Chronologie de l’édition électronique (1)

1 janvier 2009
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Nous conti­nuons à tra­vailler, Pierre et moi, à l’écriture de notre Repères qui sera inti­tulé L’édition élec­tro­nique. Il m’a sem­blé indis­pen­sable d’établir une chro­no­lo­gie rela­ti­ve­ment claire, bien que syn­thé­tique (au regard de la taille contrainte de l’ouvrage, 128 pages), de l’histoire de l’édition élec­tro­nique. J’ai trouvé une aide pré­cieuse dans le tra­vail au long cours de Marie Lebert, dont les dos­siers et les chro­no­lo­gies sont incon­tour­nables : http://​www​.etudes​-fran​caises​.net/​d​o​s​s​i​e​rs/.

Il m’a sem­blé néces­saire de sépa­rer les grandes ini­tia­tives concer­nant les conte­nus des ini­tia­tives concer­nant les tech­no­lo­gies. L’un ne va pas sans l’autre, bien entendu, mais les registres dans les­quels ils s’inscrivent ne sont pas simi­laires. Je com­mence par les tech­no­lo­gies, qui intègrent, me semble-​t-​il, la ques­tion des maté­riels. J’apporterai bien­tôt, ici, une chro­no­lo­gie des pro­jets éditoriaux.

Chro­no­lo­gie des tech­no­lo­gies de l’édition électronique

[EDIT]1965 — MARC, MAchine-​Readable Cata­lo­ging, for­mat de don­nées per­met­tant d’informatiser les cata­logues de biblio­thèques, créé par la Biblio­thèque du Congrès.[/​EDIT]

1968 — ASCII, sys­tème d’encodage de texte de l’American stan­dard code for infor­ma­tion inter­change. Il com­porte au départ 128 caractères.

[EDIT]1974 — Mise au point du pro­cédé Gyri­con par Nicho­las K. She­ri­don. Il s’agit du pre­mier papier élec­tro­nique. cf. http://​the​fu​tu​reof​things​.com/​a​r​t​icl…[/​EDIT]

[EDIT]1986 — SGML, Stan­dard Gene­ra­li­zed Mar­kup Lan­guage (lan­gage nor­ma­lisé de bali­sage géné­ra­lisé) devient une norme ISO (ISO 8879:1986).[/​EDIT]

1987 — TEI, Text enco­ding ini­tia­tive, norme de bali­sage, de nota­tion et d’échange de cor­pus des docu­ments électroniques

1991 — UNICODE, sys­tème d’encodage per­met­tant de trai­ter toutes les langues de la planète.

[EDIT]1991 — World­Wi­de­Web, pre­mier navi­ga­teur web, déve­loppé par Tim Berners-​Lee sur NeXTS­TEP.[/​EDIT]

1993 — HTML 1.0 (en fait, cette ver­sion n’a pas fait l’objet de spécifications).

1993 — Por­table docu­ment for­mat (PDF) 1.0 et Acro­bat rea­der, for­mat et lec­teur de docu­ments mis en page, créés par la société Adobe.

1994 — DAISY, Digi­tal Acces­sible Infor­ma­tion SYs­tem, for­mat pour livres audio des­ti­nés aux per­sonnes souf­frant d’un han­di­cap visuel. Le for­mat est d’abord pro­prié­taire, puis ouvert.

1995 — Apache Web­ser­ver.

1995 — CNET PRISM, Pre­sen­ta­tion of Real­time Inter­ac­tive Ser­vice Mate­rial, pré­cu­seur des CMS. Sera racheté par Vignette en 1996.

1996 — CSS 1.0, Cas­ca­ding Style Sheets, recom­man­da­tion du W3C, for­mat des­tiné à gérer l’apparence des pages web.

1997 — Web Acces­si­bi­lity Ini­tia­tive (WAI), du W3C, dont l’objectif est de pro­po­ser des solu­tions tech­niques pour rendre le web acces­sible à tous, y com­pris aux per­sonnes handicapées.

1998 — XML, Exten­sible Mar­kup Lan­guage. Lan­gage à balises créé par le World Wide Web Consortium.

1999 — RDF, Resource Des­crip­tion Fra­me­work, recom­man­da­tion du W3C pré­fi­gu­rant le web sémantique.

1999 — Dublin Core, for­mat de méta­don­nées com­posé de 15 éléments

1999 — Open eBook, for­mat dédié au livre numérique.

1999 — RSS 0.90 (RDF Site Sum­mary), for­mat créé par Nets­cape pour syn­di­quer des actua­li­tés issues de sources diverses.

