Archives mensuelles : décembre 2008

Brochette de liens #6


Rappel arrière

Nico­las Demo­rand éreinte le ebook de Sony

http://​www​.radio​france​.fr/​f​r​a​n​c​e​i​n​t​e​r​/​c​h​r​o​/​l​a​v​i​e​d​e​s​i​d​e​es/

Lundi 15 décembre 2008. J’ai testé pour vous le livre élec­tro­nique ! Et c’est une immense décep­tion ! C’est rare de vous décon­seiller un livre mais là je le fais. C’est un livre par­ti­cu­lier le livre élec­tro­nique. Abso­lu­ment pas pra­tique. L’objet est contr’intuitif…

Sony Rea­der : il y aurait eu 300 000 ventes dans le monde depuis 2006

http://​toc​.oreilly​.com/​2​0​0​8​/​1​2​/​r​e​p​o​r​t​-​3​0​0​0​0​0​-​s​o​n​y​-​r​e​a​d​e​r​s​-​s​o​l​.​h​tml

The e-​reader gues­sing game may be in its final stages. Accor­ding to the­Book­sel­ler, Sony confirms it has sold 300,000 Rea­ders glo­bally since 2006 :

So far three mil­lion books have been down­loa­ded from its online library, which is home to 57,000 titles. The elec­tro­nics giant said it plan­ned to grow its online library to 100,000 titles by the end of the year.

Le pro­jet Super­book : étudier les usages uni­ver­si­taires des ebooks

http://​www​.ucl​.ac​.uk/​s​l​a​i​s​/​r​e​s​e​a​r​c​h​/​c​i​b​e​r​/​s​u​p​e​r​b​o​ok/

E-​books could trans­form tea­ching and study. Col­lec­tions are gro­wing stea­dily but no in-​depth user stu­dies have yet been car­ried out. Chris Arm­strong, Ray Lons­dale and Dave Nicho­las intro­duce the Super­Book Pro­ject that aims to put that right.

Google inves­tit la longue traîne du livre

http://​homo​-nume​ri​cus​.net/​s​p​i​p​.​p​h​p​?​b​r​e​v​e​988

Depuis une dizaine de jours, les réac­tions à cet accord sont nom­breuses et variées. Recen­sées par le blog Open Access News, elles penchent glo­ba­le­ment du côté de l’approbation : cet accord lève incon­tes­ta­ble­ment un ver­rou qui contra­riait le déve­lop­pe­ment d’un nou­veau ser­vice impor­tant pour les lecteurs.

D’autres obser­va­teurs pointent a contra­rio les dan­gers qu’il recèle ; en par­ti­cu­lier celui de la consti­tu­tion d’un mono­pole sur l’accès à l’information à l’ère numérique.

Lire sur sa console de jeux

http://​lafeuille​.homo​-nume​ri​cus​.net/​2​0​0​8​/​1​2​/​l​i​r​e​-​s​u​r​-​s​a​-​c​o​n​s​o​l​e​-​d​e​-​j​e​u​x​.​h​tml

Les ama­teurs de la DS, qui ont l’habitude de tout faire avec comme écou­ter de la musique ou jouer des films, savent déjà com­ment trans­for­mer un fichier texte pour qu’il soit lisible sur sa DS. Il existe aussi le home­brew Read­More (vidéo) ou le COmic­BookDS, un logi­ciel pour lire des BD sur sa DS (comme celles-​ci). Ils peuvent même uti­li­ser un simple navi­ga­teur dédié. Les ama­teurs de la PSP de Sony ont aussi visi­ble­ment plu­sieurs solu­tions de lec­teurs comme eRea­der ou BookR. Autant dire que l’offre de lec­ture pro­po­sée par Nin­tendo (quand bien même on y ajou­te­rai le guides de voyage et la leçon de cui­sine) est bien pauvre, face aux pos­si­bi­li­tés qui sont déjà entre les mains des utilisateurs.

Com­pa­ra­tif : les livres électroniques

http://​www​.les​nu​me​riques​.com/​a​r​t​i​c​l​e​-​5​0​9​.​h​tml

Voya­ger léger sans pour autant lais­ser chez soi ses bou­quins favo­ris est désor­mais envi­sa­geable. Com­pact, ultra­lé­ger, doté d’un confort de lec­ture indé­niable, le livre élec­tro­nique pour­rait bien deve­nir un com­pa­gnon de route fort aimable.

