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Présentation des carnets de recherche à l’INHA

Anne-​Laure Bri­sac d” Invisu m’a gen­ti­ment invité à pré­sen­ter la pla­te­forme Hypo­thèses et les car­nets de recherche en sciences humaines et sociales à l’Institut Natio­nal d’Histoire de l’Art (INHA). J’essaierai en à peu près une heure, d’évoquer ce qu’est le blog­ging en sciences humaines et sociales en mon­trant plu­sieurs exemples et de faire le point sur le déve­lop­pe­ment de notre pla­te­forme de car­nets de recherche Hypo­thèses.

Ce sera l’occasion pour des équipes de recherche de voir concrè­te­ment com­ment on peut ouvrir très faci­le­ment un site web sur cette pla­te­forme per­met­tant de com­mu­ni­quer sur l’activité d’un sémi­naire, d’un pro­jet de recherche, d’une thèse, d’un pro­jet de publi­ca­tion, d’un chan­tier de fouilles archéo­lo­giques entre autres.

La pré­sen­ta­tion se déroule demain mardi 26 jan­vier à 18h00 à l’INHA, 6 rue des Petits-​Champs, salle Vasari. L’entrée est libre. Venez nombreux !

J’ouvre mon carnet de recherches sur Hypothèses — 17 octobre 2008, EHESS Paris


Typography as a grid

Depuis quelques années, un nombre crois­sant de cher­cheurs en sciences humaines et sociales uti­lise des outils de mise en ligne rapides et légers – les blogs – dans leur acti­vité pro­fes­sion­nelle. Ces « car­nets de recherche » consti­tuent de véri­tables ins­tru­ments de com­mu­ni­ca­tion et d’information scien­ti­fique. Leurs usages sont très divers : car­nets de fouilles archéo­lo­giques, cahiers de ter­rain en sciences sociales, moyens de dif­fu­sion des savoirs, jour­naux de bord de pro­jets de recherche, blogs de revues ou de livres, chro­niques scien­ti­fiques sur un thème précis.

Le Centre pour l’édition élec­tro­nique ouverte (CLEO) a lancé en février 2008 sa pla­te­forme de car­nets de recherche Hypo­thèses. Ouverte à la com­mu­nauté de l’ensemble des dis­ci­plines des sciences humaines et sociales, Hypo­thèses per­met aux cher­cheurs et équipes de recherche de dif­fu­ser faci­le­ment et rapi­de­ment de l’information en rela­tion directe avec leur pra­tique scien­ti­fique.
Pré­sen­ta­tion de la formation

Afin d’accompagner le déve­lop­pe­ment de sa pla­te­forme, le CLEO orga­nise une série de for­ma­tions à des­ti­na­tion de tous les uti­li­sa­teurs déjà ins­crits ou dési­reux d’ouvrir un car­net de recherche. D’une durée d’une jour­née, ces for­ma­tions per­mettent aux par­ti­ci­pants de créer et ouvrir leur car­net de recherche le cas échéant, de per­son­na­li­ser et confi­gu­rer leur car­net, de maî­tri­ser l’ensemble des fonc­tion­na­li­tés d’édition et de ges­tion qui leur sont offertes. En com­plé­ment de cette for­ma­tion pra­tique, la jour­née com­prend une intro­duc­tion aux enjeux des blogs scien­ti­fiques et une pré­sen­ta­tion des pra­tiques exis­tantes appuyée sur l’analyse de dif­fé­rents exemples.
Programme

-Qu’est-ce qu’un car­net de recherche ? Défi­ni­tion et exemples

- Le car­net de recherche : un outil d’information scien­ti­fique

- L’environnement ins­ti­tu­tion­nel et juri­dique des car­nets de recherche

- Pré­sen­ta­tion de la pla­te­forme Hypo­thèses

- Ouvrir un car­net de recherche sur Hypo­thèses : prise en main de l’outil Word­Press

- Éditer et publier des articles et des pages sur son car­net de recherche

- Per­son­na­li­sa­tion et confi­gu­ra­tion avan­cée

- Ges­tion édito­riale des contenus

Infor­ma­tions pratiques

La for­ma­tions se déroule à Paris entre 9h30 et 13 heures.

Lieu : EHESS. 96 Bd Ras­pail, 75006, Paris.
Formateur

Pierre Mou­nier, EHESS, res­pon­sable du pôle For­ma­tion et usages du CLEO et fon­da­teur d’Homo Nume­ri­cus.
Inscription

Pour s’inscrire, il suf­fit d’écrire à formations@​revues.​org en pré­ci­sant bien le titre et la date de la for­ma­tion demandée.

