Archives mensuelles : août 2011

Google moins

Cela fait main­te­nant plu­sieurs semaines que je suis ins­crit sur la nou­velle pla­te­forme de réseau social Google Plus et près de cent vingt per­sonnes ont jugé bon de m’ajouter à leurs « cercles ». Il auront pour­tant noté que je n’utilise qua­si­ment pas ce nou­veau réseau social, auquel je ne par­viens pas à m’habituer mal­gré les éloges quasi-​unanimes d’une part, que j’entends par­tout, et mal­gré les fonc­tion­na­li­tés très inté­res­santes et nova­trices que pro­pose la pla­te­forme : les cercles et les vidéo-​bulles, pour l’essentiel.

Pour­quoi ?

Tout sim­ple­ment parce que cette pla­te­forme s’annonce comme la pire des boîtes noires fer­mées que l« on ait jamais vu dans les médias sociaux. En effet, sur Face­book, Twit­ter, Lin­ke­din que j’utilise aussi, je peux ali­men­ter mon compte de manière auto­ma­tique à par­tir de mes publi­ca­tions mais aussi de mes listes de favo­ris ou des infor­ma­tions que je par­tage via ma pla­te­forme favo­rite d’agrégation de flux RSS. Or, contre les pra­tiques de tous ses concur­rents, Google plus ne per­met pas ce type d’alimentation auto­ma­tique. C’est d’ailleurs valable en entrée comme en sor­tie. Alors que des ser­vices comme Backu­pify me pro­posent des sau­ve­gardes régu­lières des infor­ma­tions que je publie sur plu­sieurs pla­te­formes, rien ne concerne Google Plus dont je ne peux rien extraire ; et pour cause : aucune API publique n’est ouverte.

Autre­ment dit, Google Plus fonc­tionne comme un conti­nent isolé : toute l’information qui y est échan­gée ne peut pro­ve­nir que de ses uti­li­sa­teurs et ne peut pas en sor­tir. La plu­part des gens avec qui j’en dis­cute me disent que ce n’est qu’une ques­tion de temps et qu’il suf­fit de patien­ter. Voire. Ce ser­vice existe main­te­nant depuis plu­sieurs mois et Google a pré­féré y implé­men­ter de manière prio­ri­taire bien d’autres fonc­tion­na­li­tés, comme les jeux, plu­tôt que celle-​ci qui me semble pour­tant essentielle.

Je crois pou­voir com­prendre un peu cette logique, cela dit : Google n’a peut-​être pas envie de voir se mul­ti­plier les comptes ali­men­tés auto­ma­ti­que­ment par de vrais-​faux uti­li­sa­teurs qui n’interagissent pas vrai­ment au sein du dis­po­si­tif. Pour ma part, ma stra­té­gie de base est d’envoyer de manière plus ou moins auto­ma­ti­sée sur mes comptes Twit­ter et Face­book les infor­ma­tions que je repère sur Google Rea­der. Ma stra­té­gie change un peu avec le temps parce que j’expérimente de nou­velles pra­tiques, mais c’est glo­ba­le­ment la base. Et je vois bien les limites du sys­tème : on est par­fois proche du flood avec des palan­qués de news qui tombent un peu comme sur un telex d’agence de presse. C’est peu pro­pice aux inter­ac­tions qui sont l’essence même des réseaux sociaux.

Evi­dem­ment, si j’applique cette stra­té­gie, comme beau­coup d’autres, c’est essen­tiel­le­ment pour des rai­sons de temps : ins­crit sur plu­sieurs réseaux sociaux, je n’ai pas du tout le temps d’y pos­ter à la main des infor­ma­tions (en les éditant : choix des vignettes, com­men­taire, etc.) de manière régu­lière. C’est ici qu’on voit d’ailleurs les limites de l’économie de la contri­bu­tion . Les réseaux sociaux vivent des infor­ma­tions que nous leur appor­tons et que nous y par­ta­geons. En y bran­chant un tuyau auto­ma­tique, je ruse avec les fon­da­men­taux sur les­quels ils reposent. En n’ouvrant pas d’API, Google plus m’interdit pour l’instant de ruser. Il m’intime l’ordre de contri­buer et d’y consa­crer du temps. Ce que je refuse, évidemment.

