Archives mensuelles : janvier 2007

L’information scientifique en Sciences humaines et sociales : un angle mort?

« Eva­lua­tion et vali­da­tion de l’information sur Internet »

Jour­née d’étude des URFIST

31 jan­vier 2007, Paris

http://​urfis​tre​seau​.word​press​.com/


Les sciences humaines et sociales sont à un moment par­ti­cu­lier de leur his­toire. Tra­di­tion­nel­le­ment, le pro­ces­sus qui menait le lec­teur à la lit­té­ra­ture scien­ti­fique pas­sait par des cir­cuits très ver­ti­caux. Avec l’introduction d’Internet, c’est désor­mais une nébu­leuse d’autorités qui guide le lecteur.

Si ce n’est pas le far-​west sans foi ni loi que cer­tains annon­çaient à la fin du XXe siècle, force est de consta­ter que les tem­po­ra­li­tés et les auto­ri­tés s’y entre­choquent. Dans l’écosystème d’information scien­ti­fique tel qu’il est en train de se des­si­ner, un cer­tain nombre de chaî­nons sont dra­ma­ti­que­ment man­quants. Mal­gré une accé­lé­ra­tion récente de la mise en ligne de la lit­té­ra­ture scien­ti­fique, le cor­pus acces­sible reste par­tiel. La car­to­gra­phie de ces res­sources est, elle-​même, très lacu­naire. Les déten­teurs d’autorité qui ont un rôle de pres­crip­teur (enseignants-​chercheurs, biblio­thé­caires, libraires) sont confron­tés à une redé­fi­ni­tion si pro­fonde de para­digme qu’ils paraissent s’effacer devant la nou­velle donne. Les ins­tru­ments de repé­rage, de clas­se­ment et d’identification sont rares et incom­plets. Seuls semblent émer­ger les por­tails de conte­nus eux-​mêmes, alors que les réper­toires et les moteurs de recherche scien­ti­fiques res­tent marginaux.

La domi­na­tion de Google sur les usages est telle que le Page­Rank semble avoir rem­placé toute autre auto­rité. Les moteurs de recherche scien­ti­fiques peinent à per­cer dans les usages des cher­cheurs et des étudiants. Eux-​mêmes s’appuient sur des méthodes et des cor­pus qui ne sont, à l’heure actuelle, pas tota­le­ment satis­fai­sants. Il faut dire qu’en géné­ral leurs ambi­tions ne peuvent se confondre avec des mis­sions de ser­vice public. De plus, les bonnes volon­tés sont confron­tées à l’ampleur de la tâche et à la dif­fi­culté de construire des indi­ca­teurs signi­fiants. Les condi­tions de la cita­bi­lité ne sont pas réunies de façon tota­le­ment satis­fai­santes ; les mesures de fré­quen­ta­tion des sites scien­ti­fiques sont gar­dées secrètes, comme autant de secrets indus­triels ; l’usage des rétro­liens, qui pour­rait deve­nir un outil scien­ti­fique de pre­mier ordre, est menacé par le spamdexing.

Au fond, les pers­pec­tives d’avenir semblent devoir s’appuyer sur l’introduction de nou­veaux ins­tru­ments, l’émergence de nou­velles com­pé­tences et la mise en place de nou­velles formes éditoriales.

http://​urfis​tre​seau​.word​press​.com/​2​0​0​7​/​0​1​/​2​9​/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​-​d​e​-​m​a​r​i​n​-​d​a​c​o​s​-​r​e​s​u​me/

Les ins­crip­tions sont closes depuis long­temps, mais ce sera trans­mis en vidéo sur Canalc2 et sur CanalU.

Gnutella : communautés et innovation autour d’un système d’échange de fichiers

JPEG - 11.3 ko
Ano­ther call
Image © par Le cedre, avec son aimable auto­ri­sa­tion. Ano­ther call.

La troi­sième séance du sémi­naire « Tech­no­lo­gies numé­riques et société » se dérou­lera à l’EHESS, le ven­dredi 19 jan­vier 2007 à 15h, salle 1, 105 Bd Ras­pail, 75006, Paris. Gwen­dal Simon pré­sen­tera ses recherches sur la com­mu­nauté des déve­lop­peurs de Gnu­tella.

Résumé de la séance

Gnu­tella fut le pré­cur­seur des sys­tèmes d’échanges de fichiers qui, depuis 2000, ont bou­le­versé l’industrie musi­cale. Au-​delà des débats pas­sion­nels qui entourent ces logi­ciels, les pro­ces­sus d’innovation spon­ta­nés et ouverts qui ont per­mis le déve­lop­pe­ment de Gnu­tella sont remar­quables et révèlent la puis­sance de com­mu­nau­tés en réseau. Dans cet exposé, la démarche uti­li­sée par les prin­ci­paux déve­lop­peurs sera dis­sé­quée. Puis, les prin­ci­pales ten­dances d’utilisation des sys­tèmes d’échanges de fichiers seront pré­sen­tées. Enfin, quelques recherches à la fron­tière des sciences humaines et de l’informatique seront briè­ve­ment introduites.

Au sujet du Gwen­dal Simon

http://​enstb​.org/ gsimon/

Gwen­dal Simon recei­ved his PhD degree in Com­pu­ter Science in decem­ber 2004 after three years at both France Tele­com R&D (with Joa­quin Kel­ler) and IRISA (with Michel Ray­nal, Emma­nuelle Anceaume and Maria Gra­di­na­riu). During his PhD, he most nota­bly concei­ved and deve­lo­ped the Solip­sis sys­tem — a decen­tra­li­zed sha­red vir­tual world — which recei­ved a world­wide atten­tion culmi­na­ting at Code­con 2004.

He then wor­ked as a resear­cher at France Tele­com R&D for almost two years. He co-​founded the Netof­peers ini­tia­tive whose pur­pose is to deve­lop open-​source decen­tra­li­zed sys­tems and he ini­tia­ted the crea­tion of a large consor­tium, namely Over­crow­ded, to widely open this ini­tia­tive. In a multi-​disciplinary pro­ject on spon­ta­neous net­works, he was res­pon­sible for the research acti­vi­ties rela­ted to peer-​to-​peer sys­tems. He imple­men­ted a strong col­la­bo­ra­tion with the INRIA research group Gyro­web to form a note­wor­thy natio­nal research team in this area.

Since Sep­tem­ber 2006, he is assistant-​professor at ENST-​Bretagne, a gra­duate engi­nee­ring school affi­lia­ted to GET.