Kindle, abou­tis­se­ment ou balbutiement

http://​blogues​.ebsi​.umon​treal​.ca/​j​m​s​/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​/​2​0​0​8​/​1​1​/​0​3​/​5​7​1​-​k​i​n​d​l​e​-​a​b​o​u​t​i​s​s​e​m​e​n​t​-​o​u​-​b​a​l​b​u​t​i​e​m​ent
On assiste actuel­le­ment à un cer­tain renou­veau dans le dos­sier (et dans cette guerre, il faut l’avouer !) avec la sor­tie de nou­veaux appa­reils ainsi que de nou­veaux modèles d’affaires. Du côté des liseuses élec­tro­niques, outre le Kindle d’Amazon, Sony par exemple pro­pose son PRS505 depuis quelque temps (url), mais annonce déjà pour le 17 novembre pro­chain un nou­veau modèle PRS700 avec de nou­velles fonc­tion­na­li­tés telle l’intégration d’un cla­vier numé­rique (style iPod et iPhone) et des capa­ci­tés d’annotations, de sur­li­gnage et de recherche des textes (url). Contrai­re­ment au Kindle qui n’est tou­jours pas en vente au Canada, le Sony l’est ! Et contrai­re­ment au Kindle tou­jours, les liseuses de Sony et autres Cybook (url) et iLiad (url) per­mettent faci­le­ment de lire les docu­ments sous for­mat PDF.

Com­ment évaluer l’expérience de lec­ture de longs textes de fic­tion sur le Kindle et sur l’iPhone ?

http://​www​.archi​cam​pus​.net/​w​o​r​d​p​r​e​s​s​/​?​p​=​286

Kirk Biglione, sur Media­lo­per : « Com­ment évaluer l’expérience de lec­ture de longs textes de fic­tion sur le Kindle et sur l’iPhone ? J’ai concocté pour ceci quelque chose que j’ai appelé le “test Pyn­chon”. Les romans de Tho­mas Pyn­chon ont ten­dance à être plu­tôt longs, et à ce titre m’ont sem­blé par­faits pour mener à bien ce test. »

Annotations en ligne. Quand G. tisse sa toile

Nar­vic signale la nais­sance de Google SearchWiki.

Search­Wiki : per­son­na­li­sa­tion et anno­ta­tion des résul­tats de recherche

C’est un événe­ment qui n’a, pour l’instant, guère fait de bruit, ou a même été consi­déré comme un gad­get. Je pense, au contraire, qu’il pour­rait prendre une impor­tance capi­tale. Nar­vic le décrit ainsi :

Qu’est-ce que Search­Wiki ? C’est une manière de per­son­na­li­ser les résul­tats de recherche four­nis par Google. Il faut pos­sé­der un compte per­son­nel Google (Gmail) pour y avoir accès et il faut être connecté. (…) A par­tir de là, les pages de résul­tats de recherche four­nis par Google changent d’aspect. De toutes nou­velles fonc­tions appa­raissent (…). La pre­mière se maté­ria­lise par l’apparition de nou­veaux bou­tons à côté du nom de chaque site dans la liste des résul­tats : une flèche vers le haut et une croix. La flèche per­met de faire mon­ter ce résul­tat en tête de la page de recherche. La croix per­met de le sup­pri­mer. Un nou­veau lien, en bas de page, per­met égale­ment d’ajouter un résul­tat qui n’aurait pas été retenu par Google. Il s’agit donc bien de per­son­na­li­ser les pages de résul­tats : l’algorithme de Google vous four­nit un résul­tat de recherche, à vous ensuite de le modi­fier à votre guise. Google conserve en mémoire vos modi­fi­ca­tions, et si vous effec­tuez la même recherche à l’avenir, il vous pré­sen­tera la ver­sion que vous avez modi­fiée vous-​mêmes.

Il est égale­ment pos­sible d’annoter une page, en lui ajou­tant un commentaire.

De plus en plus d’informations sur les pages web

Il est pro­bable que cela soit passé inaperçu en France parce que le ser­vice n’est pour l’instant pro­posé que sur la ver­sion « .com » de Google. Il y a une autre rai­son : pour l’instant, ce ser­vice est pure­ment per­son­nel et privé. Il suf­fit de croire Google. On peut aussi pen­ser qu’il s’agit d’une pre­mière étape.

