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	<title>Blogo-Numericus</title>
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		<title>Donner un visage à l’open access : les lecteurs</title>
		<link>http://blog.homo-numericus.net/article11128.html</link>
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		<pubDate>Thu, 04 Apr 2013 16:46:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marin Dacos</dc:creator>
				<category><![CDATA[open access]]></category>

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		<description><![CDATA[Julien Sicot a publié sur YouTube une vidéo sous-titrée en français expliquant très simplement et plutôt avec efficacité ce qu’est l’open access. On notera, dans cette vidéo : - une approche très pragmatique et sans agressivité, ce qui est toujours agréable - une vision associant les deux voies de l’open access, c’est-à-dire les archives ouvertes et les revues en accès ouvert - une pédagogie montrant que les montants des abonnements liés aux oligopoles grippent tout le système (sous-entendu : investis dans l’open access, ces montants pourraient changer le monde) - une volonté de donner un visage à tous ceux qui peuvent profiter de l’open access. Trop souvent, les chercheurs ont tendance à considérer que les personnes pouvant profiter de l’open access sont des collègues et, secondairement, des étudiants. La réalité est très différente, car beaucoup de lecteurs inattendus sont possibles. Ne décidons pas a priori du groupe de personnes qui pourra être intéressé par nos productions scientifiques. En établir une typologie serait déjà terriblement réducteurs. Laissons-nous surprendre par la curiosité des lecteurs. C’est aussi important d’un point de vue scientifique que d’un point de vue culturel. - que, depuis 2009, date de la réalisation de la vidéo, on est passés [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_11129" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2013/04/Screen-Shot-2013-04-04-at-18.39.40.png"><img class="size-medium wp-image-11129" alt="Extrait de la vidéo Youtube http://www.youtube.com/watch?v=m6wjh2I2Ggg&amp;feature=player_embedded " src="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2013/04/Screen-Shot-2013-04-04-at-18.39.40-300x169.png" width="300" height="169" /></a><p class="wp-caption-text">Extrait de la <a href="http://www.youtube.com/watch?v=m6wjh2I2Ggg&amp;feature=player_embedded">vidéo sur l’open access </a></p></div>
<p><a href="https://twitter.com/jsicot">Julien Sicot</a> a publié sur YouTube une vidéo sous-titrée en français expliquant très simplement et plutôt avec efficacité ce qu’est l’open access. On notera, dans cette vidéo :</p>
<p>- une approche très pragmatique et sans agressivité, ce qui est toujours agréable</p>
<p>- une vision associant les deux voies de l’open access, c’est-à-dire les archives ouvertes et les revues en accès ouvert</p>
<p>- une pédagogie montrant que les montants des abonnements liés aux oligopoles grippent tout le système (sous-entendu : investis dans l’open access, ces montants pourraient changer le monde)</p>
<p>- une volonté de donner un visage à tous ceux qui peuvent profiter de l’open access. Trop souvent, les chercheurs ont tendance à considérer que les personnes pouvant profiter de l’open access sont des collègues et, secondairement, des étudiants. La réalité est très différente, car beaucoup de lecteurs inattendus sont possibles. Ne décidons pas a priori du groupe de personnes qui pourra être intéressé par nos productions scientifiques. En établir une typologie serait déjà terriblement réducteurs. Laissons-nous surprendre par la curiosité des lecteurs. C’est aussi important d’un point de vue scientifique que d’un point de vue culturel.</p>
<p>- que, depuis 2009, date de la réalisation de la vidéo, on est passés de 4000 revues en OA identifiées à <a href="http://www.doaj.org/">8800</a>. Nous savons que ce chiffre sous-estime la réalité, car toutes ne candidatent pas à un référencement dans le DOAJ, mais aussi parce que le DOAJ a du mal à suivre le rythme, tant la croissance est rapide. Pas encore assez rapide? Ca vient!</p>