Il n’est pas obli­ga­toire d’avoir un car­net ou d’avoir l’intention d’en ouvrir un pour par­ti­ci­per à ces formations.

Pour en savoir plus sur Hypo­thèses : http://​hypo​theses​.org/​a​b​out

Cré­dits pho­to­gra­phiques : « Typo­gra­phy is a grid », par bluek­de­sign, licence CC.

Blogs de journalistes : deux traitements

Ce matin, le jour­nal Libé­ra­tion don­nait un aperçu inté­res­sant de deux des façons dont la presse écrite peut uti­li­ser les blogs comme outils d’information.

Pre­mier cas : Fillon l’entarteur. Cette nou­velle fra­cas­sante, selon laquelle Fran­çois Fillon aurait (selon des sources bien infor­mées) envoyé (atten­tion tenez-​vous bien) une boule de neige au visage de Michel Bar­nier (le Ministre de l’Agriculture selon les mêmes sources bien infor­mées). Cette nou­velle fra­cas­sante donc, se retrouve en page d’accueil du site Libe​ra​tion​.fr, au milieu d’autres nou­velles rédi­gées par la rédac­tion du journal.


Celle-​ci pour­tant pro­vient du der­nier billet d’un blog, celui d’Alain Auf­fray, jour­na­liste du quo­ti­dien, qui y dévoile les cou­lisses de la vie quo­ti­dienne des membres du gou­ver­ne­ment. Le mélange sur la page d’accueil de titres ren­voyant à des docu­ments dont les sta­tuts sont très dif­fé­rents et aux modes d’écriture très dif­fé­rents aussi m’a tou­jours paru pro­blé­ma­tique. On en voit ici les limites. C’est d’ailleurs pire lorsqu’on regarde ce qui se passe dans les flux RSS. Voici la manière dont appa­raîs­sait le flux de Libé­ra­tion ce matin dans Netvibes.


Toutes les dif­fé­rences édito­riales sont écra­sées et toutes les infor­ma­tions, quelle que soit leur pro­ve­nance, sont mélan­gées. C’est assez désas­treux pour un flux RSS dont on attend qu’il soit homo­gène, car c’est ce qui per­met de l’utiliser effi­ca­ce­ment pour un repé­rage rapide de l’actualité. Pour ma part, en m’abonnant au flux en pro­ve­nance de Libe​ra​tion​.fr, je m’attends à être guidé vers les articles du jour­nal, et non, vers…je ne sais pas quoi en fonc­tion des hasards de la syn­di­ca­tion auto­ma­tique. Remar­quons pour finir sur ce pre­mier exemple, que la pro­ve­nance de l’information est au moins très légè­re­ment mar­quée sur la page web du jour­nal (« blogs » en grisé) et pas du tout dans le flux RSS.

La ques­tion n’est pas celle du sérieux ou de la fri­vo­lité de l’information. C’est assez inté­res­sant aussi d’avoir un aperçu de ce qui se passe loin des camé­ras (en, si on lit bien Auf­fray, cet inci­dent dit quelque chose des rela­tions entre les deux ministres). Le pro­blème réside plu­tôt dans le manque de qua­li­fi­ca­tion de l’information, pré­sen­tée en flux hété­ro­gène, sans sépa­ra­tion, sans hié­rar­chi­sa­tion sur une page web et dans un flux RSS.

Deuxième cas : la prise d’otages sur Le Ponant. Dimanche, Jean-​Dominique Mer­chet, jour­na­liste de Libé­ra­tion spé­cia­liste des ques­tions mili­taires expli­quait sur son blog Secret Défense, pour­quoi les auto­ri­tés cherchent à éviter à tout prix une inter­ven­tion armée pour libé­rer les otages. Ce matin, un article du même auteur, paru dans le jour­nal cette fois, fait le point sur la situa­tion qu’il contex­tua­lise, tout en expli­quant, avec les mêmes argu­ments, pour­quoi il n’y aurait pas, sauf cas d’extrême urgence, d’assaut sur le navire. Deuxième cas donc, deuxième trai­te­ment : le spé­cia­liste ana­lyse sur son blog l’aspect pure­ment mili­taire de l’affaire. L’information est publiée rapi­de­ment, rapi­de­ment rédi­gée. Elle four­nira ensuite un élément d’un article plus large paru dans le jour­nal deux jours plus tard.

Net­te­ment plus inté­res­sant, à mon avis.

