Archives mensuelles : février 2007

Introducing the book

Daniel Gar­cia, de Livres Hebdo, signale cet amu­sante vidéo qui com­pose, mine de rien, une méta­phore des dif­fi­cul­tés et de l’intérêt de l’appropriation des tech­no­lo­gies (nou­velles ?) par le plus grand nombre. Dans le sketch, un moine découvre l’ergonomie dérou­tante d’un nou­vel objet, le Codex. Réti­cences et incom­pré­hen­sions. Quand la vidéo et l’humour décryptent des pro­ces­sus ô com­bien contemporains.

On retrou­vera évoqués dif­fé­rentes conven­tions et divers usages induits par les tech­no­lo­gies numé­riques. C’est le cas de deux bou­tons des navi­ga­teurs web (flèche avan­cer, flèche recu­ler), ces éléments indis­pen­sables que cer­tains cherchent par­fois à cacher, offi­ciel­le­ment par souci de sim­pli­fi­ca­tion ergo­no­mique, en réa­lité pour cap­tu­rer l’utilisateur et le rame­ner en situa­tion de dépen­dance, comme le font si bien les DVD au moment des publi­ci­tés… Est égale­ment convo­qué le pro­blème de la conser­va­tion des don­nées, inquié­tude sans cesse res­sas­sée par les scep­tiques du numé­rique (ils ont en par­tie rai­son, mais en tirent rare­ment des conclu­sions utiles). Est égale­ment au menu la ques­tion de l’introduction de nou­veaux éléments arbi­traires par le nou­veau medium. Ici, le moine est étonné par la dis/​continuité du texte entre les pages. Ailleurs on pour­rait citer d’autres arbi­traires, comme par exemple le très tech­no­cen­tré http:// au début des adresses des pages web, qui a long­temps consti­tué un effi­cace retar­da­teur de l’appropriation du Web (htpp ou http/ : ou http::/ ou bien htpt/​/ : ??). Il reste tou­jours une bizar­re­rie mal com­prise, que la plu­part des navi­ga­teurs ajoutent à la place de l’utilisateur. La vidéo cite égale­ment les incon­tour­nables pro­blèmes de l’allumage et de l’extinction de la bes­tiole : com­ment ça se ferme ? Et com­ment ça s’ouvre lorsque l’objet a été retourné (« so, that actually mat­ters ? ») ? De quoi com­men­cer avec légè­reté et pro­fon­deur, tout à la fois, un cours sur les usages…

Au cha­pitre des regrets, on pourra cepen­dant noter le flou concer­nant l’auteur, le réa­li­sa­teur, les autres corps de métier ayant par­ti­cipé au docu­ment, ainsi que les acteurs et, last but not least, la licence. Défaut de jeu­nesse du média, certes, qui méri­tera, dans un ave­nir proche, de s’enrichir de méta­don­nées pré­cises. En l’espèce, le média n’est pas en cause par nature, mais par immaturité.


Introducing the book

Le nouvel OAISTER

Le pay­sage des moteurs de recherche scien­ti­fiques souffre de la domi­na­tion d’outils géné­ra­listes (Google) et spé­cia­li­sés (Google scho­lar, Sci­rus). Leur force de frappe est énorme, bien que leurs méthodes res­tent opaques, cen­trées sur la langue anglaise et sur les sciences dures. Les moteurs de recherche scien­ti­fiques qui listent clai­re­ment l’ensemble des sources indexées, et qui s’appuient sur le pro­to­cole OAI exclu­si­ve­ment n’ont pas les moyens de leurs concur­rents pour se faire connaître. Le plus impor­tant d’entre eux, OAISTER, pro­duit par l’Université du Michi­gan, a long­temps souf­fert d’une inter­face désuète et, pour tout dire, pas très sérieuse. Dif­fi­cile, dans ces condi­tions, de démon­trer la per­ti­nence d’une démarche pour­tant pré­cieuse. Il s’agit en effet rien de moins que de confir­mer la vali­dité de la démarche des archives ouvertes, d’une part, et du pro­to­cole OAI, d’autre part, comme moyen de faire émer­ger une véri­table dyna­mique de libre accès à la lit­té­ra­ture scien­ti­fique dans le monde.

