Archives mensuelles : octobre 2010

Piracy - Jesus dit it

Florilège de liens #10

Piracy - Jesus dit it

Piracy — Jesus dit it

Je reprends ma série de Flo­ri­lège de liens. Sinon, pour ceux que ça inté­resse, je twitte beau­coup d’autres liens : http://​twit​ter​.com/​m​a​r​ind et j’en conserve encore plus publi­que­ment : http://​www​.diigo​.com/​u​s​e​r​/​m​a​r​ind (mais atten­tion à l’overdose!).

Notez que l’équipe du Centre pour l’édition élec­tro­nique ouverte est très active sur ce sec­teur du repé­rage des res­sources per­ti­nentes et a ouvert un radar dédié à cet usage, le Cléo­ra­dar : http://​cleo​ra​dar​.hypo​theses​.org/ C’est une sélec­tion col­lec­tive dédiée à l’édition élec­tro­nique, qui prend en compte l’ensemble des dimen­sions (tech­niques, édito­riales, scien­ti­fiques, juri­diques, économiques…).

Trèves de bavar­dages, voici quelques liens sélec­tion­nés rien que pour vous…

« C’est la seule indus­trie qui insulte ses clients » (Maître Eolas)

« Leur modèle écono­mique reste le CD ou DVD, sup­port obso­lète, et s’agissant du DVD qui impose à celui qui vou­drait regar­der l’oeuvre qu’il a acheté fort cher 10 minutes de pub qu’il ne peut zap­per, avant de lui infli­ger des mes­sages mena­çants, mes­sages qu’il ne peut voir que s’il a acheté léga­le­ment ce DVD. C’est la seule indus­trie que je connaisse qui insulte et déclare la guerre à ses clients. Pour­quoi pas, mais qu’elle ne s’étonne pas de voir ses ventes péricliter. »

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Les 12 sug­ges­tions d’un cher­cheur à ses amis biblio­thé­caires (Le coin de Marlène)

« - Faire cam­pagne publi­que­ment pour plus d’ouverture
Vous pou­vez le faire. Pen­sez chaque jour à quelque chose qui devrait être ouvert. Puis réflé­chis­sez à com­ment vous pour­riez y arri­ver. Rejoi­gnez l’Open Know­ledge Foun­da­tion. Aucun des Pan­ton Prin­ciples n’est hors de votre por­tée. Ni le pro­jet Open biblio­gra­phy de l’OKF. Ni le CKAN
Engagez-​vous dans des pro­jets comme mySo­ciety. Encou­ra­gez la démo­cra­tie numérique…

- Rendre la biblio­thèque ludique
Cer­taines des inno­va­tions les plus inté­res­santes se basent sur une addic­tion ludique. Aucun pro­blème avec ça. Ren­dez amu­sant l’usage de la biblio­thèque – sous quelque forme que ce soit. Rendez-​le gen­ti­ment concur­ren­tiel. Rendez-​le moti­vant, comme cela peut l’être sur internet.

Et sor­tez de la biblio­thèque et venez dis­cu­ter avec nous. Si vous lisez ce blog, vous savez où me trou­ver pen­dant la pause déjeuner. »

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Ren­contres Wiki­mé­dia France 2010

«  Wiki­mé­dia France, asso­cia­tion pour le libre par­tage de la connais­sance, s’est beau­coup inves­tie cette année dans des par­te­na­riats cultu­rels. Le mou­ve­ment Wiki­mé­dia dans son ensemble a ini­tié de nom­breux par­te­na­riats cultu­rels par­tout dans le monde. Nous avons tous à apprendre des uns et des autres : faisons-​le autour d’une table ! Les Ren­contres Wiki­mé­dia 2010 sou­haitent réunir le plus grand nombre d’acteurs cultu­rels autour de ces nou­velles pra­tiques col­la­bo­ra­tives en ligne favo­ri­sant le libre accès à la connaissance.

Ces Ren­contres Wiki­mé­dia 2010 s’inscrivent dans la série des confé­rences GLAMWIKI, dont ce sera la troi­sième édition, la pré­cé­dente ayant lieu à Londres les 26 et 27 novembre 2010 (voir http://​glam​wiki​.org pour plus d’information).