Blogo Numericus change de peau


Comme les quelques uns d’entre vous qui ne lisent pas Blogo Nume­ri­cus dans un lec­teur RSS auront pu le consta­ter, le blog d’Homo Nume­ri­cus vient d’achever sa mue. La refonte gra­phique du site a pour objec­tif d’en amé­lio­rer la lisi­bi­lité d’une part, mais aussi de l’intégrer de manière plus étroite avec le por­tail Homo Nume­ri­cus en créant une conti­nuité visuelle entre les deux.

Hon­neur aux véri­tables arti­sans de cette trans­for­ma­tion : Marin pour le cahier des charges, Mika pour la maquette gra­phique, et Bruno pour l’intégration. Merci à eux pour ce superbe travail.

Et vrai­ment, il n’est meilleure manière de les remer­cier que de sor­tir le nez des hor­ribles Google Rea­der, des atroces Blo­glines, des infâmes News­ga­tor et j’en passe [50] pour venir lire et pro­fi­ter des excel­lents (mais trop rares) billets de Blogo Nume­ri­cus en Tech­ni­co­lor, 16/​9ème, Dolby sur­round, c’est à dire sur le site lui-​même !

On est en droit d’espérer qu’il ne s’agit que d’un com­men­ce­ment. Mais chut ! c’est une surprise.

Respecte mon genre


Ceux qui s’attendaient à quelque chose de sca­breux à la lec­ture du titre de ce billet en seront pour leurs frais. Ce dont il s’agit ici, c’est de genre édito­rial. Depuis ses débuts, Homo Nume­ri­cus est passé par de mul­tiples phases et, un peu comme Pro­tée, a pris de mul­tiples formes. Simple page perso à ses débuts, il est devenu un web­zine, puis main­te­nant un por­tail, avec les blogs appa­ren­tés que sont Blogo Nume­ri­cus et LPDV et la syn­di­ca­tion d’information en pro­ve­nance de ces sites et d’autres « amis ».

Or donc, je suis frappé des méprises de genre édito­rial que ces dif­fé­rentes formes engendrent. Nombre de per­sonnes par exemple, me parlent aujourd’hui de mon « blog » Homo-​Numericus, qui est en fait un por­tail. Pour­tant, aucun des signes de recon­nais­sance qui per­mettent de par­ler d’un blog ne sont pré­sent : pas de billet, des actua­li­tés rédi­gées avec un style non per­son­nel, pas de blo­groll, etc. De la même manière, il y a quelques années, lorsque je pro­po­sais une lettre d’information qui per­met­tait d’avoir le réca­pi­tu­la­tif une fois par semaine des paru­tions sur le site, on me par­lait de ma « lettre d’information » comme s’il s’agissait de la publi­ca­tion prin­ci­pale dont le site web n’était qu’une porte d’entrée par le moyen du for­mu­laire d’abonnement. Et ainsi de suite à l’infini.

Je veux bien croire que mes talents de concep­teur de site soient limi­tés (pour le moins !) et que j’embrouille mes lec­teurs en leur envoyant des signaux contra­dic­toires, mais il me semble tout de même que la capa­cité de la plu­part d’entre eux à détec­ter le genre de site sur lequel ils se trouvent, ou même à être tout sim­ple­ment sen­sibles à cette ques­tion de genre est elle aussi assez limi­tée. Car ce genre d’erreur, qui consiste en fait à mal iden­ti­fier l’énonciation d’un site est mon­naie cou­rante et je l’entends à tout bout de champ dans les conver­sa­tions sur tel ou tel site, pris pour un forum quand il s’agit d’un blog, pour un maga­zine quand il s’agit d’un forum, etc.

On peut ten­ter de trou­ver une expli­ca­tion à ce phé­no­mène par un manque de com­pé­tence du web­mestre (pre­mière par­tie du para­graphe pré­cé­dent) ou des lec­teurs (deuxième par­tie). Mais on peut aussi se deman­der si on n’est pas ici vic­time d’un manque de stuc­tu­ra­tion et de cohé­rence de ce qu’on peut appe­ler le genre édito­rial des sites web, du fait d’une absence de tra­di­tion en la matière. Comme il n’y pas de genre connu, reconnu, consti­tué et sta­bi­lisé, le lec­teur régresse dans son ana­lyse vers l’identité de celui qui en est l’auteur pour ten­ter d’identifier la situa­tion d’énonciation. Pas mal de méprises peuvent s’expliquer ainsi : Homo Nume­ri­cus est for­cé­ment un blog, parce qu’il s’agit d’une ini­tia­tive per­son­nelle, non ins­ti­tu­tion­nelle et assez peu col­lec­tive (mal­gré mes efforts), un site ou un grand nombre de per­sonnes débattent est for­cé­ment un forum, un por­tail ne peut être qu’institutionnel…

