Archives pour la catégorie Séminaire Digital Humanities

Socio-​informatique des controverses

Socio-informatique et argumentation

Socio-​informatique et argumentation

L’analyse de grands cor­pus évolu­tifs et la socio-​informatique des contro­verses : de Pros­pero à Marloweb

Sémi­naire « Digi­tal huma­ni­ties » animé par Marin Dacos et Pierre Mounier

Mer­credi 24 mars 2010 — École des hautes études en sciences sociales, EHESS — 96 Bd Ras­pail, 75006 Paris - Salle informatique

Fran­cis Chateauraynaud

Direc­teur d’études à l’EHESS — GSPR

Jos­quin Debaz

Cher­cheur au GSPR

A par­tir de tra­vaux déve­lop­pés depuis le milieu des années 1990 à la croi­sée de la socio­lo­gie et de l’informatique, cette séance du sémi­naire exa­mi­nera des méthodes et des pro­cé­dures uti­li­sées pour l’analyse de dos­siers com­plexes sai­sis comme autant de grands cor­pus évolu­tifs, for­més de textes numé­ri­sés. La pre­mière par­tie de la séance revien­dra sur la genèse des outils pla­cés au cœur de la suite logi­cielle Prospéro-​Marlowe-​Tirésias tout en les situant dans le champ des outils d’analyse infor­ma­ti­sée pour les SHS. La deuxième par­tie sera consa­crée à une démons­tra­tion réa­li­sée sur plu­sieurs cor­pus de façon à expli­ci­ter un cer­tain nombre de concepts et de pro­to­coles. Bien que for­te­ment orien­tés vers les objets de la socio­lo­gie des contro­verses et des conflits, ces outils peuvent trou­ver des appli­ca­tions sur des cor­pus très dif­fé­rents, et à ce titre devraient inté­res­ser la plu­part des dis­ci­plines des sciences sociales. Enfin, la troi­sième par­tie pren­dra la forme d’un tra­vail d’enquête col­la­bo­ra­tive sur un dos­sier choisi par les par­ti­ci­pants. Les dis­cus­sions qui ne man­que­ront pas de sur­gir per­met­tront d’examiner col­lec­ti­ve­ment les condi­tions dans les­quelles ce type d’approche peut s’insérer dans le mou­ve­ment plus géné­ral des « digi­tal huma­ni­ties » et entrer en inter­ac­tion avec de mul­tiples formes d’archivages et de trai­te­ments numériques.

La socio-​informatique des contro­verses a depuis l’automne 2009 son car­net de recherche surhypo​theses​.orghttp://​socioargu​.hypo​theses​.org/

On y trou­vera des billets métho­do­lo­giques des­ti­nés à accom­pa­gner des recherches col­lec­tives et à ali­men­ter les dis­cus­sions, ainsi que de mul­tiples sources et réfé­rences rela­tives aux logi­ciels uti­li­sés et à leurs grandes applications.

Ins­crip­tion

En rai­son du nombre limité de places, ce sémi­naire se déroule sur ins­crip­tion. Pour s’inscrire à cette séance, écrire à marin.​dacos@​ehess.​fr et pierre.​mounier@​ehess.​fr

Retour sur 40 ans de relations entre sciences humaines et informatique

Digi­tal humanities

Pierre vient de publier sur L’édition élec­tro­nique ouverte le résumé, le sup­port de pré­sen­ta­tion et les notes prises lors du sémi­naire que nous ani­mons sur les Digi­tal huma­ni­ties à l’EHESS. Il y a même l’enregistrement audio. [EDIT] Euh… en fait, j’ai fait une fausse manoeuvre, et il fau­dra patien­ter un peu que nous réta­blis­sions le fichier audio avant de pou­voir l’écouter…[/EDIT]

Dans le cadre du sémi­naire Digi­tal Huma­ni­ties : les trans­for­ma­tions numé­riques du rap­port aux savoirs, nous avons reçu le 16 décembre der­nier Lou Bur­nard, qui est direc­teur de l’Information and sup­port group des Oxford Uni­ver­sity Com­pu­ting Ser­vices. Figure impor­tante de la com­mu­nauté TEI, il est co-​éditeur des Gui­de­lines for Elec­tro­nic Text Enco­ding and Inter­change et par­ti­cipe aux tra­vaux du Bri­tish Natio­nal Cor­pus. Il tra­vaille depuis cette année à temps par­tiel pour le TGE Adonis.

