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Les rencontre de l’Orme(2)


Suite des ren­contres de l’Orme avec un ate­lier de l’après-midi sur la ques­tion du par­tage et de l’échange dans la chaîne de pro­duc­tion édito­riale numé­rique. Ici, on est davan­tage dans la pré­sen­ta­tion d’expériences (tant mieux).

Pre­mière pré­sen­ta­tion, par Odile Che­ne­vez, coor­don­na­trice CLEMI dans l’académie d’Aix-Marseille, sur une expé­ri­men­ta­tion de pro­duc­tion d’un jour­nal d’établissement avec Spip. Plu­sieurs choses très inté­res­santes dans cet exposé : tout d’abord, cette idée que la forte sépa­ra­tion entre espace privé et site public qui carac­té­rise ce CMS par rap­port à d’autres, ou aux wiki, fonc­tionne très bien dans un contexte péda­go­gique, car, et la dis­tinc­tion entre les trois niveaux de vali­da­tion de chaque article ren­force cette dimen­sion, il per­met d’éduquer les élèves à la res­pon­sa­bi­lité de la publi­ca­tion. Autre chose, l’intervenante montre que les pro­fes­seurs qui enca­draient l’initiative étaient très inquiets du pla­giat des conte­nus sur Inter­net. Or, ce que montre cette expé­rience, c’est que ce sont les élèves eux-​mêmes qui, par le biais du forum interne, se sont auto-​régulés direc­te­ment, alors que les ensei­gnants sem­blaient rela­ti­ve­ment dépas­sés par le phé­no­mène. Autre chose inté­res­sante, les capa­ci­tés lin­guis­tiques des élèves (de l’expérimentation en ques­tion) appa­raissent de manière frap­pante en com­pa­rant les textes que les élèves ont pro­duit pour ce jour­nal de classe et leur propre Sky­blog. Les deux der­niers points mettent en évidence la réa­lité des com­pé­tences numé­riques d’un cer­tain nombre d’adolescents qui peuvent être capables d’adapter leur niveau de dis­cours aux dif­fé­rents espaces de publi­ca­tion dont ils com­prennent bien ce qui les dis­tingue, ou savent iden­ti­fier les com­por­te­ments inac­cep­tables (ainsi pas exemple une ten­ta­tive d’usurpation d’identité sur un forum).

L’exposé sui­vant, pro­posé par Laure Endrizzi de la Cel­lule Veille Tech­nique et scien­ti­fique de l’INRP, dont Homo Nume­ri­cus avait remar­qué un des der­niers textes, porte sur Wiki­pe­dia. Mal­heu­reu­se­ment, il s’agit seule­ment d’une pré­sen­ta­tion, infor­mée certes, de l’encyclopédie en ligne. Un des points impor­tants sur les­quels elle insiste, ce sont les méca­nismes internes à l’initiative qui visent à déga­ger ou mettre en valeur les par­ties de meilleure qua­lité de l’encyclopédie : les por­tail, le pro­jet Wiki­pe­dia 1.0 (qui « fixe » les articles de qua­lité et en font un export dis­tri­bué sur DVD), les labels de qua­lité, et les pro­jets thé­ma­tiques. Bref, l’idée est la sui­vante : ce qui donne de la qua­lité et qui se déve­loppe dans Wiki­pe­dia, ce sont les pro­jets col­lec­tifs et concer­tés qui orga­nisent l’acte édito­rial plu­tôt que de le pen­ser comme l’agrégation d’actes indi­vi­duels. Der­nier point impor­tant, ce tra­vail col­lec­tif au sein de l’encyclopédie porte à la fois sur les conte­nus à pro­mou­voir par ce que de qua­lité, et sur les articles qui ne le sont pas et qui sont à supprimer.

Troi­sième pré­sen­ta­tion : Sophie de Qua­tre­barbes, de l’association Deci-​dela, pré­sente un pro­jet bap­tisé « le média­teur éduca­tif ». Son asso­cia­tion conçoit, en par­te­na­riat avec un éditeur des conte­nus éduca­tifs mul­ti­mé­dias (sites et cd-​rom) sur des thèmes spé­ci­fiques. Dans le pro­ces­sus d’édition de ces conte­nus, cette asso­cia­tion cherche à amé­lio­rer l’interaction avec les ensei­gnants, les « remon­tées du ter­rain » comme on dit. Il s’agit donc d’ouvrir une plate-​forme de blogs per­met­tant aux ensei­gnants d’échanger leurs idées d’usages de ces conte­nus (comme l’organisation d’ateliers, etc.) L’ensemble de ces blogs sont agré­gés sur un por­tail afin de don­ner plus de visi­bi­lité aux pra­tiques péda­go­giques dont ils rendent compte. L’initiative en est à ses débuts. La ques­tion qu’elle se pose porte sur le manque d’enthousiasme des ensei­gnants à com­mu­ni­quer sur leurs pra­tiques et leurs expé­riences ; bref, cette ini­tia­tive ne semble pas avoir le suc­cès escompté.

Odile Che­ne­vez prend la parole pour répondre à ces inter­ro­ga­tions. En gros, la réponse est simple : quel est l’intérêt des ensei­gnants à contri­buer chez/​pour un éditeur de conte­nus ? C’est sim­ple­ment à cette ques­tion qu’il faut répondre.