Mais alors du coup, est-​il rai­son­nable d’être pré­sent sur plu­sieurs réseaux à la fois ? Peut-​être vaut-​il mieux se consa­crer à un seul réseau social — au hasard Google Plus — et aban­don­ner mes comptes sur les autres pla­te­formes — au hasard Face­book ? Cette fois-​ci, c’est Google qui ruse avec moi et me mani­pule un peu en m’envoyant des mes­sages sub­li­mi­naux. Bon, c’est le jeu. Je ne suis pour autant pas obligé de m’y soumettre.

S’il est vrai que l’alimentation auto­ma­tique est encore un peu trop méca­nique et se place en tra­vers de la logique conver­sa­tion­nelle des réseaux sociaux, je crois pour­tant qu’elle repré­sente une voie d’avenir. Car les outils de pro­gram­ma­tion deviennent de plus en plus per­fec­tion­nés. La toute nou­velle pla­te­forme Ifttt​.com qui vient d’ouvrir en bêta pri­vée me semble en être un très bon exemple, à la suite de l’excellent Yahoo Pipes. Cette pla­te­forme pro­pose à ses uti­li­sa­teurs de pro­gram­mer des actions déclen­chées par des événe­ments par­ti­cu­liers. C’est le sys­tème du If this than that ; si ceci, alors cela ; si un nou­vel article est par­tagé sur tel compte Google Rea­der, alors publie un nou­veau tweet conte­nant son titre et son adresse. Si je reçois un mail conte­nant tel mot-​clé, alors publie un nou­veau sta­tut sur mon compte Face­book ; si une nou­velle pho­to­gra­phie est publiée sur tel compte Fli­ckr, alors publie la photo dans FFF­Found. Et ainsi de suite. La finesse des cri­tères per­met­tant de déclen­cher les actions n’est pas encore très grande, mais on voit bien qu’il y a du potentiel.

C’est la rai­son pour laquelle la poli­tique actuelle de Google plus me semble assez injuste. Elle me can­tonne au stade manuel de l’activité sur le réseau (écrire, pos­ter des mes­sages, taguer, com­men­ter) et m’interdit d’accéder à celui de la pro­gram­ma­tion d’automates qui peuvent démul­ti­plier mes pou­voirs d’interventions. Bien étrange com­por­te­ment de la part d’un acteur qui a pour­tant construit sa réus­site et sa for­tune sur cette même acti­vité de pro­gram­ma­tion : au moment où Yahoo!, AOL et quelques autres s’épuisaient à construire des annuaires ali­men­tés manuel­le­ment par des armées de docu­men­ta­listes, Google a balayé tous ses concur­rents en déployant son armée d’automates ; pour par­cou­rir le Web, en indexer les conte­nus, les clas­ser et fabri­quer une réponse aux requêtes des inter­nautes. Et ce n’est pas tout car ce sont encore des auto­mates qui me servent de la publi­cité contex­tuelle ou qui me sug­gèrent de nou­velles per­sonnes que je pour­rais ajou­ter à mes cercles.

Je pense que sur ce ser­vice, Google ins­taure une dis­sy­mé­trie puis­sante entre la pla­te­forme et ses uti­li­sa­teurs. J’y vois une sorte de cyber­co­lo­nia­lisme qui main­tient volon­tai­re­ment ses uti­li­sa­teurs à l’âge de pierre pour se réser­ver l’usage exclu­sif de tech­no­lo­gies plus avan­cées. Mais je veux bien croire que je suis un peu para­noïaque (qui est mon péché mignon) et que Google Plus me démen­tira dans les jours/​semaines à venir.