Ima­gi­nons une deuxième étape, au cours de laquelle Google uti­li­se­rait les inter­ven­tions de dizaines de mil­lions d’utilisateurs pour com­plé­ter son algo­rithme. Il y a déjà long­temps que Google a intro­duit, sans sus­ci­ter de com­men­taires par­ti­cu­liers, une mesure des usages des inter­nautes uti­li­sant son moteur. Au début, souvenez-​vous, quand on cli­quait sur un résul­tat de recherche, le lien nous menait direc­te­ment vers le site pro­posé. Désor­mais, nous fai­sons un petit détour par une autre page de Google, qui, très dis­crè­te­ment, per­met de mesu­rer les usages. Cela donne une for­mi­dable machine à géné­rer des sta­tis­tiques. Ainsi naquit Google trends. Même stra­té­gie avec Google ana­ly­tics, qui apporte un ser­vice gra­tuit de mesures d’usage… et four­nit des don­nées pré­cieuses à Google sur l’état du web. Il n’élabore pas que des courbes de fré­quen­ta­tion. Il ali­mente une base de connais­sances per­met­tant de mieux connaître les pra­tiques du web ; d’identifier l’émergence de nou­velles pra­tiques, les anti­ci­per, éven­tuel­le­ment les orienter.

Résul­tats et publi­ci­tés de plus en plus contextuels

Google Search Wiki pro­longe et affine cette ten­dance, en sto­ckant des infor­ma­tions d’appréciations de sites web, qui s’assimilent à des votes (bais­ser ou mon­ter le score d’une page dans un résul­tat, sup­pri­mer une page, ajou­ter un com­men­taire). Il sera plus facile de pro­po­ser de la publi­cité contex­tuelle, selon le modèle écono­mique mis en place, avec suc­cès, par Gmail. De la publi­cité contex­tuelle non pas seule­ment à la requête, mais à l’ensemble du pro­fil de l’internaute.

Il sera plus facile, ainsi, de conti­nuer à amé­lio­rer l’algorithme de Google. Quoi qu’on en dise, il n’est pas au bout de son évolu­tion et doit s’améliorer, en par­ti­cu­lier en ce qui concerne les moteurs spé­cia­li­sés construits par l’ogre de Moun­tain View (Google scho­lar est loin du compte, par exemple). Mais aussi, et sur­tout, en ce qui concerne la per­son­na­li­sa­tion des résul­tats. La nou­velle fron­tière des moteurs de recherche n’est-elle pas la per­son­na­li­sa­tion des résul­tats de recherche, en fonc­tion de profils-​types d’internautes ? L’algorithme de Google est, pour l’instant, géné­ral. Il donne à M. Durand, jeune ingé­nieur des Mines à Tou­louse, les mêmes résul­tats qu’à Mme Dupont, retrai­tée de l’agriculture habi­tant dans le Can­tal, indé­pen­dam­ment de leurs affi­ni­tés, de leurs goûts, de leurs habitudes.

Or, quelle est la meilleure façon pour construire une typo­lo­gie des types d’internautes que de col­lec­ter leur avis sur les résul­tats, à l’aide de Search­Wiki ? Asso­ciables aux don­nées très riches col­lec­tées par Gmail, ces infor­ma­tions per­met­tront d’aller très loin dans le profil-​typage des inter­nautes. A l’aide de ces nou­velles don­nées, le pro­fi­lage semble à por­tée d’algorithme. Le nou­veau pro­gramme Google friend connect va dans le même sens, en établis­sant des connexions entre les inter­nautes, sur la base de l’identification de leurs goûts en matière de navigation.


Google friend connect

http://​www​.google​.com/​f​r​i​e​n​d​c​o​n​n​e​ct/

Le mar­ché des méta­don­nées : Google invente le Surweb

Ce n’est pas tout. Ima­gi­nons à pré­sent une troi­sième étape. Ima­gi­nons que les com­men­taires que les uti­li­sa­teurs atta­che­ront à des pages web via Google search­Wiki soient ren­dus publics. Alors, le web sera doté du plus vaste sys­tème d’annotation ayant jamais existé, car s’appuyant sur une base d’utilisateurs gigan­tesque. Cette base d’annotation des pages web consti­tue poten­tiel­le­ment une sur­couche infor­ma­tion­nelle posée sur le web. Ce qui consti­tue un post-​it, à l’échelle de l’usage de l’internaute anno­teur, peut en effet rapi­de­ment deve­nir une trame de post-​it, utile au sein d’un réseau de type Google friend­con­nect. Une fonc­tion sociale appré­ciable, concur­rente de Deli­cious ou CiteU­like, dis­po­sant de l’avantage déci­sif d’être affi­chable et éditable dès les résul­tats du moteur de recherches.