Fina­le­ment, le débat s’engage sur la ques­tion de la construc­tion de l’autorité, en par­ti­cu­lier sur Wiki­pe­dia. Laure Endrizzi évoque la manière dont l’autorité sur l’encyclopédie en ligne n’est pas du tout construite sur la bio­gra­phie du contri­bu­teur, mais bien plus sur l’historique de ses contri­bu­tions sur Wiki­pe­dia. Elle évoque le Trust Colo­ring Tool, un sys­tème de cal­cul auto­ma­tique de l”« autorité » d’un contri­bu­teur en fonc­tion de la péren­nité de ses contri­bu­tions. Le résul­tat de ce cal­cul est ensuite mani­festé par une colo­ra­tion pro­gres­sive des contri­bu­tions. Ainsi, sur un article, on pourra voir cer­tains pas­sages plus ou moins colo­rés en fonc­tion de l’autorité dont jouissent leurs auteurs. On pourra donc en déduire qu’ils sont moins fiables.

Une pre­mière réac­tion me vient à l’esprit : ce méca­nisme de construc­tion de l’autorité par agré­ga­tion d’actes indi­vi­duels est contra­dic­toire avec les ini­tia­tives édito­riales qu’elle a évoquées pré­cé­dem­ment. Fina­le­ment, c’est l’aspect qui me sem­blait le plus inté­res­sant dans cet ate­lier : le par­tage et l’échange dans la chaîne de pro­duc­tion édito­riale, peuvent être encou­ra­gés de manières très différentes.


Cré­dits photo : « Power law of par­ti­ci­pa­tion », par Ross May­field, sur Fli­ckr en CC by-​nc 2.0

Amnésie 2.0


Depuis quelque temps, on com­mence à entendre en boucle, dans toutes les bouches, une sorte d’évidence, de lieu com­mun selon lequel le web 2.0 se dis­tin­gue­rait radi­ca­le­ment de ce qui le pré­cède par la capa­cité don­née à cha­cun d’émettre de l’information autant que d’en rece­voir. Trois fois cette semaine j’ai entendu la même antienne : le web 2, c’est la par­ti­ci­pa­tion, l’information com­mu­nau­taire, l’échange de pair à pair. Le web 1, c’était le broad­cast, la dif­fu­sion d’un mes­sage stan­dard de un vers tous, une sorte de conti­nua­tion de la télé par d’autres moyens (techniques).

On ne peut qu’être aba­sourdi qu’une telle absur­dité se répande aussi vite et soit ainsi avan­cée sans être cri­ti­quée. Car pour qui connaît un mini­mum l’histoire d’Internet, son mode de fonc­tion­ne­ment intrin­sèque et les usages qui se sont déve­lop­pés depuis le début, il est abso­lu­ment évident que ni Inter­net en géné­ral, ni le web en par­ti­cu­lier, n’ont jamais été des médias de broad­cas­ting ; c’est même exac­te­ment le contraire. Si on parle d’Internet en géné­ral, l’infrastructure tech­nique en elle-​même, comme l’explique très bien Les­sig, comme les pro­to­coles : tcp/​ip, pop, nntp, mais aussi les usages : les MUD, les listes de dis­cus­sion, les news­groups reflètent une concep­tion de la com­mu­ni­ca­tion comme essen­tiel­le­ment mul­ti­la­té­rale et syno­nyme, pour cha­cun des noeuds du réseau, d’une égale capa­cité à envoyer autant qu’à rece­voir de l’information.

Le web lui-​même a tou­jours mani­festé cette concep­tion : la sim­pli­cité du lan­gage html, le faible coût de la dif­fu­sion de pages web, la double fonc­tion­na­lité du pre­mier navi­ga­teur, Nexus, qui était aussi un éditeur de pages en sont des preuves éminentes. D’un point de vue his­to­rique, le déve­lop­pe­ment du web dans les années 90 fut porté, bien avant que les mar­chands s’en emparent, par des com­mu­nau­tés très diverses publiant de manière anar­chique et foi­son­nante des mil­liers de sites plus ou moins ama­teurs. Eton­nante amné­sie qui passe à la trappe de l’histoire des ini­tia­tives comme Altern, Mygale, et Ouva­ton, ou encore le Web indé­pen­dant qui ont porté tout un mou­ve­ment et des pra­tiques d’autopublication et de déve­lop­pe­ment com­mu­nau­taire de la com­mu­ni­ca­tion sur le web. D’ailleurs, les outils de publi­ca­tion auto­ma­tique comme Php­nuke et Spip, parmi beau­coup d’autres, exis­taient bien avant qu’on parle du web 2.0.

On peut même se rap­pe­ler qu’en 2002, un obser­va­teur engagé comme Ber­nard Ben­ha­mou annon­çait jus­te­ment le risque d’une broad­cas­ti­sa­tion de l’Internet por­tée par les tech­no­lo­gies sur les­quelles s’est fina­le­ment déve­loppé le web 2.0. On ne peut que se féli­ci­ter que la menace ne se soit pas réa­li­sée bien sûr, mais il faut ces­ser de pen­ser que la com­mu­ni­ca­tion de pair à pair a été inven­tée par Youtube !

