Gallia, terra incognita

20 mars 2006
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En ce moment, je cogite pas mal sur la mise en place de nou­veaux ser­vices qui répondent à des besoins criants. Hier, j’ai passé une par­tie de la jour­née à voir com­ment ils pour­raient être mis en oeuvre par l’intermédiaire de ces fameux web ser­vices, API et autres mashups dont on nous dit qu’il révo­lu­tionnent Inter­net. Je me penche donc sur Ning, un sys­tème extrê­me­ment ingé­nieux per­met­tant de fabri­quer par clô­nage et per­son­na­li­sa­tion de kits de base de nou­velles appli­ca­tions « sociales » en ligne, connec­tées aux bases de don­nées et ser­vices offerts par les Ama­zon, Fli­ckr, Google et autres Del​.icio​.us. Pour un pro­jet en par­ti­cu­lier, j’ai besoin d’utiliser des cartes inter­ac­tives de type Google maps. Je dis bien de type Google maps pour bien mon­trer que je suis un gar­çon ouvert, large d’esprit et pas du tout goo­glo­ma­niaque. Mal­gré tout, le pre­mier ser­vice acces­sible, c’est Google maps, quoiqu’on en dise.

Comme le ser­vice que je veux mettre en place est fran­çais, qu’il s’adresse à des gens qui vivent en France, c’est bien d’une carte de France dont j’ai besoin. Voici ce que me montre Google maps :


Où sont les villes et vil­lages, où sont les routes ? Peut-​être qu’il n’y en a pas… Notons que pour les explo­ra­teurs auda­cieux, les voies de péné­tra­tion en pirogue au sein d’un vaste ter­ri­toire dan­ge­reux et inex­ploré sont indi­quées. Qu’ils n’en demandent pas plus ! [20]

Ne soyons pas paranoïaques et ne pensons pas que Google cherche à rayer de la carte (au sens propre) un pays qui lui tient tête par le truchement de sa bibliothèque nationale et de son président charismatique. En fait, nous sommes dans la même situation que les trois quarts de la planète à l'exception des Etats-Unis bien sûr, du Royaume-Uni évidemment, du Japon pourquoi pas, et de...Turin ! Pourquoi Turin ? Sans doute à cause des Jeux Olympiques ? Si c'est le cas je commence déjà à regretter ma joie lorsque la candidature parisienne fut rejetée et suis prêt à m'asseoir sur ma sportiphobie naturelle : Vive Paris 2056 !

D’ici là, je tente de trou­ver un sub­sti­tut à Google maps. Je cherche du côté de Yahoo maps, mais c’est encore pire : on ne peut même pas sor­tir des Etats-​Unis. Je me tourne ensuite vers MSN, et découvre ceci :

width=« 307 » height=« 246 »
 title=« Gallia, play­mo­bi­lo­rum terra « 
 alt=« Gallia, play­mo­bi­lo­rum terra » /​>

Joie ! Momentanée…car lorsque je cherche plus d’information sur l’API que peut m’offir MSN maps, je tombe sur un pro­duit com­mer­cial inti­tulé Micro­soft MapPoint&registered; qui me demande de contac­ter un ven­deur si je veux connaître les tarifs d’achat du logi­ciel me per­met­tant d’accéder au web ser­vice. Je ne sais pas pour­quoi, mais je sens immé­dia­te­ment que ce n’est pas pour moi…Microsoft sera tou­jours Microsoft.

Mais après tout, pour­quoi s’inféoder à l’Empire du Mal ? patrio­tisme écono­mique et prag­ma­tisme dépité oblige, me voici en train de fure­ter du côté des car­to­graphes fran­çais : Miche­lin en pre­mier lieu, puis Mappy par exemple. Mappy n’offre pas ce que je cherche (en fait, il fau­drait remon­ter à son four­nis­seur de ser­vice de géo­lo­ca­li­sa­tion : Tele Atlas) ; pour Miche­lin en revanche, c’est le cas. L’offre est même allé­chante : télé­char­ge­ment d’un SDK, four­ni­ture d’API dans tous les lan­gages ima­gi­nables, sup­port consé­quent, et même ouver­ture gra­tuite d’un compte d’essai pour 45 jours. Le pro­blème est qu’encore une fois, le ser­vice n’est pas gra­tuit. Mais là n’est presque pas le pro­blème en fait ; car je peux très bien com­prendre que le modèle écono­mique de Miche­lin n’est pas simi­laire à celui de Google. A par­tir du moment où la vente de cartes et de ser­vices de car­to­gra­phie consti­tue leur coeur de métier, il n’y a pas de rai­son qu’ils offrent ce ser­vice gra­tui­te­ment. Et d’ailleurs, les cartes qu’ils mettent à dis­po­si­tion sont évidem­ment de bien meilleure qua­lité que celle qu’offre Google. Le pro­blème est qu’on voit bien que le ser­vice, à l’instar de celui offert par Micro­soft est à des­ti­na­tion des entre­prises uni­que­ment. Est-​ce que moi, pauvre par­ti­cu­lier qui veut mettre en place rapi­de­ment un ser­vice dont je ne sais même pas s’il tien­dra la route j’entre dans le cadre ? Je ne le crois pas [21]. Et d’ailleurs, je ne le sais même pas car les prix ne sont pas publics. Là encore, il faut contac­ter un com­mer­cial pour les connaître.

Reste le très attendu Géo­por­tail pro­mis pour cet été par l’IGN. On dis­cute beau­coup, à pro­pos de ce por­tail, d’une com­pa­rai­son en terme de qua­lité d’image avec Google maps, du carac­tère récent des pho­to­gra­phies qui y seront expo­sées. Très bien, mais moi main­te­nant je pose la seule ques­tion qui m’intéresse aujourd’hui : fourniront-​ils une API libre d’accès per­met­tant de construire des ser­vices, non com­mer­ciaux cela va de soi, à par­tir de ces cartes ?

Edit : tiens, Micro­soft semble virer sa cuti et s’adonner aux joies du Web2.0 et des API ouvertes : http://​local​.live​.com/. Il y a la France et en plus les cartes sont superbes ! Je fonce, je regarde et vous tiens au cou­rant au pro­chain numéro.

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