2000 — PRISM, Publi­shing Requi­re­ments for Indus­try Stan­dard Meta­data, for­mat de méta­don­nées dédié à l’édition (XML et RDF).

2000 — PRC et Mobi­po­cket, for­mat et société spé­cia­li­sés dans les livres numé­riques pour assis­tant per­son­nel (acquis par Ama­zon en 2005).

2000 — Micro­soft Rea­der for­mat (.lit) et Micro­soft Rea­der, for­mat et logi­ciel de lec­ture de livres élec­tro­niques de Microsoft.

2000 — XHTML 1.0, recom­man­da­tion du W3C.

[EDIT] 2000 — PHP-​Nuke, pre­mier CMS popu­laire.[/​EDIT]

2001 — OAI-​PMH, Open Archives Ini­tia­tive Pro­to­col for Meta­data Har­ves­ting, pro­to­cole d’interopérabilité de l’Open Archives Initiative.

2001 — Cybook, liseuse de livres élec­tro­niques pro­duite par la société Cytale.

2001 — Acro­bat eBook Rea­der, logi­ciel de lec­ture pour livres numé­riques sous droits.

2001 — Palm Rea­der, logi­ciel de lec­ture des­tiné aux assis­tants per­son­nels Palm.

2003 — Media­Wiki, logi­ciel ani­mant Wikipedia.

2006 — Epub, for­mat de livres élec­tro­niques, suc­ces­seur d’Open eBook.

[EDIT] 2006 — OASIS Open Docu­ment For­mat for Office Appli­ca­tions, for­mat ini­tié en 2002, devient une norme ISO (ISO/​IEC 26300:2006). [/​EDIT]

2006 — Sony Rea­der, liseuse de livres élec­tro­niques de Sony.

2007 — AZW et Kindle, for­mat et liseuse de livres élec­tro­niques d’Amazon.

2008 — Cybook Gen3, liseuse de livres élec­tro­niques de Bookeen.

2008 — Rea­dius, liseuse de livres élec­tro­niques enroulable.

Inter­ro­ga­tions

Para­doxa­le­ment, la par­tie la moins claire est celle qui concerne les CMS.

D’abord parce qu’ils sont très nom­breux, que le pay­sage est très éclaté, et que la notion même de CMS ne recouvre pas com­plè­te­ment celle d’édition élec­tro­nique. Cepen­dant, ma convic­tion pro­fonde est que les CMS consti­tuent la char­pente de l’édition élec­tro­nique, par rap­port aux chaînes sta­tiques de type « robi­net XML », si je peux me per­mettre l’expression.

Ensuite, parce que je ne connais pas de véri­table his­toire de ce type d’outil, alors que les for­mats, les pro­to­coles et les liseuses ont pro­duit une impo­sante lit­té­ra­ture. Sur la base des éléments dont je dis­pose, il m’a sem­blé utile de mettre en évidence CNET PRISM, qui est un des pre­miers CMS au monde, si l’on en croit Bob Doyle.

Qu’en pensez-​vous ?

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17 Responses to Chronologie de l’édition électronique (1)

  1. dods on 2 janvier 2009 at 3 h 19 min

    J’ajouterais per­son­nel­le­ment deux autres dates.

    D’abord l’Open Docu­ment For­mat. Même si ce for­mat n’est pas direc­te­ment lié à l’édition élec­tro­nique il est d’une grande impor­tance pour celle-​ci. Je pense que c’est une pas­se­relle impor­tante et très encou­ragé aujourd’hui pour l’édition élec­tro­nique car c’est le pre­mier for­mat ouvert nor­ma­lisé et XML de la bureau­tique (2005).

    Deuxième point les pre­miers CMS open-​source d’importances. Je pense aussi que les CMS « consti­tuent la char­pente de l’édition élec­tro­nique ». Dans les années 2000/​2001 l’arrivée de CMS libres basés sur un AMP (Apache/​Mysql/​Php) a consti­tuée une véri­table révo­lu­tion dans le déve­lop­pe­ment et la démo­cra­ti­sa­tion de l’édition élec­tro­nique. Je pense par­ti­cu­liè­re­ment à PHP-​Nuke, Mambo ou Xoops dont les com­mu­nau­tés sont tou­jours très active.

  2. Marin Dacos on 2 janvier 2009 at 3 h 35 min

    Bon­jour,

    Merci pour ces remarques. J’ai négligé ODF, sans doute car c’est un for­mat bureau­tique, mais il est stra­té­gique, en effet. D’ailleurs, une grande par­tie de la stra­té­gie de Revues​.org pour l’avenir s’organise autour de ce for­mat. Je suis donc impar­don­nable et je mets à jour le docu­ment à l’instant.