Il y a quelque temps, j’avais émis une autre hypo­thèse à pro­pos des muta­tions en cours : dans la mesure où, contrai­re­ment à ce qu’on dit, la com­mu­ni­ca­tion de pair à pair est le propre d’Internet et est consti­tu­tive de son his­toire, il me semble que ce qu’on appelle le Web 2.0 cor­res­pond à l’application de ce prin­cipe consti­tu­tif à de nou­veaux usages, pour de nou­veaux publics et au moyen de nou­veaux tech­niques. Il consti­tue une redé­cou­verte, un appro­fon­dis­se­ment d’un prin­cipe qui se trouve pré­sent dès l’origine. C’est même toute l’histoire d’Internet qui peut être appré­hen­dée de cette manière, cha­cune des révo­lu­tions qui la ponc­tue (les news­groups, le web puis le web dyna­mique, les cms, les sys­tèmes P2P, le web 2) étant une actua­li­sa­tion du prin­cipe originel.

Il y a pour­tant quelque chose de nou­veau dans les déve­lop­pe­ments actuel­le­ment à l’oeuvre, qui consti­tue une forme de rup­ture avec ce qui a pré­cédé. Jusqu’à pré­sent, le web était essen­tiel­le­ment struc­turé par la double acti­vité de créa­tion et de publi­ca­tion. Qu’on le prenne par son ori­gine docu­men­taire ou par son évolu­tion comme média, le web fonc­tion­nait jusqu’à pré­sent sur le prin­cipe de la dif­fu­sion, de l’exposition d’oeuvres créées par des auteurs. La juris­pru­dence puis le cor­pus légis­la­tif fran­çais l’ont bien com­pris qui ont assi­milé très tôt les sites web au régime de res­pon­sa­bi­lité de la presse, après quelque hési­ta­tion cependant.

Aujourd’hui, nous assis­tons au fort déve­lop­pe­ment de plates-​formes sociales qui changent radi­ca­le­ment la donne, car, ce qui est donné à publi­ci­sa­tion plu­tôt qu’à publi­ca­tion, ce sont moins les oeuvres, les pro­duits du tra­vail de créa­tion, que les simples traces de vie que pro­duisent quo­ti­dien­ne­ment les indi­vi­dus. La plate-​forme Face­book en est un excellent exemple. Cette muta­tion qui fait pas­ser d’un régime de créa­tion (de textes, d’images, de sons et de vidéos) et publi­ca­tion à un régime d’expression et publi­ci­sa­tion de signes de la per­sonne semble être déterminante.

Tout un ensemble d’outils pro­fon­dé­ment ambi­gus ont pré­paré cette muta­tion. On peut pen­ser aux blogs par exemple. A pre­mière vue, le blog est un dis­po­si­tif per­met­tant de consi­gner des traces de vie : en bonne étymo­lo­gie, c’est un web-​log : un jour­nal de bord, sur le web. J’ai avancé l’idée qu’il s’agissait en réa­lité d’un piège à auteur, c’est-à-dire d’un dis­po­si­tif qui avait la poten­tia­lité de consti­tuer avec le temps son scrip­teur en véri­table auteur et de se trans­for­mer peu à peu, du fait de sa confi­gu­ra­tion par­ti­cu­lière, en véri­table oeuvre littéraire.

Bien entendu, il s’agit, pour les blogs, d’une poten­tia­lité qui n’est pas tou­jours réa­li­sée. Je pense que des dis­po­si­tifs comme You­tube ou Fli­ckr ont la même poten­tia­lité ambigüe : on peut ne les voir que comme des outils de com­mu­ni­ca­tion de traces d’activité. Mais un indi­vidu peut à tout moment bas­cu­ler dans une autre dimen­sion où son compte, son pho­to­stream devient un espace de publi­ca­tion fré­quenté par un public et où l’ensemble des items qu’il donne à voir ou à lire se met à être consi­dé­rée comme une oeuvre en tant que telle.

Toute plate-​forme sociale qu’elle est, Mys­pace reste dans cette logique. Et d’ailleurs les uti­li­sa­teurs l’ont bien com­pris, puisque des mil­liers de musi­ciens, chan­teurs et autres artistes plus ou moins ama­teurs ou pro­fes­sion­nels l’utilisent pour com­mu­ni­quer leurs oeuvres à leur public. Avec Lin­ke­din, Orkut, Face­book, ou alors avec des appli­ca­tions comme Twit­ter, cette dimen­sion est tota­le­ment absente. On en revient à une com­mu­ni­ca­tion expres­sive basée sur la dif­fu­sion à des­ti­na­tion de groupes par­ti­cu­liers et non plus d’un public glo­ba­lisé d’informations simples, spon­ta­nées sur les acti­vi­tés, les goûts, les rela­tions de tel ou tel.

L’acteur indus­triel qui semble le mieux com­prendre cette évolu­tion, c’est Google. Marin l’a très bien résumé, récem­ment, d’une for­mule qui fait mouche : pour Google, l’unité docu­men­taire c’est vous. A par­tir de là, on peut ima­gi­ner plu­sieurs scé­na­rios diver­gents : ou bien un mou­ve­ment de rap­pro­che­ment et de fusion entre la per­sonne et son oeuvre ; la per­sonne devient son oeuvre par les signes et les rela­tions qu’elle pro­duit d’elle-même, ce qui n’est pas tota­le­ment nou­veau, ni en phi­lo­so­phie ni en esthé­tique. Ou bien une dis­jonc­tion radi­cale entre des outils de com­mu­ni­ca­tion inter­per­son­nels d’un côté, et des espaces de publi­ca­tion de l’autre, les uns et les autres coexis­tants sur le web. Per­son­nel­le­ment, j’aurais ten­dance à croire le pre­mier scé­na­rio le plus pro­bable, au vu de l’ambigüité carac­té­ris­tique de la plu­part des outils. Une piste à creuser.


