Archives mensuelles : juin 2008

Liens d’Houtsiplou #2


- Rennes 1 blogue. L’université de pro­vence aussi. Et la vôtre ?? (Affordance)

Trop peu d’universités pro­posent encore sys­té­ma­ti­que­ment à leurs per­son­nels de tenir un blog hébergé, à l’adresse de l’université. Bref, un blog « ins­ti­tu­tion­nel ». C’est donc l’occasion de sou­li­gner l’effort et l’initiative de l’université de Rennes 1, qui vient de mettre à dis­po­si­tion de ses per­son­nels la pos­si­bi­lité de blog­guer, via la pla­te­forme Dot­Clear.

http://​affor​dance​.type​pad​.com/​m​o​n​_​w​e​b​l​o​g​/​2​0​0​8​/​0​6​/​r​e​n​n​e​s​-​1​-​b​l​o​g​u​e​.​h​tml

-Vie pri­vée sur net : la CNIL veut infor­mer les jeunes (Ecrans)

La CNIL sonne l’alerte quant aux pro­blèmes de divul­ga­tion de don­nées per­son­nelles sur le net.

http://​www​.ecrans​.fr/​V​i​e​-​p​r​i​v​e​e​-​s​u​r​-​n​e​t​-​l​a​-​C​N​I​L​-​v​e​u​t​,​4​0​7​1​.​h​tml

-Pira­tage — une étude de cas (Immatériel)

Quoi qu’il en soit, être en mesure de pro­po­ser ses pro­duits sur sup­port déma­té­ria­lisé prend une impor­tance crois­sante avec la démo­cra­ti­sa­tion de l’Internet, et miser sur la qua­lité de ser­vice et les avan­tages octroyés au client (mises à jour régu­lières et copie à volonté) est plus ren­table que miser sur la puni­tion cen­sée lut­ter contre le pira­tage (pro­tec­tion anti-​copie et DRM). Le manque à gagner sup­po­sé­ment lié au pira­tage ne serait-​il pas en réa­lité le fait des éditeurs eux-​mêmes, qui cor­res­pon­drait plu­tôt à une offre man­quante ? Peut-​on affir­mer être volé de quelque chose que l’on ne vend pas ?

http://​imma​te​riel​.word​press​.com/​2​0​0​8​/​0​4​/​1​7​/​p​i​r​a​t​a​g​e​-​u​n​e​-​e​t​u​d​e​-​d​e​-​c​as/

-Bureau­tique en ligne : quatre ser­vices pour concur­ren­cer Office Live Works­pace (Zdnet news)

Google Docs est le concur­rent le plus connu du ser­vice de bureau­tique en ligne de Micro­soft. Mais des ser­vices comme Zoho, Think­Free ou Acro​bat​.com sont aussi sur les rangs. Pré­sen­ta­tion en images.

http://​www​.zdnet​.fr/​g​a​l​e​r​i​e​-​i​m​a​g​e​/​0​,​5​0​0​1​8​8​4​0​,​3​9​3​8​1​4​9​4​,​0​0​.​h​t​m​?​x​t​o​r​=​R​S​S-1

-Nais­sance de la revue Tri­vium sur Revues​.org (Open access news)

Éditée par les Éditions de la Fon­da­tion Mai­son des Sciences de l’Homme avec le concours de par­te­naires alle­mands et fran­çais, la revue élec­tro­nique Tri­vium publie des tra­duc­tions d’articles. Elle se conçoit comme un ins­tru­ment d’échanges, de coopé­ra­tion entre les com­mu­nau­tés de recherche fran­co­phone et ger­ma­no­phone et de com­mu­ni­ca­tion en sciences sociales et humaines.