Cette situa­tion est loin d’être satis­fai­sante parce qu’elle n’autorise aucun jeu d’énonciation (dans les deux sens du terme). Inter­pré­ter un dis­cours sur la base d’une adhé­rence abso­lue entre l’identité civile du locu­teur et le sujet d’énonociation est pro­blé­ma­tique car cela revient à nier ce qui fait l’essence même de l’écriture. Un roman, un jour­nal, une bio­gra­phie ou mieux, une étude scien­ti­fique seraient illi­sibles si les genres aux­quels ils appar­tiennent n’étaient pas recon­nus, parce qu’on se deman­de­rait qui parle, sans trou­ver de réponse (qui est cet Honoré de Bal­zac qui raconte des choses étranges et far­fe­lues ?) et ce qui l’autorise à par­ler ainsi. Je suis per­suadé que pour les sites web nous sommes à peu près dans une situa­tion simi­laire : nous n’avons pas encore véri­ta­ble­ment construit cette zone opaque, tam­pon, arti­cu­laire entre le scrip­teur et son dis­cours qu’est le genre édito­rial, et qui per­met jus­te­ment l’émergence de la notion d’auteur. La recon­nais­sance des genres est quelque chose que l’on apprend à l’école : qu’est-ce que la poé­sie, le roman, l’autobiographie, l’essai his­to­rique, le pam­phlet ? Il y a quelques années que je n’y enseigne plus, mais il me semble qu’on devrait, si ce n’est déjà fait, y ajou­ter les genres, encore en construc­tion d’ailleurs, de l’écriture web. Peut-​être que quelques pro­fes­seurs de fran­çais sur ce blog (donc), confir­me­ront que c’est déjà le cas. L’école ne fait pas tout bien sûr. Les prix et récom­penses sont aussi des éléments struc­tu­rants pour faire émer­ger ces caté­go­ries. Il me semble qu’on en est encore loin, avec des caté­go­ri­sa­tions qui ne reposent pas, dans la plu­part des concours, sur des notions pro­pre­ment édito­riales, mais relèvent davan­tage des objets du dis­cours (sport, poli­tique, vente) ou du sta­tut des can­di­dats (pro­fes­sion­nels, ama­teurs, asso­cia­tions). Il nous manque aussi, très cer­tai­ne­ment, un véri­table tra­vail de cri­tique lit­té­raire qui fasse émer­ger ces genres, à tra­vers la des­crip­tion de sites. Cette acti­vité dont la valeur n’est pas tou­jours recon­nue, cherche d’ailleurs tou­jours sa méthodologie.

Bref, beau­coup de pistes à explo­rer, mais ce tra­vail semble indis­pen­sable. Qu’en pensez-​vous ? (confir­ma­tion : vous lisez bien un blog)


Cré­dit Photo : Chotda, Coco­nut jewel cup­cakes 1, en cc by-​nc-​sa sur Flickr

Post​hu​ma​nis​tic​.org


Je viens de faire le tour des sta­tis­tiques des dif­fé­rents sites Web aux­quels je par­ti­cipe en plus ou moins grande part. Géné­ra­le­ment, quand je regarde les sta­tis­tiques de mes sites Web, je m’attarde très peu sur les don­nées chif­frées qui donnent une infor­ma­tion très pauvre –et biai­sée en plus, pour me pré­ci­pi­ter sur les refer­rers (c’est à dire la liste des pages web ayant mis en place des liens vers le site dont je regarde les sta­tis­tiques). Et là, ce matin, quelque chose de nou­veau frappe mon atten­tion. J’ai la très nette impres­sion d’une aug­men­ta­tion des cita­tions en pro­ve­nance de sites per­son­nels et sur­tout de blogs, poin­tant, via un lien hyper­texte, vers un article d’une revue, une com­mu­ni­ca­tion d’actes en ligne, un dépôt dans notre archive E-​prints, ou même un site de séminaire.

