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PizzaWeb. Garderons-​nous le mot « crowdsourcing » dans notre langue ?

Magnetic Poetry, par Surreal Muse, licence CC

Magne­tic Poe­try, par Sur­real Muse, licence CC

L’arrivée du mot care dans le dis­cours du Parti socia­liste fran­çais m’a étonné et inquiété par sa forme. La force de légi­ti­ma­tion du voca­bu­laire anglais semble n’avoir plus de limite. Or, les acteurs du numé­rique ont un voca­bu­laire for­te­ment anglo­phone. Par­fois, c’est logique, et je ne fais pas par­tie des gens mar­qués par un com­plexe obsi­dio­nal dans le domaine lin­guis­tique. J’aime bien me repré­sen­ter la langue fran­çaise comme la table d’un grand ban­quet, auquel sont conviés les génies des langues de tous les pays du monde, de pizza à Web, de même que res­tau­rant est un mot fran­çais qui a dépassé nos fron­tières lin­guis­tiques. Mais, trop sou­vent, nous uti­li­sons des termes anglais sans choix, par défaut, par iner­tie ou, plus pré­ci­sé­ment, par inca­pa­cité à réagir au flot de nou­veau­tés. Il est donc inté­res­sant de se pen­cher, de temps en temps, sur cette question.

J’avais com­mencé un tra­vail de réflexion ter­mi­no­lo­gique sur les mots tour­nant autour des blogs (Do you speak blog?). Je crois que nous devrions prendre le temps de nous arrê­ter un moment de temps en temps, pour nous regar­der, nous écou­ter et nous lire en train de par­ler, écrire et pen­ser. Il ne s’agit pas de contrer l’influence anglo-​américaine, mais de tra­vailler en conscience, avec une boîte à outils concep­tuelle et tech­nique fine, assu­mée et précise.

Crowd­sour­cing

Dif­fi­cile à pro­non­cer cor­rec­te­ment en fran­çais, ce mot décrit un phé­no­mène majeur du Web. Puis­sant et pré­cis, sa sono­rité me semble un véri­table obs­tacle à sa trans­po­si­tion en fran­çais. La notice Wiki­pe­dia fran­çaise pro­pose « appro­vi­sion­ne­ment par la foule », « impar­ti­tion à grande échelle », « exter­na­li­sa­tion à grande échelle ». Tout ceci me paraît dif­fi­cile à mettre en oeuvre.

Pro­po­si­tion : enri­chis­se­ment collaboratif.

Com­mu­nity manager

Défi­nit par l’APEC comme celui qui « a pour mis­sion de fédé­rer les inter­nautes via les pla­te­formes inter­net autour de pôles d’intérêts com­muns (marque, pro­duits, valeurs…), d’animer et de faire res­pec­ter les règles éthiques de la com­mu­nauté ». On uti­lise par­fois ani­ma­teur de com­mu­nau­tés web, ou ges­tion­naire de com­mu­nau­tés. On a pro­posé «  atta­ché de web  », mais je trouve que cela relie trop à la com­mu­ni­ca­tion. Le mot « com­mu­nauté web » a beau­coup de sens, et je crois qu’il fau­drait par­ve­nir à le conser­ver. Ges­tion­naire fait pen­ser à l’administration, ani­ma­teur asso­cie peut-​être trop à l’animateur de colo­nies de vacances. Mais, à tout prendre, je pré­fère un ani­ma­teur à un ges­tion­naire, et un mot peut avoir plu­sieurs conno­ta­tions. Bien sou­vent, il s’agit d’un modé­ra­teur de com­mu­nauté, mais il joue un rôle bien plus large, car c’est véri­ta­ble­ment quelqu’un qui accueille, qui dit aux nou­veaux venus : « sentez-​vous chez vous », qui encou­rage la prise de parole et l’expression. C’est quelqu’un qui donne envie de tra­vailler ensemble, qui donne du sens col­lec­tif à l’apparent désordre des indi­vi­dua­li­tés ; c’est aussi un pas­seur, c’est-à-dire quelqu’un qui trans­met aux pla­te­formes la situa­tion de la « com­mu­nauté », et qui trans­met, dans l’autre sens, les règles et capa­ci­tés de la pla­te­forme au ser­vice de la com­mu­nauté. De ce point de vue, c’est un inter­ces­seur, un média­teur. C’est quelqu’un qui est « chargé des gens », si on peut se per­mettre une telle expres­sion. Le média­teur est, au fond, le meilleur terme, mais il est uti­lisé en France pour dési­gner les per­sonnes qui font de la média­tion sociale, dans les popu­la­tions défa­vo­ri­sées, et pour rece­voir les plaintes et com­plaintes des lec­teurs d’un jour­nal ou des télé­spec­ta­teurs d’une chaine de télévision…

Pro­po­si­tion : chargé de média­tion pour com­mu­nauté web.

