Post​hu​ma​nis​tic​.org

17 mars 2006
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Je viens de faire le tour des sta­tis­tiques des dif­fé­rents sites Web aux­quels je par­ti­cipe en plus ou moins grande part. Géné­ra­le­ment, quand je regarde les sta­tis­tiques de mes sites Web, je m’attarde très peu sur les don­nées chif­frées qui donnent une infor­ma­tion très pauvre –et biai­sée en plus, pour me pré­ci­pi­ter sur les refer­rers (c’est à dire la liste des pages web ayant mis en place des liens vers le site dont je regarde les sta­tis­tiques). Et là, ce matin, quelque chose de nou­veau frappe mon atten­tion. J’ai la très nette impres­sion d’une aug­men­ta­tion des cita­tions en pro­ve­nance de sites per­son­nels et sur­tout de blogs, poin­tant, via un lien hyper­texte, vers un article d’une revue, une com­mu­ni­ca­tion d’actes en ligne, un dépôt dans notre archive E-​prints, ou même un site de séminaire.

Voici quelques exemples significatifs :

Lorsque je regarde les sta­tis­tiques d’Aste­rion, je suis frappé de voir, au milieu des habi­tuels annuaires de revues, listes de liens et autres infor­ma­tions docu­men­taires pro­po­sées sou­vent par les biblio­thèques ins­ti­tu­tion­nelles, des liens en pro­ve­nance de

-Spi­noza et nous (ce qui n’est pas tota­le­ment illo­gique vu le thème du der­nier numéro)

- Le Phi­blog­Zophe (dans le blo­groll)

- Le blog de David Mor­gan­son

Quand je regarde main­te­nant les refer­rers du col­loque Sciences, Médias, Société et de son sémi­naire, je vois une série de liens en pro­ve­nance du site de Paul Thie­len, du Monde en Ques­tion ou de Enro (très inté­res­sant ce blog, d’ailleurs, hop ! je m’abonne)

Evi­dem­ment, le phé­no­mène n’est pas encore mas­sif, ni très visible ; mais je le sens mon­ter en puis­sance sous l’influence de deux facteurs :

1. La mul­ti­pli­ca­tion des blogs qui donnent la pos­si­bi­lité à un public beau­coup plus étendu qu’auparavant de construire un dis­cours rendu public sur le réseau

2. L’augmentation consi­dé­rable du nombre d’articles et publi­ca­tions dis­po­nibles pour le public sans bar­rière, sans péage, libres (merci Revues​.org, merci Per­sée, merci le CCSD, et merci nous, aussi, parce qu’il n’y pas de rai­son, après tout)

Pour moi cette évolu­tion consti­tue une immense satis­fac­tion. Parce qu’elle signi­fie que mul­ti­plier les res­sources libre­ment acces­sibles à dif­fé­rents stades de déve­lop­pe­ment, en pro­duire le plus grand nombre dans tous les domaines et don­ner ainsi accès au public à ce qui fait la vie des sciences et à la moindre par­celle des connais­sances qu’elles pro­duisent quo­ti­dien­ne­ment, tout ceci a un sens. Pour moi, ces pre­miers liens, sont comme les pre­miers fila­ments de matière végé­tale qui annonce la réus­site d’une greffe. Ils signi­fient que le public fait quelque chose des connais­sances que nous met­tons à sa dis­po­si­tion, sans que nous puis­sions pré­ju­ger de ce qu’il en fait et encore moins impo­ser ce qu’il doit en faire, ce der­nier point ne consti­tuant pas la moindre part de ma satisfaction.

Mais arrê­tons là l’autosatisfaction, car cette réflexion croise main­te­nant celle qui est en train de se déve­lop­per via Affor­dance, sur l’outil dont la com­mu­nuauté des bio­lo­gistes et bio­in­for­ma­ti­ciens est en train de se doter. Post­ge­no­mic est un sys­tème qui ana­lyse en per­ma­nence une base de blogs ani­més par des bio­lo­gistes (il faut croire que cette com­mu­nuauté est très blogueuse…comment ? pour­quoi ? c’est aussi ce qu’il fau­drait ana­ly­ser) en tra­vaillant sur­tout sur les com­men­taires qui y sont publiés à pro­pos des articles scien­ti­fiques dis­po­nibles dans les grandes bases inter­na­tio­nales comme Pub­med. Puisque les blogs sont des conver­sa­tions, il est en effet inté­res­sant de rendre acces­sible et visible l’ensemble des conver­sa­tions que sus­cite immé­dia­te­ment une publi­ca­tion (sur­tout dans ces dis­ci­plines où les avan­cées sont rapides). A par­tir de cette base d’information, Post­ge­no­mic offre toute une série de ser­vices per­met­tant de suivre les conver­sa­tions, de msu­rer les thèmes ou les revues dont on dis­cute le plus, etc.

Main­te­nant, je me dis qu’appliqué au sciences humaines et sociales, ce sys­tème serait pas­sion­nant, non seule­ment pour ana­ly­ser ce qui se dit sur les blogs de cher­cheurs paten­tés (peu nom­breux), mais sur­tout pour visua­li­ser les usages qui peuvent être faits au sein de la blo­go­sphère géné­rale (l’espace public blo­go­sphé­rique si on veut) des publi­ca­tions qui sont citées (et on peut ima­gi­ner aussi des média­tions où un blog de cher­cheur évoque et cri­tique une publi­ca­tion, son post étant ensuite repris et com­menté sur un blog non aca­dé­mique, etc). On aurait ainsi une sorte de « fac­teur d’impact socié­tal », non pas seule­ment en nombre (ce qui a peu d’intérêt, j’y revien­drai), mais en qua­lité. Sans comp­ter les effets de rétro­ac­tion per­met­tant au cher­cheur de com­men­ter les com­men­taires qu’un qui­dam fait de sa publi­ca­tion. Fina­le­ment, le dis­po­si­tif serait un peu entre Post­ge­no­mic et Technorati.


Cré­dit : Public Library of Science’s Bio­logy Jour­nal January 2005 | Volume 3 | Issue 1 | e19 | e26, gra­phic ref. DOI : 10.1371/journal.pbio.0030026.g001. © cc-​by 2.0

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