Archives mensuelles : janvier 2011

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L’hypertextualité dans tous ses états (bibliographiques)

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CC by Suki­suki — Suzanne Chapman

C’est pas pour me van­ter, mais il faut savoir que nous sommes lau­réats du grant Google pour les Digi­tal Huma­ni­ties (Huma­ni­tés numé­riques, pour vous ser­vir). Le sujet qui a rap­porté $50000 au Cléo et au LIA peut paraître rebu­tant : «  Robust and Lan­guage Inde­pendent Machine Lear­ning Approaches for Auto­ma­tic Anno­ta­tion of Biblio­gra­phi­cal Refe­rences in DH Books, Articles and Blogs »» (cf. notre annonce). En fait, c’est plu­tôt sexy rigolo inté­res­sant : nous nous sommes asso­ciés, avec Patrice Bel­lot, pour apprendre à un robot (en fait, un pro­gramme) à détec­ter les réfé­rences biblio­gra­phiques cor­rec­te­ment. L’utilité est évidente : si on par­vient à iso­ler le nom et le pré­nom de l’auteur, le titre et l’éditeur, l’année et le lieu d’édition, notam­ment, on pourra poin­ter sur la réfé­rence ori­gi­nale, soit dans un cata­logue de biblio­thèque, soit dans une librai­rie, soit, idéa­le­ment, dans un por­tail voi­sin et néan­moins ami (Cairn, Per­sée, HAL-​SHS, Hypo​theses​.org ou même Revues​.org). Alors, on aura beau­coup pro­gressé dans un des enjeux de l’édition élec­tro­nique: l’interconnexion des réfé­rences entre elles. L’hypertextualité dans tous ses états.

Par exemple, ici :

COLOMBO TIMELLI, Maria. 1992. « Dic­tion­naires pour voya­geurs, dic­tion­naires pour mar­chands, ou la poly­glos­sie au quo­ti­dien aux XVIe et XVIIe siècles ». Lin­guis­ti­cae Inves­ti­ga­tiones XVI /​2, 395 – 420.

— — — 1993. « Il fran­cese del Dic­tio­naire des huict lan­gages (Le Tel­lier, Parigi, 1546) », in Par­cours et ren­contres. Mélanges de langue, d’histoire et de lit­té­ra­ture offerts à Enea Bal­mas. Paris : Klinck­sieck, I, 133 – 166.

Source : http://​dhfles​.revues​.org/​154

On voit bien que c’est par conven­tion qu’on ne répête pas le nom de l’auteur.

Et en revanche, ici :

Beaudu G., 2007, L’externalisation dans le domaine des visas Schen­gen, Cultures & Conflits, 68, 85 – 109.

Beaudu G., 2009, L’externalisation dans le domaine des visas Schen­gen [actua­li­sa­tion de février 2009].

Source : http://​champ​pe​nal​.revues​.org/​7​864

On répéte pas l’auteur, contrai­re­ment au cas pré­cé­dent. Et l’auteur n’a pas un pré­nom com­plet : juste une ini­tiale. La majus­cule, uti­li­sée dans le pre­mier exemple pour les noms, a dis­paru. Le point après l’année a été rem­placé par une vir­gule. Pour nous embê­ter, les guille­mets ont dis­paru autour des titres des articles. Pire : on a bien du mal à com­prendre qu’il s’agit en fait de la même réfé­rence, mais mise à jour (nuance dif­fi­cile à cer­ner dans ce cas).

Pre­nons un autre exemple :

Hei­nich (Natha­lie), L’Élite artiste. Excel­lence et sin­gu­la­rité en régime démo­cra­tique, Paris, Gal­li­mard, coll. « Biblio­thèque des sciences humaines », 2005.

Sei­gel (Jer­rold), Bohe­mian Paris : Culture, Poli­tics, and the Boun­da­ries of Bour­geois Life, 1830 – 1930, New York, Viking Penguin,1986.

Source : http://​contextes​.revues​.org/​i​n​d​e​x​4​7​3​4​.​h​tml

Ici, les pré­noms sont entiers, mais entre paren­thèses. Ce qui est entre guille­mets, ce n’est pas le titre d’un article, mais le nom d’une col­lec­tion. On note aussi qu’il y a des années dans un titre, qu’il ne fau­dra pes confondre avec l’année de publi­ca­tion. Ca ne se voit pas ici, mais les noms sont en petites capi­tales, et non en majus­cules, et la nuance est d’importance.

Ici, ça se complique :

30 Le Roy Ladu­rie, 2004.

31 Bailly-​Maître et Bruno, 1979.

Source : http://​pur​.revues​.org/​134

Les notes font allu­sion à une biblio­gra­phie qui se trouve dans un autre docu­ment, en fin de volume : http://​pur​.revues​.org/​146 ! Ca se corse… De plus, quand un auteur se répéte, la biblio­gra­phie n’utilise pas la même norme que plus haut :

Le Roy Ladu­rie, Emma­nuel, Mon­taillou, vil­lage occi­tan de 1294 à 1324, Paris, 1975, rééd. 1982.