Voici quelques exemples significatifs :

Lorsque je regarde les sta­tis­tiques d’Aste­rion, je suis frappé de voir, au milieu des habi­tuels annuaires de revues, listes de liens et autres infor­ma­tions docu­men­taires pro­po­sées sou­vent par les biblio­thèques ins­ti­tu­tion­nelles, des liens en pro­ve­nance de

-Spi­noza et nous (ce qui n’est pas tota­le­ment illo­gique vu le thème du der­nier numéro)

- Le Phi­blog­Zophe (dans le blo­groll)

- Le blog de David Mor­gan­son

Quand je regarde main­te­nant les refer­rers du col­loque Sciences, Médias, Société et de son sémi­naire, je vois une série de liens en pro­ve­nance du site de Paul Thie­len, du Monde en Ques­tion ou de Enro (très inté­res­sant ce blog, d’ailleurs, hop ! je m’abonne)

Evi­dem­ment, le phé­no­mène n’est pas encore mas­sif, ni très visible ; mais je le sens mon­ter en puis­sance sous l’influence de deux facteurs :

1. La mul­ti­pli­ca­tion des blogs qui donnent la pos­si­bi­lité à un public beau­coup plus étendu qu’auparavant de construire un dis­cours rendu public sur le réseau

2. L’augmentation consi­dé­rable du nombre d’articles et publi­ca­tions dis­po­nibles pour le public sans bar­rière, sans péage, libres (merci Revues​.org, merci Per­sée, merci le CCSD, et merci nous, aussi, parce qu’il n’y pas de rai­son, après tout)

Pour moi cette évolu­tion consti­tue une immense satis­fac­tion. Parce qu’elle signi­fie que mul­ti­plier les res­sources libre­ment acces­sibles à dif­fé­rents stades de déve­lop­pe­ment, en pro­duire le plus grand nombre dans tous les domaines et don­ner ainsi accès au public à ce qui fait la vie des sciences et à la moindre par­celle des connais­sances qu’elles pro­duisent quo­ti­dien­ne­ment, tout ceci a un sens. Pour moi, ces pre­miers liens, sont comme les pre­miers fila­ments de matière végé­tale qui annonce la réus­site d’une greffe. Ils signi­fient que le public fait quelque chose des connais­sances que nous met­tons à sa dis­po­si­tion, sans que nous puis­sions pré­ju­ger de ce qu’il en fait et encore moins impo­ser ce qu’il doit en faire, ce der­nier point ne consti­tuant pas la moindre part de ma satisfaction.

Mais arrê­tons là l’autosatisfaction, car cette réflexion croise main­te­nant celle qui est en train de se déve­lop­per via Affor­dance, sur l’outil dont la com­mu­nuauté des bio­lo­gistes et bio­in­for­ma­ti­ciens est en train de se doter. Post­ge­no­mic est un sys­tème qui ana­lyse en per­ma­nence une base de blogs ani­més par des bio­lo­gistes (il faut croire que cette com­mu­nuauté est très blogueuse…comment ? pour­quoi ? c’est aussi ce qu’il fau­drait ana­ly­ser) en tra­vaillant sur­tout sur les com­men­taires qui y sont publiés à pro­pos des articles scien­ti­fiques dis­po­nibles dans les grandes bases inter­na­tio­nales comme Pub­med. Puisque les blogs sont des conver­sa­tions, il est en effet inté­res­sant de rendre acces­sible et visible l’ensemble des conver­sa­tions que sus­cite immé­dia­te­ment une publi­ca­tion (sur­tout dans ces dis­ci­plines où les avan­cées sont rapides). A par­tir de cette base d’information, Post­ge­no­mic offre toute une série de ser­vices per­met­tant de suivre les conver­sa­tions, de msu­rer les thèmes ou les revues dont on dis­cute le plus, etc.

Main­te­nant, je me dis qu’appliqué au sciences humaines et sociales, ce sys­tème serait pas­sion­nant, non seule­ment pour ana­ly­ser ce qui se dit sur les blogs de cher­cheurs paten­tés (peu nom­breux), mais sur­tout pour visua­li­ser les usages qui peuvent être faits au sein de la blo­go­sphère géné­rale (l’espace public blo­go­sphé­rique si on veut) des publi­ca­tions qui sont citées (et on peut ima­gi­ner aussi des média­tions où un blog de cher­cheur évoque et cri­tique une publi­ca­tion, son post étant ensuite repris et com­menté sur un blog non aca­dé­mique, etc). On aurait ainsi une sorte de « fac­teur d’impact socié­tal », non pas seule­ment en nombre (ce qui a peu d’intérêt, j’y revien­drai), mais en qua­lité. Sans comp­ter les effets de rétro­ac­tion per­met­tant au cher­cheur de com­men­ter les com­men­taires qu’un qui­dam fait de sa publi­ca­tion. Fina­le­ment, le dis­po­si­tif serait un peu entre Post­ge­no­mic et Technorati.


Cré­dit : Public Library of Science’s Bio­logy Jour­nal January 2005 | Volume 3 | Issue 1 | e19 | e26, gra­phic ref. DOI : 10.1371/journal.pbio.0030026.g001. © cc-​by 2.0