Archives mensuelles : septembre 2008

Sandwich de liens de Marin #5


- Sophie Pène signale que Jean d’Arcy, res­pon­sable de l’ORTF en 1969, entre­voit « une télé­vi­sion qui res­semble moins à TF1 qu’au Web »

« 1969, année érotique, chan­taient Gains­bourg et Bir­kin. C’est aussi cette année là que Jean d’Arcy, un res­pon­sable de l’ORTF (Office Public de Radio Télé­dif­fu­sion Fran­çais) d’alors pro­po­sait une vision d’une télé­vi­sion par­ti­ci­pa­tive, adres­sant à chaque télé­spec­teur les pro­grammes à la carte qu’il dési­rait voir : « l’individu doit pou­voir choi­sir les images qu’il veut voir ». »

http://​blogs​.univ​-paris5​.fr/​p​e​n​e​/​w​e​b​l​o​g​/​4​9​8​7​.​h​tml

- Com­ment expli­quer ce qu’est une API à un patron d’édition ?

Sur le modèle de la conver­sion propre aux blogs, Chris­tian Fauré répond à une ques­tion fon­da­men­tale de Vir­gine Clays­sen : « Com­ment expli­quer ce qu’est une API à un patron d’édition ».
Le sus­pense est insou­te­nable. Précipitez-​vous sur sa réponse :
http://​www​.chris​tian​-faure​.net/​2​0​0​8​/​0​9​/​2​8​/​c​o​m​m​e​n​t​-​e​x​p​l​i​q​u​e​r​-​c​e​-​q​u​e​s​t​-​u​n​e​-​a​p​i​-​a​-​u​n​-​p​a​t​r​o​n​-​d​e​d​i​t​i​on/

- Why blog ?

Une chaîne est en route et je suis censé y répondre à mon tour. Comme je n’ai pas le temps actuel­le­ment, je vais citer les copains. En espé­rant que ça fera patien­ter André. Et, pour ne pas paraître trop radin, je pose une ques­tion en retour : « Why not blog ? »

Bap­tiste Coul­mont : http://​coul​mont​.com/​b​l​o​g​/​2​0​0​8​/​0​9​/​2​3​/​w​h​y​-​b​l​og/

André Gun­thert : http://​www​.arhv​.lhi​vic​.org/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​/​2​0​0​8​/​0​9​/​1​5​/​8​0​7​-​w​h​y​-​b​log

- The rise of science blog­ging (Open access news)

Où l’on redé­couvre la dis­pu­ta­tio comme fon­de­ment heu­ris­tique de la science…

http://​www​.earl​ham​.edu/ peters/fos/2008/09/rise-of-science-blogging.html

- « La méta­phore des métro­nomes qui s’alignent (PHNK)

« À par­tir de la méta­phore des métro­nomes qui s’alignent, on peut faire l’hypothèse que la pério­di­sa­tion sera réin­tro­duite gra­duel­le­ment dans la publi­ca­tion en ligne, de même que l’idée que ces “listes de liens” vont bien devoir être “maquet­tées” pro­pre­ment au bout d’un moment.

Presque toutes les contraintes de l’édition papier devraient être ame­nées à res­sur­gir d’une manière ou d’une autre dans l’édition en ligne, dont je dirais que les trois prin­ci­paux chan­ge­ments ont été : la minia­tu­ri­sa­tion (des coûts, de l’équipe édito­riale, des centres d’intérêt), la diver­si­fi­ca­tion (des sources, des médias, des sujets) et l’accélération (des rythmes de publi­ca­tion, de rafraî­chis­se­ment des tech­no­lo­gies). (Je laisse tout à fait volon­tai­re­ment le pro­fes­sio­na­lisme hors des variables ayant réel­le­ment évolué.) »

http://​phnk​.com/​b​l​o​g​/​p​e​t​i​t​e​s​-​c​h​o​s​e​s​/​89/

- L’ancêtre de Google map : la montre itinéraire

De mes études d’histoire et de géo­gra­phie, j’ai conservé un goût pour les cartes, et par­ti­cu­liè­re­ment pour les cartes aty­piques… D’où ma fidé­lité à Strangemaps.


http://​stran​ge​maps​.word​press​.com/​2​0​0​8​/​0​9​/​2​8​/​3​1​4​-​w​a​t​c​h​-​t​h​e​-​r​o​a​d​-​w​o​r​l​d​s​-​e​a​r​l​i​e​s​t​-​s​a​t​n​av/