<p><em id="__mceDel"> <iframe src="http://www.youtube.com/embed/m6wjh2I2Ggg" height="315" width="420" allowfullscreen="" frameborder="0"></iframe></em></p>
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		<title>Humanités numériques et patrimoine</title>
		<link>http://blog.homo-numericus.net/article11107.html</link>
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		<pubDate>Wed, 09 Jan 2013 09:41:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Mounier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Digital Humanities]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[patrimoine]]></category>
		<category><![CDATA[quilt]]></category>
		<category><![CDATA[société]]></category>

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		<description><![CDATA[En compagnie d’Aurélien Berra et Bjorn-Olav Dozo, je suis en train de rédiger un petit ouvrage de vulgarisation « Qu’est-ce que les Digital Humanities ? » pour OpenEdition Press. Je publierai ici les premières versions des textes formant ma contribution à cet ouvrage. N’hésitez pas à commenter et corriger, j’intégrerai les suggestions à la version définitive du texte.  Celui qui suit constitue un bout de chapitre consacré aux relations entre les humanités numériques et la société. Il traite de l’aspect patrimonial. Le prochain traitera des applications industrielles en matière de traitement de l’information. “Qu’apportent les digital humanities ?” Lorsque le journaliste Hubert Guillaud  tente de rendre compte du développement de ce domaine nouveau, il touche un point sensible en s’interrogeant sur les retombées pour l’ensemble de la société : “En tant que non-spécialiste, on a du mal à voir, à saisir l’apport de cette nouvelle forme de science, au-delà de ce qu’elle apporte pour le chercheur. On constate bien dans le Manifeste des digital humanities qu’il y a d’abord cette volonté de faire communauté autour de l’intégration de la culture numérique dans les pratiques de recherche d’aujourd’hui. […] On est beaucoup dans la structuration d’une discipline, alors qu’on souhaiterait surtout comprendre ce [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em>En compagnie d’Aurélien Berra et Bjorn-Olav Dozo, je suis en train de rédiger un petit ouvrage de vulgarisation « Qu’est-ce que les Digital Humanities ? » pour <a href="http://press.openedition.org/" target="_blank">OpenEdition Press</a>. Je publierai ici les premières versions des textes formant ma contribution à cet ouvrage. N’hésitez pas à commenter et corriger, j’intégrerai les suggestions à la version définitive du texte.  Celui qui suit constitue un bout de chapitre consacré aux relations entre les humanités numériques et la société. Il traite de l’aspect patrimonial. Le prochain traitera des applications industrielles en matière de traitement de l’information.</em></p>
<p>“Qu’apportent les digital humanities ?” Lorsque le journaliste Hubert Guillaud  tente de rendre compte du développement de ce domaine nouveau, il touche un point sensible <a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2010/07/22/quapportent-les-digital-humanities/" target="_blank">en s’interrogeant sur les retombées pour l’ensemble de la société</a> :<br />
<em>“En tant que non-spécialiste, on a du mal à voir, à saisir l’apport de cette nouvelle forme de science, au-delà de ce qu’elle apporte pour le chercheur. On constate bien dans le Manifeste des digital humanities qu’il y a d’abord cette volonté de faire communauté autour de l’intégration de la culture numérique dans les pratiques de recherche d’aujourd’hui. […] On est beaucoup dans la structuration d’une discipline, alors qu’on souhaiterait surtout comprendre ce que ces outils apportent concrètement”</em>.<br />