Chère Hadopi.… (ou comment aider la France à conserver son triple A en réduisant facilement sa dette de 80 000 euros)

Chère Hadopi,

je viens d’apprendre que tu cher­chais à « iden­ti­fier et ana­ly­ser en pro­fon­deur les freins et les leviers de la consom­ma­tion licite de biens cultu­rels en ligne » et que, pour ce faire, tu étais prête à débour­ser jusqu’à 80 000 euros. Fran­che­ment, très chère Hadopi, est-​ce bien sérieux ? Au moment où les mar­chés finan­ciers font régner la ter­reur sur les Etats les plus puis­sants, est-​ce bien sérieux, je te le demande, de contri­buer à mettre ainsi en péril notre triple A en jetant par les fenêtres autant d’argent pour répondre à une ques­tion aussi simple ?

Mam'zelle Hadopi, consommatrice de produits culturels licites

Mam’zelle Hadopi, consom­ma­trice de pro­duits cultu­rels licites

Car enfin, est-​il vrai­ment besoin de déployer tout un appa­reillage com­pli­qué d’enquête « qua­li­ta­tive » et « quan­ti­ta­tive » pour décou­vrir ce que tout inter­naute fran­çais sait depuis long­temps. Ces « freins » de la « consom­ma­tion licite de biens cultu­rels en ligne », tu ne les connais vrai­ment pas ? Tu ne vois vrai­ment vrai­ment pas de quoi il peut s’agir ? Non ? Ah bah, c’est extra­or­di­naire ! Allons, comme je suis de bonne humeur, frais et dispo de retour de vacances, je me pro­pose de t’éclairer quelque peu. Si tu veux, je te fais mon petit Lab à moi, pour rien, gra­tui­te­ment, en dix minutes chrono. Bel exemple d’efficacité, non ?

Alors, pour com­men­cer, je vais cibler mon sujet d’étude sur un domaine (un type de « bien cultu­rel » comme tu dis) auquel je ne connais rien à titre pro­fes­sion­nel. Non, je ne vais pas te par­ler des livres en ligne et autres ebooks, parce que tu pour­rais me soup­çon­ner d’adopter un point de vue biaisé. Je te sais très poin­tilleuse sur le sujet, impar­tiale et aveugle aux inté­rêts par­ti­cu­liers comme il sied à la Haute Auto­rité que tu es. Bravo ! (mais veille quand même à ne pas trop recru­ter ton équipe diri­geante dans les rangs de l’UMP, cela fait un peu mau­vais genre, conseil d’amis). Je vais donc te par­ler de films, domaine sur lequel je ne suis pas plus com­pé­tent que n’importe quel fran­çais et dans lequel, je l’avoue, je tente de m’adonner quel­que­fois à une « consom­ma­tion licite » comme tu dis (c’est un peu bizarre cette expres­sion soit dit en pas­sant ; le rédac­teur de l’appel d’offre ne serait-​il pas un ancien des stups par hasard ? ). Or donc, hier soir, j’ai voulu m’adonner à la « consom­ma­tion licite d’un pro­duit cultu­rel en ligne ». Tra­duc­tion : télé­char­ger un film sur Inter­net. Cela m’a pris deux heures, et cette petite expé­rience in video vaut toutes les études du monde à 80 kilo euros. En voici le compte rendu fidèle, décrit avec tout la rigueur froide, cli­nique, qui carac­té­rise une vraie expé­ri­men­ta­tion scientifique.

1. Choix d’un four­nis­seur de came licite : En France, il n’y en a pas des dizaines : iTunes, Canal­play, TF1 Vidéo, quelques autres, et on a fait à peu près le tour. Bon , trois ven­deurs, c’est déjà pas mal, c’est mieux qu’un seul ; il n’y a pas à dire, on est bien dans une écono­mie de mar­ché doté d’une saine concur­rence « libre et non faus­sée » chère aux libé­raux, garan­tie d’une offre diver­si­fiée et pro­po­sée à juste prix. Heu… en fait, cela ne fonc­tionne pas tout à fait comme cela, car il suf­fit de consul­ter cha­cune des trois bou­tiques vir­tuelles pour se rendre compte qu’en fait, ce sont exac­te­ment les mêmes cata­logues qui y sont pro­po­sés. Regar­dez les nou­veau­tés ! Les mêmes films sortent exac­te­ment au même moment, avec, il faut bien le recon­naître, un petit jeu de dif­fé­ren­cia­tion sur les prix. Oui, d’accord, mais quand même, cela ne fait pas beau­coup de choix. Donc, pre­mier point : l’offre est uni­forme et non diver­si­fiée. Qu’il y ait une, cinq ou dix pla­te­formes, cela revient au même : on nous pro­pose les mêmes pro­duits au même moment.