Sandwich de liens de Marin #4


-Quand Stan­ford ali­mente à son tour les Open Edu­ca­tio­nal Res­sources (Framablog)

« Pour la pre­mière fois de son his­toire, l’université de Stan­ford (Cali­for­nie) met gra­tui­te­ment à dis­po­si­tion des étudiants et ensei­gnants du monde entier ses cours d’ingénierie les plus popu­laires. Le pro­gramme Stan­ford Engi­nee­ring Eve­ryw­here (SEE) ouvre l’expérience de Stan­ford en ligne aux étudiants et pro­fes­seurs. Tout ce dont vous avez besoin est un ordi­na­teur et une connexion Inter­net. Vous avez accès aux vidéos des cours, aux poly­co­piés, vous pou­vez pas­ser les quizz et les tests et com­mu­ni­quer avec d’autres étudiants SEE comme vous le souhaitez. »

http://​www​.fra​ma​blog​.org/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​/​p​o​s​t​/​2​0​0​8​/​0​9​/​1​9​/​s​t​a​n​f​o​r​d​-​e​t​-​l​e​s​-​r​e​s​s​o​u​r​c​e​s​-​e​d​u​c​a​t​i​v​e​s​-​l​i​b​res

-« How Rea­ders Navi­gate to Scho­larly Content » : une enquête com­pa­ra­tive des pra­tiques de navi­ga­tion uni­ver­si­taires, entre 2005 et 2008.

« There have been many stu­dies using web logs that cal­cu­late where users of scho­larly resources were refer­red from, but this approach doesn’t indi­cate where those users star­ted their research, merely the details of the last “hop” before hit­ting a content web­site. This research repeats an ear­lier study per­for­med in 2005 by Scho­larly Infor­ma­tion Stra­te­gies (for whom the authors were consul­tants) that actually asks resear­chers about their pre­fer­red start points. The subtle shifts in user pre­fe­rences pro­vide a valuable insight into user navi­ga­tion, the fea­tures that they find use­ful in publi­sher web sites, and the role and effec­ti­ve­ness of library tech­no­lo­gies. Rea­ders are more likely to arrive within a jour­nal web site at the article or abs­tract level than ever before and this has signi­fi­cant impli­ca­tions for publi­sher web site design. As a conse­quence some of the fea­tures of publi­sher web sites may become har­der to find and, as more func­tio­na­lity tran­si­tions to the reader’s pre­fer­red star­ting point, some of the fea­tures may also become less rele­vant to the resear­cher. The most highly sought-​after fea­tures of jour­nal web sites are content aler­ting ser­vices, but not per­so­na­li­sa­tion and not search func­tions.
These fin­dings shed light on how publi­shers should engi­neer their web sites to meet rea­der navi­ga­tio­nal behaviour. »

http://​www​.sic​.ox14​.com/​h​o​w​r​e​a​d​e​r​s​n​a​v​i​g​a​t​e​t​o​s​c​h​o​l​a​r​l​y​c​o​n​t​e​n​t​.​pdf (for­mat PDF).

-Les chats, les mar­mottes et les fins de la par­ti­ci­pa­tion (ARHV)

André conti­nue sa réflexion au sujet de Fli­ckR. la vidéo « illus­tra­tive » est aussi démonstrative.

« Mais lorsque Miranda, 14 ans, met en ligne trente pho­tos d’affilée de son affreux matou, ces photos-​là ne nous disent qu’une seule chose. Que la photo, ça sert à mettre de l’amour en boîte. Pour le consom­mer plus tard, comme des tranches d’ananas. Oui, je sais, c’est à peu près la même chose que ce que tente de nous dire Roland Barthes dans La Chambre claire – mais il ne le dit pas, il nous parle de pré­sence, il nous parle d’histoire, mais il n’arrive pas à énon­cer cette chose-​là, autour de laquelle tourne tout son livre. Peut-​être lui a-​t-​il man­qué un chat. Il y a des évidences si dif­fi­ciles à com­prendre, qu’il faut beau­coup de temps et de patience pour les entrevoir. »

http://​www​.arhv​.lhi​vic​.org/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​/​2​0​0​8​/​0​7​/​2​9​/​7​7​4​-​l​e​s​-​c​h​a​t​s​-​l​e​s​-​m​a​r​m​o​t​t​e​s​-​e​t​-​l​e​s​-​f​i​n​s​-​d​e​-​l​a​-​p​a​r​t​i​c​i​p​a​t​ion