Die mit Unterstüt­zung deut­scher und franzö­si­scher Part­ner von der Éditions de la Mai­son des Sciences de l’Homme heraus­ge­ge­bene Online-​Zeitschrift Tri­vium veröf­fent­licht Über­set­zun­gen aus Fach­zeit­schrif­ten. Sie vers­teht sich als Medium des Aus­tauschs und der Koo­pe­ra­tion zwi­schen deutsch– und franzö­sischs­pra­chi­gen For­schung­sge­mein­schaf­ten in den Geistes– und Sozial­wis­sen­schaf­ten..

http://​www​.earl​ham​.edu/ peters/fos/2008/06/new-oa-journal-in-humanities-and-social.html

Tri­vium

- Open Scho­lar­ship : Autho­rity, Com­mu­nity and Sus­tai­na­bi­lity in the Age of Web 2.0 (Elpub)

The Inter­na­tio­nal Confe­rence on Elec­tro­nic Publi­shing is ente­ring its twelfth year and ELPUB 2008 marks the first time the confe­rence will be held in North Ame­rica. The Know­ledge Media Design Ins­ti­tute at the Uni­ver­sity of Toronto is plea­sed to serve as the host for this impor­tant event. We look for­ward to wel­co­ming you to the cos­mo­po­li­tan city of Toronto and to your par­ti­ci­pa­tion in a lively debate about the future of scho­larly com­mu­ni­ca­tion in the ever-​changing world of net­wor­king tech­no­lo­gies.

http://​elpub​.net/

Les pairs et le cluster (5. Du Journal total aux tentations obsidionales, le musée des risques du numérique scientifique)


La ten­ta­tion tota­li­taire est un risque qu’il ne faut pas négli­ger. La puis­sance des clus­ters enclenche des pro­ces­sus qui peuvent étouf­fer, lit­té­ra­le­ment, le pay­sage scien­ti­fique. Entre l’idée d’un cor­pus cir­cons­crit, mais ouvert et plu­ri­forme, et celle d’un sys­tème total, dans lequel on enfer­me­rait à double tour toute la lit­té­ra­ture scien­ti­fique, il n’y a qu’un pas que cer­tains esprits caressent régu­liè­re­ment. En effet, quoi de plus ten­tant pour le pilote natio­nal, euro­péen ou mon­dial de la recherche, que de consti­tuer un « gui­chet unique » à son échelle ? Pour­quoi pas, au fond, une revue unique, qui contien­drait toute la lit­té­ra­ture scien­ti­fique, dans un bel objet brillant, sans aspé­rité et sans cou­leur, un Jour­nal total qui serait régulé par un col­lège des 100 meilleurs cher­cheurs du monde ?

La défaite des scien­ti­fiques est un autre risque majeur. Ils ont inventé Inter­net. Mais leurs outils peuvent rapi­de­ment être dépas­sés par la vitesse et les masses cri­tiques d’information mises en œuvre par les outils géné­ra­listes. Cela revien­drait à s’en remettre au Dieu Google/​Amazon ou à leurs suc­ces­seurs. De toute évidence, les sciences humaines et sociales sont, à l’heure actuelle, qua­si­ment désar­mées face à une telle puis­sance. Les masses cri­tiques mini­males semblent, en revanche, pou­voir être réunies par l’ensemble de la com­mu­nauté scien­ti­fique via le pro­to­cole OAI-​PMH et le mouvent de l’open access dans son ensemble.

La ten­ta­tion obsi­dio­nale semble, aujourd’hui, moins puis­sante qu’au début des années 2000, mais on ne doit pas la négli­ger pour autant. En remet­tant en cause nombre des repères de l’écosystème édito­rial tra­di­tion­nel, Inter­net pro­voque une inquié­tude légi­time, qui peut se résu­mer en deux ten­dances majeures. D’une part, le « syn­drôme wiki­pe­dia », consi­déré comme popu­liste et détrui­sant l’autorité du savant. D’autre part, l’exposition publique mas­sive de débats scien­ti­fiques qui étaient, autre­fois, confi­nés à des sphères plu­tôt fer­mées. Il semble dif­fi­cile de pla­cer ces espaces nou­veaux en qua­ran­taine, et les dyna­miques qui les animent avec eux. Au contraire, la com­mu­nauté scien­ti­fique semble en mesure de titrer parti du nou­veau pay­sage édito­rial qui se des­sine en dehors d’elle, en y déve­lop­pant un entrisme assumé et de bon niveau scien­ti­fique. La triade géné­ra­liste « GAW » (Google/​Amazon/​Wikipedia) n’est pas impénétrable.