    Concer­nant les CMS, j’ai hésité à inté­grer PHP-​Nuke (2000), qui me semble être le pre­mier CMS véri­ta­ble­ment popu­laire, à dif­fu­sion mon­diale. SPIP (2001) est plus franco-​français, bien qu’il offre une dimen­sion édito­riale bien supé­rieure à celle de PHP-​Nuke (cf. le site du Monde diplo­ma­tique, que j’intègre dans la chro­no­lo­gie des pro­jets édito­riaux, car je consi­dère qu’il s’agit d’un tour­nant). J’ai aussi hésité à par­ler de Zope, Typo3 (1998) et Cyber­docs. De loin, il m’a sem­blé que PHP-​Nuke vieillis­sait mal. Il reste qu’il a ouvert la voie.

    Marin

  3. Alain Pierrot on 2 janvier 2009 at 3 h 42 min

    Il serait sans doute utile de rap­pe­ler Post­script (1984)

  4. Marin Dacos on 2 janvier 2009 at 3 h 47 min

    Bon­jour,

    Merci pour cette remarque. J’ai beau­coup hésité au sujet de Post­script, pour déter­mi­nant s’il rele­vait de l’édition élec­tro­nique. En ce domaine, tout est affaire de défi­ni­tion. Post­script étant la pre­mière pierre de l’écosystème numé­rique ini­tié par Adobe pour per­mettre aux ordi­na­teurs de par­ler aux impri­mantes, il m’a paru que cela rele­vait de l’édition papier, en fait. Je peux me trom­per. J’ai fait le choix d’intégrer le PDF, qui est une évolu­tion de la même logique, mais qui me parais­sait plus for­te­ment nati­ve­ment numé­rique (ce que cer­tains pour­ront contes­ter). C’est une affaire de sen­si­bi­lité et de défi­ni­tion. Cepen­dant, j’avoue que votre remarque me fait hési­ter, car Post­script est un véri­table précurseur.

    Marin

  5. Pierre Attar on 5 janvier 2009 at 2 h 38 min

    Bon­jour,

    Dans le même ordre d’idée, je crois que les base de ce qu’est un docu­ment élec­tro­nique ont été fixées au PARC (Palo Alto Research Cen­ter) qui est le centre de recherche de Xerox.

    On y trou­vera notament la dif­fé­rence entre un for­mat révi­sable com­po­site (inter­script) et un for­mat final (interpress).

    Inter­press à donné lieu à Post­script (http://​en​.wiki​pe​dia​.org/​w​i​k​i​/​I​n​t​e​r​P​r​ess).
    Inter­script est à la base de toutes les recherches sur le docu­ment com­po­site dont ODA (Open Docu­ment Archi­tec­ture, puis Office Docu­ment Archi­tec­ture) que je cite­rai bien aussi.
    D’abord parce que c’est une norme ISO et ensuite car cette norme est la pre­mière ten­ta­tive de stan­dar­di­ser des échanges entre trai­te­ments de textes.

    Sinon, je vous met aussi en lien mon glos­saire sur les stan­dards docu­men­taires de la sphère XML … à toutes fin utiles.

  6. Alain Pierrot on 2 janvier 2009 at 3 h 58 min

    Même hési­ta­tion pour moi, en effet ; mais il me semble que Post­script est un jalon pour la prise en compte du pilo­tage numé­rique de la mise en page et du des­sin vectoriel.

    Autre remarque, les tech­niques d’anti-aliasing (Clear Type ?) res­tent cru­ciales pour l’affichage dynamique.

    Il me semble que ces rap­pels tech­niques res­tent d’actualité dans les débats sur les capa­ci­tés atten­dues des maté­riels mobiles.

  7. michaël on 8 janvier 2009 at 4 h 15 min

    Le lan­gage Post­Script consti­tue la pierre angu­laire des construc­tions logi­cielles d’Adobe. C’est d’ailleurs ce qui a per­mis au PDF de prendre le des­sus sur des solu­tions concur­rentes, appa­rues elles aussi dans la pre­mière moi­tié des années 90 (Com­mon Ground, par exemple).

    Post­Script per­met de décrire un docu­ment indé­pen­dam­ment des péri­phé­riques de sor­tie. Un docu­ment PDF s’affiche ou s’imprime tou­jours au maxi­mum de la réso­lu­tion pro­po­sée par le péri­phé­rique. L’intégration du moteur Post­Script dans MacOS X démontre bien la chose sur le plan de la qua­lité de rendu à l’écran.

  8. JM Destabeaux on 2 janvier 2009 at 7 h 47 min

    J’oserai un paral­lèle : si, dans ce contexte, les liens géné­tiques entre PDF et Post­Script sont men­tion­nés, alors il serait per­ti­nent de men­tion­ner égale­ment ceux de XML à SGML (qui est anté­rieur à la TEI).