-Mul­ti­colr : Des pho­tos extraites de Fli­ckr par couleur

http://​labs​.ideeinc​.com/​m​u​l​t​i​c​olr

-Livres télé­char­geables au bout de 10 ans.. logique (JMS)

« Pro­po­si­tion 1. On pour­rait consi­dé­rer qu’après dix ans, un livre puisse être numé­risé et télé­char­geable (sous réserve des accords des ayants droit). Le manque à gagner, a priori faible, serait reversé par le minis­tère de la Culture aux éditeurs et aux auteurs au pro­rata des télé­char­ge­ments ou des ventes effec­tives des dix pre­mières années. »

http://​blogues​.ebsi​.umon​treal​.ca/​j​m​s​/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​/​2​0​0​8​/​0​8​/​2​1​/​5​1​6​-​l​i​v​r​e​-​t​e​l​e​c​h​a​r​g​e​a​b​l​e​s​-​a​u​-​b​o​u​t​-​d​e​-​1​0​-​a​n​s​-​e​c​o​n​o​m​i​q​u​e​m​e​n​t​-​l​o​g​i​que

-Manus­crits, genèse et docu­ments numé­ri­sés. EDITE : une étude infor­ma­ti­sée du tra­vail de l’écrivain (ITEM)

« Si le logi­ciel MEDITE est un outil pré­cieux pour la phi­lo­lo­gie, il consti­tue pour la cri­tique géné­tique un outil néces­saire. En effet, non seule­ment utile par la rapi­dité des résul­tats : MEDITE réper­to­rie auto­ma­ti­que­ment ce que le cher­cheur géné­ti­cien passe un temps incom­men­su­rable à rele­ver, ins­tal­lant, d’emblée le tra­vail du géné­ti­cien dans une « scien­ti­fi­cité » plus sûre, il pro­pose un usage qua­li­ta­tif des don­nées quan­ti­ta­tives et sur­tout per­met au géné­ti­cien d’infléchir le choix et le rythme des com­pa­rai­sons aux condi­tions de l’hypothèse interprétative. »

http://​www​.item​.ens​.fr/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​i​d​=​1​7​2​977

La mécanique des fluides


Writing

if:book signale une ini­tia­tive très inté­res­sante : la repu­bli­ca­tion en ligne, sous la forme d’un blog hébergé par Word​Press​.com, dujour­nal de George Orwell. Le 9 août 2008 a com­mencé la publi­ca­tion des notes (j’allais écrire « billets ») prises le 9 août 1938… C’est donc avec un léger dif­féré de soixante-​dix années, scru­pu­leu­se­ment res­pecté, que le car­net de George Orwell, figure lit­té­raire du XXe siècle, est publié en ligne. L’auteur de La ferme des ani­maux et de 1984, entre donc de plein pied dans le monde de l’édition électronique.

Pro­ces­sus dis­cret vs pro­ces­sus continu

Cette ini­tia­tive est inté­res­sante d’abord en rai­son de sa stra­té­gie édito­riale : ne pas publier le texte en un seul bloc, ou en quelques volumes, comme on l’aurait fait dans l’édition papier. Mais s’appuyer sur la nature liquide du numé­rique. On peut publier en goutte-​à-​goutte ou mas­si­ve­ment, en fonc­tion des besoins de la plan­ta­tion. Ainsi, le 28 août 1938, il y a exac­te­ment 70 ans, Orwell écrit : « La nuit der­nière, une heure de pluie. La jour­née d’hier a été chaude et cou­verte. Aujourd’hui, idem, avec quelques gouttes de pluie dans l’après-midi. La récolte du hou­blon com­men­cera dans une semaine envi­ron » [61]. La publication cherche donc à être particulièrement fidèle au processus d'écriture du carnet, et non à un processus discret de publication de celui-ci par volumes papier. J'utilise le terme discret- au sens mathématique. Dans ce sens, la publication numérique peut être considérée comme continue. Elle ne l'est pas seulement en raison de son rythme. Elle l'est plus globalement, me semble-t-il, par nature.

Une information pauvre ?

Considérons la structuration de l'information. Les porteurs de ce projet ont fait leur ce qui pourrait être une maxime du web : simple is beautifull. En effet, ils se sont conten­tés de tech­no­lo­gies basiques, disons low-​tech [62] pour faire simple : un CMS libre spécialisé dans les blogs (wordpress), un hébergement gratuit sur une plateforme industrielle et privée (wordpress.com), quelques liens hypertextes, quelques tags. Selon tout apparence, il s'agit d'une entreprise éditoriale rudimentaire d'un point de vue informationnel : chaque billet est décrit par un titre, il contient un texte édité dans un éditeur WYSIWYG (et non dans un éditeur XML en fonction d'une DTD très riche de type TEI) S'y ajoutent des rubriques, des tags et des commentaires rédigés par le public et par l'éditeur.