Enfin, les ten­ta­tions tech­no­phobes et tech­no­cen­trées sont les deux faces oppo­sées d’un rap­port malade à la tech­no­lo­gie numé­rique. La ten­ta­tion tech­no­phobe consis­te­rait à igno­rer la dimen­sion tech­no­lo­gique des pro­ces­sus en cours. Il ne s’agit pas d’apprendre à pro­gram­mer, ni à enco­der des textes en XML. Mais nier tota­le­ment la tech­ni­cité des pro­ces­sus à l’œuvre revient à les subir. Cela revien­drait à renon­cer à les pen­ser et à les mettre au ser­vice de la recherche. A l’inverse, la ten­ta­tion tech­no­cen­trée consis­te­rait à croire que les algo­rithmes, les grilles et les auto­mates com­posent une vérité indis­cu­table, dépas­sant les humains qui les ont construits, offrant des rac­cour­cis com­modes pour faire et défaire les car­rières scien­ti­fiques, d’un coup de dé lancé par une requête hasar­deuse sur Google scho­lar et ses avatars.

Pour­suivre l’alliance des humains avec les machines, dans un dia­logue per­ma­nent et un esprit cri­tique en éveil, c’est sans doute cela, l’alliance des pairs et des clusters.

Les pairs et le cluster (4. Pouvoir manipuler le système, c’est se l’approprier)


Il ne suf­fit pas d’une masse cri­tique de docu­ments scien­ti­fiques iden­ti­fiés et indexés. Il faut, sur­tout, une masse cri­tique d’utilisateurs aver­tis. Il n’est en effet pas secon­daire de dis­po­ser d’une conscience de l’impact de ce que l’on fait lorsqu’on pro­duit du contenu en ligne. Avoir un mini­mum de conscience des règles du jeu. Cela implique la maî­trise d’un voca­bu­laire mini­mal concer­nant Inter­net. Il fau­drait en effet que l’usager lambda du sys­tème puisse dis­tin­guer Inter­net, le Web et le cour­rier élec­tro­nique ; dis­tin­guer les appli­ca­tions offline des appli­ca­tions online ; dis­tin­guer le moteur de recherche du réseau qu’il indexe par­tiel­le­ment ; maî­tri­ser les notions d’URL et d’identifiant unique, … Sur­tout, com­ment les ins­tances d’évaluation de la recherche vont-​elles uti­li­ser le vaste cor­pus numé­rique savant qui est en cours d’émergence ? Les auteurs doivent pou­voir devi­ner, anti­ci­per et connaître les uti­li­sa­tions pos­sibles de leurs écrits, sous toutes leurs formes. Bref, pour pou­voir s’approprier le sys­tème, et per­mettre son déve­lop­pe­ment, il faut être en mesure de le mani­pu­ler. Ce n’est pas là tri­che­rie ! C’est le début de l’appropriation, le pro­drome de la conscience d’un monde nou­veau, les pré­mices de sa prise en compte.

Appro­pria­tion

Sans appro­pria­tion du numé­rique par les cher­cheurs, donc, point de salut. De grands mou­ve­ments de for­ma­tion et de sen­si­bi­li­sa­tions des cher­cheurs, jeunes et moins jeunes, semblent s’imposer. Tous, ou presque, ont été for­més dans un écosys­tème édito­rial ana­lo­gique. Pour les faire pas­ser du côté (clair ou obs­cur) du numé­rique, la dif­fu­sion de comp­ténces s’impose. Cela ne pas­sera pas par l’enseignement sco­laire d’un outil pour l’outil. Il ne s’agit pas de for­mer à une tech­nique comme on apprend à mar­cher. Mais à une tech­no­lo­gie comme on apprend à lire et à écrire. En y don­nant du sens et de l’autonomie. Les cher­cheurs sont des usa­gers du numé­rique comme des lec­teurs d’une biblio­thèque sont des usa­gers de celle-​ci. Il faut donc égale­ment éviter les leçons ex-​cathedra sur le sexe des anges numé­riques, comme aime sou­vent à en don­ner l’université française.