La plu­part des inter­ven­tions sont en fran­çais. Une tra­duc­tion simul­ta­née sera dis­po­nible pour celles en anglais. »

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Soyons maîtres de nos anno­ta­tions (Hubert Guillaud)

« James Bridle (blog) était à #TOC10 à Franc­fort et a fait une remar­quable pré­sen­ta­tion qu’il a mise en ligne sur son site sur la forme du livre et de son aura. Pour lui, l’avenir du livre ne réside pas dans la copie (homo­thé­tique ou pas), mais dans son aura, son ombre, son double vir­tuel — l’ombre infor­ma­tion­nelle qu’évoquait Mike Kuniasvksy… et qui le conduit à lan­cer Open Book­marks, un pro­jet de stan­dard pour créer un cadre tech­nique per­met­tant d’enregistrer, de sto­cker, de par­ta­ger des signets, des don­nées et d’annoter des livres électroniques. »

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Free Online Course Materials  MIT OpenCourseWare

Le prix de la gratuité

Le Centre pour l’édition élec­tro­nique ouverte, comme beau­coup d’autres, se bat pour refu­ser le terme « gra­tuit » et pour lui pré­fé­rer le terme « libre accès », sou­vent uti­lisé dans sa forme anglaise, « Open access » ou « OA ». Pourquoi?

Tout sim­ple­ment parce que l’édition élec­tro­nique en libre accès n’est pas gra­tuite. Il y a bien quelqu’un qui paie, quelque part. En revanche, le modèle écono­mique se situe ailleurs que dans l’achat indi­vi­duel de chaque article ou chaque cha­pitre publié en ligne.

On sait que le libre accès fait bas­cu­ler l’édition dans un nou­veau para­digme, avec son lot d’incertitudes et de risques, mais aussi, et sur­tout, avec une révo­lu­tion, la révo­lu­tion de l’accès. Pour dire les choses sim­ple­ment : pour accé­der à un article, une des uni­tés élémen­taires du savoir de l’humanité, il faut d’abord en connaître l’existence. Or, par défi­ni­tion, le savoir dis­po­nible est immense et dis­persé chez des mil­liers d’éditeurs dif­fé­rents, dans des cen­taines de langues dif­fé­rentes, sur l’ensemble des conti­nents. Pour que l’aiguille dans la botte de foin puisse être trou­vée, on n’a rien inventé de plus effi­cace, depuis 20 ans, que l’édition élec­tro­nique en libre accès.

Cer­tains ont pu croire que le numé­rique allait faire chu­ter les prix d’édition, et que le seul chan­ge­ment de sup­port (du papier au numé­rique) allait rendre pos­sible une édition élec­tro­nique en libre accès, dans un monde meilleur où les valeurs de dif­fu­sion du savoir pour­raient l’emporter sur les basses contraintes bud­gé­taires des socié­tés savantes publiant livres et revues. Il faut bien se rendre à l’évidence: dans le tra­vail édito­rial, rien de fon­da­men­tal n’a changé avec le numé­rique. Bien sûr, il est pos­sible d’automatiser cer­taines tâches, comme par exemple la ges­tion des manus­crits sou­mis à l’éditeur et l’ensemble des échanges entre le rédac­teur en chef, les experts, le comité de lec­ture, le conseil scien­ti­fique, etc. Mais cette auto­ma­ti­sa­tion n’est qu’un sup­port à l’intelligence humaine, elle ne peut pas s’y sub­sti­tuer. Le tra­vail d’un rédac­teur en chef, d’un auteur, d’un expert et d’un secré­taire de rédac­tion res­tent les mêmes. Pire: en aug­men­tant la visi­bi­lité des revues, la mise en ligne a aug­menté les coûts de ges­tion des sou­mis­sions par des auteurs deve­nus plus nom­breux… et la ges­tion des manus­crits assis­tée par wok­flow n’est, fina­le­ment, que l’adaptation du sec­teur de l’édition à ces nou­velles condi­tions de visi­bi­lité. Pire encore: le coût des déve­lop­pe­ments et de la main­te­nance tech­no­lo­gique des pla­te­formes d’édition élec­tro­nique est de plus en plus élevé, en rai­son de la sophis­ti­ca­tion crois­sante des besoins dans ce domaine: mul­ti­pli­cité des for­mats et des pro­to­coles, diver­sité expo­nen­tielle des ter­mi­naux de lec­ture, obs­co­les­cence régu­lière de tech­no­lo­gies, état de l’art de plus en plus com­plexe, contraintes d’accessibilités, course à l’enrichissement des méta­don­nées, course à l’enrichissement fonc­tion­nel, néces­sité d’enrichissements docu­men­taires per­ma­nents, coûts des inter­opé­ra­bi­li­tés, ges­tion des accès de plus en plus com­plexes, sys­tèmes d’identification unique, néces­sité de fonc­tion­na­li­tés impli­quant de la fouille auto­ma­tique de don­nées, du trai­te­ment auto­ma­tique de la langue, etc.