Résumé de la communication

Les sciences humaines sont en train de vivre un tour­nant majeur en inté­grant de manière de plus en plus étroite l’usage des tech­no­lo­gies numé­riques dans leurs pra­tiques de recherche. Cette évolu­tion est pour­tant en marche depuis plu­sieurs décen­nies, avec, dès les années 60, la réa­li­sa­tion de l’index Tho­mis­ti­cus par Roberto Busa. Dans son inter­ven­tion, Lou Bur­nard revient sur cette évolu­tion his­to­rique qu’il pro­pose d’analyser sui­vant une struc­tu­ra­tion en trois périodes : Lite­rary & lin­guis­tic com­pu­ting, Huma­ni­ties com­pu­ting et enfin Digi­tal huma­ni­ties. Ces trois moments peuvent être iden­ti­fiés comme trois pistes et posi­tion­ne­ments dif­fé­rents dans la manière d’explorer les rela­tions entre sciences humaines et informatique.

La suite sur L’édition élec­tro­nique ouverte.

Lou Burnard : du Literary & linguistic computing aux Digital Humanities : retour sur 40 ans de relations entre sciences humaines et informatique

Marin et moi accueillons mer­credi 16 décembre à 14h00 Lou Bur­nard dans notre sémi­naire EHESS sur les Digi­tal huma­ni­ties. Voici une pré­sen­ta­tion du contenu de cette séance :

Les sciences humaines sont en train de vivre un tour­nant majeur en inté­grant de manière de plus en plus étroite l’usage des tech­no­lo­gies numé­riques dans leurs pra­tiques de recherche. Cette évolu­tion est pour­tant en marche depuis plu­sieurs décen­nies, avec, dès les années 60, la réa­li­sa­tion de l’index Tho­mis­ti­cus par Roberto Busa. Dans son inter­ven­tion, Lou Bur­nard revient sur cette évolu­tion his­to­rique qu’il pro­pose d’analyser sui­vant une struc­tu­ra­tion en trois périodes : Lite­rary & lin­guis­tic com­pu­ting, Huma­ni­ties com­pu­ting et enfin Digi­tal huma­ni­ties. Ces trois moments peuvent être iden­ti­fiés comme trois pistes et posi­tion­ne­ments dif­fé­rents dans la manière d’explorer les rela­tions entre sciences humaines et informatique.

Après l’intervention de Corinne Welger-​Barboza qui expo­sait le mois der­nier le mode de fonc­tion­ne­ment des centres de digi­tal huma­ni­ties aujourd’hui aux Etats-​Unis, la com­mu­ni­ca­tion de Lou Bur­nard apporte au sémi­naire sur les Digi­tal huma­ni­ties une pro­fon­deur his­to­rique com­plé­men­taire per­met­tant de mieux com­prendre les enjeux devant les­quels nous nous trou­vons actuellement.

Lou Bur­nard est direc­teur de l’Information and sup­port group des Oxford Uni­ver­sity Com­pu­ting Ser­vices. Figure impor­tante de la com­mu­nauté TEI, il est co-​éditeur des Gui­de­lines for Elec­tro­nic Text Enco­ding and Inter­change et par­ti­cipe aux tra­vaux du Bri­tish Natio­nal Cor­pus. Il tra­vaille depuis cette année à temps par­tiel pour le TGE Adonis.