  9. Anonyme on 2 janvier 2009 at 6 h 07 min

    Je rem­pla­ce­rais « 1977 — UNIMARC » par « 1968 — MARC ». Le for­mat ini­tial date de 1968, il est à l’origine des autres, et il est plus impor­tant que son dérivé UNIMARC, y com­pris aujourd’hui puisqu’il est l’ancêtre de MARC21, qui est le plus uti­lisé dans le monde.

  10. tom on 2 janvier 2009 at 9 h 45 min

    bon­jour,

    j’aurais per­son­nel­le­ment ajouté :
    « 2007 — Le livre élec­tro­nique retourne au papier grâce à la Livrai­rie de l’Oncle Tom  ».

    bon ok, c’est de la pub :S mais je me disais que mon acti­vité vous inté­res­se­rait peut-​être.

    merci pour votre blog que je viens de décou­vrir, bien cordialement,

    tom

  11. Marin Dacos on 4 janvier 2009 at 4 h 48 min

    @ Tom : Votre publi­cité est assez contex­tuelle pour qu’elle ne soit pas choquante.

    @ X : En effet, l’objectif de la chro­no­lo­gie est d’identifier les dates fon­da­trices. MARC va donc rem­pla­cer UNIMARC.

    @ JM Des­ta­beaux : J’hésite tou­jours sur l’intégration de Post­script. En revanche, je crois qu’il faut en effet inté­grer SGML dans la chronologie.

    Merci à tous pour remarques, riches et constructives.

  12. Aldus on 4 janvier 2009 at 17 h 08 min

    Bravo pour l’initiative, à men­tion­ner bien évidem­ment le Librié en 2004
    http://​www​.dot​to​comu​.com/​b​/​a​r​c​h​i​ves…

  13. Anonyme on 5 janvier 2009 at 2 h 30 min

    @ Aldus : le Librié s’imposerait dans le cadre d’une chro­no­lo­gie exhaustive.

  14. Xelle on 7 janvier 2009 at 5 h 57 min

    Bon­jour,
    Puisque vous citez plu­sieurs logi­ciels de lec­ture, je me demande s’il ne fau­drait pas en ajou­ter deux :

    - Adobe Digi­tal Edi­tions (2007), qui est en train de se démo­cra­ti­ser par l’epub, tant sur les PC que sur les liseuses (Sony Rea­der par exemple), et qui montre la forte impli­ca­tion (bien qu’ambigüe au vu de la qua­lité du pro­duit, certes) d’Adobe dans l’évolution de l’édition élec­tro­nique.

    - Stanza (2008), ne serait-​ce que parce qu’il a per­mis de recon­si­dé­rer la lec­ture sur télé­phones mobiles et assis­tants per­son­nels via l’iPhone…

    Petite ques­tion : pour­quoi l’édition « élec­tro­nique » et pour­quoi pas l’édition « numérique » ?

    Bon cou­rage !

  15. Aldus on 10 janvier 2009 at 15 h 43 min

    j’avoue que je ne com­prends pas bien pour­quoi exclure le Librié qui est quand même le pre­mier dis­po­si­tif en papier élec­tro­nique a avoir été com­mer­cia­lisé. 1974 la mise au point du pro­cédé Gyri­con par Nicho­las K. She­ri­don inven­tor of Gyri­con — first electronic-​paper
    http://​the​fu​tu​reof​things​.com/​a​r​t​icl…

  16. Marin Dacos on 18 janvier 2009 at 13 h 14 min

    @Aldus : il me manque sans doute une infor­ma­tion. Je croyais que le Cybook utli­sait le papier élec­tro­nique avant le Librié ? N’ayant pas vu ces maté­riels à l’époque, cela reste abs­trait pour moi. Si je me suis trompé, je modi­fie­rai, bien entendu, la chronologie.

    Par ailleurs, j’intègre 1974 et le Gyri­con. Merci pour le lien !

  17. Aldus on 19 janvier 2009 at 9 h 23 min

    Bon­soir Marin
    Non, le pre­mier Cybook n’intégrait pas la tech­no­lo­gie du papier élec­tro­nique, il s’agissait d’un écran tac­tile cou­leur à cris­taux liquides, rétroé­clairé.
    proche des tablet PC actuelles.
    Joint un vieil article sur O1 nethttp://​www​.01net​.com/​a​r​t​i​c​l​e​/​1​3​2​3​8​6​.​h​tml
    Encore bravo pour ce tra­vail qui devrait en ravir plus d’un !

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