Le célèbre MIT publie en ligne les non moins célèbres «  Open­Cour­se­Ware  », ses cours en libre accès. La puis­sante ins­ti­tu­tion amé­ri­caine vient d’écrire aux usa­gers d’OpenCourseWare le cour­rier suivant.

Email MIT

On y apprend que le pro­gramme géné­ral coût 3,7 mil­lions de dol­lars. Ce mon­tant, de toute évidence, n’intègre pas le salaire des pro­fes­seurs qui donnent les cours… De toute évidence, égale­ment, le mon­tant n’est pas sur­es­timé ni affo­lant. Il est sim­ple­ment élevé parce qu’il faut four­nir beau­coup de tra­vail dans dif­fé­rents métiers (voir Les cinq piliers de l’édition élec­tro­nique). Le MIT indique qu’il paie direc­te­ment la moi­tié de cette somme, qu’une autre moi­tié est payée par des spon­sors et des finan­ce­ments publics, et qu’il reçoit 200 000$ de dons de ses lec­teurs chaque année. Belle per­for­mance, qu’ils veulent pous­ser à 500 000$. La crise est bien sûr pas­sée par là, mais elle ne change rien à la situa­tion : le libre accès a un coût. Ceci­lia d’Oliveira, exe­cu­tive direc­tor du MIT Open­Cour­se­Ware uti­lise l’expression «  The Cost of Free  », que je reprends dans ce court billet : le coût de la gra­tuité. Comme je l’ai indi­qué plus haut, la gra­tuité n’est pas le bon terme, mais il est frappant.

Ce billet est le pre­mier d’une série qui por­tera sur les modèles écono­miques du libre accès. En espé­rant que cela per­met­tra d’ouvrir le débat à l’aide d’arguments et de consi­dé­ra­tions solides, loin des réac­tions psy­cho­ri­gides du type « l’argent c’est sale » ou bien « le libre accès, c’est pirates, liber­taires et compagnie ».

Jstor 2010

La semaine der­nière, j’ai eu la chance de pou­voir assis­ter à la confé­rence Sus­tai­nable scho­lar­ship orga­nisé à New York City par Ithaka. Le pro­gramme de cette confé­rence se répar­tis­sait sur deux jours. Il s’agissait d’abord pour Ithaka de pré­sen­ter les nou­veau ser­vices et les pers­pec­tives de ses ser­vices phares : son dépar­te­ment de recherche et déve­lop­pe­ment S+R, son ser­vice d’archivage Por­tico, et bien sûr son por­tail de revues de sciences humaines et sociales Jstor. Cette année, la grande nou­veauté du côté de Jstor est l’ouverture, à par­tir de jan­vier 2011 de son pro­gramme «  cur­rent scho­lar­ship  ». Autre­ment dit, alors que la pla­te­forme était jusqu’à pré­sent spé­cia­li­sée sur la numé­ri­sa­tion rétros­pec­tive des revues à par­tir de leur ver­sion impri­mée, elle se lance, sur un nombre limité de revues dans la mise en ligne de la par­tie vivante des conte­nus. Nous n’avons mal­heu­reu­se­ment pas pu voir grand chose de ce ser­vice mais j’ai quand même pu obte­nir les infor­ma­tions sui­vantes : les conte­nus sont mis à dis­po­si­tion au sein d’une inter­face tota­le­ment inté­grée à la pla­te­forme Jstor ; elle offre à l’éditeur de la revue des espaces réser­vés où son logo et un des­crip­tif peuvent être affi­chés. L’éditeur dis­pose même d’un espace publi­ci­taire vierge qu’il peut com­mer­cia­li­ser à sa guise. Grande nou­veauté, les articles peuvent être mis à dis­po­si­tion au for­mat HTML et/​ou PDF, à condi­tion que l’éditeur génère ces for­mats. Car c’est l’autre grande nou­veauté, il dis­pose d’un back office dans l’interface lui per­met­tant de publier lui-​même ses propres numé­ros — ce qu’il peut aussi délé­guer à Jstor contre paie­ment. Voilà qui est inté­res­sant et montre que le modèle d’appropriation porté par Revues​.org depuis ses débuts ren­contre aujourd’hui un cer­tain suc­cès ! Reste que l’accompagnement édito­rial des pro­duc­teurs de conte­nus qui leur laisse la main tout en garan­tis­sant la qua­lité des don­nées (et des méta­don­nées !) ne s’improvise pas et néces­site une cer­taine expé­rience… Atten­dons de voir com­ment Jstor qui est plu­tôt un cham­pion du modèle de délé­ga­tion ‚s’en sortira.