Cré­dit photo : 147 of 365 — just dandy, par paul+photos=moody, en by-​nc sur Flickr

L’unité documentaire de Google, c’est vous.

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Pas­sez au nou­veau Blogger
Pas­sez au nou­veau Blog­ger… et essayer de l’utiliser sans votre compte Gmail…

Tous les jours, nous assis­tons au débar­que­ment de Moun­tain View, la cité-​mère de Google, dans nos ser­vices web. La créa­tion de ser­vices Google se fait à une vitesse galo­pante, les acqui­si­tions de ser­vices exis­tants sont annon­cées très régu­liè­re­ment (der­nier en date : You­Tube), les ser­vices expé­ri­men­taux foi­sonnent [35]. Sur cela, tout a été dit et redit. On insiste peut-être un peu moins sur la cohérence que Google compte donner à son entreprise. Pourtant, l'unité documentaire de Google, c'est vous, c'est nous, c'est moi. Se construit peu à peu un système d'information mondial unifié autour d'un identifiant unique, qui s'appuie sur la pierre angulaire que constitue Gmail, le service de courrier électronique de Google. Les exemples qui confirment ce mouvement de fond engagé à pleine vitesse sont nombreux. Le nouveau Blog​ger​.com vous demande de conver­tir vos iden­ti­fiants anciens en iden­ti­fiants gmail. Le trai­te­ment de texte en ligne Wri­tely, après vous avoir qua­si­ment obligé à pas­ser de votre identifiant-​courriel clas­sique à votre identifiant-​courriel Gmail, vient de chan­ger de nom et de s’intégrer, cette nuit, à http://​docs​.google​.com/ (la pein­ture n’est pas encore tout-​à-​fait sèche). Près de trois ans après sa créa­tion, Gmail conti­nue à fonc­tion­ner exclu­si­ve­ment par coop­ta­tion, ce qui per­met à Google de savoir qui est l’ami de qui. Don­née dont ne dis­pose aucun socio­logue et qui consti­tue qua­si­ment un Graal publicitaire…

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Docu­ments will be moved permanently
Avant sa dis­pa­ri­tion, Wri­tely vous inci­tait for­te­ment à uti­li­ser votre compte Gmail comme identifiant-​courriel. Opé­ra­tion défi­ni­tive, s’il en est ! Depuis, Wri­tely a été fondu dans l’offre de bureau­tique en ligne de Google et votre compte Gmail sim­pli­fie votre vie… et celle de Google.

L’offre affo­lante de ser­vices en ligne donne chaque jour un peu plus corps au « rêve » d’un Web-​OS. Ser­vices et tech­no­lo­gies inno­vantes, qui per­mettent presque d’espérer se défaire de la tutelle de Micro­soft sur nos bureaux. Mais voilà un rêve qui per­met à Google de lire mes cour­riels (Gmail vous pro­pose déjà des publi­ci­tés contex­tuelles, liées aux mots pré­sents dans votre cor­res­pon­dance), de lire les rap­ports et articles que je rédige (ex-​writely), de connaître mon emploi du temps (Google Calen­dar), de savoir les vidéos que j’aime (You­Tube), etc. Ce n’est pas tota­le­ment nou­veau ? Ce qui est nou­veau, c’est qu’à l’aide de sa quasi-​universalité, des cookies et de l’identifiant-courriel, Google peut connec­ter l’ensemble de ces don­nées autour d’une seule unité docu­men­taire : vous. Le filet, peu à peu, se res­serre. Jamais notre vie pri­vée n’a été aussi menacée.

Faut-​il crier au loup contre ce qui s’apparente, peu ou prou, à un Escla­vage à la sauce « 2.0″ ? On peut le faire. Et consta­ter des pra­tiques simi­laires chez Yahoo (qui a fait conver­ger Fli​ckR​.com vers les comptes Yahoo) et Micro­soft (qui, comme d’habitude, part après la bataille mais s’appuie sur son inso­lente maî­trise de plus de 90% des bureaux). Mais cette démarche permettra-​t-​elle de contrer le pro­ces­sus en cours ? En pous­sant des cris d’orfraie, ne se donne-​t-​on pas bonne conscience à peu de frais ? Les dénon­cia­tions des pra­tiques mono­po­lis­tiques de Micro­soft ont-​elles suffi à contre­ba­lan­cer son immense puis­sance ? L’énergie pas­sée à atta­quer Micro­soft n’aurait-elle pas été mieux uti­li­sée à construire GNU/​Linux ?