Il est vrai qu’à lire une certain nombre de textes fondateurs ou importants dans ce champ : le <a href="http://www.digitalhumanities.org/companion/" target="_blank"><em>Companion to the Digital Humanities</em></a> ou les <a href="http://dhdebates.gc.cuny.edu/" target="_blank">Debates in the Digital Humanities</a>, les différents manifestes qui ont été publiés ou, plus encore, les multiples blogs qui rendent compte de l’activité foisonnante qui s’y déploie, on est frappé de leurs <a href="http://blog.homo-numericus.net/article11107.html/image" rel="attachment wp-att-11108"><img class="alignleft size-medium wp-image-11108" alt="Debates in the Digital Humanities" src="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2013/01/image-210x300.jpg" width="210" height="300" /></a>préoccupations très internes au monde académique. Ce travers est en partie dû à sa dimension fortement communautaire : des <a href="http://thatcamp.org/" target="_blank">ThatCamps</a> à la conférence <a href="http://adho.org/conference" target="_blank">Digital Humanities annuelle</a>, des scoiétés savantes spécialisées comme <a href="http://www.allc.org/" target="_blank">ALLC</a> aux réseaux professionnels comme <a href="http://digitalhumanities.org/centernet/" target="_blank">Centernet</a>, c’est un petit monde qui se retrouve régulièrement et se côtoie, échange souvent entre-soi, entre spécialistes. Alors, les humanités numériques auraient-elles succombées au syndrôme de la tour d’ivoire, délicieusement croqué par David Lodge qui <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Small_World:_An_Academic_Romance" target="_blank">se moquait déjà en 1984 du petit monde académique</a> ?<br />
Rien n’est moins sûr, et il est probable que cette impression relève simplement de l’illusion d’optique. Car les retombées du développement des humanités numériques sur l’ensemble de la société sont nombreuses et diverses.<br />
Lorsqu’en 2006, le Conseil qui réunit et représente les puissantes sociétés savantes américaines publie un rapport remarqué sur les humanités numériques, il choisit de lui donner pour titre <a href="http://www.acls.org/programs/Default.aspx?id=644" target="_blank">“Our Cultural Commonwealth”</a>, notre “bien commun culturel”, afin de marquer à quel point le mouvement des humanités numériques touche d’abord à la question de l’accès de tous au patrimoine culturel qui fait le ciment d’une société :<br />
“Nous avons montré que l’information numérique peut contribuer à démocratiser les sociétés — mais ce pouvoir ne peut être effectif que si l’accès à la mémoire culturelle est aussi ouvert que possible au public, aussi bien en termes intellectuels qu’économiques.” peut-on lire dans ce rapport remarqué.<br />
Au delà de la question du libre accès, qui est particulière quoique stratégique, un des premiers bénéfices de la multiplication des projets dans ce domaine est déjà, simplement, et sans nécessairement aller chercher des outillages très sophistiqués, de rendre accessible une partie importante d’un patrimoine culturel jusqu’alors bien caché dans les archives, les réserves des musées ou les sites archéologiques.<br />
Prenons l’excellent exemple récent des <a href="http://vangoghletters.org/vg/" target="_blank">Van Gogh Letters</a>, projet de numérisation de l’ensemble de la correspondance de Vincent Van Gogh à son frère Théo et à ses amis, réalisé par une équipe de chercheurs avec l’appui du Van Gogh Museum à Amsterdam. Ce travail considérable, entrepris pour la poursuite d’objectifs de recherche, a certes donné lieu à la réalisation d’une magnifique édition imprimée, en 6 volumes imposants, et<a href="http://blog.homo-numericus.net/article11107.html/9782742785865_int0" rel="attachment wp-att-11109"><img class="alignright size-medium wp-image-11109" alt="Van Gogh Letters" src="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2013/01/9782742785865_int0-300x199.jpg" width="300" height="199" /></a> illustrés. Mais elle a surtout permis la restitution en ligne et en libre accès de la totalité de ce corpus, permettant d’accéder au fac simile des lettres, à leur transcription, ainsi qu’à leur traduction en anglais, le tout accompagné d’outils de navigation très utiles permettant de découvrir le corpus. Il y a fort à parier que la version en ligne, par son accessibilité même, a un impact beaucoup plus important sur l’ensemble du public, que la version imprimée, qui a par ailleurs tout son mérite.<br />