Digi­tal evangelist

En France, les « évan­gé­listes numé­riques » risquent de pas­ser pour les têtes de ponts de sectes. La conno­ta­tion reli­gieuse est dif­fi­cile à accep­ter dans notre concep­tion laïque, et la langue s’en fait le por­teur. Pire, ce sont bien sou­vent des « Chief evan­ge­list » qui sont dési­gnés comme tels avec une mis­sion d’évangélisation des foules à un pro­duit par­ti­cu­lier, c’est-à-dire des VRP de luxe. Dans cette der­nière expres­sion « chef » a rem­placé « digi­tal », ce qui ajoute à la dimen­sion mar­ken­ting moderne, quel que soit le « pro­duit », quel que soit le sec­teur. On entend par­fois égale­ment « Digi­tal acti­vist », qui a perdu la conno­ta­tion reli­gieuse, mais qui risque d’affoler les médias, tou­jours enclins à consi­dé­rer que les hackers, pour ne pas dire les ter­ro­ristes du 3e mil­lé­naire, sont au coin de la rue. Les dits hackers ne sont pour­tant pas des pirates, mais c’est ainsi que le mot a été tra­duit. Un bon exemple d’adoption d’un terme anglais, avec per­ver­sion de son sens au moment du pas­sage de la frontière…Pour ceux qui ont inlas­sa­ble­ment dif­fusé et défendu des idées nou­velles qui ont fini par l’emporter, l’université fran­çais uti­lise volon­tiers le terme de pion­niers. Cela élimine la dimen­sion sociale, avec la force de convic­tion du por­teur de la « bonne parole », mais per­met de main­te­nir l’idée d’une conquête nécessaire.

Pro­po­si­tion : pion­niers du numérique.

Early adop­ters

Les « pre­miers adop­tants » sont une tra­duc­tion mot à mot, assez lourde, mais tech­ni­que­ment exploi­table. Je lui pré­fère primo-​adoptants, parce que ça m’amuse d’utiliser la même racine que les primo-​arrivants, ces immi­grés venant d’arriver dans leur nou­veau pays d’adoption, qui sont en géné­ral en situa­tion très dif­fi­cile, ayant à acqué­rir de nou­veaux repères lin­guis­tiques, cultu­rels et même écono­miques. La notion d’early adop­ters a égale­ment une conno­ta­tion sup­plé­men­taire: ce sont des éclai­reurs, cer­tains diraient des influen­ceurs, par leur rôle de défri­cheurs de nou­veaux usages numé­riques, qui servent ensuite de modèle et d’exemples. Comme nous sommes dans une société de consom­ma­tion, il y a sou­vent confu­sion entre les ama­teurs de gad­gets qui font pro­ces­sion le matin dans un i–maga­sin le jour de la sor­tie du der­nier i–gad­get pour lequel roulent les i–médias.

Propositions :

1) primo-​adoptants : pour ceux qui explorent les usages pos­sibles du numé­rique, même sans marque, même obs­cur, même sans grade.

2) gad­gé­to­philes (ou vic­times des gad­gets) : pour ceux qui ont une oreillette blue­tooth même quand ils ne télé­phonent pas et ne font pas des tra­vaux manuels (res­pect) ou pour ceux qui ont un bud­get d’i–acqui­si­tion de i–maté­riel supé­rieur à leur bud­get lec­ture. Ben quoi, je ne suis pas en train de rédi­ger le Petit Robert, j’ai bien le droit de mani­fes­ter un petit peu de sub­jec­ti­vité, non?