Naviguer n'est pas feuilleter

En réa­lité, le cor­pus est riche­ment décrit. Il l’est, d’abord, grâce aux notes de l’édition ori­gi­nale, entre­prise qui a duré 17 ans, menée par le Pro­fes­seur Peter Davi­son. Il l’est, ensuite, par un nou­veau tra­vail d’enrichissement pro­duit par l’éditeur (The Orwell Prize). Ainsi, les tags n’existaient pas dans l’édition ori­gi­nale en 20 volumes. Et, le 28 août 2008, les tags « hop-​picking » et « wea­ther » ont été asso­ciés au billet du jour. Des caté­go­ries sont égale­ment asso­ciées aux billets. Dans quelques mois, il sera donc pos­sible de par­cou­rir par navi­ga­tion ce cor­pus de façon inédite, sim­ple­ment parce qu’il est désor­mais indexé, à tra­vers un tra­vail édito­rial de longue haleine.

De plus, l’éditeur a inséré des liens hyper­textes à l’intérieur du texte. Le 25 août, les liens ajou­tés por­taient vers :

- Google maps,

- Ukmoths, un site spé­cia­lisé dans la des­crip­tion des papillons, et Owl­pages, un site spé­cia­lisé dans la des­crip­tion des hiboux,

- Wiki­pe­dia (ver­sion anglaise)

- une note sur la récolte du Hou­blon dans les mémoires d’Orwell, publiée sur le site http://​www​.theor​well​prize​.co​.uk

Et, comme tou­jours, le banal et déci­sif modèle de la conversation

Comme dans tout blog, il existe égale­ment la pos­si­bi­lité d’ajouter des com­men­taires. Ce sont pas moins de 23 com­men­taires, for­mant une conver­sa­tion, qui ont été ajou­tés au billet du 25 août. Les dis­cus­sions portent très pré­ci­sé­ment sur le billet. Nous igno­rons s’ils sont publiés a priori ou a pos­te­riori [63].

Il semble bien que nous soyons en pré­sence d’un tra­vail d’édition érudite, s’appuyant sur des res­sources de nature numé­rique diverses.

Tra­vail d’édition ou bri­co­lage technique ?

Les puristes s’inquièteront de l’hétérogénéité des liens, donc de leur pro­bable insta­bi­lité, puisque le web est un gigan­tesque cime­tière d’erreurs 404… Ils note­ront des liens vers des outils pour les­quels la cita­bi­lité, le main­tien du libre accès, la per­sis­tance de la qua­lité de l’information, peuvent être incer­tains. Enfin, ils avan­ce­ront qu’une pla­te­forme de blogs n’est pas une pla­te­forme d’édition élec­tro­nique. Que l’encodage XML n’est pas conforme à l’état de l’art de l’édition de sources… N’en jetons plus.

Tou­jours pas d’utilisation de Web​ci​ta​tion​.org à l’horizon …

Concer­nant l’instabilité de liens lan­cés vers le web, l’inquiétude est de mise… et je me demande s’il ne serait pas oppor­tun de leur pro­po­ser de s’appuyer sur des pro­jets tels que Web­cite qui sont des­ti­nés aux cher­cheurs qui veulent citer une res­source et en cap­tu­rer une image dura­ble­ment, via un ser­vice tiers en lequel on puisse avoir confiance.

La dyna­mique des couches

Je suis beau­coup moins inquiet en ce qui concerne le carac­tère pré­ten­dû­ment insuf­fi­sant de la séman­ti­sa­tion. Si les éditeurs du jour­nal d’Orwell par­viennent à tenir le niveau d’enrichissement par tags, caté­go­ries et liens hyper­textes dont ils font preuve actuel­le­ment, ils construi­ront un cor­pus hau­te­ment enri­chi. Les infor­ma­tions ins­crites dans le texte, mais pas enco­dées séman­ti­que­ment, comme la date de publi­ca­tion ori­gi­nale, par exemple, pour­ront être ajou­tées à l’avenir. Il fau­dra chan­ger de pla­te­forme ? Qu’à cela ne tienne ! Il fau­dra ré-​encoder le contenu ? Où est le pro­blème ? L’édition papier nous a habi­tués à une forme tex­tuelle et infor­ma­tion­nelle figée. L’information numé­rique est consti­tuée de couches, qui peuvent être ajou­tées à des époques suc­ces­sives. [64] C’est, si j’ai bien com­pris, plus ou moins le le sens de la redo­cu­men­ta­ri­sa­tion [65] défen­due par Roger T. Pédauque et par ses parents. Quoi qu’il en soit, il s’agit, me semble-​t-​il, d’un pro­ces­sus d’enrichissement infor­ma­tion­nel continu. Tou­jours inachevé, ce pro­ces­sus est consti­tu­tif du docu­ment numérique.