Dans un tout autre domaine, le projet <a href="http://www.usines3d.fr/" target="_blank">Usines 3D</a>, mené par des équipes du CNRS en partenariat avec le Ministère de la Culture procède à un minutieux travail de reconstitution historique de l’architecture des usines et des chaînes de construction automobile en France au début du XXe siècle. Sochaux, Billancourt, Levallois, sont autant de noms qui résonnent particulièrement dans notre mémoire collective, sociale et politique, et qui font partie d’un patrimoine industriel constitutif de notre histoire. Les maquettes numériques reconstituant en volume des ensembles architecturaux aujourd’hui disparus, mais aussi en vidéo les opérations successives de montage des premières automobiles Citroën sont le résultat d’un travail minutieux associant historiens et programmeurs. L’accès d’un large public au résultat de leur travail montre bien tout l’intérêt que peut revêtir ce genre de projet.<br />
<a href="http://blog.homo-numericus.net/article11107.html/capture-decran-2013-01-09-a-10-37-39" rel="attachment wp-att-11110"><img class="alignleft size-medium wp-image-11110" alt="9-11 digital archive" src="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2013/01/Capture-d’écran-2013-01-09-à-10.37.39-300x227.png" width="300" height="227" /></a>Le dialogue que le public peut établir avec son propre patrimoine culturel à travers les projets d’humanités numériques est dans certains cas plus intense, plus riche et surtout plus interactif que les exemples qui viennent d’être donnés. La <em>public history</em> par exemple mobilise souvent les médias sociaux pour développer des projets spécifiques. C’est le cas par exemple du projet <a href="http://911digitalarchive.org/index.php" target="_blank">September 11 Digital Archive</a> développé par le CHNM qui mit en place très vite après les attentats du 11 septembre une archive multimedia proposant aux citoyens new-yorkais de partager des témoignages écrits, visuels ou multimedias de la manière dont ils ont vécu la tragédie. En France, c’est le projet <a href="http://www.flickr.com/photos/photosnormandie/" target="_blank">Photo Normandie</a> qui faire référence, avec la mise à disposition sur la plateforme de partages de photographies Flickr de milliers de clichés retraçant la Bataille de Normandie et proposant à l’ensemble du public de l’enrichir en informations historiques. Mais dans ce domaine, c’est sans doute le <a href="http://www.quiltindex.org/" target="_blank">Quilt Index</a> qui représente un des exemples les plus fascinants de ce qui peut être fait. Les quilts sont des couvre-lits épais composés de plusieurs pièces de tissue cousues ensemble et décorés de motifs géométriques ou figuratifs, que l’on appelle “patchworks” en France. Cette technique de couture est pratiquée intensivement et depuis l’ère coloniale aux Etats-Unis, particulièrement. Chaque quilt se distingue par sa dimension, la qualité des tissus assemblés, sa technique de fabricati<a href="http://blog.homo-numericus.net/article11107.html/midsummer_evening_quilting_bee_in_central_park_sponsored_by_the_new_york_parks_administration_department_of_cultural-_-_nara_-_551676" rel="attachment wp-att-11111"><img class="size-medium wp-image-11111 alignright" alt="quilting at Central Park" src="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2013/01/MIDSUMMER_EVENING_QUILTING_BEE_IN_CENTRAL_PARK_SPONSORED_BY_THE_NEW_YORK_PARKS_ADMINISTRATION_DEPARTMENT_OF_CULTURAL..._-_NARA_-_551676-300x201.jpg" width="300" height="201" /></a>on, mais surtout les motifs qui y sont brodés. Ces motifs font l’objet de traditions spécifiques, qui se transmettent et se déclinent, font office de marqueurs identitaires et de supports d’innovation à travers les centaines de milliers de quilt brodés au cours des siècles sur le continent nord-américain et ailleurs. Il revient au centre d’humanités numériques <a href="http://www2.matrix.msu.edu/" target="_blank">MATRIX de l’Université d’Etat du Michigan</a> d’avoir développé un “Quilt Index”, autrement dit un corpus de 75 000 images de quilts numérisés classés par lieu, époque, collection, mais aussi type et motif. Ce projet, qui relève à la fois de l’histoire, de l’anthropologie et des cultural studies, s’appuie d’un côté sur un appareillage informatique