Canalplay, malin comme un singe

Canal­play, malin comme un singe

2. Choix de la dope licite : ayant récem­ment vu la très impres­sion­nante bande-​annonce de Pla­nète des Singes : les ori­gines, et mes amis sur Face­book m’en ayant dit du bien, mon regard est attiré, sur le site de Canal­play, par une annonce pour La Pla­nète des Singes. Super ! Je vais pou­voir me faire un bon block­bus­ter his­toire de me détendre (car pour être un scien­ti­fique rigou­reux au ser­vice d’Hadopi et de la science, on n’en est pas moins homme). Ah oui, mais non, en fait, il s’agit du film de 1968 avec Charl­ton Hes­ton. Ce n’est pas que le film est mau­vais, mais com­ment dire… je l’ai déjà vu (et revu même, et re-​revu pour tout dire). Ne me décou­ra­geant pas, je bas­cule sur iTunes qui me parle lui aussi de la Pla­nète des Singes, et du plus récent cette fois-​ci ! Mer­veilleux, j’y vais, je clique, je suis prêt à faire chauf­fer la carte bleue.…ah oui mais non, il s’agit des bonus cette fois-​ci et non du film. Heu… je m’en fiche un peu, moi des bonus, c’est plu­tôt le film que je veux voir.

Bon, j’ai com­pris, on ne veut pas que je vois le film tran­quille­ment ins­tallé devant mon ordi en siro­tant mon coca. On veut m’envoyer au cinéma. Ok, mes­sage reçu, j’irai donc le voir au ci-​né-​ma. Pas de pro­blème, je com­prends (je suis même très com­pré­hen­sif comme gars, vu que je sors d’un pro­jec­tion du der­nier Harry Pot­ter avec mes 3 enfants ce qui m’est revenu un peu plus cher qu’un loca­tion de film en vod, c’est le moins qu’on puisse dire). Soit, mais pour ce soir, qu’est de que je vais bien pou­voir regar­der ? Alors, on me pro­pose, tou­jours dans les nou­veau­tés : Numéro quatre (hum), Rango (hum hum), Le Mytho (houla) et Titeuf le film.….Donc deuxième point : l’offre, non seule­ment elle n’est pas diver­si­fiée, mais en plus, au niveau de la qua­lité, heu, com­ment dire.…

3. Choix de la variété de chnouf licite : Je suis un che­va­lier de la Science, ne l’oublions pas, prêt à griller mes quelques neu­rones dans la quête de la Vérité que j’entreprends pour toi, ma chère Hadopi (et j’espère que tu m’en sais gré). J’enclenche donc la vitesse supé­rieure et choi­sis donc un nanar de belle fac­ture : Space Bat­tle­ship qui m’excite assez, je dois l’avouer, par son côté un peu per­vers: un film de SF japo­nais pré­senté comme le chef d’oeuvre du créa­teur d’Albator, c’est sûr, ça fait sali­ver. Par ailleurs, j’ai de la chance, il est annoncé comme dis­po­nible en VF ET en VOST, ce qui en fait une quasi-​exception. Car bizar­re­ment, nombre de films pro­po­sées sur les pla­te­formes « licites », ne le sont qu’en ver­sion dou­blée, en VF donc. Or moi, la VF, j’ai quand même du mal ; ça me rap­pelle trop la télé de mon enfance, quand j’écoutais Starky (ou Hutch ?) débi­ter ses blagues à deux balles avec une voix de canard en désyn­chro­ni­sa­tion avec le mou­ve­ment des lèvres. Alors bon, des nanars d’accord, mais sans les voix de canards si pos­sible !C’est un truc qui m’étonne d’ailleurs, pour­quoi diable les pla­te­formes de vod ne proposent-​elles pas sys­té­ma­ti­que­ment les ver­sions ori­gi­nales puisqu’elles existent ? Je ne sais pas moi, peut-​être qu’ils fabriquent les fichiers numé­riques à par­tir de cas­settes VHS (d’où Charl­ton Hes­ton) ? Il y a en tout cas là un mys­tère à résoudre, qui résiste à la science jusqu’à présent.

