Livre numérique : la révolution attendra encore un peu

16 novembre 2008
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Por­table, léger, de lec­ture confor­table, res­sem­blant au livre à s’y méprendre, la liseuse consti­tue­rait la solu­tion de l’édition face à la révo­lu­tion numé­rique. Et pour­tant, le compte n’y est pas.

Et si on essayait de pen­ser l’avenir de l’édition élec­tro­nique sans se réfé­rer en per­ma­nence au bel objet qu’est le livre et aux nobles rayon­nages des biblio­thèques fami­liales ou des biblio­thèques publiques ?

Sur le fond, d’abord. Les liseuses sont ven­dues comme des livres élec­tro­niques. De la même façon, en 1995, les médias décri­vaient Inter­net comme une biblio­thèque. La vertu de la méta­phore faci­lite l’appropriation d’un objet nou­veau par une société qui ne connaît, par défi­ni­tion, que des réfé­rences pas­sées. Cela peut fonc­tion­ner lorsque l’image est uti­li­sée dans la phase de dif­fu­sion d’une inven­tion, lorsqu’elle est conçue et qu’il faut convaincre. Cela fonc­tionne sou­vent avec dif­fi­culté lorsque la méta­phore sert de tuteur à une inven­tion. S’il avait fallu inven­ter Inter­net comme une biblio­thèque dans les années 1960, le Web ne serait pas ce qu’il est devenu. Trente ans plus tard, ini­tier le grand public au « world wide web » en fai­sant une réfé­rence erro­née au modèle de la biblio­thèque était une stra­té­gie péda­go­gique, pas un modèle créa­teur. Mal­heu­reu­se­ment pour le livre élec­tro­nique, il semble évident que la méta­phore a consti­tué la matrice de l’invention de l’objet. Dès lors, c’est un objet que l’on a conçu, avant de pen­ser un usage. Une conti­nuité, que l’on sou­haite mettre en place, avant de pen­ser une adap­ta­tion à un contexte nou­veau. On connais­sait les ver­tus de l’objet livre. On a songé à les trans­po­ser méca­ni­que­ment au monde numé­rique. On a obtenu un monstre qui se révèle inutile, coû­teux et lourd. Les liseuses d’aujourd’hui pré­sentent les défauts du livre et qua­si­ment aucune des qua­li­tés du texte numé­rique. Et si on essayait de pen­ser l’avenir de l’édition élec­tro­nique sans se réfé­rer en per­ma­nence au bel objet qu’est le livre et aux nobles rayon­nages des biblio­thèques fami­liales ou des biblio­thèques publiques ?


Sony annonce la "Reader Revolution". Capture du site du Sony Reader, 10 novembre 2008.

Sony annonce la « Rea­der Revo­lu­tion ». Cap­ture du site du Sony Rea­der, 10 novembre 2008.

Hypo­thèse n°1 : le livre est un optimum

Posons comme pre­mière hypo­thèses que l’objet-livre est une réus­site par­fai­te­ment adap­tée aux condi­tions maté­rielles et tech­niques d’une époque. Un opti­mum adapté aux contraintes par­ti­cu­lières de l’imprimé, des pra­tiques d’écriture et des pra­tiques de lec­ture d’un contexte his­to­rique précis.

Hypo­thèse n°2 : l’objet-livre n’est pas l’objet de l’édition

Posons comme seconde hypo­thèse que l’objet de l’édition est l’expression de la pen­sée et de la sen­si­bi­lité humaines, l’échange entre les hommes à tra­vers le temps et l’espace. Un véhi­cule, une mémoire, un vec­teur. L’objet de l’édition n’est pas l’objet-livre. L’objet de l’édition est le texte ; l’écriture du texte et sa lecture.

Hypo­thèse n°3 : le texte numé­rique n’est pas un livre

Posons comme troi­sième hypo­thèse que le texte numé­rique pré­sente des carac­té­ris­tiques spécifiques :

1. L’information numé­rique, en elle-​même, est qua­si­ment imma­té­rielle : il est pos­sible de s’émanciper, grâce à elle, du poids du bois qui consti­tue le papier.

2. Le texte numé­rique est repro­duc­tible qua­si­ment sans coût spécifique.

3. L’information numé­rique cir­cule avec une très grande fluidité.

4. Le texte numé­rique peut se doter de couches suc­ces­sives : il est annotable.

5. Le texte numé­rique est hyper­tex­tuel ; il est liable.

6. Le texte numé­rique est indexable par des robots, à tout moment et sans cesse, selon des logiques et des algo­rithmes qui ne cessent d’évoluer.

7. Le texte numé­rique relève de l’économie de l’attention et non de l’économie de la rareté.

Hypo­thèse n°4 : l’édition élec­tro­nique consti­tuera un nou­vel optimum

Posons comme qua­trième hypo­thèse que l’avenir de l’édition élec­tro­nique se situe dans la mise au point d’un nou­vel opti­mum, adapté au nou­veau contexte. S’impose en effet la ren­contre du texte édité et du numé­rique. En quoi les e-​books de 2008 favorisent-​ils la ren­contre entre texte édité et numérique ?

Les e-​books en 2008 relèvent d’une logique de numérisation

Pro­cé­dons, pour l’instant, sans pré­ju­ger de ce qu’est le texte édité lui-​même. Une telle ques­tion nous mènera trop loin pour aujourd’hui. Elle pour­rait pro­vo­quer des angoisses exis­ten­tielles dans l’esprit de cer­taines éditeurs, alors qu’elle devrait seule­ment sus­ci­ter des ques­tions ontologiques.

Explo­rons les sept carac­té­ris­tiques mises en avant :

1. Imma­té­riel ?

Les liseuses per­mettent d’embarquer dans un objet de quelques cen­taines de grammes des dizaines, des cen­taines, bien­tôt des mil­liers de livres. En cela, elles laissent de la place dans votre sac à dos ou dans votre coffre si vous par­tez en vacances avec des lec­tures de tra­vail en retard ou des lec­tures appé­tis­santes à dévo­rer… Score : +1.

2. Repro­duc­tible ?

Les liseuses per­mettent d’intégrer des livres en libre accès et de les repro­duire à l’infini. Mais les éditeurs ont décidé, comme pour le MP3, de s’embarrasser de DRM (Digi­tal rights mana­ge­ment) pour leurs livres mis en vente. Il est notable d’assister à la mise en place de DRM pour les livres élec­tro­niques, au moment où l’industrie du disque en revient chaque jour un peu plus. Ne faut-​il pas tirer quelques conclu­sions de l’expérience ? Il semble que les enjeux soient trop impor­tants pour le permettre.

La FNAC vend donc un fichier epub au prix du livre papier avec une limi­ta­tion de lec­ture sur cinq machines, pas une de plus. Il s’agit donc de fichiers défi­nis comme péris­sables. Il ne sera pas pos­sible de prê­ter ce livre, alors que c’est une « fonc­tion­na­lité sociale » fon­da­men­tale du livre. Il sera même impos­sible de consul­ter le livre élec­tro­nique pro­tégé par DRM dans les condi­tions réelles de la vie quo­ti­dienne. Le profil-​type du lec­teur de demain n’est-il pas celui d’un indi­vidu dis­po­sant d’un ordi­na­teur au bureau, d’un ordi­na­teur à la mai­son et d’une liseuse ? Trois machines, donc, au mini­mum. Or, les ges­tion­naires consi­dèrent qu’un maté­riel infor­ma­tique est renou­velé tous les 4 ans. Cela signi­fie que, dans 4 ans, le lec­teur ne pourra pas lire le livre acheté aujourd’hui sur ses nou­velles machines. La hot­line de la Fnac lui indi­quera sûre­ment qu’il aurait été bien ins­piré de conser­ver un vieux cou­cou à la cave pour lire les livres de l’époque. On appelle cela le pro­grès. Les admi­nis­tra­teurs de parcs infor­ma­tiques savent, par ailleurs, que les disques durs sur­vivent moins de 4 ans en moyenne et que, virus, for­ma­tages et défaillances maté­rielles aidant, les fichiers sto­ckés sur une machine sont en sur­sis, voire condam­nés dès leur créa­tion. Et sont voués à dis­pa­raître à l’occasion d’un cam­brio­lage, d’un incen­die ou d’un geste brusque du petit der­nier qui pousse papa à ren­ver­ser la cafe­tière sur le Mac­Book der­nier cri… Il paraît donc évident que les livres ache­tés aujourd’hui n’auront jamais la durée de vie des objets-​livres. Ils sont fra­giles, vola­tiles et, fina­le­ment, pro­vi­soires. Ils le sont tech­ni­que­ment. Ils le sont, encore plus, en rai­son des DRM qui les protègent.