sophistiqué de logiciels de reconnaissance de formes parcourant l’énorme masse de données pour y détecter “automatiquement” des rapprochements et des filiations, et d’un autre côté d’une dimension patrimoniale évidente, offrant aux passionnés de “quilting” une ressource inestimable sur laquelle ils pourront s’appuyer pour développer leur activité. Mais ces passionnés peuvent enrichir eux-mêmes l’index, en y déclarant leur collection privée par exemple, en documentant le wiki associé, en participant aux discussions de la liste associée, en faisant des dons qui assurent une pérennité financière du projet. Ce dernier est donc emblématique de la manière dont la mobilisation des technologies numériques peut aider les sciences humaines à nouer des interactions riches et multiples avec les sociétés qui les environnent, en travaillant le patrimoine culturel constitutif de leur identité propre.<br />
Chacun des trois exemples évoqués associent d’une manière ou d’une autre des équipes de recherche, des équipes techniques, mais aussi des institutions patrimoniales comme des bibliothèques, des musées, des fondations ou des archives qui jouent un rôle essentiel à la fois dans la collecte des documents primaires mais aussi dans l’articulation de la recherche avec leurs publics. Cette structuration en partenariat autour de corpus spécifiques, mobilisant des institutions et des collectifs positionnés différemment est typique de la manière dont les humanités numériques se sont développées depuis le début de leur histoire et constitue une première réponse à la lancinante question de l’intérêt des humanités numériques au delà des cercles académiques.</p>
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		<title>Gratuité ou libre accès? Poser les termes du débat, c’est déjà y répondre en partie</title>
		<link>http://blog.homo-numericus.net/article11070.html</link>
		<comments>http://blog.homo-numericus.net/article11070.html#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 28 Oct 2012 09:19:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marin Dacos</dc:creator>
				<category><![CDATA[Blogo-numericus]]></category>
		<category><![CDATA[open access]]></category>

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		<description><![CDATA[Les mots sont très importants, nous le savons. Ils sont les vecteurs que nous utilisons pour poser les débats et changer le monde. Celui qui défini le vocabulaire du débat détient les termes de l’alternative. Il détient, finalement, les clés du futur. Il faut donc que nous soyons particulièrement méticuleux lorsque nous choisissons les mots que nous employons pour défendre une cause. Il est frappant de noter que, parfois, deux parties semblent s’entendre entre elles pour fixer une discussion binaire qui résume le débat à leurs irréductibles position. Élégante façon de jeter hors du bateau la diversité des solutions, et de simplifier la décision politique, en la ramenant à une option « noire » et une option « blanche ». Cette alliance objective entre ennemis est à l’oeuvre sur la question du libre accès aux résultats de la recherche scientifique. Les voies « Gold » et « Green », une métaphore qui réduit le débat sur le libre accès aux résultats de la recherche scientifique Steven Harnad, grand défenseur du libre accès, et figure de proue hyper-connue de ce mouvement, a défini lui-même les termes « green » et « gold ». Dans un article de 2007, The Green Road to Open Access: A Leveraged Transition, il définit comme green road: This is [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_11074" class="wp-caption alignleft" style="width: 530px"><a href="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2012/10/288432762_43d5e23af2_o.jpg"><br />
<img class="size-large wp-image-11074" title="Flying Hearts V, by Stefan Georgi (Creative commons licence)" src="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2012/10/288432762_43d5e23af2_o-1024x684.jpg" alt="Flying Hearts V, by Stefan Georgi (Creative commons licence)" width="520" height="347" /></a><p class="wp-caption-text">Flying Hearts V, by Stefan Georgi (Creative commons licence)</p></div>