Je crois qu’il faut avant tout réflé­chir à des pro­po­si­tions concer­nant les don­nées per­son­nelles en ligne. C’est-à-dire inven­ter des pra­tiques et des prin­cipes n’empêchant pas l’innovation, tout en pré­ser­vant la vie pri­vée et la liberté d’exister hors des « majors du web ». Puis construire un mou­ve­ment de pres­sion assez puis­sant pour impo­ser le res­pect de ces règles. Et, au besoin, s’appuyer sur des outils nous pro­té­geant sans nous iso­ler du numé­rique pour autant. Mozilla Fire­fox, de ce point de vue, pour­rait être notre ami. GNU/​Linux, encore trop mar­gi­nal aujourd’hui, le sera peut-​être moins, mais ses pro­grès sont sai­sis­sants et pour­raient pro­vo­quer la sur­prise. Quoi qu’il en soit, ne l’oublions pas : l’unité docu­men­taire, c’est nous. Sans nous, rien ne se fera. L’avenir ne tient donc qu’à un fil, mais ce fil est dans nos mains.

Connais-​toi toi-​même


Pas si inin­té­res­sant que cela, fina­le­ment, le débat sur le Web 2.0. Depuis quelque temps, il a dépassé le pre­mier cercle des pro­fes­sion­nels, geeks et autres pas­sion­nés du réseau, pour être évoqué de manière de plus en plus fré­quente par la presse géné­ra­liste. Libé­ra­tion par exemple a demandé à Pierre Chap­paz de lui livrer une chro­nique sur ce thème. Le Monde a publié au début de l’été une série de papiers expli­quant de quoi il s’agissait. Et ainsi de suite.

Il res­sort de la plu­part de ces articles que le Web 2.0 consti­tue une révo­lu­tion de l’Internet, carac­té­ri­sée par la place cen­trale qu’y prend l’utilisateur et l’interactivité. Évidem­ment, les vieux rou­tiers du réseau de se moquer, en disant qu’il n’y a là rien de révo­lu­tion­naire et que c’est ce qui carac­té­rise le sys­tème depuis les pre­mières minutes de son exis­tence. [28]. D’où les inter­mi­nables débats : s’agit-il d’une véri­table révo­lu­tion ? d’un nou­vel Inter­net ? ou d’un buzz idiot comme il en fleu­rit tous les 15 jours dans ce sec­teur ? Pour ma part, j’aurais ten­dance à dire que l’un et l’autre camps ont par­fai­te­ment rai­son. Et c’est cette contra­dic­tion qui m’intéresse, parce qu’elle me semble révé­ler un trait carac­té­ris­tique de l’histoire du réseau.

En gros, l’idée est que cha­cun des grand sou­bre­sauts qui ont changé quelque chose d’important sur le réseau depuis qu’il existe (je sélec­tionne par exemple : le mail, Use­net, le Web, Mosaic, les CMS, la bulle de 2000, le Web 2.0) consti­tue à la fois une étape clas­sique de la dif­fu­sion d’une inno­va­tion auprès de nou­veaux cercles d’utilisateurs, et en même temps une manière pour tous de (re)découvrir et l’approfondissant ce qui en consti­tue l’essence sin­gu­lière. Inter­net est un ins­tru­ment de com­mu­ni­ca­tion mul­ti­la­té­ral de pair à pair. Cette défi­ni­tion est tota­le­ment banale, et pour­tant il semble bien que nous ayons tous besoin d’en expé­ri­men­ter la réa­lité à l’occasion de cha­cune des « révo­lu­tions » qui émaillent son his­toire , ou, plus exac­te­ment, d’imaginer à chaque fois, pour de nou­veaux uti­li­sa­teurs, de nou­veaux usages qui ne font pour­tant qu’en actua­li­ser l’essence de manière nou­velle. Autre­ment dit, tout se passe comme si Inter­net était dans un état de per­pé­tuelle redé­cou­verte de ce qu’il est, à tra­vers la mise en place de tech­no­lo­gies, de formes et d’usages différents.

Dire que le Web 2.0 est une révo­lu­tion est à la fois vrai et faux. C’est faux parce que l’interactivité et la place cen­trale de l’utilisateur dans le pro­ces­sus de com­mu­ni­ca­tion consti­tuent l’essence même d’Internet depuis ses débuts. Mais c’est vrai parce que les ser­vices qua­li­fiés de « Web 2.0 » consti­tuent une nou­velle manière d’actualiser cette essence pour de nou­veaux uti­li­sa­teurs. Et si on veut raf­fi­ner, on peut dire que jusqu’à pré­sent ces uti­li­sa­teurs se ser­vaient du réseau, mais d’une manière non conforme à son essence par­ti­cu­lière ; par exemple comme une télé­vi­sion, un jour­nal ou une bou­tique. Le Web 2.0, c’est ce qui leur per­met de décou­vrir une nou­velle dimen­sion d’un outil tech­nique dont ils se servent déjà, et d’en exploi­ter à leur tour toute la puis­sance, en mode lecture/​écriture, c’est-à-dire très exac­te­ment pour y agir au même titre que les autres. Et de ce point de vue, on peut dire que cette « révo­lu­tion » a bien des points com­muns avec celles qui l’ont pré­cé­dée dans l’histoire d’Internet (c’est par exemple l’histoire de Use­net dont le déve­lop­pe­ment tient en par­tie à l’impossibilité pour un cer­tain nombre d’universités de pos­ter sur Arpa­net, tout en étant auto­risé à lire).