On pro­po­sera, modes­te­ment, la for­ma­tion par l’usage, comme la plus féconde poten­tiel­le­ment, à condi­tion qu’elle soit sys­té­ma­ti­que­ment pla­cée dans un contexte et inté­grée à des enjeux scien­ti­fiques et poli­tiques, métho­do­lo­giques et heu­ris­tiques. Cette approche risque de ne pas être très popu­laire à l’université car elle sem­blera, au pre­mier abord, tech­no­phile et gad­ge­to­phile. Mais ne vaut-​il pas mieux mettre à dis­po­si­tion de la com­mu­nauté scien­ti­fique des « jouets » immé­dia­te­ment utiles, sus­ci­tant à la fois usages et contenus ?

Quoi qu’il en soit, il paraît dérai­son­nable de vou­loir pen­ser l’évaluation de la recherche à l’aune du numé­rique sans avoir tâté, ne serait-​ce qu’un peu, de web social, de syn­di­ca­tion de conte­nus, de CMS, d’écriture en ligne, de lec­ture en ligne, de cita­tion en ligne, de recherche en ligne [57]… dans le cas contraire, le débat pourrait se résumer à des arguties sans fondement, comme celles d'un historien appelant à une réforme des archives sans y avoir mis les pieds, à un géographe appelant à une nouvelle écriture cartographique sans avoir lu une carte IGN et tâté des Systèmes d'informations géographiques. Restons sérieux ! Retournons, en ce cas, à nos amours du papier, pour le papier, par le papier, sur le papier. Attendons, sagement que le rouleau compresseur numérique emporte notre monde en ignorant la richesse de la matrice qui l'a enfanté durant des millénaires…

Une nou­velle donne docu­men­taire est-​elle possible ?

In fine, le numé­rique uni­ver­si­taire devrait débou­cher sur de vastes moteurs de recherche scien­ti­fiques. Il serait de bon ton qu’ils relèvent du ser­vice public, ou qu’ils soient lar­ge­ment enca­drés par la com­mu­nauté scien­ti­fique qu’ils ordonnent, afin d’éviter leur brouillage –voire leur opa­cité– par des enjeux commerciaux.

On pour­rait donc ima­gi­ner des moteurs de recherche scien­ti­fiques de ser­vice public…

-Ils asso­cie­raient des gise­ments de conte­nus scien­ti­fiques ali­men­tés par des humains (les pairs) à une puis­sance de cal­cul consi­dé­rable (les fermes de ser­veurs, les clusters).

-Ils seraient au débou­ché d’un ensemble d’indicateurs. Les résul­tats seraient affi­chés selon dif­fé­rents algo­rithmes, qui seraient trans­pa­rents et expli­cites, et qui valo­ri­se­raient des logiques dif­fé­rentes, afin de reflé­ter la com­plexité du dossier.

-Ils indexe­raient un cor­pus cir­cons­crit, de façon à ne pas avoir à contour­ner sem­pi­ter­nel­le­ment le spam­dexing et autres tri­che­ries des ven­deurs de Via­gra. Ils seraient poli­cés avant tout par la mise en lumière per­mise par la mise en ligne, secon­dai­re­ment par des dis­po­si­tif de détec­tion des pla­giats et des doublons.

-Ils rédui­raient, dans la mesure du pos­sible, l’opposition entre les sup­ports (papier et élec­tro­nique), tout en s’appuyant sur un sys­tème simple et fiable d’identifiant unique des docu­ments scien­ti­fiques (aujourd’hui, le DOI peut-​il être concurrencé ?)

-Ils consti­tue­raient une base pour ten­ter de mettre au point des indi­ca­teurs de cita­tions plus inté­res­sants et plus repré­sen­ta­tifs que ceux qui consti­tuent, trop sou­vent, la loi d’airain de la recherche. La dif­fi­culté métho­do­lo­gique d’une telle entre­prise, évidente, ne peut suf­fire à en repous­ser la perspective.

-La consti­tu­tion d’outils de mesure de fré­quen­ta­tion cer­ti­fiés ne pourra pas, elle non plus, être évitée.

La pers­pec­tive qui se dégage n’est pas exempte de risques, sans doute supé­rieurs à ceux qui exis­taient dans l’univers analogique.