En consé­quence, ils devraient être ven­dus au prix d’une loca­tion. Ils sont ven­dus au prix de l’objet dont ils consti­tuent une pâle copie numé­rique. Vendre un livre numé­rique à 3€ et un livre-​objet à 30€ ne serait pas un contre-​sens ni une déva­lo­ri­sa­tion du talent de l’auteur ou de la qua­lité du tra­vail de l’éditeur. Ce serait une simple prise en compte des dif­fé­rences fon­da­men­tales entre l’univers ana­lo­gique et l’univers numé­rique. Score : –1.

3. Fluide ?

Alors que l’information numé­rique cir­cule avec une grande flui­dité, les e-​books semblent déployer leur talent à émuler les dis­tances phy­siques qui existent, dans le monde ana­lo­gique, entre les mots, les phrases, les para­graphes, les cha­pitres, les livres eux-​mêmes. L’ergonomie des e-​books se concentre sur la lec­ture linéaire, de la page 1 vers la page 999, sup­po­sée être celle du papier (ce qu’elle n’est pas). Score : –1.

4. Anno­table ?

Les e-​books ne sont actuel­le­ment qua­si­ment pas anno­tables. Ils sont infé­rieurs au livre-​objet, que je sur­ligne, sta­bi­lo­bosse, corne, annote au crayon. Score : –1.

5. Liable ?

Les e-​books ne sont actuel­le­ment qua­si­ment pas liables, pas liés, pas liants. Ils res­tent des objets fer­més. Les e-​books relèvent d’une logique de numé­ri­sa­tion. Pas d’une logique d’édition élec­tro­nique. C’est par­ti­cu­liè­re­ment frap­pant dans le cas de la liseuse de Sony, qui ignore Inter­net : elle est ali­men­tée en conte­nus par un câble USB et se paie le luxe d’ignorer l’existence de Wiki­pe­dia, du pro­jet Guten­berg, de Revues​.orgScore : –1.

6. Indexable ? Les e-​books ne pro­posent qua­si­ment aucune indexa­tion, aucun moteur de recherche, aucune fonc­tion trans­verse aux textes édités. Ils sont plats. Ils sont mornes. Ils pèsent comme une par­paing intel­lec­tuel. Score : –1.

7. Plé­tho­rique ? L’offre d’e-books est indi­gente et mal bali­sée. Les liseuses guident le lec­teur vers des super­mar­chés cultu­rels et ignorent volon­tai­re­ment Wiki­pe­dia, Guten­berg, Feed­books, Lemonde​.fr, Maître Eolas, Wikio, Mar­mi­ton, etc. Score : –1.

Le Sony Rea­der, un bel objet

Sur la forme, ensuite. Le Sony Rea­der 505 est un bel objet. Son écran est magni­fique (tech­no­lo­gie « E Ink »). Il confirme les ver­tus annon­cées de ce type d’affichage, supé­rieur en contraste et en sta­bi­lité aux plus beaux écrans LCD exis­tant actuel­le­ment sur le mar­ché. Mais, sur la liste des ver­tus, on s’arrêtera là.


Sony Rea­der 505. Source.

Une boîte vide

L’objet est cher (300€) et vendu sans contenu. Oui, ami lec­teur, le pre­mier livre élec­tro­nique vendu à la FNAC est une coquille vide de tout contenu ! L’objet ne pro­pose que des cata­logues de livres Hachette. Ces cata­logues sont de magni­fiques contra­dic­tions pour un e-​book à six pattes : ils vantent les mérites de livres qui n’ont –pour l’essentiel– pas encore de ver­sion numé­rique. Ces cata­logues sont de simples listes. L’information est sta­tique, non cli­quable, inutile. L’architecte d’une ville nou­velle dépose-​t-​il dans ses rues flam­bant neuves des pros­pec­tus à la gloire des cités médié­vales ? Ne peut-​il s’appliquer à démon­trer l’intérêt de sa ville nouvelle ?

Le créa­teur et le pro­mo­teur du livre élec­tro­nique devront croire en leur inven­tion. Les consoles de jeu sont livrées avec un jeu inclus, de façon à per­mettre un débal­lage au pied du sapin qui ne soit pas une frus­tra­tion… De même, les e-​books devraient être livrés avec quelques frian­dises à se mettre sous la dent. Le Père Noël Hachette-​Fnac-​Sony peut-​il pro­po­ser de dif­fu­ser un Rea­der équipé des titres suivants ?

-un dic­tion­naire Robert,

- une ency­clo­pé­die,

- L’Encycopédie de Dide­rot et d’Alembert,

- La Répu­blique de Pla­ton,

- L’extinction du pau­pé­risme de Louis-​Napoléon Bona­parte,

- De la démo­cra­tie en Amé­rique de Toc­que­ville,

- Le Sui­cide de Dur­kheim,

- Le Peuple de Miche­let,

- A l’école des sor­ciers,

- Lan­feust de Troy volume 1,

- Shi­ning de Ste­phen King,

- un livre de cui­sine, par exemple C’est moi qui l’ai fait​.net,

- un bon guide de bricolage…


Contrairement à Fnac.com, Feedbooks propose un catalogue conséquent, multiformats Capture de la page d'accueil du site Feedbooks, 10 novembre 2008

Contrai­re­ment à Fnac​.com, Feed­books pro­pose un cata­logue consé­quent et mul­ti­for­mats. Cap­ture de la page d’accueil du site Feed­books, 10 novembre 2008

Feuille­ter au ralenti : une expé­rience moderne

En outre, l’objet est lent, très lent. Il est lent à mou­rir. Le para­doxe est fort : le livre est bien plus rapide ! Un ordi­na­teur ou un simple Palm le sont égale­ment pour consul­ter Wiki­pe­dia et Guten­berg… Il est éton­nant d’avoir à attendre plu­sieurs secondes pour que s’affiche en 9 niveaux de gris un schéma vec­to­riel en PDF ou une image au for­mat JPEG.

La fonc­tion zoom : une copie à revoir de fond en comble…

A la len­teur s’ajoute la médio­crité des fonc­tions de lec­ture, au pre­mier rang des­quelles il faut comp­ter la fonc­tion zoom. Peu com­mode, défi­gu­rant sou­vent le texte, le zoom est la fonc­tion la plus déce­vante du Sony Reader.

Une offre déli­bé­ré­ment réduite

Enfin, l’objet souffre d’une fer­me­ture de l’offre : la docu­men­ta­tion incite le lec­teur à aller sur Fnac​.com pour ache­ter son livre. Si le Sony Rea­der est moins fermé que le Kindle d’Amazon (véri­table monstre de fer­me­ture pro­prié­taire), il tente de recréer une auto­route de l’information confi­nant au mono­pole au pro­fit de la Fnac et d’Hachette, par­te­naires offi­ciels. C’est sans doute trop deman­der que Sony sug­gère d’aller sur une dizaine de sites d’édition électronique…

Pour mener l’expérience jusqu’au bout, j’ai acheté quatre ouvrages à prix d’or sur le site de la Fnac :

-Au fon­de­ment des socié­tés humaines — 18 €

-Enca­drer, une mis­sion impos­sible ? — 23,41€

-Dis­cours de la ser­vi­tude volon­taire — 2,25€

-Du contrat social — 3,15€

Alors que les nou­veau­tés sont ven­dues au prix du papier, les clas­siques sont ven­dus à des prix intéressants.

En quelques semaines, le cata­logue est passé de quelques dizaines de titres de « tête de gon­dole » à plu­sieurs cen­taines, ce qui consti­tue un pro­grès notable, et annonce une amé­lio­ra­tion rapide de la situa­tion dans ce domaine.


Achat de 4 livres pour 48€ sur le site de la Fnac. Les classiques sont vendus à des prix intéressants. Les nouveautés sont terriblement chères.