En tout cas, ce soir, j’avais de la chance car Space Bat­tle­ship était pro­posé en VO sous-​titré. Cette fois, c’est bon, je le tiens mon sujet d’expérimentation ! J’achète ! Comme ce n’est pas la pre­mière fois que je me livre à ce genre d’opération et que je suis un consom­ma­teur licite expé­ri­menté, je passe brillam­ment toutes les étapes tech­niques de mon achat en ligne et me débrouille comme un chef de toutes les petites tra­cas­se­ries qu’engendre inévi­ta­ble­ment la lec­ture d’un fichier DRMisé

Banzai sur le consommateur !

Ban­zai sur le consommateur !

jusqu’à la gueule (il faut abso­lu­ment avoir le logi­ciel truc avec la ver­sion machin, ouvrir le fire­wall Win­dows pour per­mettre au lec­teur de se connec­ter au ser­veur qui délivre la licence, relan­cer le bou­zin trois fois en se frot­tant le nez de la main gauche, etc.) et lance le film…en japo­nais. Oui, me diras-​tu, en japo­nais, c’est nor­mal, tu as demandé la VOST. Certes, j’ai demandé la VOST, te réponds-​je, et la VO, je l’ai bien eue, mais de ST point !! Aucun sous-​titre, rien ! contrai­re­ment à ce qui était pro­mis ! Pauvre de moi qui ne parle pas le japo­nais cou­ram­ment (et c’est une faute, je le sais bien), me voilà désor­mais condamné à regar­der un nanar de SF japo­nais dou­blé en fran­çais avec des voix de canards ! Arrrrgghhhhh !!! Rem­bour­sez ! (ah ben non c’est pas prévu) Donc troi­sième point : les dis­tri­bu­teurs de films mettent abso­lu­ment n’importe quoi sur les pla­te­formes car c’est bien assez bon pour le cochon de consom­ma­teur.

Voilà, chère Hadopi, tu l’as désor­mais ton « ana­lyse appro­fon­die » des freins à la consom­ma­tion licite de pro­duits cultu­rels. Tu vois, ce n’est pas si com­pli­qué, il suf­fit d’en faire sim­ple­ment l’expérience et tout s’éclaire ! Et puis, comme tu me fais un peu pitié quand même, avec toute ton artille­rie lourde pour attra­per les mouches, je vais même te dire un secret, bien gardé, mais, chut, tu ne devras le dire à per­sonne. Tu sais, quand je ne tra­vaille pas pour toi et que je veux vrai­ment me détendre en regar­dant un bon film, et bien.…comment dire.… je passe un peu du côté obs­cur de la force. Quand je veux vrai­ment regar­der un bon film, récent, avec un fichier de bonne qua­lité dans la ver­sion lin­guis­tique de mon choix, avec ou sans les sous-​titres que je veux, et bien je creuse mon petit tun­nel pour échap­per aux radars que tu as posés sur les auto­routes de l’information, et puis je télé­charge très sim­ple­ment mon film, que je peux vision­ner sans aucun pro­blème. En fait, le ser­vice de l’autre côté de mon tun­nel est tel­le­ment bon que j’aimerais bien payer pour cela car, comme tu le sais, « tout tra­vail mérite salaire » et je suis abso­lu­ment d’accord avec ce vieux pré­cepte. Mais voilà, de l’autre côté du tun­nel, per­sonne ne veut de mon argent, per­sonne ne me demande de payer. C’est dom­mage non ? Tu ne trouves pas que le monde est mal fait, ma chère Hadopi ? Tes 80 000 euros là, que tu t’apprête à don­ner à n’importe qui pour inven­ter l’eau chaude, tu ne pour­rais pas les uti­li­ser un peu plus intelligemment ?

Allez, bisous,

Pio­trr /-)