<p>Les mots sont très importants, nous le savons. Ils sont les vecteurs que nous utilisons pour poser les débats et changer le monde. Celui qui défini le vocabulaire du débat détient les termes de l’alternative. Il détient, finalement, les clés du futur. Il faut donc que nous soyons particulièrement méticuleux lorsque nous choisissons les mots que nous employons pour défendre une cause. Il est frappant de noter que, parfois, deux parties semblent s’entendre entre elles pour fixer une discussion binaire qui résume le débat à leurs irréductibles position. Élégante façon de jeter hors du bateau la diversité des solutions, et de simplifier la décision politique, en la ramenant à une option « noire » et une option « blanche ». Cette alliance objective entre ennemis est à l’oeuvre sur la question du libre accès aux résultats de la recherche scientifique.</p>
<h1>Les voies « Gold » et « Green », une métaphore qui réduit le débat sur le libre accès aux résultats de la recherche scientifique</h1>
<p>Steven Harnad, grand défenseur du libre accès, et figure de proue hyper-connue de ce mouvement, a défini lui-même les termes « green » et « gold ». Dans un article de 2007, <a href="http://eprints.soton.ac.uk/265753/1/greenroad.html">The Green Road to Open Access: A Leveraged Transition</a>, il définit comme green road:</p>
<blockquote><p>This is why we should be focussing far more of our attention and effort on the far less radical <a href="http://romeo.eprints.org/stats.php" target="_blank">transition from a « Gray » to a « Green » TA journal policy,</a> whereby the journal stops short of converting to gold, but gives its « green light » to authors who wish to provide OA for their own articles by <a href="http://www.eprints.org/self-faq/" target="_blank">self-archiving</a> them in their own <a href="http://archives.eprints.org/eprints.php?action=browse" target="_blank">university’s online « eprint » archives</a>.</p></blockquote>
<p>Et il définit ensuite la « Gold road » :</p>
<blockquote><p><a href="http://www.soros.org/openaccess/read.shtml" target="_blank">Open Access</a> (OA) is: immediate, permanent, toll-free online access to the full-texts of peer-reviewed research journal articles. A great deal of the research community’s attention to OA today is focussed exclusively on the prospect of a direct transition from Toll Access (TA, « Gray ») journal publishing to <a href="http://www.doaj.org/" target="_blank">OA journal publishing</a> (the « Gold » road to OA). This golden road is the more radical of the <a href="http://www.nature.com/nature/focus/accessdebate/21.html" target="_blank">two roads to OA</a>, and hence the slower and more uncertain one</p></blockquote>
<p>On comprend, donc, que la « voie verte » est une solution « article par article » et la « voie dorée » est une solution « revue par revue », la « voie verte » une solution dans laquelle ce sont les auteurs qui sont à la manoeuvre, la « voie dorée » une solution dans laquelle ce sont les éditeurs qui réalisent le mouvement vers le libre accès.</p>
<p>Je veux bien qu’on m’explique comment nous sommes passés de cette équation simple à une équation simpliste : le « Gold » serait une solution dans laquelle les éditeurs feraient payer aux auteurs pour publier (modèle dit « auteur-payeur »). Les « articles processing charge » (APC) (exemple : <a href="http://www.biomedcentral.com/about/apcfaq">http://www.biomedcentral.com/about/apcfaq</a>). Comme s’il n’y avait qu’une solution!</p>
<h1>Plutôt que deux voies, il y a plusieurs modèles</h1>
<p>Consultons le travail de l’<a href="http://oad.simmons.edu/oadwiki/Main_Page">Open Access Directory </a>pour en savoir plus et constatons, ensemble, qu’il y a seize (16) modèles économiques pour l’open access des revues qui sont répertoriés (et <a href="http://oad.simmons.edu/oadwiki/OA_book_business_models">13 modèles</a> pour les livres en libre accès).</p>
<ul>
<li><a href="http://oad.simmons.edu/oadwiki/OA_journal_business_models#Advertising">1 Advertising</a></li>
<li><a href="http://oad.simmons.edu/oadwiki/OA_journal_business_models#Auction">2 Auction</a></li>