Achat de 4 livres pour 48€ sur le site de la Fnac.Les nou­veau­tés sont ter­ri­ble­ment chères.

Tout reste à inventer

N’en jetez plus, me direz-​vous. Les vicis­si­tudes actuelles des liseuses ne sont, par chance, que pro­vi­soires. L’édition élec­tro­nique conserve un ave­nir magni­fique. Mais il fau­dra s’armer de patience encore un petit peu. La pen­sée et la sen­si­bi­lité humaines ont besoin de véhi­cule, et le texte numé­rique est une mer­veilleuse moda­lité pour cette fina­lité. La lec­ture mobile semble consti­tuer un pas­sage obli­ga­toire pour per­mettre le suc­cès de l’édition élec­tro­nique. Le métro, le TGV, le bus, le taxi, la plage, le lit sont des lieux pri­vi­lé­giés de lec­ture, agréables et incon­tour­nables. Nous ne man­quons pas d’écrans mobiles pour lire et relire Cicé­ron et Hergé, Bau­de­laire et Le Monde.

Aujourd’hui, je lis beau­coup plus sur mon petit télé­phone Nokia que sur la liseuse Sony acquise pour des tests par le Centre pour l’édition élec­tro­nique ouverte. J’utilise, pour cela, un vieil outil appelé navi­ga­teur web. Je peux cli­quer sur un lien contenu dans un cour­riel pour en consul­ter le texte. Je peux uti­li­ser Google rea­der pour consul­ter une sélec­tion pré­cise de conte­nus. D’un clic, j’accède à ma res­source. Je la lis aus­si­tôt. Lorsque cette res­source pro­pose un lien vers un autre texte numé­rique, je m’y rends d’un simple clic. J’ai accès à un maillage hyper­tex­tuel extrê­me­ment dense et riche. Sur le front des e-​books, tout reste à inven­ter. A moins que nous dis­po­sions d’une solu­tion évidente sous nos yeux ?

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30 Responses to Livre numérique : la révolution attendra encore un peu

  1. Jean-Christophe on 17 novembre 2008 at 0 h 16 min

    Pour ma part, je consulte des livres numé­riques sur un truc qui n’est pas une liseuse dédiée et qui me per­met, d’ailleurs, de faire des tas d’autres trucs comme télé­pho­ner, CQFD. Mais aussi noter le liste de mes courses, faire un tan­gram, me loca­li­ser et loca­li­ser la phar­ma­cie la plus proche pour acqué­rir rapi­de­ment un remède pour l’un de mes mômes, voir la météo, lire les fils RSS de mes sites favo­ris, rele­ver mes mails et y répondre, mon­trer mes pho­tos à des amis…
    C’est amu­sant comme la lec­ture sous Stanza est agréable et je télé­charge des tas d’ouvrages de fond gra­tui­te­ment sur des sites comme many­books ou autres…
    Mieux, l’écran est en cou­leurs d’une qua­lité éton­nante en cou­leurs mais ce n’est pas une liseuse dédiée…
    Mais comme vous, j’adore le papier et j’aime prê­ter mes livres (der­niè­re­ment, un polar, Queue de pois­son s’est baladé entre plu­sieurs mains fami­liales) et je conti­nue à acqué­rir du papier qui reste, lui, mul­ti­for­mat et en cou­leurs… !
    Ah, j’oubliais, ma liseuse est une iPomme, si, si, un iPhone…

  2. Anonyme on 17 novembre 2008 at 8 h 09 min

    Oui, les e-​readers géné­riques sont assez décep­tifs, des conte­nus moins bien com­po­sés que la ver­sion papier, une ergo­no­mie moins bonne que sur un mobile (nous pré­fé­rons de loin Clas­sics et la bande des­si­née d’Angoulême aux conte­nus de Stanza) ou un ultra­mo­bile, un prix bien trop élevé et des modèles écono­miques et édito­riaux dif­fi­ciles à accep­ter.
    Il n’empêche que l’encre élec­tro­nique a un bel ave­nir devant elle et que cer­tains créa­teurs sont en train de se l’approprier. 2009 sera l’année d’expérimentations opé­ra­tion­nelles mas­sives et de la sor­tie de plates-​formes abou­ties à des prix plus abor­dables. A par­tir de 2010, des déploie­ments mas­sifs, voir mon «  pou­let“…

  3. Marc-André Fournier on 17 novembre 2008 at 0 h 50 min

    C’est dom­mage que vous ne connais­siez pas les Guides MAF hyper­mé­dia pour PRS505.

  4. anne on 17 novembre 2008 at 14 h 04 min

    Votre vison du livre numé­rique est défor­mée par vos habi­tudes de cher­cheur, d’universitaire. Vous aime­riez cal­quer le modèle de revues​.org ou d’internet à la lec­ture de livres, cela ne fonc­tionne pas. On ne lit pas un roman ou un essai comme un article de revue en ligne. Vous aime­riez que le sony rea­der vous offre tous les avan­tages d’un ordi­na­teur et d’un navi­ga­teur, c’est raté, vous êtes déçu : cet appa­reil sert uni­que­ment à lire –confor­ta­ble­ment– des livres, du début à la fin, de la page 1 à la page 999 et c’est son seul (mais néan­moins consi­dé­rable) avan­tage sur un ordi­na­teur, un palm ou un iphone. Moi les romans je les lis du début à la fin, je n’ai pas envie de feuille­ter ou de cli­quer fré­né­ti­que­ment sur tous les liens qui passent, et je pense que l’immense majo­rité des lec­teurs en fait de même. Alors oui vous avez rai­son le PRS-​505 n’est pas par­fait pour des usages uni­ver­si­taires, le PRS-​700 est mieux pensé pour ça (avec le cla­vier tac­tile, la recherche plein-​texte et la prise de notes), mais tout de même votre article est un peu à côté de la plaque.
    Lisez plu­tôt les com­men­taires des gens qui ont acheté cet appa­reil pour ce qu’il est et pour les avan­tages qu’ils en tirent (et pas pour confron­ter l’appareil à leurs pré­ju­gés théoriques).

  5. piotrr on 18 novembre 2008 at 2 h 05 min

    @Anne : Bon­jour, les cri­tiques de Marin sont de deux ordres ; une par­tie concerne en effet le manque d’interactivité ; mais l’autre concerne les insuf­fi­sances de la machine elle-​même et de son envi­ron­ne­ment commercial.

    Je suis moi aussi un adepte de la lec­ture pas­sive :

    et donc, d’un cer­tain point de vue, avec des habi­tudes de lec­ture proches de vous. J’ai acquis récem­ment le cybook de boo­keen avec un a priori très favo­rable. Et bien je me retrouve pour une bonne part dans la cri­tique que Marin fait des liseuses. Certes, la qua­lité d’affichage est là, mais le for­mat phy­sique de la machine n’est pas adapté. Les fonc­tions ne serait-​ce que de chan­ge­ment de page sont très lentes ; il n’y a même pas de numé­ro­ta­tion de page ! les notes de bas de page ne sont pas gérées ! et ainsi de suite. Je suis aujourd’hui très déçu. Sans par­ler du prix auquel les ouvrages sont ven­dus, pra­ti­que­ment le même que l’objet-livre, ce qui est tout à fait dérai­son­nable. Avec en plus les DRM, l’instabilité de la machine qui plante de temps en temps.

    Bref, du pain sur la planche.