Le sémi­naire est ouvert à tous, mais sur ins­crip­tion uni­que­ment, auprès de Pierre Mou­nier ou Marin Dacos

On peut aussi s’abonner à la liste de dis­cus­sion du séminaire

Vers un THATCamp à Paris en mai 2010

Intro­duc­tion du sémi­naire « Digi­tal huma­ni­ties. Les trans­for­ma­tions numé­riques du rap­port aux savoirs. »

Pro­gramme du sémi­naire : http://​blog​.homo​-nume​ri​cus​.net/​a​r​t​i​c​l​e​1​0​2​5​8​.​h​tml

Ani­ma­teurs du sémi­naire : Pierre Mou­nier et Marin Dacos.

Hash­tag Twit­ter : #DHDM

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Ce sémi­naire part de l’idée qu’émerge une dis­ci­pline, appe­lée les Digi­tal huma­ni­ties, que l’on pour­rait tra­duire en fran­çais sous l’appellation « Sciences humaines et sociales numé­riques ». Cer­tains l’ont appelé Huma­ni­tés numé­riques. D’autres ne l’appellent pas…

C’est pré­ci­sé­ment de ce pro­blème que nous sou­hai­tons par­ler. Avec l’arrivée de l’informatique dans les années 1970, de la micro-​informatique dans les années 1980, du web dans les années 1990 et du Web 2.0 dans les années 2000, la science a été influen­cée for­te­ment par des dis­po­si­tifs tech­no­lo­giques forts. Elle a d’ailleurs régu­liè­re­ment contri­bué à leur inven­tion. Le web vient de Tim Ber­ners Lee, à l’époque au CERN. Les licences libres, qui struc­turent for­te­ment le réseau et le web, ont une ori­gine uni­ver­si­taire égale­ment : la licence GPL a été créée par Richard Stall­mann, cher­cheur au labo­ra­toire d’intelligence arti­fi­cielle du MIT aux États-​Unis (1983).

En paral­lèle, les besoins en ins­tru­men­ta­tion de cor­pus n’ont cessé de croître. L’arrivée de la démo­gra­phie his­to­rique, par exemple, est un exemple clas­sique de besoins de cal­culs dépas­sant les capa­ci­tés de mani­pu­la­tion manuelle. Depuis, l’explosion docu­men­taire intro­duite par la numé­ri­sa­tion du monde a aug­menté consi­dé­ra­ble­ment les besoins d’instrumentation numé­rique. Cela passe, en fait, de l’identification à l’analyse, en pas­sant par l’encodage et l’archivage. Mais il ne me semble pas avéré que les dif­fé­rentes vagues d’informatisation des méthodes de la recherche en sciences humaines, depuis les années 1970, aient débou­ché sur une approche cumu­la­tive, dans laquelles les pre­mières ini­tia­tives auraient légué un héri­tage struc­turé, sur les épaules duquel les ini­tia­tives sui­vantes auraient pu s’appuyer.

On débat­tra, sans doute, de savoir si chaque dis­ci­pline déjà établie doit se doter d’une science auxi­liaire, par exemple, pour l’archéologie, une archéo­lo­gie numé­rique, ou si les Digi­tal huma­ni­ties sont un objet à part entière, avec un cor­pus de méthodes, de concepts et d’outils cohé­rent, qui est tota­le­ment trans­ver­sal. Je m’attarderai peu, à titre per­son­nel, sur cette ques­tion, parce que je pense que c’est un pro­blème ins­ti­tu­tion­nel plus qu’un pro­blème scien­ti­fique. En effet, auxi­lia­ri­ser com­plè­te­ment le numé­rique à l’intérieur de pro­blé­ma­tiques très spé­cia­li­sées, risque de mener à des impasses et à une mul­ti­tude de réin­ven­tions de la roue. Les ten­ta­tives d’approche cumu­la­tive en seraient alté­rées. Et, à l’inverse, déta­cher arbi­trai­re­ment les digi­tal huma­ni­ties du sub­strat consti­tué par chaque para­digme dis­ci­pli­naire res­te­rait à la sur­face des choses, trans­for­mant les digi­tal huma­ni­ties en ingé­nié­rie hors-​sol…