Alors que le moteur OAISTER atteint les dix mil­lions d’enregistrements, pui­sés dans 730 dépôts OAI dif­fé­rents, il se dote d’une nou­velle inter­face, plus sérieuse et plus ergo­no­mique. On ne peut que féli­ci­ter les concep­teurs de cet ins­tru­ment, qui devrait vite deve­nir incon­tour­nable pour les étudiants et les chercheurs.

L’ancienne inter­face d’OAISTER


La nou­velle inter­face d’OAISTER


Le nouvel OAISTER

Hyperliens municipaux et associations, espace inédit d’échanges politiques?


Le 16 février pro­chain, de 15h à 17h, la qua­trième séance du sémi­naire « Tech­no­lo­gies numé­riques et société » se dérou­lera à l’EHESS, salle 1, 105 Bd Ras­pail, 75006, Paris. Gérard Loi­seau pré­sen­tera ses recherches sur la démo­cra­tie élec­tro­nique locale. Pour cette séance, nous aurons le plai­sir d’accueillir un dis­cu­tant : Hubert Guillaud, Rédac­teur en chef d’Inter­net actu, obser­va­teur avisé de ces enjeux.

Gérard Loi­seau abor­dera une figure spé­ci­fique de l’utilisation d’Internet dans les muni­ci­pa­li­tés afin de pro­po­ser une réflexion com­mune sur la pré­sence embryon­naire d’un espace public inédit dans les col­lec­ti­vi­tés locales. Cet espace d’échanges poli­tiques pro­vient de la com­bi­nai­son de paroles enche­vê­trées énon­cées par des com­mu­nau­tés asso­cia­tives au sein même du dis­po­si­tif numé­rique régi par la municipalité.

Après avoir rap­pelé rapi­de­ment en intro­duc­tion la métho­do­lo­gie de repé­rage des rubriques de com­mu­ni­ca­tion poli­tique sur les sites Inter­net muni­ci­paux (SIM) et le fonc­tion­ne­ment des hyper­liens pour la caté­go­rie des asso­cia­tions reven­di­ca­tives, il pro­cè­dera en deux temps.

1. Une pré­sen­ta­tion ana­ly­tique de la « démo­cra­tie élec­tro­nique locale » à par­tir de don­nées rele­vées sur un échan­tillon homo­gène de col­lec­ti­vi­tés locales par trois fois depuis 2000. Au sein de cette pré­sen­ta­tion, seront dis­tin­guées les asso­cia­tions « reven­di­ca­tives » afin de déga­ger l’importance et les formes de leur pré­sence sur les SIM.

2. A par­tir de l’impératif démo­cra­tique affi­ché par les poli­tiques locaux (et natio­naux), Gérard Loi­seau ten­tera de qua­li­fier ces formes nou­velles d’échanges poli­tiques en ana­ly­sant deux ten­sions contra­dic­toires obser­vées chez les res­pon­sables poli­tiques muni­ci­paux envers les asso­cia­tions, un cer­tain tro­pisme démo­cra­tique étroi­te­ment com­biné à l’affirmation renou­ve­lée d’une volonté de domi­na­tion des asso­cia­tions par les pou­voirs publics locaux.

Au sujet du Gérard Loiseau

-Ingé­nieur de recherche au CNRS

- Cher­cheur au CERTOP (Centre d’Etude et de Recherche, Tra­vail, Orga­ni­sa­tion, Pouvoir)/CNRS sur la « démo­cra­tie élec­tro­nique locale« 

- Chargé de cours à l’université Paris 8

- Res­pon­sable scien­ti­fique du réseau de recherche DEL (« Démo­cra­tie ELec­tro­nique ») du Grou­pe­ment de Recherche TICS (Tech­no­lo­gie d’Information et de Com­mu­ni­ca­tion et Société) du CNRS.