<li><a href="http://oad.simmons.edu/oadwiki/OA_journal_business_models#Crowdfunding">3 Crowdfunding</a></li>
<li><a href="http://oad.simmons.edu/oadwiki/OA_journal_business_models#E-commerce">4 E-commerce</a></li>
<li><a href="http://oad.simmons.edu/oadwiki/OA_journal_business_models#Endowments">5 Endowments</a></li>
<li><a href="http://oad.simmons.edu/oadwiki/OA_journal_business_models#Fund-raising">6 Fund-raising</a></li>
<li><a href="http://oad.simmons.edu/oadwiki/OA_journal_business_models#Hybrid_OA_journals">7 Hybrid OA journals</a></li>
<li><a href="http://oad.simmons.edu/oadwiki/OA_journal_business_models#Institutional_subsidies">8 Institutional subsidies</a></li>
<li><a href="http://oad.simmons.edu/oadwiki/OA_journal_business_models#Membership_dues">9 Membership dues</a></li>
<li><a href="http://oad.simmons.edu/oadwiki/OA_journal_business_models#Priced_editions">10 Priced editions</a></li>
<li><a href="http://oad.simmons.edu/oadwiki/OA_journal_business_models#Publication_fees">11 Publication fees</a></li>
<li><a href="http://oad.simmons.edu/oadwiki/OA_journal_business_models#Royalties">12 Royalties</a></li>
<li><a href="http://oad.simmons.edu/oadwiki/OA_journal_business_models#Submission_fees">13 Submission fees</a></li>
<li><a href="http://oad.simmons.edu/oadwiki/OA_journal_business_models#Temporary_OA">14 Temporary OA</a></li>
<li><a href="http://oad.simmons.edu/oadwiki/OA_journal_business_models#Value-added_services">15 Value-added services</a></li>
<li><a href="http://oad.simmons.edu/oadwiki/OA_journal_business_models#Volunteer_effort">16 Volunteer effort</a></li>
</ul>
<p>Bien sûr, on nous rétorquera que plusieurs de ces modèles ne sont pas <em>vraiment</em> de l’open access au sens qui lui est donné par des définitions canoniques (la plus marquante étant la Budapest Open Access Initiative). Le propos, ici, n’est pas de défendre un modèle en particulier, d’autant qu’il y a des modèles exposés dans cette liste qui ne me paraissent pas réalistes (« e-commerce ») ou ne relevant pas de l’open access (« temporary OA »), mais d’affirmer qu’il n’est pas souhaitable d’enfermer le débat dans une opposition binaire. C’est pourquoi le <a href="http://leo.hypotheses.org/9953">Conseil scientifique d’OpenEdition a relayé la proposition d’une voie de platine</a> (« platinum road »), déjà <a href="http://scholarlyoa.com/2012/05/08/defining-platinum-open-access/">proposée par d’autres</a>, qui se définit par une absence de paiement pour l’auteur comme pour le lecteur, charge aux porteurs du projet de trouver d’autres financements<sup><a href="http://blog.homo-numericus.net/article11070.html#footnote_0_11070" id="identifier_0_11070" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le Freemium d&#039;OpenEdition est donc une modalit&eacute; de libre acc&egrave;s Platinum&nbsp;">1</a></sup>.</p>
<p>Au passage, il faut que je mette à contribuer à cet excellent répertoire qu’est l’OAD, car il faut mettre à jour les modèles et enrichir l’information. Les exemples sont parfois un peu datés, se concentrent sur l’univers anglo-américain et oublient souvent les sciences humaines et sociales. De plus, de nouveaux modèles émergent et méritent une présentation. Il est inutile de se plaindre du degré d’incomplétude de cet instrument, il faut se retrousser les manches et contribuer.</p>
<h1>Ni gratuité, ni bénévolat…</h1>
<p>Vous l’aurez noté, je n’utilise pas le mot « gratuité », car la gratuité sous-entend, me semble-t-il, une absence de modèle économique. Or, le libre accès doit bien avoir un modèle économique. Que ce soit dans le secteur public, privé ou associatif, les gens qui travaillent mangent, se logent, s’habillent, se déplacent, et cela se paie en général avec de l’argent, sonnant et trébuchant.</p>