Au risque de l’accident industriel ?

Or, en ce domaine, l’accident indus­triel est tou­jours pos­sible. Car il ne suf­fit pas de décla­rer que le numé­rique est adapté à des enri­chis­se­ments pro­gres­sifs. Encore faut-​il que cela soit pos­sible dans la réa­lité et que les bud­gets n’explosent pas au pas­sage. Or, faudra-​t-​il jeter les pre­mières couches d’information, en rai­son de l’impossibilité de les récu­pé­rer sur une nou­velle pla­te­forme ? Faudra-​t-​il les aban­don­ner en rai­son de leur incom­pa­ti­bi­lité avec de nou­veaux besoins ? Faudra-​t-​il dépen­ser des sommes impor­tantes pour les appau­vrir, leur nature étant trop irré­gu­lière, voire confuse, pour être une base cor­recte de nou­veaux enri­chis­se­ments ? Une étude de géné­tique des textes, par exemple, pourra-​t-​elle se gref­fer sur les couches exis­tantes ou devra-​t-​elle repar­tir d’un docu­ment allégé ?

On peut tou­jours craindre ce type de dif­fi­culté, car il est dif­fi­cile de pré­voir les besoins du futur. Et parce que la ten­ta­tion d’une struc­tu­ra­tion de l’information « bri­co­lée » menace à chaque ins­tant. Ainsi lit-​on dans les com­men­taires du jour­nal d’Orwell des pro­po­si­tions d’utilisation de mises en forme locales, telles que l’adoption de polices ou de cou­leurs par­ti­cu­lières, pour dési­gner des zones par­ti­cu­lières du texte retrans­crit… On pour­rait citer nombre d’initiatives d’édition élec­tro­nique repré­sen­tant un tra­vail énorme et un bud­get consé­quent, et dont les résul­tats furent jetés aux oubliettes du numé­rique pour défaut de structuration.

Or, entre le palimp­seste indi­geste et celui qui flatte le palais en rai­son de la finesse de ses nuances et de la qua­lité de ses ingré­dients, il n’y a sou­vent que quelques octets de dif­fé­rence par docu­ment… La pru­dence s’impose.

La dyna­mique des usages et des for­mats ouverts

A l’inverse, on pour­rait citer de nom­breux exemples d’édition élec­tro­nique qui ont sur­vécu à l’érosion induite par l’écoulement, rapide, du temps numé­rique. Ces textes-​là ont sur­vécu car ils ont pu se com­por­ter comme des couches d’informations res­tées lisibles, exploi­tables et enri­chis­sables. En ce qui concerne l’édition élec­tro­nique du jour­nal d’Orwell, il est pos­sible que l’initiative ne soit pas des­ti­née à être aban­don­née dans les cime­tières de l’histoire. Pourquoi ?

D’une part, parce que ses pro­mo­teurs ont fait le pari des usages. Faire le choix d’une pla­te­forme publique et célèbre, facile d’accès, rapide à ali­men­ter et où les com­men­taires sont aisés, c’est en effet faire le choix des usages de lec­ture et d’annotation. C’est-à-dire qu’ils ont choisi de rendre le texte lar­ge­ment public. Ils l’ont publié, au sens noble.

D’autre part, et sur­tout, parce que les éditeurs ont fait le choix d’une pla­te­forme ouverte, dans laquelle il est pos­sible de rapa­trier à tout moment la tota­lité du contenu, sans appau­vris­se­ment, sans alté­ra­tion, sans perte donc, mais aussi sans bar­rière, sans douane, sans cer­bère. Word​Press​.com joue la carte de l’ouverture des don­nées et des for­mats, au plus grand béné­fice des auteurs des car­nets publiés sur cette pla­te­forme. Tous ne peuvent pas en dire autant…