Qu’est-ce qui carac­té­rise cette évolu­tion ? Tout sim­ple­ment la dis­pa­ri­tion pro­gres­sive de l’obstacle tech­nique, avec la mul­ti­pli­ca­tion d’outils intui­tifs per­met­tant aujourd’hui de faire sans appren­tis­sage ce qui néces­si­tait autre­fois de pas­ser de longues heures les mains dans le cam­bouis des lignes de code.

Cette idée est féconde, je trouve, mais elle sus­cite aussi des inter­ro­ga­tions. Côté fécon­dité, elle me four­nit une pierre de touche me per­met­tant de révé­ler l’adéquation de tels ou tels inno­va­tions, gad­gets, légis­la­tions dans le domaine. Je peux dire aujourd’hui avec une rela­tive assu­rance qu’Internet ne consti­tue pas seule­ment un outil tech­nique qui n’aura pour effet que d’améliorer l’efficacité des pra­tiques dans les domaines où il est uti­lisé. C’est au contraire une véri­table techno-​logie qui imprime sa forme par­ti­cu­lière à une société entière, au même titre que la télé­vi­sion [29] ou l'automobile, étant entendu que plusieurs technologies peuvent modeler de manière concurrente les sociétés, et non une seule à son tour, successivement. Internet n'est donc pas la plus grande bibliothèque du monde, ou la télévision numérique de demain, ni même le téléphone sur IP, etc. Le Réseau a une logique propre, une dynamique interne, une constitution technique, dit Lessig, qui s'actualise sous différentes formes au cours de son développement. Il y a là, pour moi, une certitude grandissante.

A l’inverse, la dis­pa­ri­tion pro­gres­sive de l’obstacle tech­nique que je vois à l’oeuvre sus­cite pour moi beau­coup d’interrogations ; d’abord comme pro­fes­sion­nel, et for­ma­teur, où je me pose très concrè­te­ment la ques­tion de l’utilité de faire des cours sur le html, voire sur la mani­pu­la­tion de tel ou tel outil. Je me demande s’il ne vau­drait pas mieux orien­ter ces for­ma­tions vers une meilleure connais­sance de ce que c’est que la com­mu­ni­ca­tion en ligne, de l’exploration des consé­quences de tel ou tel type d’action dans ce contexte, de l’acquisition d’une vue pano­ra­mique de la société (presque au sens de socia­bi­lité) de l’Internet. Je me pose des ques­tions pour mes enfants aussi, qui com­mencent à arri­ver à l’âge de la mani­pu­la­tion des outils infor­ma­tiques. Il y a une chose dont je suis cer­tain, c’est que tous les jeux et autres logi­ciels plus ou moins ludo-​éducatifs spé­cia­le­ment conçus pour eux sont à mettre au pla­card car ils ne sont jamais, pour ceux que j’ai vus du moins, que des sortes de films inter­ac­tifs qui placent l’enfant dans le car­can d’un scé­na­rio pré-​établi extrê­me­ment contraint. Ces jeux, pour moi sont men­son­gers en lais­sant croire que l’enfant est actif alors qu’il ne doit le plus sou­vent que réagir aux sol­li­ci­ta­tions du logi­ciel. Au contraire, je suis à la recherche d’outils tout à fait simi­laires à ceux que nous uti­li­sons, nous les adultes. Tux­paint est de ce point de vue un véri­table modèle du genre en ce qui concerne le des­sin. J’aimerais bien connaître un trai­te­ment de texte du même aca­bit. Mais mes inter­ro­ga­tions ne sont pas vrai­ment là. Hier, j’ai regardé la pré­sen­ta­tion par Steve Jobs de la future ver­sion, Leo­pard, de Mac OS X. J’avoue en être resté un peu baba ; on voit bien qu’il y a une énorme dif­fé­rence avec des envi­ron­ne­ments du type win­dows ou Linux où la moindre mani­pu­la­tion demande des com­pé­tences tech­niques non négli­geables. Sous Mac OS, un nombre incroyable d’entre elles (sur du texte, du web, de l’image, de la vidéo) se fait de manière tota­le­ment intui­tive, et ne néces­sité même pas la maî­trise des notions de base (le copier-​coller, qu’est-ce qu’un fichier, redi­men­sion­ner une image, local/​distant, etc.). Comme je suis sur le point d’acheter un ordi­na­teur pour les enfants, je me vois très bien lan­cer sans effort mes petits bouts sur la retouche photo, la créa­tion de pages Web, la com­po­si­tion de mails sophis­ti­qués sans effort, avec un tel outil. Mais en même temps, j’ai quelques scru­pules à les ins­tal­ler dans un envi­ron­ne­ment que j’estime opaque (où sont mes fichiers ? je n’ai jamais com­pris avec Mac) et cade­nassé et dont je ne veux pas pour moi (dans l’état actuel de ma réflexion, mais je peux chan­ger, à force de regar­der les shows de Steve).

Qu’en pensez-​vous ?