En revanche, ce qui m’intéresse plus, c’est de tra­vailler sur ces deux axes : les digi­tal huma­ni­ties comme science auxi­liaire et les digi­tal huma­ni­ties comme dis­ci­plines, pour per­mettre une véri­table pro­fes­sion­na­li­sa­tion. Je m’interroge, tou­jours, sur les connais­sances en sta­tis­tiques des études médi­cales por­tant sur la pro­ba­bi­lité d’avoir un can­cer lorsqu’on a eu un demi-​frère qui a pris son bain tous les lundi avant d’aller à l’école, par rap­port à ceux qui ont eu une demi-​soeur qui pre­nait son bain le dimanche soir… La maî­trise des sta­tis­tiques est une sub­di­vi­sion des Digi­tal huma­ni­ties. Ici, comme ailleurs, les erreurs sont au coin de la rue. L’instrument fait faci­le­ment illu­sion. Je jette mes don­nées dans la machine, et la machine me rend un glou­bi­boulga scien­ti­fique, parce qu’elle ne com­prend que des 0 et des 1, donc elle ne peut pas se tromper…

Bref, la mise en oeuvre d’instruments impose des com­pé­tences pré­cises, comme l’introduction des son­dages, des ana­lyses fac­to­rielles et de tout autre dis­po­si­tif à voca­tion heu­ris­tique l’ont imposé en leur temps. Il faut, pour cela, oser entrer dans le détail, et maî­tri­ser en pro­fon­deur les limites des outils exploi­tés. Je soup­çonne que de nom­breux thé­sards sont en train de com­pa­rer des requêtes sur Google entre « Nico­las Sar­kozy » et « Jacques Chi­rac » pour mesu­rer leur popu­la­rité res­pec­tive sur le réseau. Or, le nombre de biais d’une telle mesure, gros­sière, est pro­pre­ment colos­sal… et je ne sais pas com­bien de jurys sont capables d’en décor­ti­quer en détail les lignes de faiblesse…

Ces enjeux, mis en place, montrent bien que s’impose la consti­tu­tion d’un état de l’art des digi­tal huma­ni­ties. Que des com­pé­tences spé­ci­fiques, poin­tues, et trans­ver­sales, puissent émer­ger, se déve­lop­per et, ensuite, être iden­ti­fiées. Un état de l’art ne s’imposera pas depuis un indi­vidu ou un groupe iso­lés. Il s’imposera sur la base du consen­sus, après débats, confron­ta­tions, et dis­cus­sions. Pour cela, il nous faut construire une com­mu­nauté, la doter d’outils et de moments d’échanges, de dis­po­si­tifs de publi­ca­tion et d’évaluation.

Or, il se trouve que la com­mu­nauté des Digi­tal huma­ni­ties émerge de plus en plus net­te­ment, en par­ti­cu­lier en Angle­terre et aux USA. Nous, fran­çais et euro­péens du conti­nent, sommes invi­tés par les amé­ri­cains à nous posi­tion­ner, à par­ti­ci­per au déve­lop­pe­ment de la dis­ci­pline. Com­ment y contribuer?

Il y a plu­sieurs méthodes. Celle du Congrès et de la Consti­tu­tion d’une société savante inter­na­tio­nale, très clas­sique, me semble inadap­tée à la situa­tion. D’abord, parce que la com­mu­nauté est trop épar­pillée, trop fra­gile, et n’a pas encore iden­ti­fié ses membres poten­tiels. Ensuite, parce que l’objet concerné est, par conjonc­ture, imma­ture et, par nature, dis­persé. Struc­tu­rer vite et fort pour­rait avoir pour effet de geler l’état de l’art sur des bases aléa­toires, et créer arti­fi­ciel­le­ment de l’obscolescence. Or, nous n’avons pas besoin d’institutionnalisation, mais plu­tôt d’invention et de co-​invention.