  6. Marin on 18 novembre 2008 at 4 h 49 min

    @Anne : J’ai écrit ce billet parce que la quasi-​totalité des chro­niques parues en France au sujet des e-​books me parais­saient de simples copier-​coller de com­mu­ni­qués de presse, sans réflexion sur les usages, les limites et les modèles. Il me sem­blait néces­saire de sor­tir d’une approche consen­suelle et un peu béate, qui risque de pous­ser les gens à ache­ter un Rea­der pour des usages qui ne sont pas pos­sibles aujourd’hui. Je me sou­viens des argu­ments des défen­seurs du logi­ciel libre, il y a quelques années, qui défen­daient Linux avec des argu­ments naïfs et trop rapides, qui péna­li­saient invo­lon­tai­re­ment leur cause, du type : « On peut faire tour­ner Linux avec un vieux PC » (en 1999, ils oubliaient de pré­ci­ser qu’on devrait alors se conten­ter de la ligne de com­mande) et « Gimp, c’est Pho­to­shop en logi­ciel libre » (alors qu’en 2008 l’excellent logi­ciel Gimp ne boxe pas dans la même caté­go­rie que le logi­ciel d’Adobe). Je vou­drais éviter le même syn­drôme pour les grands lec­teurs qui iraient à la Fnac sur la foi de quelques articles de presse fai­sant l’apologie d’une machine qui n’a sans doute même pas été tes­tée dans les rédac­tions… Sachant que les grands lec­teurs n’ont pas tou­jours un bud­get pro­por­tion­nel à leur appé­tit de lecture…

    Je suis d’accord sur un point : le livre est poly­morphe, et aucune com­mu­nauté d’usage ne peut pré­tendre déte­nir LA défi­ni­tion du livre. Cela ne dis­qua­li­fie pas, pour autant, les usages de lec­ture spé­cia­li­sée. J’ai essayé de lire des spé­ci­fi­ca­tions tech­niques avec le Rea­der. Le lec­teur détrui­sait les tableaux tech­niques, au point de les rendre illi­sibles. Il me semble que la lit­té­ra­ture tech­nique que lisent les cadres dans les TGV est une des cibles majeures des liseuses. Cela ne concerne donc pas seule­ment les pra­tiques de recherche scien­ti­fique. Je vou­drais égale­ment pré­ci­ser que l’initiative des Echos montre qu’une des cibles pri­vi­lé­giées par les pro­duc­teurs de liseuses sont les grands lec­teurs de la presse. Là aussi, l’usage n’est pas de lire de la page 1 à la page 999, me semble-​t-​il, et les uni­tés docu­men­taires sont courtes, bien plus proches des conte­nus dif­fu­sés habi­tuel­le­ment sur le web (billets, notices, articles) que des conte­nus publiés dans les livres de fiction.

  7. Clément Laberge on 18 novembre 2008 at 20 h 04 min

    @Marin : Je com­prends que tu aies voulu « rompre le consen­sus » (je ne per­ce­vais rien de tel, mais soit). Ce que je trouve néan­moins déplo­rable, c’est que ton texte semble nier (ou mini­mi­ser) le fait qu’entre la situa­tion actuelle du livre (imprimé) et celle dési­rée (du livrel par­fait)… il y aura for­cé­ment de nom­breuses étapes… plus ou moins satis­fai­santes. Et plus encore qu’un regard puriste sur les outils/​appareils actuel­le­ment dis­po­nibles, je pense que nous avons besoin de textes qui, tout en res­tant cri­tiques, peuvent contri­buer à don­ner envie d’expérimenter aux auteurs, aux éditeurs et à leurs par­te­naires dans l’écosystème du livre. Aux lec­teurs aussi d’essayer autre chose que le papier…

    Je crains par­fois — peut-​être à tort — qu’en choi­sis­sant d’adopter comme pers­pec­tive « la révo­lu­tion atten­dra un peu », on conforte cer­tains acteurs impor­tants dans le statu quo… et que cette pers­pec­tive ne se trans­forme en pré­dic­tion auto-​réalisatrice. Ce serait bien dommage.

  8. René Audet on 19 novembre 2008 at 5 h 44 min

    « le livre est poly­morphe, et aucune com­mu­nauté d’usage ne peut pré­tendre déte­nir LA défi­ni­tion du livre »

    @Marin : c’est jus­te­ment en rai­son de cette affir­ma­tion (oubliée dans le texte de départ) que je me suis per­mis de réagir (avec la pers­pec­tive d’une his­toire du livre). Et c’est sans comp­ter que le fait d’interroger les usages de la liseuse est d’abord et avant tout une prise en compte des pra­tiques de lec­ture… My 2 ¢ !

  9. Hubert Guillaud on 19 novembre 2008 at 5 h 22 min

    @Clément. Pas d’accord. Je pense qu’on se trompe pro­fon­dé­ment dans ce débat, en confon­dant l’objet et son sup­port. Marin nous rap­pelle quelque chose de très impor­tant ici Clé­ment, que les liseuses ne seront jamais le mode d’accès prin­ci­pal aux livres numé­riques — d’où son insis­tance à par­ler de texte plus que de livres d’ailleurs.
    Pour autant, nous le savons tous, le besoin d’accéder à des conte­nus sous formes numé­rique est criant. Mais cela ne signi­fie pas que nous les lirons sur des liseuses, ni même que nous les uti­li­se­rons pour les lire à l’écran, mais aussi pour en faire d’autres usages. Pour ma part, j’ai vu plu­sieurs fois des éddi­teurs et des dis­tri­bu­teurs ras­su­rés de se dire que tant qu’il n’y aura pas d’iPhone du livre, ils seront tran­quilles. Beau­coup n’arrivent pas à se dire que le plus impor­tant n’est pas le sup­port, la lec­ture, mais d’avoir un autre accès aux conte­nus des livres. En cari­ca­tu­rant, je dirais qu’on a besoin de livres élec­tro­niques mais pas pour les lire. ;-).

  10. Clément Laberge on 19 novembre 2008 at 5 h 33 min

    @Hubert : curieu­se­ment, même si tu me dis que tu n’es pas d’accord avec la posi­tion que j’ai expri­mée, j’approuve une bonne par­tie de ton argu­men­taire. Je n’ai pas de pro­blème à dire aux éditeurs que les livrels ne sont pas extra aujourd’hui, ou même qu’il ne faut pas se foca­li­ser sur les usages qu’il est actuel­le­ment pos­sible de faire de ces appa­reils — et cela n’a jamais été la clé de voûte de mon dis­cours. Néan­moins, j’estime qu’il est pri­mor­dial d’éviter d’alimenter la per­cep­tion que peuvent avoir cer­tains éditeurs plus conser­va­teurs (ils sont nom­breux ; par­fois avec rai­son) que « tant qu’il n’y aura pas d’iPhone du livre, ils seront tran­quilles ». Nous sommes bien d’accord : il faut bou­ger main­te­nant et s’assurer de dis­po­ser (et de mettre à dis­po­si­tion) tous les textes sous forme numé­rique — et quelle que soit cette forme numé­rique (même un « bête pdf »), dans un pre­mier temps.

  11. Hubert Guillaud on 19 novembre 2008 at 6 h 31 min

    @Clément : Ah, je pré­fère qu’on soit d’accord ;-) !
    Pour mon­trer aux éditeurs qu’ils ne seront pas tran­quille, même s’il n’y a pas d’iPod du livre, il faut jus­te­ment mon­trer d’autres usages que ceux per­mis par les seules liseuses… Et mon­trer sur­tout que, même sans liseuses, aujourd’hui, les usages des livres au for­mat élec­tro­nique sont massifs.

  12. Vincent Jacquet on 19 novembre 2008 at 8 h 40 min

    @Clément : Il est per­ti­nent de s’intéresser aux usages qu’il est pos­sible de faire avec les dif­fé­rents appa­reils, car, si aucun n’est un sub­sti­tut idéal du livre papier, cer­tains sont plus adap­tés à dif­fé­rents usages que d’autres, et, par consé­quent, plus adap­tés à cer­tains types d’ouvrage que d’autres.

    Quoi que l’on dise, le papier est supé­rieur au papier élec­tro­nique en termes d’autonomie et de lisi­bi­lité. La capa­cité de sto­ckage peut être un argu­ment pour le papier élec­tro­nique mais com­bien d’entre nous ont besoin d’emporter la tota­lité des Rou­gon Mac­quart en voyage ? A 3Mo le mor­ceau de musique de 3mn, la capa­cité de sto­ckage est impor­tante, mais à 1Mo le livre qui se lit en plu­sieurs heures, est-​ce si important ?

    Pour­tant, je pense que le papier élec­tro­nique est adapté à la lec­ture de romans. Pour­quoi ? Parce qu’il per­met au lec­teur de choi­sir la taille des carac­tères avec laquelle sa lec­ture est la plus confor­table.
    En revanche, cela devient plus dis­cu­table pour les essais. Cer­tains peuvent effec­ti­ve­ment vou­loir sur­li­gner des pas­sages ou anno­ter des pages. Si cette tâche est pré­pon­dé­rante, n’est-il pas plus inté­res­sant d’utiliser un PDA ou un tablet PC ?