Hackers

Ce ne sont pas des pirates. Les pirates de jeux vidéos crackent des logi­ciels, ils ne les hackent pas. Les hackers sont des bidouilleurs, sou­vent géniaux, au moins astu­cieux. Ce sont les gens qui, au XXIe siècle, s’amusent à com­prendre com­ment ça marche, de la même manière que mon grand-​père répa­rait sa mois­son­neuse bat­teuse lui-​même dans les années 1950 (véri­dique). Il y a des hackers sym­pas, d’autres anti­pa­thiques. Les pre­miers conti­nuent à par­ler un lan­gage humain arti­culé. Les autres ont mis en place une stra­té­gie tech­no­cra­tique comme une autre, qui est la consti­tu­tion d’une fron­tière lin­guis­tique entre eux et le reste du monde. Les hackers seront les résis­tants de demain. Lors de la deuxième guerre mon­diale, pour résis­ter au nazisme, il fal­lait du cou­rage, des convic­tions, et savoir uti­li­ser des armes à feu ou les armes à mots. Dans le XXIe siècle, le réseau aura besoin de per­sonnes armées, s’il fal­lait contrer une avan­cée tota­li­taire. Cela dit, il n’est pas néces­saire d’être un hacker pour être res­pec­table… il y a d’ailleurs très peu de vrais hackers. Je n’en connais qu’une poi­gnée. Je crains que leur pro­po­ser le mot « bidouilleurs » ne leur plaise guère, alors que, pour moi, c’est très noble, au sens que donne Tris­tan Nitot à la bidouilla­bi­lité. C’est vrai que bidouille fait un peu pen­ser aux Bido­chons et à l’andouille, toutes choses très fran­çaises, mais il me semble pos­sible de rendre ses lettres de noblesse à ce terme.

Pro­po­si­tion : bidouilleurs de génie.

Hacka­bi­lity

Pro­po­si­tion : bidouilla­bi­lité.

Défi­ni­tion com­plète par Tris­tan Nitot de bidouilla­bii­lité : Bidouilla­bi­lité nom fémi­nin, tra­duc­tion du terme anglais Hacka­bi­lity. Capa­cité – pour un objet tech­nique ou un outil – à être détourné de sa voca­tion ini­tiale en vue d’essayer de lui trou­ver de nou­veaux usages. Se dit d’un sys­tème dont on peut obser­ver le fonc­tion­ne­ment interne pour le com­prendre, en vue de le modi­fier. Issu du terme anglais Hacker qui a donné hacka­bi­lity, qu’il ne faut pas prendre au sens de pirate infor­ma­tique (abus de lan­gage récent, sur­tout dans les médias). La bidouilla­bi­lité ne tient pas compte de la léga­lité de la démarche : quand on détourne l’usage d’un sys­tème tech­nique de façon créa­tive, c’est démon­trer sa bidouilla­bi­lité, que la démarche soit légale ou pas. Voir aussi le Jar­gon file : The mea­ning of Hack, qui défi­nit le hack comme étant « une démons­tra­tion de créa­ti­vité intelligente ».

Free­mium

Ce terme désigne un modèle écono­mique asso­ciant une offre gra­tuite, en libre accès, et une offre « Pre­mium », haut de gamme, en accès payant (décou­vrant que Wiki­pe­dia ne conte­nait pas ce mot, j’ai créé la notice, à vous de l’enrichir : http://​fr​.wiki​pe​dia​.org/​w​i​k​i​/​F​r​e​e​m​ium). Cette contrac­tion entre gra­tuit et pre­mium, dont la langue anglaise a le secret, pour ne pas dire le génie, aura du mal à être sup­plan­tée par Gra­tuit­mium ou « Gra­tuit pour tous, payant pour la ver­sion maxi-​luxe », Gra­tos­pour­tous­Payant­pour­le­sautres, ou toute autre inven­tion. Free est un mot simple et com­pris par tous. Free­mium a une ter­mi­nai­son latine, par ailleurs, qui devrait le confor­ter. Bref, en un mot comme en 100, je pro­pose donc de conser­ver le mot original.

Pro­po­si­tion : Free­mium.