La fonc­tion sociale inci­tera, sans doute, les uti­li­sa­teurs à rendre leurs don­nées publiques. Cer­tains se conten­te­ront d’ouvrir leurs anno­ta­tions à leur réseau social. Beau­coup pour­raient être plus « géné­reux ». Et la trame de post-​it s’élargirait au point de deve­nir un filet. Une toile.

Ainsi, Google serait en mesure de pro­po­ser une fonc­tion tueuse, sus­cep­tible de réduire l’intérêt du web, au pro­fit des conte­nus sto­ckés ou affi­chés par Google. Avec Google news, Google fait déjà ce tra­vail d’avaleur de fré­quen­ta­tion, car l’utilisateur pressé peut sou­vent se conten­ter de méta­don­nées décri­vant la res­source qui sont affi­chées sur le site d’actualités de Google. Pour­quoi ? Parce qu’elles sont de plus en plus édito­ria­li­sées au niveau du moteur, c’est-à-dire clas­sées et hié­rar­chi­sées. L’évolution du moteur de recherche vers un moteur de recherches édito­ria­lisé semble se confir­mer, notam­ment à tra­vers l’évolution récente de Google blog search. Ce der­nier était aupa­ra­vant un « simple » moteur de recherches sur les blogs. Il est désor­mais édito­ria­lisé, à la mode de Google news, du moins dans la ver­sion anglo­phone. L’ancien rêve des « por­tails », édito­ria­li­sa­tion et cen­tra­li­sant l’information, semble rede­ve­nir actuel. Yahoo a essuyé les plâtres. Google ramasse la mise.

Dans les résul­tats de Google eux-​même, l’introduction rela­ti­ve­ment récente de la struc­ture des sites sous leur titre a amé­lioré l’accès à des res­sources pro­fondes des sites. Elle a ren­forcé la posi­tion de Google comme four­nis­seur de méta­don­nées struc­tu­relles. En offrant de tels rac­cour­cis, Google apporte un ser­vice d’accès rapide à l’information. Mais il court-​circuite égale­ment une par­tie des clics dans les sites web indexés, donc, poten­tiel­le­ment, une par­tie des reve­nus publicitaires.

Sur Google maps, le pro­ces­sus est simi­laire. Google rapa­trie la liste des hôtels de New-​York et l’affiche sur une carte. Il indique les rues embou­teillées en ce moment. Il ajoute des com­men­taires sur les hôtels, extraites de Tri​pad​vi​sor​.com. Ce type de site a inté­rêt à four­nir ces don­nées à Google, car cela lui apporte beau­coup de tra­fic. Mais essayez une requête « Hôtels New-​York ». Vous ver­rez égale­ment qu’il n’est plus vrai­ment néces­saire d’aller jusqu’à Tri­pad­vi­sor pour savoir à quoi s’en tenir concer­nant l’hôtel Hudson…



Gmaps col­lecte et affiche beau­coup de métadonnées

Gweb

Google crée donc petit à petit des ser­vices très utiles aux inter­nautes, qui se nour­rissent de conte­nus four­nis par les sites d’actualités (Google news), par les biblio­thèques (Google books), par les inter­nautes (Google connect, Google search­Wiki, Gmail), par les sites tou­ris­tiques (Google maps), par le web dans son ensemble. Le poten­tiel de Search­Wiki est très impor­tant. Il pour­rait concer­ner des mil­liards d’annotations. Asso­cié à Google Friend­Con­nect, il pour­rait per­mettre la construc­tion d’un réseau social sur le web, asso­ciant don­nées per­son­nelles (Face­book, Lin­ke­dIn) et car­to­gra­phies per­son­nelles du web. Pro­po­ser une toile sur la toile, et sur mesure s’il-vous-plaît. Est-​ce que cette Gtoile pro­duira de l’ombre à la Toile elle-​même, ou contribuera-​t-​elle à pour­suivre sa crois­sance, sa struc­tu­ra­tion et sa personnalisation ?