    Dans le cas de dic­tion­naire, qui est avant tout un outil, il faut d’abord pou­voir recher­cher et affi­cher des articles rapi­de­ment. Un PDA ou un smart­phone peuvent faire l’affaire. Une ency­clo­pé­die peut par­fai­te­ment se consul­ter sur un ordi­na­teur car les articles sont suf­fi­sam­ment cours pour que la lec­ture à l’écran, si elle est adap­tée, ne soit pas trop fati­gante. Il en est de même pour les articles tech­niques et scien­ti­fiques, qui peuvent béné­fi­cier de la recherche, de l’indexation, ainsi que du sur­li­gnage et de la prise de notes.

    Le vrai dan­ger, s’il y en a un, ne vient pas des cri­tiques. Il vien­drait plu­tôt d’un manque de cri­tique qui ferait que les éditeurs, en ne connais­sant ni les limites des liseuses pour les­quels ils pro­posent leurs conte­nus ni les nou­veaux besoins de leurs lec­teurs, gas­pille­raient leur éner­gie dans une mau­vaise direc­tion et soient ainsi échaudés.

    Il faut agir, expé­ri­men­ter… et res­ter ouvert à toute cri­tique pour amé­lio­rer l’offre.

  13. Marin Dacos on 19 novembre 2008 at 8 h 57 min

    @René : Merci pour ta contribution.

    @Clément : Mon texte a un titre per­cu­tant, concer­nant la « révo­lu­tion » car c’est bien révo­lu­tion que parle Sony dans son dis­cours mar­ke­ting. C’est la rai­son pour laquelle j’ai repro­duit l’image de leur site web « Rea­der revo­lu­tion » avec cet homme qui tend son Rea­der comme un éten­dard poli­tique, comme la figure de proue d’une foule en liesse par­ti­ci­pant à un événe­ment révolutionnaire.

    Sur le fond, je pense qu’il est urgent de pro­duire des conte­nus adap­tés aux machines exis­tantes, avant de pro­duire des machines nou­velles. Je me trompe peut-​être !

  14. Virginie Clayssen on 19 novembre 2008 at 10 h 59 min

    Vincent et René rap­pellent avec rai­son la néces­sité de tou­jours par­ler « des livres » et non pas « du livre ». Le numé­rique impacte bien dif­fé­rem­ment sur les dif­fé­rents types d’ouvrages. Des sec­teurs entiers de l’édition sont pas­sés de façon assez dis­crète au numé­rique, en par­ti­cu­lier l’édition pro­fes­sion­nelle. Seule­ment, et c’est bien natu­rel, c’est au moment où le numé­rique com­mence à concer­ner la « lit­té­ra­ture géné­rale », c’est à dire le grand public, que les débats se font plus vifs. Quand on dit « livre », c’est à cela que l’on pense, aux romans, aux essais, aux pra­tiques de lec­ture par­ta­gées par le plus grand nombre. Et, de fait, c’est ce plus grand nombre qui déci­dera. Qui adop­tera, ou pas, les liseuses. Qui appré­ciera ou non, mas­si­ve­ment, la lec­ture sur un télé­phone por­table, un net­book, un MID. Qui indi­quera par ses choix s’il est plus tenté par une liseuse connec­tée en 3G à une librai­rie en ligne ou si le fait de faire tran­si­ter ses livres numé­riques par son PC ne le dérange pas. Qui pourra déci­der aussi que ma foi, rien ne vaut un bon vieux livre imprimé. Il me semble que le rôle des éditeurs est de rendre dis­po­nible les œuvres de leurs auteurs auprès du plus grand nombre pos­sible de lec­teurs, et donc de prendre en compte toutes les attentes de ses lec­teurs. Donc, en ce qui concerne le numé­rique, de les rendre acces­sibles dans toutes les formes requises pour mener à bien ce pro­jet. Cela semble une évidence, mais cela néces­site pour­tant un renou­vel­le­ment en pro­fon­deur des pra­tiques des éditeurs, qui conti­nuent à pro­duire des livres impri­més, tout en met­tant en place de nou­veaux cir­cuits de pro­duc­tion pour les ver­sions numé­riques de ces livres qui ne se créent pas d’un cla­que­ment de doigt, on a vu les débats sur la mise en page, la pré­sen­ta­tion, les pro­blèmes posés à tous les étages — hard­ware, moteur d’affichage, for­mats. On sous estime géné­ra­le­ment ce qui est pré­senté sou­vent comme un « simple por­tage » des livres impri­més vers les for­mats numé­riques. Rien n’est simple dans ce por­tage, et rien ne le sera, parce que les tech­no­lo­gies évoluent sans cesse. Les éditeurs sont aussi très conscients du fait que le numé­rique va faire appa­raître des objets édito­riaux radi­ca­le­ment nou­veaux, et lorsqu’ils mettent en place pro­gres­si­ve­ment comme ils sont nom­breux à le faire, des chaînes édito­riales per­met­tant la struc­tu­ra­tion, c’est bien pour per­mettre à cer­tains de leurs ouvrages des « des­tins » que la forme impri­mée leur inter­di­sait jusqu’à pré­sent. Qui peut croire un ins­tant le mes­sage sim­pliste du lec­teur miracle qui va révo­lu­tion­ner d’un coup de baguette magique le pay­sage édito­rial ? Il y a encore bien du che­min à faire, mais je suis d’accord avec Clé­ment pour dire que les choses se feront par étapes, et qu’il est assez peu utile de tirer à bou­lets rouges sur ce qui est tout à fait amé­lio­rable, mais vient cepen­dant ques­tion­ner des usages de lec­ture très pro­fon­dé­ment ancrés dans les habi­tudes. La géné­ra­li­sa­tion de l’usage des PC et le web avait déjà bou­le­versé nos façons de lire, d’écrire, de nous infor­mer et d’échanger ; les ter­mi­naux mobiles pro­po­sés pour la lec­ture, quels qu’ils soient, viennent ques­tion­ner des usages plus intimes, plus per­son­nels.. Per­sonne ne peut pré­dire avec quels effets. C’est dans cette incer­ti­tude qu’il faut agir. Et c’est peut-​être ça qui est le plus pas­sion­nant, plus que les contro­verses sans fin sur tel ou tel « killer device ».

  15. Clément Laberge on 19 novembre 2008 at 11 h 22 min

    « C’est dans cette incer­ti­tude qu’il faut agir. »

    J’aime beau­coup cette phrase de Vir­gi­nie. C’est l’espace qu’il faut culti­ver avec les éditeurs. Main­te­nir l’incertitude sur la forme que pren­dra la suite — parce que c’est là qu’il est possible/​nécessaire d’expérimenter. C’est dans ces condi­tions que le statu quo devient plus ris­qué que la mise en mouvement.

    @Marin : je com­prends que tu aies voulu réagir au dis­cours de Sony. Mais je pense que c’est un piège de struc­tu­rer notre dis­cours autour de celui des mar­chands d’appareils — aussi cari­ca­tu­ral puisse-​t-​il être. Res­tons sur les oeuvres (cela me semble plus sain que de par­ler de « conte­nus »), sur les pra­tiques et sur les usages, indé­pen­dam­ment des machines qui les maté­ria­li­se­ront éven­tuel­le­ment. Et res­tons curieux, et cri­tiques ; là, tu as tout à fait raison.