Cré­dit photo : Me and my camera, par Stria­tic, CC-​2006

To be or note to be


Illustration : (c)<a href="http://morguefile.com/archive/?display=68479">Clara Natoli</a> via Morguefile
Avec l’ajaxisation du web, les logi­ciels en ligne se mul­ti­plient. Parmi eux, les trai­te­ments de texte font fureur. Wri­tely est cer­tai­ne­ment le plus ergo­no­mique et agréable à uti­li­ser. On appré­cie la pré­sen­ta­tion géné­rale et la sou­plesse de fonc­tion­ne­ment. Sur­tout, Wri­tely semble avoir com­pris mieux que d’autres que le prin­ci­pale inté­rêt de ce genre d’application, c’est l’écriture col­la­bo­ra­tive et le par­tage de docu­ments. D’où l’important déve­lop­pe­ment des fonc­tion­na­li­tés qui tournent autour de cette idée : invi­ta­tions par mail, suivi par RSS des modi­fi­ca­tions du docu­ment, visua­li­sa­tion en direct des modi­fi­ca­tions effec­tuées au même moment par un co-​auteur, tag­ging des docu­ments que l’on peut rendre publics à plu­sieurs niveaux, etc. Au fait, il y a un truc abso­lu­ment génial dans Wri­tely –et pour­tant, c’est tout simple, et c’est l’auto-sauvegarde toutes les 30 secondes. Avec les nou­velles appli­ca­tions, on prend de plus en plus l’habitude d’écrire direc­te­ment en ligne dans son navi­ga­teur, et lorsqu’il n’y a pas de sau­ve­garde auto­ma­tique, les catas­trophes sont légions (c’est l’auteur épuisé d’une brève ayant sauté hier à 00h45 après près d’une heure d’écriture qui parle). De ce point de vue, Spip, à qui manque aussi une petite barre de mise en forme « à la Word », a pris un sacré coup de vieux.

Wri­tely a des concur­rents : Gof­fice, qui se veut en fait une suite bureau­tique com­plète, est plu­tôt orienté vers les pré­sen­ta­tions et les docu­ments à mise en page com­plexe. Il four­nit plu­sieurs modèles et per­met de défi­nir des en-​têtes et pieds-​de-​page. Du côté des suites bureau­tiques, on trouve aussi Zoho, qui pré­sente Zoho Wri­ter. Petit der­nier de la série, Ajax­write se pré­sente expli­ci­te­ment comme un clône de Micro­soft Office, avec une barre de menu abso­lu­ment similaire.

Tous ces outils en ligne peuvent impor­ter des fichiers au for­mat trai­te­ment de texte (.doc, .rtf, .sxw quel­que­fois, voire.odt) et expor­ter dans les mêmes for­mats, outre le .html et le .pdf qu’ils pro­posent. Par ailleurs, on peut insé­rer des tableaux, des images, des liens hyper­textes, exac­te­ment comme dans Word, appli­quer des styles pré-​définis et modi­fier la mise en page.

Tout cela est bien beau, mais il manque une fonc­tion­na­lité essen­tielle à l’ensemble de ces outils, et je m’étonne que per­sonne ne s’en soit encore plaint ; il s’agit de la pos­si­bi­lité de créa­tion de notes de bas de page, sys­té­ma­ti­que­ment absente. Il est vrai que la plu­part d’entre eux récu­pèrent les notes qui sont pré­sentes dans un docu­ment importé, en les trans­for­mant très clas­si­que­ment en liens sur ancres nom­mées. Mais pour ce qui concerne la pos­si­bi­lité de créer ou sup­pri­mer des notes, il n’en est pas ques­tion ; et la cause doit en être pour l’essentielle, tech­nique. Car le HTML qui consti­tue en fait le for­mat pivot de toutes ces appli­ca­tions est très peu adapté. Ajou­ter une note impli­que­rait de scan­ner tout le docu­ment à la recherche de balises et de suites de carac­tères spé­ci­fiques et ensuite d’intervenir à deux endroits du docu­ment sans garan­tie de réus­site. On remar­quera d’ailleurs que les barres d’outils javas­cripts qui s’insèrent dans les logi­ciels de publi­ca­tion en ligne, comme HTM­La­rea et FCKe­di­tor n’en dis­posent pas non plus. Et là, pour le coup, le sys­tème de rac­courci propre à Spip, qui ramène le corps de la note à l’endroit d’insertion entre double-​crochet est une vraie trouvaille.

En atten­dant, l’absence de sys­tème de créa­tion de notes est un gros han­di­cap pour l’utilisation de ces outils en milieu aca­dé­mique et, plus lar­ge­ment, pour l’écriture de textes un peu fouillés qui ont sou­vent besoin d’un sys­tème de nota­tion com­plé­men­taire pour déve­lop­per un rai­son­ne­ment ou un exemple par­ti­cu­lier sans perdre de vue l’argumentation principale.


Illus­tra­tion : ©Clara Natoli via Morguefile

Gallia, terra incognita

En ce moment, je cogite pas mal sur la mise en place de nou­veaux ser­vices qui répondent à des besoins criants. Hier, j’ai passé une par­tie de la jour­née à voir com­ment ils pour­raient être mis en oeuvre par l’intermédiaire de ces fameux web ser­vices, API et autres mashups dont on nous dit qu’il révo­lu­tionnent Inter­net. Je me penche donc sur Ning, un sys­tème extrê­me­ment ingé­nieux per­met­tant de fabri­quer par clô­nage et per­son­na­li­sa­tion de kits de base de nou­velles appli­ca­tions « sociales » en ligne, connec­tées aux bases de don­nées et ser­vices offerts par les Ama­zon, Fli­ckr, Google et autres Del​.icio​.us. Pour un pro­jet en par­ti­cu­lier, j’ai besoin d’utiliser des cartes inter­ac­tives de type Google maps. Je dis bien de type Google maps pour bien mon­trer que je suis un gar­çon ouvert, large d’esprit et pas du tout goo­glo­ma­niaque. Mal­gré tout, le pre­mier ser­vice acces­sible, c’est Google maps, quoiqu’on en dise.

