Archives mensuelles : octobre 2005

UOL essaie d’adapter ses filtres antispam au handicap


UOL a modi­fié son filtre anti­spam pour per­mettre aux défi­cients visuels de le contour­ner en leur pro­po­sant une ver­sion sonore du texte à iden­ti­fier pour confir­mer qu’on n’est pas un robot spam­meur. Très intéressant.

Please type what is writ­ten on the image and click OK.
If you have dif­fi­cul­ties to read the sequence,
swap the image or lis­ten to what is on the image.

J’aimerais que de « vrais » han­di­ca­pés nous disent si ça fonc­tionne vrai­ment et si c’est pratique.

Per­son­nel­le­ment, je n’ai aucun pro­blème de vue, mais les images de lettres à reco­pier sont tel­le­ment défor­mées que je n’arrive vrai­ment pas à les inter­pré­ter. De toute évidence, les spam­meurs ont dû trou­ver une parade à ce type de filtre, et c’est l’escalade. UOL fait subir de telles contor­sion à ses images qu’elles en deviennent illi­sibles, même avec une myo­pie cor­ri­gée à 100%. Du coup, je n’arrive pas à joindre mon cor­res­pon­dant. Comme tou­jours, la sécu­rité pous­sée à son extrême finit par se retour­ner contre ceux qu’elle est cen­sée pro­té­ger. Ou, dit autre­ment, un ser­veur sûr est un ser­veur éteint ; et un ser­vice sûr est un ser­vice inter­rompu. A bon entendeur.

L’open archives initiative (octobre 2005)


Le mou­ve­ment des archives ouvertes est déci­sif pour la dif­fu­sion des résul­tats de la recherche scien­ti­fique. Sa réus­site est pos­sible car elle fait conver­ger une volonté des cher­cheurs et des ins­ti­tu­tions. Ce mou­ve­ment est en train de tou­cher les sciences humaines et sociales fran­çaises, avec l’ouverture d’HALSHS. Il reste cepen­dant encore peu connu, mal­gré les prises de posi­tion offi­cielles de grands orga­nismes de recherche inter­na­tio­naux (voir la décla­ra­tion de Ber­lin), CNRS en tête.

Dans la fran­co­pho­nie et en sciences humaines et sociales, voici les dépôts ouverts au public et que j’ai pu iden­ti­fier et mois­son­ner sans pro­blème. Le total est de 55000 enregistrements.

-Biblio­thèque natio­nale de France (28371 enregistrements)

-Per­sée (12262 enregistrements)

-Revues​.org (10005 enregistrements)

-Hal SHS (2061 enregistrements)

-Archi­ve­SIC (619 enregistrements)

-Uni­ver­site Lyon 2 — Cyber­theses (542 enregistrements)

-Jean Nicod (434 enregistrements)

-Ecole natio­nale des chartes (253 enregistrements)

-ENS LSH (103 enregistrements)

-Mém­SIC : Mémoires en Sciences de l’Information et de la Com­mu­ni­ca­tion (56 enregistrements)

-Uni­ver­sité de Reims (49 enre­gis­tre­ments, dont une par­tie ne relèvent pas des SHS)

-Dépôt archives ouvertes de Lyon 2 (38 enregistrements)

-Uni­ver­sité Paris X (14 enregistrements)

Quelques remarques :

- Le dépôt de la BNF est en fait celui de Gal­lica. La moder­ni­sa­tion de Gal­lica est donc en route et c’est une excel­lente nou­velle. L’insertion de notre Biblio­thèque natio­nale dans le pay­sage des archives ouvertes est un événe­ment déci­sif.

- On notera le record détenu par l’Institut Jean Nicod (pour un dépôt de labo­ra­toire) dont la poli­tique est claire et établie, et qui par­vient à rem­plir son dépôt de façon très effi­cace.

- L’absence d’Erudit est éton­nante.

- Les pro­jets nais­sants que sont Cairn et le CENS sui­vront probablement.

En conclu­sion, le total d’enregistrements est encou­ra­geant. La plu­part des dépôts signa­lés dans cette liste pré­voient une crois­sance très impor­tante à court ou moyen terme. En par­ti­cu­lier, HAL SHS et Per­sée semblent pro­mis à un bel ave­nir. Cepen­dant, il ne fau­drait pas se méprendre sur le clas­se­ment que j’ai adopté, car il n’indique pas une hié­rar­chie : le dépôt de Gal­lica n’a pas plus d’importance scien­ti­fique ou stra­té­gique que celui de l’ENS LSH ou de l’Ecole natio­nale des chartes. Le prin­cipe intrin­sèque de l’OAI est l’interopérabilité, c’est-à-dire que les rivières vont aux fleuves et que les fleuves vont à la mer. Il est sain qu’une grande archive natio­nale assure la sécu­rité et la sta­bi­lité des dépôts per­son­nels de cher­cheurs (HALSHS), mais il est égale­ment heu­reux que des ini­tia­tives telles que Archi­ve­SIC et Mém­Sic (por­tées, d’ailleurs, par la même struc­ture que HALSHS, le CCSD), per­mettent d’identifier clai­re­ment des espaces thé­ma­tiques. C’est à la fois un gain pour le lec­teur, qui trou­vera plus faci­le­ment ce qu’il cherche, et pour l’auteur, qui est incité au dépôt de façon moins anonyme.

Il ne faut pas non plus prendre le nombre d’enregistrements pour argent comp­tant. En effet, un enre­gis­tre­ment peut être une simple réfé­rence biblio­gra­phique et un autre peut conte­nir le texte inté­gral de l’article. Cer­tains dépôts iden­ti­fient des pages de « Livres reçus » d’une revue comme enre­gis­tre­ment, au même titre qu’une thèse entière publiée par Cyber­thèse. Le tra­vail néces­saire à la mise en ligne et l’intérêt scien­ti­fique de chaque docu­ment sont extrê­me­ment inégaux. Il est donc pru­dent de ne pas s’en tenir au seul cri­tère quan­ti­ta­tif, même s’il reste un indi­ca­teur inté­res­sant, sur lequel l’observatoire fera des points réguliers.