  16. F Bon on 19 novembre 2008 at 12 h 32 min

    et en atten­dant, on bosse

    il y a des points de métho­do­lo­gie vrai­ment bizarres dans l’approche de Marin, prendre les insuf­fi­sances de la gamme actuelle des appa­reils pour leur régler leur compte glo­ba­le­ment, alors que non seule­ment ça bouge très vite, et que si on veut suivre il faut les pra­ti­quer, y mettre les mains et du temps, mais que dans cette évolu­tion les croi­se­ments s’inventent de façon non pré­dic­tible, tablette Mac avec la struc­ture iPhone et semi rigide si ça débarque ce billet il fera pâlot, idem l’utilisation éven­tuelle d’écrans eInk sur mini portables

    mais sur­tout, Marin se place hors de toute logique de conte­nus, sinon leur triste état com­mer­cial : la ques­tion de fond conti­nue de m’apparaître : 1, déve­lop­per des usages de lec­ture dense dans le numé­rique, parce que la bas­cule est irré­ver­sible, 2, que ce qui nous soude comme com­mu­nauté, aussi bien ques­tion sciences humaines que lit­té­ra­ture et tous lec­teurs, c’est le fait même de lire, donc de dis­po­ser des textes, et l’édition papier pren­dra de moins en moins en charge ceux qui nous concernent le plus

    et pour qui uti­lise les eRea­ders, suis sûr qu’à plus de 70% il s’agit soit de textes libres, soit de docu­ments de travail

    après, je dirais bien que si on prend comme ça un bou­sin payé par le bou­lot, et qu’on veut faire 3 manips pour voir com­ment ça marche, on risque pas de com­prendre vrai­ment l’intérêt, c’est pas grave, Marin, on t’en veut pas

    donc garde bien au chaud ton par­paing intel­lec­tuel, et nous on bidouilles nos petits softs pour entrer dans les machines

    je tiens à ta dis­po­si­tion « la mer » de Miche­let pour le Sony, on y navigue très vite et on peut lire au lit sans peine, et la ver­sion Sony d’un bel essai de Chris­tophe Fiat sur Ste­phen King : soit on dit que la pro­po­si­tion numé­ri­sée actuelle est indi­gente, soit on retrousse les manches et on s’y colle — là je crois qu’on n’a pas pris le même chemin

    l’encyclopédie et la cui­sine (et même le dic­tion­naire : long­temps que chez moi je ne les consulte qu’en ligne, TLF, Lit­tré, Fure­tière etc) c’est pas la peine : le Net est là et c’est là que la logique iPhone (ou Kindle) est plus radi­ca­le­ment por­teuse, je crois savoir que les dis­cus­sions internes chez Sony sur cloi­son étanche avec la télé­pho­nie c’était pas consensuel

    par contre, très grand merci pour tout ce que tu dis sur l’écriture à déve­lop­per en fonc­tion du numé­rique, et notion d’auteur plu­riel etc

  17. Hubert Guillaud on 19 novembre 2008 at 15 h 10 min

    Juge­ment bien hâtif Fran­çois, j’en ai peur. Si je ne me trompe Revues​.org tra­vaille à sor­tir des conte­nus pour reader…

    Quant aux sept carac­té­ris­tiques que sou­ligne Marin, elles ne semblent pas devoir être dépas­sées demain, même par le rea­der de la mort qui tue.

  18. F on 19 novembre 2008 at 21 h 31 min

    merci, Hubert, pour le hâtif mais la preuve que non c’est que j’ai attendu 2 jours pour réagir, tout ce que dit Marin est pro­ba­ble­ment vrai pour l’immédiat mais c’est sta­tique et donc hors cible — je me retrouve beau­coup mieux dans l’approche de Vir­gi­nie et Clé­ment, et ce que dit Vir­gi­nie pour la struc­tu­ra­tion des textes ça vaut de la même façon pour les textes exclu­si­ve­ment numé­riques — la ques­tion du lec­teur de notre côté est assez secon­daire en tant que sup­port, mais l’idée de multi-​support essen­tielle en tant que concept pour les « oeuvres », ter­mi­no­lo­gie Clé­ment, qui nous concernent — pour ça que pas trop l’intention perdre du temps à ce genre de dis­cus­sion qui me semble faus­sée d’entrée – mais de mon côté jamais je n’irai pro­tes­ter parce que qqun trouve que son eRea­der ne lui convient pas, fran­che­ment y a aucune gra­vité là-​dedans

    je suis par contre entiè­re­ment d’accord avec les 4 « hypo­thèses » for­mu­lées par Marin en tête de son billet et lui suis recon­nais­sant de ce tra­vail d’analyse et de formulation

  19. piotrr on 20 novembre 2008 at 6 h 13 min

    Bon­jour,

    je ne suis pas d’accord avec l’affirmation, par­ta­gée par les deux camps de cette dis­cus­sion, selon laquelle la ques­tion du sup­port est secon­daire alors que c’est le texte numé­rique qui est impor­tant. L’écran d’ordinateur est adapté pour la lecture/​écriture de textes courts, frag­men­taires voire uti­li­taires. Si les liseuses ne pro­gressent pas très vite sur quoi allons-​nous lire les textes longs ? les textes-​plaisir ? Je veux bien qu’on en reste au vieux papier, mais cela signi­fie que de tous les mediums, le texte sera le seul à res­ter irré­mé­dia­ble­ment coupé en deux entre le monde numé­rique et le monde ana­lo­gique. Je ne donne alors pas cher du déve­lop­pe­ment des pra­tiques de lec­ture de ce type de textes les géné­ra­tions se renouvelant.

    Par ailleurs, le texte de Marin peut se lire de deux manières : charge ou cahier des charges. Beau­coup l’ont lu comme une charge. Moi je le lis comme un cahier des charges. Je résume :

    -amé­lio­ra­tion de la rapi­dité du sys­tème

    - amé­lio­ra­tion du zoom

    - index et moteur de recherche interne

    - ges­tion des liens internes (et externes ?)

    - pos­si­bi­lité d’annotation, de sur­li­gnage

    - moins chers les livres !

    - No DRM !

    - moins cher le rea­der !

    - avec des livres dedans (cf. les consoles de jeu)

    - ouvert sur Inter­net et pas seule­ment les cata­logues éditeurs

    C’est sur ce cahier des charges qu’il fau­drait éven­tuel­le­ment dis­cu­ter sérieu­se­ment (des points à ajou­ter, à retran­cher, quelles priorités ?)

    Je retrouve avec dépit beau­coup des cri­tiques que l’on adres­sait à la pre­mière géné­ra­tion d’e-books il y a 8 ans. Tout ce passe comme si une seule chose avait changé entre les deux époques : la tech­no­lo­gie d’affichage. Par ailleurs, quand je vois le prix auquel sont ven­dus les nou­veau­tés, DRMi­sées qui plus est et que j’entends des éditeurs répé­ter à l’envi qu’ils ont bien de la chance de pou­voir tirer les leçons de ce qui s’est passé sur le sec­teur musi­cal, je crois rêver.

    Edi­teurs et fabri­cants sont gâtés : ils viennent de se voir offrir gra­tui­te­ment un retour uti­li­sa­teur pré­cis et détaillé par les bons soins de Blogo Nume­ri­cus et du Centre pour l’Edition Elec­tro­nique Ouverte. Ils peuvent zap­per l’étape cabi­net de consul­tants et inves­tir l’argent écono­misé dans l’amélioration de leur offre.

  20. anne on 20 novembre 2008 at 16 h 34 min

    @piotrr : jetez votre cybook, ache­tez un Sony PRS-​700 aux Etats-​Unis, télé­char­gez vos livres sur le site de votre bli­blio­thèque si vous êtes fau­ché, et déjà 50% de votre « cahier des charges » sera rem­pli ! Pour le reste (la connexion à inter­net et la ges­tion des liens, et les DRM), il fau­dra attendre quelques années. Et d’ici là il y aura la cou­leur, une pro­fonde modi­fi­ca­tion de la chaîne de dif­fu­sion des livres numé­riques, et vous rigo­le­rez bien en reli­sant vos com­men­taires de l’époque.