THATCamp

Je vous pro­pose donc plu­tôt une non-​conférence. Une non-​conférence « géné­rée par l’utilisateur ». D’après Wiki­pe­dia, une non-​conférence est une «  confe­rence where the content of the ses­sions is crea­ted and mana­ged by the par­ti­ci­pants, gene­rally day-​by-​day during the course of the event, rather than by one or more orga­ni­zers in advance of the event.” An uncon­fe­rence is not a spec­ta­tor event. Par­ti­ci­pants in an uncon­fe­rence are expec­ted to present their work, share their know­ledge, and acti­vely col­la­bo­rate with fel­low par­ti­ci­pants rather than sim­ply attend » .

Il s’agit sim­ple­ment d’un événe­ment sur le modèle des bar­camps. En France, le Cléo a déjà par­ti­cipé à l’organisation du Book­Camp, non-​conférence sur le livre numé­rique orga­ni­sée par Hubert Guillaud. Nous sou­hai­tons à pré­sent déve­lop­per un THAT­Camp. The Huma­ni­ties and Tech­no­logy Camp a été inventé pour por­ter le modèle du Camp, de la non-​conférence, dans le domaine des Digi­tal huma­ni­ties. Le direc­teur du CHNM, Dan Cohen, m’a auto­risé à uti­li­ser ce nom en France. Le nom défi­ni­tif pour­rait être «  THAT­Camp Paris  » (ou un autre nom, si vous pro­po­sez mieux).

Il aura lieu le 18 et 19 mai à Paris, Bd Ras­pail, à Paris.

Le sémi­naire a pour objec­tif de pré­pa­rer cet événe­ment, de réflé­chir à ses moda­li­tés, d’identifier les lignes de force et de frac­ture des digi­tal huma­ni­ties, d’identifier les acteurs qui devront être asso­ciés à cette non-​conférence.

L’événement doit être ouvert, très ouvert, com­mu­nau­taire. La moda­lité d’inscription et de créa­tion des ate­liers sera le wiki.

La confé­rence sera, pour l’essentiel, en anglais. Nous cher­che­rons à dis­po­ser de pas­se­relles pour les inter­ve­nants n’osant pas par­ler en anglais, pour tra­duire en simul­tané leurs pro­pos. Nous allons for­mu­ler des demandes de sou­tien auprès de plu­sieurs établis­se­ments, fran­çais et euro­péens. Idéa­le­ment, la non-​conférence pour­rait débou­cher sur un mani­feste de digi­tal huma­ni­ties s’étant réunies à Paris, évoquant les enjeux, et per­met­tant de com­men­cer à pro­po­ser un dis­cours col­lec­tif et de se doter d’un programme.

N’hésitez pas à nous contac­ter, si vous sou­hai­tez par­ti­ci­per à l’organisation ou à des ate­liers qui auront lieu au cours du That­Camp : contact@​revues.​org

Séminaire Digital Humanities. Les transformations numériques du rapport aux savoirs

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Marin et moi orga­ni­sons à l’EHESS un sémi­naire men­suel sur les Digi­tal huma­ni­ties dont voici le descriptif :

Le sémi­naire se pen­chera sur l’émergence des Digi­tal Huma­ni­ties (DH), en Amé­rique du Nord et en Europe, à l’intersection des sciences humaines et sociales et des com­pu­ter sciences. Ce terme désigne tout à la fois un ensemble de pra­tiques de recherche mobi­li­sant de manière struc­tu­relle des moyens infor­ma­tiques, des modèles épis­té­mo­lo­giques rele­vant du concept de « e-​sciences », mais aussi des modes de dif­fu­sion des résul­tats de la recherche qui mobi­lisent les nou­veaux moyens de com­mu­ni­ca­tion en réseau. À un autre niveau, le déve­lop­pe­ment des Digi­tal Huma­ni­ties a des impli­ca­tions en terme de poli­tique scien­ti­fique pour les sciences humaines et sociales en fai­sant por­ter l’attention sur le besoin d’infrastructures de recherche d’un nou­veau type (déve­lop­pe­ment des cybe­rin­fra­struc­tures, grilles de cal­cul et plates-​formes d’édition). Enfin, les Digi­tal Huma­ni­ties repré­sentent, pour des dis­ci­plines dont l’inscription dans le champ scien­ti­fique fait débat, une oppor­tu­nité pour abor­der sous un angle dif­fé­rent leur posi­tion dans les rela­tions sciences-​société.