Digi­tal humanities

Stra­té­gi­que­ment, il me parais­sait impor­tant de rédi­ger un Mani­feste des Digi­tal huma­ni­ties incluant ce terme en anglais (ver­sion anglaise du Mani­feste, pour les curieux), pour construire une com­mu­nauté s’inscrivant direc­te­ment dans un mou­ve­ment inter­na­tio­nal au sein duquel nous ne serons ni sui­veurs ni copieurs, mais dont nous serons membres à part entière. Cela était fait, il paraît évident que nous pour­rons pro­chai­ne­ment uti­li­ser Huma­ni­tés numé­riques. D’ici-là, je crois qu’une réflexion sur le fatras de termes dési­gnant nos dis­ci­plines s’imposera : Lettres, Arts, Sciences humaines, Sciences sociales, Sciences humaines et sociales… n’en jetez plus! Huma­ni­tés pour­rait prendre un sens neuf, en recou­vrant l’ensemble des dis­ci­plines citées, sans exclu­sive. Cela nous offri­rait plus de force, en tant que groupe s’étant donné l’homme pour objet d’étude, que ce soit à tra­vers la façon dont il se meut en société, la façon dont il crée ou dont il use de lan­gages. Ma convic­tion est que nous pour­rions ainsi dépous­sié­rer les huma­ni­tés et leur confé­rer noblesse et glo­ba­lité, en les redé­fi­nis­sant. Ce devrait être l’objet d’un futur billet, mais je pro­pose donc comme tra­duc­tion, pour bien­tôt, huma­ni­tés numé­riques. Le terme a donné son titre à un livre publié aux éditions Lavoi­sier. Pierre Mou­nier et moi-​même avions signé un cha­pitre de ce livre. Mais, rece­vant le contrat envoyé par l’éditeur, nous avons décou­vert qu’il exi­geait une ces­sion exclu­sive de nos droits sur ce texte, nous inter­di­sant expli­ci­te­ment de le dépo­ser dans une archive ouverte, refu­sant même de négo­cier une période de bar­rière mobile… Nous avons donc refusé la publi­ca­tion de ce cha­pitre, qui a été trans­formé par l’éditeur en page blanche. Nous l’avons ensuite publié dans la revue Com­mu­ni­ca­tion & lan­gage : « Sciences et société en inter­ac­tion sur Inter­net. Éléments pour une his­toire de l’édition élec­tro­nique en sciences humaines et sociales ». Il est dis­po­nible pour les abon­nés chez l’éditeur. Il est égale­ment dis­po­nible sur HAL : http://​archi​ve​sic​.ccsd​.cnrs​.fr/​s​i​c​_​0​0​4​3​9​8​2​8​/​fr/

Pro­po­si­tion : huma­ni­tés numériques.

Do we speak blog?


Pré­pa­rant une for­ma­tion sur la pla­te­forme Hypo­thèses, je suis à nou­veau confronté au pro­blème de la for­mu­la­tion en fran­çais de termes issus de pra­tiques en anglais. Il me semble que je ne suis pas très maniéré concer­nant cette ques­tion et je n’en fais pas une ques­tion de prin­cipes. En revanche, j’en fais une ques­tion d’usages, et il me semble impor­tant de dis­po­ser d’un cor­pus de termes clairs et non ambi­gus, de façon à accom­pa­gner et déve­lop­per les usages sans confusion.

Com­ment écrire blog ?

Je fais par­tie des par­ti­sans de la forme « blog » au lieu de « blogue », car j’aime ce qui est court et la forme anglaise ori­gi­nale ne retire ni n’ajoute rien, me semble-​t-​il, à la forme fran­ci­sée. Cepen­dant, pour le verbe, « blo­guer » me semble s’imposer. Je suis par­ti­cu­liè­re­ment atten­tif aux usages. Si « blogue » s’imposait peu à peu, cela ne serait pas non plus très choquant.

Com­ment dire blogging ?

Cer­tains uti­lisent des for­mules du type « les pra­tiques de blog­ging », qui me semblent un peu mal­adroites. « Les pra­tiques de blo­gage » ne me choquent pas outre-​mesure, mais je ne suis pas sûr de leur uni­ver­sa­lité. Elle me rap­pellent un petit peu le « cla­var­dage » cana­dien, qui n’a pas pris, pour l’instant du moins, en France.

Com­ment dire Planet ?

J’aime fran­ci­ser le mot « pla­net », notam­ment en le met­tant au fémi­nin. Des com­men­ta­teurs de ce blog m’ont fait remar­quer que le terme, en fran­çais, était mas­cu­lin… J’hésite entre la forme « pla­net » et « pla­nète ». Bref, rien de bien définitif…

Com­ment dire post ?

Je n’aime pas le mot « post », agréa­ble­ment rem­placé par le terme « billet ». En revanche, j’utilise indif­fé­rem­ment le verbe « pos­ter » et « publier un billet ». Dans des assem­blées uni­ver­si­taires, on a cru voir là un abus de lan­gage. « Vous ne publiez pas, cher Mon­sieur, car l’acte de publi­ca­tion c’est autre chose, vous devriez le savoir ». Je per­siste, pourtant.