  21. F on 21 novembre 2008 at 6 h 25 min

    en accord, Pio­trr, et avec tout ça on avance, Marin en convien­dra aussi j’espère !

    après 8h d’avion côte à côte avec Bruno Rives hier aprem on a eu le temps de rebrasser

    et ce n’est pas le PRS-​700 qui règlera tout (la sur­face tac­tile enlève du contraste, même si elle per­met anno­ta­tion et recherche)

    je crois plu­tôt qu’il nous faut lais­ser aux e-​zoublietttes là où Hubert nous pousse à aller, l’idée de la « révo­lu­tion » (non, c’est une suite de micro-​changements tous azi­muts, et long­temps que le Net nous habi­tue à cette façon de pen­ser) ou du « rea­der qui tue », pour l’instant y en a qu’un c’est le livre papier, mais jus­te­ment : urgence de tous les côtés, parce que c’est via le numé­rique que nous avons à en rebâ­tir les fonc­tions, du plus maté­riel (anno­ter sur­li­gner cor­ner) au plus sym­bo­lique (le par­tage, la trans­mis­sion, l’étude, le poème)

    alors on mani­pule tous nos ergo­no­mies écran, nos bidouillages iPhone, oui pour ma part je confirme qu’après 5 mois la Sony est d’usage quo­ti­dien, en ce moment me relis la Cor­res­pon­dance de Flau­bert via mise en forme typo de la ver­sion html pro­po­sée par l’univ de Rouen, ma vieille et bonne édition du Club de l’Honnête Homme je ne la regrette pas, mal­gré la bonne odeur cuir et le grain des pages, je découvre autre chose, une autre proxi­mité du texte

    mais ce que je ne veux pas, au nom de tout ce qui nous rap­proche, et – pour moi – de la dette à la com­mu­nauté « homo-​numericus » qu’on laisse cette ques­tion glo­bale sur les usages de lec­ture s’ancrer sur l’état actuel des machines : ce n’est pas oppo­ser sup­port et oeuvres, c’est entrer dans une logique où les 2 sont média­tion de l’autre, mais où évidem­ment l’état actuel des liseuses ça res­semble à mon 1er Power­Book PB 145 de 1993 (45 Mo de disque dur, je l’avais appelé « ocean ») par rap­port à ce Mac­Book que je viens de connec­ter depuis la chambre d’hôtel Mont­réal, et pour­tant je pour­rais bien être en rogne de ce que le pré­cé­dent m’a explosé sa carte-​mère il y a 3 jours sans pré­ve­nir après seule­ment 15 mois d’usage (intensif)

    donc bien sûr en accord sur le cahier des charges, bien sûr encore plus d’accord sur le no-​drm, bien sûr d’accord sur construire les livres — me réjouis de savoir, alors que la plu­part des BU pro­posent juste Acro­bat Rea­der pour le feuille­tage, et en l’état actuel, que je conti­nue de trou­ver scan­da­leux, de Digi­tal Edi­tions, des cou­ra­geux bossent sur des feuille­toirs à anno­ta­tion et recon­nais­sance du lec­teur, et bien sûr, encore plus, pour ce qui s’ouvre à nous d’exploration via l’association de la « lecture-​terminal », avec ce que ça exige de typo, de pré­pa­ra­tion, de temps lec­ture lent, et la lec­ture flux, la poro­sité constante lecture-​écran et res­sources web (oui, lire la Cor­res­pon­dance de Flau­bert sur la Sony m’induit à pro­lon­ger sur le site via manus­crits et autres res­sources, ou recherches intra-​textuelles dans la tota­lité de la Cor­res­pon­dance, mais je ne sau­rais pas la lire conti­nû­ment en html…)

    alors, je retire les expres­sions polé­miques, si Marin veut bien repeindre en bleu son « par­paing intel­lec­tuel », parce que là ça exa­gère aussi : je me sers constam­ment de la Sony en lec­ture publique, je n’ai jamais eu de pb de temps pour la « tourne » (en plus, elle se fait d’un doigt), et pour la lec­ture de mon Flau­bert, c’est pas plus que le temps de tourne du livre papier

    et évidem­ment, ques­tion pros­pec­tive, qu’à l’horizon éco-​techno de 2 ans tout ça va encore val­ser, pro­ba­ble­ment le rea­der à moins de 100 euros, ren­voi à la dis­cus­sion « grille-​pain » chez teXtes le mois der­nier : mon Mac enre­gistre, mon appa­reil photo enre­gistre, mais ça ne m’empêche pas, là pour le Salon de Mont­réal, d’avoir apporté le Han­dy­Zoom enre­gis­treur dédié, et sans doute de même pour la lec­ture – la Sony ne rem­place pas l’ordi, ni n’équivaut à l’ordi, mais elle me per­met d’embarquer des « livres »

    inver­se­ment, mes 2 achats de la semaine der­nière : nou­velle trad de Don Qui­chotte en Pocho­thèque et bio­gra­phie de St John Perse, j’aurais été prêt à les ache­ter en ver­sion numé­rique, si on me l’avait pro­posé, et dans des condi­tions que j’estime viables, ce qui n’est pas le cas dans l’offre actuelle

    et quel plai­sir, à l’inverse, d’explorer les sur­gis­se­ments d’images, les navi­ga­tions intra-​textes (nemo­li­vier vient de nous créer — texte sous droits, pour ama­teurs only – un « Mal vu mal dit » de Beckett super­posé à un com­men­taire IMEC, juste avec petits aller-​retours pous­soir…), si je suis long ici c’est que c’est trop pas­sion­nant, alors on n’avait pas besoin for­cé­ment de la douche froide

    et tel­le­ment, tel­le­ment de ques­tions à réou­vrir ou pro­lon­ger ensemble, par exemple en ce moment pour moi la façon dont l’iTouch ravive le plai­sir de l’écriture fic­tion brève, mais orga­ni­que­ment liée à images et son etc etc…

    désolé d’avoir été long (mais là pen­dant 3 jours on va échan­ger là-​dessus avec ceux de la Belle Province)

    quelque chose bas­cule : on a la chance d’appréhender cette bas­cule de l’intérieur et en temps réel, alors go

  22. Virginie Clayssen on 21 novembre 2008 at 12 h 18 min

    Bravo Pio­trr pour ce dis­tingo « à charge » — « cahier des charges »

    Faire un peu de classement ?

    - amé­lio­ra­tion de la rapi­dité du sys­tème
    oui, oui, oui : le plus désa­gréable, le temps trop long au moment de la mise en route.
    pour la tourne des pages, on s’habitue très vite à anti­ci­per, c’est gênant, mais pas très longtemps.

    - amé­lio­ra­tion du zoom

    ça dépend des liseuses : sur ce plan, la Cybook de Boo­keen est supé­rieure à la Sony

    - index et moteur de recherche interne

    - pos­si­bi­lité d’annotation, de surlignage

    je ne suis pas sûre que ces fonc­tion­na­li­tés (fort utiles pour bien des lec­tures) soit prio­ri­taire pour une grande majo­rité de lec­teurs. Mais pour tous les autres, ça va venir.

    - ges­tion des liens internes (et externes ?)

    externes : ça veut dire une liseuse connec­tée.
    une liseuse connec­tée, ça veut dire un accord entre un fabri­cant et un opé­ra­teur télé­com. ça va sur­ement venir.

    –moins cher le reader !

    ça va bais­ser, c’est sûr. Je me sou­viens que j’ai acheté mon pre­mier mac quelque chose comme l’équivalent en francs de 3000 euros : un minus­cule écran noir et blanc, pas de disque dur, le sys­tème sur une dis­quette, les appli­ca­tions sur une autre…

    - ouvert sur Inter­net et pas seule­ment les cata­logues éditeurs

    les liseuses lisent déjà quan­tité de for­mats, le Kindle per­met de lire des blogs et des jour­naux (oui, je sais, via Ama­zon…)
    la liseuse par­faite pour sur­fer sur le web, ce ne sera plus une liseuse, mais un net­book ou un MID

    - moins chers les livres !

    Com­bien moins cher ? Ne pas oublier la TVA à 19,6% au lieu de 5,5% : à prix public égal, le prix hors taxe est déjà méca­ni­que­ment plus bas. Bais­sons encore un peu le prix parce que « c’est du numé­rique ». Baissons-​le encore de com­bien ? Où se niche la valeur ? Dans la bonne odeur de l’encre ? Dans le doux bruit du papier ? Dans l’expérience de lec­ture pro­po­sée ?
    C’est une vraie question.

    - No DRM !

    D’accord, mais mal­heu­reu­se­met, cela ne pourra pas se faire immé­dia­te­ment. On va com­men­cer avec. Sinon, impos­sible d’obtenir les droits numé­riques de nom­breux auteurs. Et de nom­breux éditeurs, mais pas tous, pensent encore que c’est un rem­part indis­pen­sable contre le pira­tage. Il fau­dra du temps.