Comme le ser­vice que je veux mettre en place est fran­çais, qu’il s’adresse à des gens qui vivent en France, c’est bien d’une carte de France dont j’ai besoin. Voici ce que me montre Google maps :


Où sont les villes et vil­lages, où sont les routes ? Peut-​être qu’il n’y en a pas… Notons que pour les explo­ra­teurs auda­cieux, les voies de péné­tra­tion en pirogue au sein d’un vaste ter­ri­toire dan­ge­reux et inex­ploré sont indi­quées. Qu’ils n’en demandent pas plus ! [20]

Ne soyons pas paranoïaques et ne pensons pas que Google cherche à rayer de la carte (au sens propre) un pays qui lui tient tête par le truchement de sa bibliothèque nationale et de son président charismatique. En fait, nous sommes dans la même situation que les trois quarts de la planète à l'exception des Etats-Unis bien sûr, du Royaume-Uni évidemment, du Japon pourquoi pas, et de...Turin ! Pourquoi Turin ? Sans doute à cause des Jeux Olympiques ? Si c'est le cas je commence déjà à regretter ma joie lorsque la candidature parisienne fut rejetée et suis prêt à m'asseoir sur ma sportiphobie naturelle : Vive Paris 2056 !

D’ici là, je tente de trou­ver un sub­sti­tut à Google maps. Je cherche du côté de Yahoo maps, mais c’est encore pire : on ne peut même pas sor­tir des Etats-​Unis. Je me tourne ensuite vers MSN, et découvre ceci :

width=« 307 » height=« 246 »
 title=« Gallia, play­mo­bi­lo­rum terra « 
 alt=« Gallia, play­mo­bi­lo­rum terra » /​>

Joie ! Momentanée…car lorsque je cherche plus d’information sur l’API que peut m’offir MSN maps, je tombe sur un pro­duit com­mer­cial inti­tulé Micro­soft MapPoint&registered; qui me demande de contac­ter un ven­deur si je veux connaître les tarifs d’achat du logi­ciel me per­met­tant d’accéder au web ser­vice. Je ne sais pas pour­quoi, mais je sens immé­dia­te­ment que ce n’est pas pour moi…Microsoft sera tou­jours Microsoft.

Mais après tout, pour­quoi s’inféoder à l’Empire du Mal ? patrio­tisme écono­mique et prag­ma­tisme dépité oblige, me voici en train de fure­ter du côté des car­to­graphes fran­çais : Miche­lin en pre­mier lieu, puis Mappy par exemple. Mappy n’offre pas ce que je cherche (en fait, il fau­drait remon­ter à son four­nis­seur de ser­vice de géo­lo­ca­li­sa­tion : Tele Atlas) ; pour Miche­lin en revanche, c’est le cas. L’offre est même allé­chante : télé­char­ge­ment d’un SDK, four­ni­ture d’API dans tous les lan­gages ima­gi­nables, sup­port consé­quent, et même ouver­ture gra­tuite d’un compte d’essai pour 45 jours. Le pro­blème est qu’encore une fois, le ser­vice n’est pas gra­tuit. Mais là n’est presque pas le pro­blème en fait ; car je peux très bien com­prendre que le modèle écono­mique de Miche­lin n’est pas simi­laire à celui de Google. A par­tir du moment où la vente de cartes et de ser­vices de car­to­gra­phie consti­tue leur coeur de métier, il n’y a pas de rai­son qu’ils offrent ce ser­vice gra­tui­te­ment. Et d’ailleurs, les cartes qu’ils mettent à dis­po­si­tion sont évidem­ment de bien meilleure qua­lité que celle qu’offre Google. Le pro­blème est qu’on voit bien que le ser­vice, à l’instar de celui offert par Micro­soft est à des­ti­na­tion des entre­prises uni­que­ment. Est-​ce que moi, pauvre par­ti­cu­lier qui veut mettre en place rapi­de­ment un ser­vice dont je ne sais même pas s’il tien­dra la route j’entre dans le cadre ? Je ne le crois pas [21]. Et d’ailleurs, je ne le sais même pas car les prix ne sont pas publics. Là encore, il faut contac­ter un com­mer­cial pour les connaître.

Reste le très attendu Géo­por­tail pro­mis pour cet été par l’IGN. On dis­cute beau­coup, à pro­pos de ce por­tail, d’une com­pa­rai­son en terme de qua­lité d’image avec Google maps, du carac­tère récent des pho­to­gra­phies qui y seront expo­sées. Très bien, mais moi main­te­nant je pose la seule ques­tion qui m’intéresse aujourd’hui : fourniront-​ils une API libre d’accès per­met­tant de construire des ser­vices, non com­mer­ciaux cela va de soi, à par­tir de ces cartes ?

Edit : tiens, Micro­soft semble virer sa cuti et s’adonner aux joies du Web2.0 et des API ouvertes : http://​local​.live​.com/. Il y a la France et en plus les cartes sont superbes ! Je fonce, je regarde et vous tiens au cou­rant au pro­chain numéro.