Mal­heu­reu­se­ment, les logi­ciels ne nous incitent pas à la rigueur en ce domaine, puisqu’ils tra­duisent par­fois « post » en article. Ce qui, pour le coup, dans la plu­part des cas, me semble usurpé et source de confu­sion. Dans le milieu des sciences humaines, on écrit des articles dont la lon­gueur et la forme sont codi­fiés. Il me semble contre-​productif d’utiliser le terme « article » pour d’autres types d’objets publiés en ligne, sur­tout s’ils sont plus infor­mels, dans le ton, dans la forme et dans le statut.

Com­ment dire trackback ?

Il me semble que le terme « rétro­lien » aide à com­prendre la notion de track­back, un peu com­plexe à saisir.

Il me semble même qu’on pour­rait réflé­chir à la notion de « com­men­taire dis­tant », ou « com­men­taire rétro­lié », ou « cita­tion dis­tante identifée ».

Com­ment dire tag ?

Le tag me semble être proche du mot-​clé. Mais le verbe « taguer » est for­te­ment entré dans les moeurs. C’est égale­ment le cas du mot tag, qui per­met, en fran­çais, d’identifier clai­re­ment un clas­se­ment web (alors que le mot-​clé est plus impré­cis et relève d’autres tra­di­tions). Par ailleurs, sa sono­rité claque et est aussi brève et effi­cace que l’action rapide et simple qu’elle décrit.

How to say ?

Il manque sans doute quelques mots à ma liste : blo­groll, wid­get, mashup, etc, mais on entre alors dans un monde plus large. Et peut-​être n’êtes-vous pas d’accord avec mes pratiques ?

Formation « J’ouvre mon blog de chercheur, d’enseignant, de documentaliste »


Writing

For­ma­tion pro­po­sée par l’URFIST PACA le 30.11.07, de 9h00 à 16h00, à Mar­seille, Faculté St Charles, Salle Urfist

Pré­sen­ta­tion de la for­ma­tion

L’introduction du blog dans le milieu de la recherche scien­ti­fique se tra­duit par l’invention d’un nou­vel objet édito­rial, le car­net de recherches. Chaî­non man­quant entre l’écrit et l’oral, entre la mono­gra­phie et le débat cir­cons­crit à une assem­blée res­treinte, cet objet en est à ses débuts. Il s’appuie cepen­dant sur une tra­di­tion ancienne, celle de l’écriture quo­ti­dienne, de la mani­pu­la­tion des concepts, de la confron­ta­tion des points de vue, c’est-à-dire du lan­gage comme outil de com­pré­hen­sion, d’inflexion ou de mise en mou­ve­ment du monde. Aux risques juri­diques et pro­fes­sion­nels d’un tel exer­cice répondent les ver­tus d’une prise de parole du scien­ti­fique dans son temps, dans sa société et dans sa propre com­mu­nauté. Il ne s’agit pas d’une publi­ca­tion au sens tra­di­tion­nel du terme, qui sup­pose vali­da­tion et cor­rec­tions par des tiers ; le blog consti­tue cepen­dant une mise en public forte et féconde, qui s’appuie sur de nou­velles écono­mies de l’écriture et de la prise de parole. Ces enjeux touchent les étudiants avan­cés, les jeunes cher­cheurs, les cher­cheurs confir­més, d’une part, mais égale­ment les ensei­gnants, les docu­men­ta­listes, les ingé­nieurs des milieux de la recherche, de l’enseignement, de la docu­men­ta­tion, d’autre part. Il s’agit sans doute d’une occa­sion rare de renou­ve­ler notre rap­port au savoir et aux savoir-​faire.

Pro­gramme

-Des blogs aux car­nets de recherches

-Emer­gence d’une blo­go­sphère universitaire

-Une nou­velle écono­mie de l’écriture

-Enjeux, risques, perspectives

-De nou­veaux usages

-De nou­veaux outils

-J’ouvre mon car­net de recherche

For­ma­teur :

Marin Dacos (CNRS, Direc­teur du Centre pour l’édition élec­tro­nique ouverte — CLEO — Ingé­nieur de recherches et agrégé d’histoire)

En savoir plus : http://​urfist​.unice​.fr/​a​r​t​i​c​l​e​.​p​h​p​3​?​i​d​_​a​r​t​i​c​l​e​=​187

Cré­dits

Illus­tra­tion « Wri­ting » par hi-​tekznologik. Licence CC. http://​www​.fli​ckr​.com/​p​h​o​t​o​s​/​h​i​-​t​e​k​z​n​o​l​o​g​i​k​/​2​0​4​6​1​5​0​0​33/