La seconde confé­rence à laquelle j’ai assisté por­tait sur les « nou­veaux conte­nus » pro­po­sés par Jstor aux com­mu­nau­tés aca­dé­miques. Je m’attendais à l’annonce de déve­lop­pe­ment impor­tants du côté de la publi­ca­tion de livres et je me suis com­plè­te­ment trompé. Rien de véri­ta­ble­ment nou­veau n’a été annoncé de ce côté là. C’est en revanche, et de manière sur­pre­nante, du côté de la consti­tu­tion de col­lec­tions de sources numé­ri­sées que Jstor semble miser. Une longue et pas­sion­nante pré­sen­ta­tion de la base Plant Science a été pro­po­sée d’abord : il s’agit d’une col­lec­tion d’objets scien­ti­fiques de toutes natures, her­biers, taxi­no­mies, publi­ca­tions, papiers divers, lettres, pho­to­gra­phies, col­lec­tés par une com­mu­nauté lar­ge­ment inter­na­tio­nale, don­nant accès à plus d’un mil­lion d’objets numé­riques rela­tifs aux plantes. La col­lec­tion semble magni­fique, les inter­faces de visua­li­sa­tion fort bien conçues et, sur­tout, un très gros effort est porté à l’animation de com­mu­nauté scien­ti­fique pour la consti­tu­tion et l’usage de cette col­lec­tion. Une autre pré­sen­ta­tion trai­tait d’une col­lec­tion numé­ri­sée de cata­logues de ventes aux enchères d’objets d’art (en par­te­na­riat avec la Frick Col­lec­tion et le MET, rien que ça !) où c’était sur­tout la ques­tion de la mise en rela­tion avec les publi­ca­tions aca­dé­miques qui était posée. L’utilisateur dis­pose ainsi d’un outil en ligne d’annotation par­ta­gée et de créa­tion de liens entre les docu­ments dans toute la base Jstor si j’ai bien com­pris qui lui per­met d’exploiter confor­ta­ble­ment la base au cours de son tra­vail. En dis­cu­tant plus tard avec Rahim Rajan, un des res­pon­sables de ce type de pro­gramme chez Jstor, j’ai décou­vert une troi­sième col­lec­tion, pas­sion­nante elle aussi, sur l’histoire afri­caine appe­lée Aluka. De plus petite enver­gure, elle pro­pose 57000 objets et vise à com­por­ter, elle aussi, une forte dimen­sion com­mu­nau­taire. J’avoue que je ne connais­sais pas cette par­tie de l’activité de Jstor, que j’ai pu décou­vrir à cette occa­sion. De nom­breuses dis­cus­sions ont eu lieu à l’occasion de ces pré­sen­ta­tions sur le modèle écono­mique de ces col­lec­tions numé­riques. Sur ce point Jstor semble hési­tant. Cer­taines sont à accès res­treint, d’autres en libre accès de manière tem­po­raire, et il semble qu’elles ne fassent pas l’objet d’une com­mer­cia­li­sa­tion spé­ci­fique au sein de l’offre Jstor. Elles viennent en bonus, pour ainsi dire, avec les col­lec­tions de revues aux­quelles les biblio­thèques s’abonnent. En réa­lité, il semble que Jstor se demande un peu com­ment com­mer­cia­li­ser ces ensembles hété­ro­gènes et aty­piques auprès des biblio­thèques. Quel prix leur attri­buer ? Seront-​elles suf­fi­sam­ment attrac­tives auprès d’acquéreurs dont les bud­gets sont déjà en forte res­tric­tion ? La situa­tion ne semble ni facile ni claire pour Jstor qui expé­ri­mente peut-​être ici quelques limites de son modèle 100% accès res­treint. Il reste que ces ini­tia­tives sont cohé­rentes par rap­port à la volonté de l’organisme de pro­po­ser aux cher­cheurs une pla­te­forme de réfé­rence tout inté­grée où ils pour­ront trou­ver à la fois des publi­ca­tion aca­dé­miques et des col­lec­tions de sources, au sein d’un envi­ron­ne­ment qui se veut de plus en plus cohérent.