C’est à pour­suivre ces ques­tion­ne­ment que s’attachera le sémi­naire. Il s’agira, au cours de cette pre­mière année de des­si­ner les contours, d’explorer les dif­fé­rentes dimen­sions et de dres­ser une pre­mière car­to­gra­phie d’une notion peu connue en France et n’y fai­sant pas encore l’objet d’un débat struc­turé. Du point de vue métho­do­lo­gique, le sémi­naire est cou­plé avec des ate­liers pra­tiques orga­ni­sés en salle infor­ma­tique, et per­met­tant aux par­ti­ci­pants de béné­fi­cier d’une for­ma­tion mini­male à la mani­pu­la­tion des outils où à l’utilisation des res­sources évoqués et ana­ly­sés en séminaire.

Mer­credi de 14 h à 18 h (salle infor­ma­tique, 1er étage, 96 bd Ras­pail 75006 Paris), les 21 octobre, 18 novembre, 16 décembre 2009, 27 jan­vier, 24 mars et 26 mai 2010.

L’invitée de la séance du 18 novembre est Corinne Welger-​Barboza, maître de confé­rences à l’UFR His­toire de l’art
et archéo­lo­gie Uni­ver­sité Paris 1 Pan­théon Sor­bonne, Edi­trice de l’Obser­va­toire cri­tique des
res­sources numé­riques
( 2006 – 2008)

Sa com­mu­ni­ca­tion porte sur le sujet suivant :

Les Digi­tal Huma­ni­ties aujourd’hui : centres, réseaux, pra­tiques et enjeux

Les Digi­tal Huma­ni­ties peuvent être actuel­le­ment défi­nies de la façon sui­vante : l’exploitation des tech­no­lo­gies numé­riques d’information et de com­mu­ni­ca­tion par ce que nous ne nom­mons plus les Huma­ni­tés mais Sciences humaines et sociales. Cette démarche implique une pra­tique qui repose sur la col­la­bo­ra­tion d’enseignants et cher­cheurs de ces dis­ci­plines avec des ingé­nieurs et des tech­ni­ciens sus­cep­tibles de maî­tri­ser toute la chaîne d’une forme par­ti­cu­lière d’édition numé­rique. Ces réa­li­sa­tions éditées, appelons-​les des cor­pus ins­tru­men­tés, sont acces­sibles sur le Web ; elles attestent de l’essor de ce qui est consi­déré a minima comme un domaine sin­gu­lier, a maxima comme une dis­ci­pline. Après avoir dressé rapi­de­ment une carte des centres de Digi­tal Huma­ni­ties, nous nous appuie­rons plus par­ti­cu­liè­re­ment sur les ins­ti­tu­tions nord-​américaines du genre. En effet, celles-​ci pré­sentent un mode d’organisation, de fonc­tion­ne­ment et un déve­lop­pe­ment en réseau qui nous paraissent par­ti­cu­liè­re­ment ajus­tés aux objec­tifs pour­sui­vis par les « Digi­tal Humanists ».

Pour par­ti­ci­per au sémi­naire, il faut s’inscrire auprès de Pierre Mou­nier ou Marin Dacos

On peut aussi s’abonner à la liste de dis­cus­sion du séminaire

Cré­dits pho­to­gra­phiques : Dan­cing color squares, par Timo­thy Erick­son, en cc by-​nc-​sa