pos­séde depuis 2 MOIS UN READER 505 DE SONY
    CET OUTIL EXTRAORDINAIRE est TELLEMENT PRATIQUE , UNE
    FOIS DE PLUS LES EDITEURS FRANCAIS SONT EN TRAIN DE MANQUER LE COCHE

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