    - avec des livres dedans (cf. les consoles de jeu)

    D’accord aussi. Ça vien­dra aussi. Il faut que se mettent en place des pra­tiques com­mer­ciales nou­velles, et cela prend du temps, tout est à inven­ter, en train de s’inventer.

    Patience, chers consul­tants. Et merci pour le cahier des charges, on transmettra..

  23. Alain Pierrot on 22 novembre 2008 at 3 h 54 min

    No DRM !

    Argu­men­ta­tion de Peter Brant­ley contre les mesures tech­niques de pro­tec­tion (DRM) et commentaires.

    Une remarque ori­gi­nale de Michael Jen­sens (The Natio­nal Academies) :

    Publi­shers need to shift from thin­king of every publi­ca­tion as a pro­duct, to publi­ca­tion as a pro­cess — every book is an adver­ti­se­ment for itself, and for other rela­ted books in the publisher’s fold. In that context, piracy and sha­ring is viral marketing.

    [Les éditeurs doivent ces­ser de pen­ser chaque publi­ca­tion comme un pro­duit et se mettre à consi­dé­rer la publi­ca­tion comme un pro­ces­sus — chaque livre est sa propre publi­cité, et de la publi­cité pour les autres livres du même genre dans le fonds de l’éditeur. Dans ce contexte, le pira­tage et le par­tage sont du mar­ke­ting viral.]

    Un conseil pour sor­tir du modèle de ges­tion du « compte ouvrage » et pour une conso­li­da­tion des col­lec­tions et de l’activité totale de l’éditeur. Pas facile de remettre en cause les struc­tures de ges­tion uti­li­sées pour la prise de déci­sion d’éditer ou pas (d’autant que les auteurs indi­vi­duels peuvent être réti­cents à faire la publi­cité de [trop de] leurs confrères), mais, somme toute, c’est bien ce genre de conso­li­da­tion qui jus­ti­fie les concen­tra­tions indus­trielles des mai­sons et groupes d’édition.

  24. xong on 23 novembre 2008 at 5 h 24 min

    >Peu com­mode, défi­gu­rant sou­vent le texte, le zoom est la fonc­tion la plus déce­vante du Sony Rea­der.
    c’est tout de même mieux avec les der­niers firm­wares ( >= 1.1… ). [ enfin, c’est mieux pour la lit­té­ra­ture et pire pour les textes tech­niques qui sont démontés. ]

    Sinon je crois que beau­coup de monde est d’accord sur un point : c’est déjà très bon pour la lit­té­ra­ture (romans, essais, poé­sie, nou­velles, trai­tés, ..) mais c’est quasi-​inutilisable pour les textes plus tech­niques. ( papiers scien­ti­fiques, livres maths/​physique/​info/​.., manuels et rap­ports divers, … ) et les jour­naux (mais il fau­drait aussi que les éditeurs s’adaptent un peu..)
    Le pdf est déjà un pro­blème tout seul, mais le trai­te­ment des pdfs par le Sony est vrai­ment très mauvais.

    Enfin annoter/​rechercher/​etc. serait tout de même très agréable pour l’utilisation lit­té­raire (les cita­tions…), et ils l’ont com­pris, suf­fit de regar­der le 700..

    Pour le connec­ti­vité web et la lec­ture facile du web, ça manque évidem­ment.. d’un autre coté c’est un choix très rai­son­nable pour l’instant : l’écran nvg impo­se­rait une mode limité, nous dis­po­sons de biens meilleurs sup­ports, et fran­che­ment je n’aurai pas envie de payer encore un abon­ne­ment pour avoir le net dessus.

    Pour l’instant ça me per­met de lire des mil­liers d’œuvres clas­siques sans rajou­ter aux prix ini­tial, et j’en suis déjà très content. Mais comme étudiant en science j’adorerai pou­voir lire tous mes cours et livres des­sus. ça vien­dra. Ce n’est qu’un début, et donc c’est vrai qu’il y a un coté early-​adopters béats/​passionnés.

  25. Bruno Rives on 25 novembre 2008 at 2 h 52 min

    @ Marin Dacos
    « Sur le fond, je pense qu’il est urgent de pro­duire des conte­nus adap­tés aux machines exis­tantes, avant de pro­duire des machines nou­velles. Je me trompe peut-​être !« 
     Oui, je pense que vous vous trom­pez, du moins en ce qui concerne les dis­po­si­tifs à base d’encre élec­tro­nique. L’alchimie du livre élec­tro­nique, comme cela arrive pour toute rup­ture de média, se fera par l’avancée simul­ta­née du tra­vail des créa­teurs et la mise au point des outils qui leur conviennent. La grosse erreur que toutes les ten­ta­tives démontrent, c’est de vou­loir faire ren­trer dans des rea­ders ou des for­mats dégra­dés géné­riques toute la diver­sité du livre, de la presse, des maga­zines et des futures géné­ra­tions de contenus.

  26. Marin on 26 novembre 2008 at 0 h 17 min

    @Bruno Rives : Je suis bien d’accord. Les inno­va­tions ne jaillissent pas sans un long pro­ces­sus de rebond entre diverses ins­tances. Quand je parle de machines nou­velles, je veux en fait par­ler de la foca­li­sa­tion exclu­sive sur l’objet nou­veau. En revanche, que des dis­po­si­tifs nou­veaux émergent est évident, sous forme de rup­ture ou de tran­si­tion plus douce, qui asso­cie­ront quoi qu’il arrive du contenu, de la struc­ture de contenu, du logi­ciel ainsi que du matériel.

  27. FB on 29 novembre 2008 at 21 h 44 min

    @ marin : c’est bien de l’entendre dire, et ça aurait été un meilleur point de départ !

  28. Anonyme on 1 décembre 2008 at 6 h 50 min

    Bon­jour,
    ll y a un appa­reil qui per­met de lire des e-​books sous tout for­mat, d’être connecté, de faire du trai­te­ment de texte, de consul­ter des albums pho­tos, etc…, ç’est tout sim­ple­ment un ordi­na­teur por­table.
    Pour le prix d’une liseuse on peut avoir des modèles clas­siques ou des mini-​ordis à écran de 7 ou 9 pouces.
    Avec ça vous pou­vez navi­guer sur tous les sites de ventes de livres à télé­char­ger, payants ou gra­tuits, et pour les bou­quins en for­mat pdf, vous pou­vez les anno­ter, faire des marques pages etc… avec un lec­teur de pdf gra­tuit et com­plet comme Foxit rea­der par exemple.
    La liseuse de l’avenir, c’est l’ordi por­table !
    Cor­dia­le­ment
    Manu

  29. Anonyme on 9 décembre 2008 at 5 h 35 min

    j’ai acheté le Erea­der Sony uni­que­ment pour lire les livres pro­po­sés par Gal­lica. Il y a, dis­po­nibles, une foule de livres que je n’ai jamais pu lire, faute de temps. Il a fallu tatôn­ner pour pou­voir les lire mais main­te­nant, je suis à peu près satis­fait. Pour sup­pri­mer les marges si gênantes de leurs fichiers pdf, j’utilise PDFill PDF tools, qui est gra­tuit et qui per­met entre autres de cou­per des pages et de sup­pr­mer les marges. Aupa­ravent je lisais les fichier Gal­lica sur mon Palm, mais avec beau­coup de fatigue visuelle. La solu­tion Sony me convient très bien, et je peux lire 2 à 3 heures d’affilé, mes meilleurs bou­quins anciens. En ce qui concerne la FNAC, je dois vous avouer que je trouve sur­pre­nante leur approche com­mer­ciale : le PRS est sou­vent pré­senté dans un coin, per­sonne ne sait le faire fonc­tion­ner et il a fallu que je démonte l’appareil de pré­sen­ta­tion (à l’insu de tous les ven­deurs !) pour essayer un fichier pdf de Gal­lica sur une carte SD. On pour­rait pen­ser qu’ils pré­fèrent ne pas le vendre ! Amicalement.

  30. Hubert Guillaud on 5 août 2009 at 6 h 30 min

    Les recom­man­da­tions de Cou­pe­rin pour le livre élec­tro­nique me semblent pro­lon­ger celles de Marin : http://​www​.cou​pe​rin​.org/​s​p​i​p​.​p​h​p​?ar…

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