La tro­sième et der­nière confé­rence de la jour­née s’annonçait elle aussi pas­sion­nante mais m’a laissé quelque peu dubi­ta­tif : il s’agissait de pré­sen­ter toutes les recherches effec­tuées au sein d’un groupe de tra­vail (Advan­ced Teh­no­logy Group) d’Ithaka, pour ana­ly­ser les com­por­te­ments des uti­li­sa­teurs, col­lec­ter des masses impor­tantes de don­nées d’usages, afin d’anticiper les néces­saires évolu­tions à venir. Deux idées fortes struc­tu­raient cette confé­rence : 1. L’objectif prin­ci­pal est la satis­fac­tion de l’utilisateur, l’amélioration constante de l” »expérience uti­li­sa­teur » par le design d’interfaces et de com­por­te­ments de pla­te­forme qui vont au devant de ses besoins et de ses désirs. C’est évidem­ment la clé du suc­cès écono­mique pour Jstor mais aussi pour les éditeurs qui par­ti­cipent au pro­gramme. 2. La somme des don­nées que l’on peut récol­ter est aujourd’hui suf­fi­sam­ment impor­tante pour que leur trai­te­ment — sta­tis­tique en par­ti­cu­lier — suf­fise à créer de la connais­sance sur les usages. C’est une idée qui me semble très à la mode en ce moment, qui a été popu­la­ri­sée par l’inévitable Chris Ander­son, et que je retrou­ve­rai expo­sée dif­fé­rem­ment au seconde jour de la conférence.

En com­plé­ment de l’analyse des don­nées d’usage, ce groupe de recherche conduit d’une côté des obser­va­tions qua­li­ta­tive de type eth­no­gra­phique sur le com­por­te­ment des uti­li­sa­teurs face aux inter­faces, et de l’autre, orga­nise le design des inter­faces en uti­li­sant les notions de rôle — en clas­sant les uti­li­sa­teurs par tri­bus, cor­res­pon­dant à des rôles par­ti­cu­liers, selon une méthode dans laquelle Ama­zon excelle, et en se repo­sant par ailleurs sur des sto­ry­boards leur per­met­tant de conce­voir des scé­na­rios d’usages. L’exposé de toutes ces recherches, avec pas mal de bagout il faut bien le dire, est très impres­sion­nant, mais doit être rela­ti­visé : l’utilisation de méthodes sophis­ti­quées de concep­tion des inter­faces ne consti­tue pas une garan­tie abso­lue contre les erreurs, comme Jstor l’a lui-​même expé­ri­menté récem­ment en déployant sa nou­velle pla­te­forme qui a sus­cité des réac­tions pour le moins contras­tées chez les uti­li­sa­teurs. Mais je ne veux pas faire la fine bouche ici et je suis admi­ra­tif du fait que Jstor mobi­lise 6 à 7 per­sonnes sur la recherche de la plus grande satis­fac­tion de l’utilisateur qui est mani­fes­te­ment au centre, comme une obses­sion, de toute l’organisation. Cette culture me semble très dif­fé­rente de celle qui pré­vaut en France et je pense que nous pour­rions nous en ins­pi­rer un peu plus que nous le fai­sons actuel­le­ment, même si elle a aussi ses défauts. J’en par­le­rai d’ailleurs dans mon pro­chain billet ; il fera le compte rendu de la seconde jour­née, qui se pré­sen­tait comme un mini-​TOC, en élar­gis­sant la pers­pec­tive, au cours de laquelle nous avons eu droit à un exposé mémo­rable de Dan Rus­sell, res­pon­sable chez Google de la qua­lité de la recherche et de la « satis­fac­tion de l’utilisateur » (« user hap­pi­ness ») jus­te­ment ! Mais je vous par­le­rai aussi d’autres pré­sen­ta­tions tout aussi inté­res­santes, en par­ti­cu­lier celle du fon­da­teur d’Eigen​fac​tor​.org qui a fait un exposé for­mi­dable et m’a (presque) récon­ci­lié avec la bibliométrie.

Au fait : 300 per­sonnes ont assisté à l’événement, dont.…deux fran­çais, tous deux de l’EHESS d’ailleurs !

Un compte rendu des deux jour­nées : http://​www​.insi​de​hi​ghe​red​.com/​n​e​w​s​/​2​0​1​0​/​0​9​/​2​9​/​s​e​a​rch