Téléchargement gratuit-​payant

Depuis la condam­na­tion d” »Alexis » , on ne parle que du pira­tage et des réseaux P2P. Il est aga­çant tout de même que tout le monde, y com­pris les défen­seurs de ces pra­tiques d’échanges évoquent le « télé­char­ge­ment gratuit ».

Gra­tuit ! Quand on ajoute le prix d’achat de l’ordinateur (et de son renou­vel­le­ment ultra-​rapide), le prix des péri­phé­riques (disque dur, gra­veur de cd, cd eux-​mêmes), le prix des logi­ciels, le prix de la connexion haut-​débit et le temps passé à télé­char­ger, fil­trer, clas­ser, jeter, confi­gu­rer, etc., on finit par se dire que le gra­tuit res­semble furieu­se­ment au payant. C’est une des rares qua­li­tés du rap­port pro­duit par Bom­sel et Leblanc que d’avoir mon­tré qu’il y avait clai­re­ment un méca­nisme de trans­fert d’utilité dans le déploie­ment rapide des réseaux P2P. (le pro­blème, c’est qu’il ne s’agit pas que de cela, a-​t-​on rétor­qué ).

Que les sommes récol­tées ne finissent pas par rému­né­rer les bonnes per­sonnes, c’est une autre ques­tion (qu’il faut d’ailleurs poser aux pro­duc­teurs aussi). Mais tous les débats qui partent de la ques­tion de la gra­tuité du télé­char­ge­ment font fausse route.

Si on agran­dit la pro­fon­deur du champ his­to­rique, on constate que l’auditeur prend de plus en plus en charge les moyens et tech­niques de « repré­sen­ta­tion » de l’oeuvre musi­cale, par rap­port au créa­teur et aux inter­mé­diaires. Au dix-​huitième siècle, il ne fal­lait que ses oreilles pour écou­ter de la musique. Au XXème, il faut une chaîne hi-​fi. Aujourd’hui, il faut un ordi­na­teur, une connexion haut-​débit, éven­tuel­le­ment un gra­veur et des cd.

La mise en place du droit de pro­priété intel­lec­tuelle moderne cor­res­pond à une double reven­di­ca­tion : des auteurs pour que leurs oeuvres soient pro­té­gées du pla­giat ; mais sur­tout des imprimeurs-​libraires pour que les inves­tis­se­ment finan­ciers qu’ils consentent pour por­ter une oeuvre au public puissent fruc­ti­fier sans craindre de concur­rence déloyale. Dans les argu­ments avan­cés aujourd’hui par le Snep, on n’entend bizar­re­ment que la défense des auteurs. Comme si les éditeurs crai­gnaient qu’on évoque la ques­tion de la légi­ti­mité de leur propre rémunération.

Inté­res­sant de consta­ter que les indus­tries de l’informatique, du logi­ciel et des télé­coms sont parmi les plus lucra­tives aujourd’hui, et que cette ques­tion du « télé­char­ge­ment gra­tuit » prend une acuité toute par­ti­cu­lière au moment où une véri­table indus­trie du diver­tis­se­ment cherche à se consti­tuer sur la base des nou­velles enclo­sures de la pro­priété intel­lec­tuelle. Fina­le­ment, les inter­nautes semblent faire les frais de l’antagonisme qui oppose deux sec­teurs d’activité pour empor­ter le mor­ceau dans la nou­velle révo­lu­tion indus­trielle qui est en train de se dérou­ler autour des tech­no­lo­gies numériques.

3 réflexions au sujet de « Téléchargement gratuit-​payant »

  1. esethi

    Gra­tuit : effec­ti­ve­ment, pas vrai­ment, sur­tout qu’aux dif­fé­rents coûts que tu listes, il ne faut pas oublier d’ajouter les taxes payées sur tous les disques durs et sur les CDRoms vierges.

    Il me semble aussi que vou­loir frei­ner, voire faire dis­pa­raître tota­le­ment les échanges de fichiers serait dan­ge­reux pour l’avenir d’Internet, puisque cha­cun sait que c’est en par­tie grâce aux P2P que s’est déve­loppé et démo­cra­tisé l’accès au Net pour de nom­breuses personnes.

    A ce sujet, une prise de posi­tion inté­res­sante, celle de l’UFC Que Choisir

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  2. sam

    sans oublié les tele­char­ge­ments dit gra­tuits et tout de suite apres on vous demande d’appelé un numero sur­taxé ‚exemple le site mille tele­char­ge­ments .com ‚je ne com­prend rien a inter­net on dirai que tous les escrocs sy sont donné rdv .

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  3. Anonyme

    Avez-​vous déjà crée quelque chose dans votre exis­tence ? Sinon, sachez que même votre caca quo­ti­dien ne vous appar­tient pas. Vous n’êtes qu’un vul­gaire para­site de la société, un « consom­ma­teur n’ayant que des droits », un inca­pable pour qui les devoirs sont inexis­tants. Pour répondre à votre article dans votre style hai­neux, si vous me le per­met­tez… voici un pro­verbe : « seul le chien copule gratuitement ».

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