L’État royal, rééd. Paris, 1987.

Le siècle des Plat­ter, 1499 – 1620, t. 1, Le men­diant et le pro­fes­seur, Paris, 1995.

His­toire humaine et com­pa­rée du cli­mat. Cani­cule et gla­ciers, xiiie-xviiie siècles, Paris, 2004.

Vous voyez la nuance!

021/365 Robot

CC par Tom Ryan

Face à tant de diver­sité, comme le robot va-​t-​il pro­cé­der? C’est simple : on va lui mâcher le tra­vail en lui don­nant à man­ger quelques dizaines cen­taines mil­liers de réfé­rences cor­rec­te­ment décrites. Concrè­te­ment, nous allons taguer, en XML, les infor­ma­tions, ce qui per­met­tra de les sépa­rer et de les qua­li­fier. Nous allons donc sélec­tion­ner l’auteur et le décrire comme un auteur, puis faire de même pour le titre, ainsi que pour l’année, etc. On va ensuite le lâcher sur des cen­taines de mil­liers de réfé­rences non décrites. Par un jeu d’essais/erreurs, on va l’aider à affi­ner sa méthode, en lui indi­quant où et quand il se plante, où et quand il est très bon. Pour cor­ser le tout, on va lan­cer le méchant robot sur le cor­pus d’Hypo​theses​.org, qui est encore moins struc­turé, encore moins régu­lier. J’en pro­fite pour lan­cer un son­dage : vous l’appeleriez com­ment, vous, ce gen­til robot?

Union 76 Credit Card Receipt, 1971

C’est là qu’est l’os : la carte bleue de la discorde

Union 76 Credit Card Receipt, 1971

CC By Roadsidepictures

J’ai tou­jours été sur­pris de la dif­fé­rence entre Amazon/​Apple, d’une part, et les ser­vices com­mer­ciaux en ligne fran­çais, d’autre part, du type Voyages​-sncf​.com, Imma​te​riel​.fr ou Decitre​.fr. J’ai ren­con­tré, il y a quelques temps, le PDG de Decitre​.fr, auquel j’ai demandé pour­quoi ils se lais­saient dis­tan­cer par Ama­zon sur la fonc­tion qui me paraît être la plus dis­cri­mi­nante, aujourd’hui, pour choi­sir un ser­vice de vente en ligne : la mémo­ri­sa­tion du numéro de carte bleue. Sa réponse m’a étonné.

Sur Ama­zon, comme sur Itunes ou Pay­pal, on enre­gistre son numéro de carte bleue lors de la pre­mière uti­li­sa­tion. Par la suite, on n’a pas besoin de sor­tir sa carte et de sai­sir conscien­cieu­se­ment les n numé­ros de la carte, le nom et le pré­nom du pro­prié­taire, le mois et l’année de péremp­tion, et le code de sécu­rité à trois chiffres. Mine de rien, ce petit tra­vail de sai­sie est fas­ti­dieux. J’achète des billets de train deux à trois fois par semaine, et je peste à chaque fois. Mais comme je n’ai pas le choix, j’obtempère. En revanche, sur l’achat de livres, quand je ne vais pas chez mon libraire pré­féré (qui s’obstine à refu­ser que je lui envoie une com­mande par email et ou sur son site web), il n’y a pas photo : je com­mande chez Ama­zon car je gagne du temps, alors que je pré­fè­re­rais culti­ver une diver­sité d’acteurs, en fai­sant appel à des libraires en chair et en os.

C’est là qu’est l’os, comme dirait l’autre. Parce que la légis­la­tion fran­çaise semble inter­dire aux sites de e-​commerce de mémo­ri­ser le numéro de carte bleue de leurs clients. Je com­prends la démarche (on n’est jamais trop pru­dents etc.), mais je crois que l’heure n’est plus à se pen­cher sur ce type de pro­blème. Alors que les rouleaux-​compresseurs Apple/​Amazon/​Paypal prennent/​ont le droit de mémo­ri­ser mon numéro de carte bleue, et qu’ils paient peu ou pas d’impôts en France sur leur acti­vité fran­çaise, ils béné­fi­cient de pri­vi­lèges exa­gé­rés par rap­port aux libraires et autres plateformes…

Connaissez-​vous le texte de loi qui empêche la mémo­ri­sa­tion des numé­ros de carte bleue en France? Que faire face à cette situa­tion? Faut-​il encou­ra­ger les entre­prises fran­çaises à ne pas res­pec­ter la loi?

Il est déjà tard pour agir, et je suis sur­pris de n’avoir pas lu plus de billets à ce sujet. Peut-​être ne lis-​je pas la bonne blogosphère.