<p>C’est aussi pourquoi je m’oppose à l’expression de « bénévolat » lorsqu’un chercheur s’implique dans une revue. Comme si le chercheur renvoyait une partie de sa paie, à la fin du mois, pour couvrir les heures de semaine passées à s’occuper de la revue. En fait, l’enseignant-chercheur n’a pas que des missions éthérées et abstraites, il a des missions pédagogiques, administratives et intellectuelles. Faire fonctionner une revue entre dans ses missions. Si le travail se fait, comme souvent, le soir, la nuit ou les week-end, cela n’est toujours pas du bénévolat, car ce travail n’est possible que parce que les heures de semaine sont bel et bien payées. D’ailleurs, les enseignants-chercheurs travaillent plutôt 70 heures, cela est connu, et ne disent pas qu’ils ont rédigé un livre de façon bénévole, même lorsqu’ils l’ont écrit le week-end. J’en profite pour préciser que je suis conscient qu’existe un véritable bénévolat, et c’est pour cela que je ne veux pas dire que je suis bénévole quand je travaille le week-end, alors que le CNRS me donne un salaire me permettant de me loger et de me nourrir. Je ne deviens véritablement bénévole, à mes yeux, que lorsque je ne travaille pas dans le périmètre de mes missions professionnelles. On sait que les frontières sont floues, mais je préfère un peu de rigueur. Par exemple, j’ai une collègue qui ne travaille qu’à 80% de son temps pour pouvoir donner, gratuitement, des cours d’informatique à des personnes en grande précarité. <em>That’s</em> bénévolat.</p>
<p>Et si une revue publiée avec l’aide d’un mi-temps de secrétaire de rédaction payé par le CNRS est diffusée en libre accès, elle n’est pas gratuite, car elle coûte au CNRS. Elle lui coûte, au moins, ce mi-temps. Bien sûr, on trouvera beaucoup de revues pour lesquelles le CNRS ne donne rien, ou seulement 2000€ par an, soit 10 jours ouvrables de travail d’un ingénieur d’études, peu ou prou.  Il faut élargir le débat sur les modèles économiques et accepter de parler d’argent, car quand je fais mes courses au Super-U du coin, fonctionnaire ou pas, je paie mes oranges avec des euros, de même que mes stylos et le vinaigre qui agrémente mes salades. Allons, mettons à plat nos comptabilités et disons ce que les choses coûtent, vraiment. Faisons le aussi pour le secteur privé, parce qu’il n’y a pas de raison. Et trouvons les mécanismes vertueux qui permettront de financer cela. Car il faut professionnaliser nos pratiques éditoriales, ce qui impose de disposer de véritables compétences et de faire cela dans un espace-temps idoine, c’est-à-dire, si possible pas avant que les enfants soient levés, sur un coin de table à la maison, entre la table à repasser et la pile de papiers EDF/assurances/opérateur télécom/impôts/sécurité sociales/… que vous devez traiter de toute urgence… Bref. On parle d’une profession, pas d’un hobby.</p>
<h1>L’édition, c’est un métier</h1>
<div id="attachment_11072" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2012/10/A5pC5tuCYAAsiWQ.png"><img class="size-medium wp-image-11072 " title="L'édition scientifique, un sacré business" src="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2012/10/A5pC5tuCYAAsiWQ-300x146.png" alt="L'édition scientifique, un sacré business" width="300" height="146" /></a><p class="wp-caption-text">L’édition scientifique, un sacré business. Source.</p></div>
<p>On rencontre parfois des gens qui pensent qu’on peut se passer des éditeurs. J’entends leur colère, lorsque l’on voit que quelques géants de l’édition scientifique ont des taux de profit qui égalent et dépassent des géants comme Coca-Cola, Rio Tinto ou Apple. Il ne faudrait pas confondre ceux qui font de l’édition un <em>business</em> avec les autres. Ce serait un très mauvais service à rendre à la science que de considérer que la médiation éditoriale n’a plus de sens, plus d’utilité, plus de valeur ajoutée. Elle n’a, au contraire, jamais été aussi indispensable. Et je crains que certains projets éditoriaux se lancent sans connaissance ou respect de l’importance, de la technicité et de l’utilité de ce travail strictement éditorial. C’est le cas pour l’édition papier comme pour l’édition électronique. Pour le dire de façon simple et forte, l’édition électronique, ce n’est pas poser un fichier PDF quelque part sur le Web. Nous avons essayé de le montrer, avec Pierre Mounier, dans un petit livre (<em><a href="http://blog.homo-numericus.net/ledition-electronique-reperes">L’édition électronique</a></em>, 2010) et dans le premier <a href="http://press.openedition.org/128">Read/Write Book</a>.<sup><a href="http://blog.homo-numericus.net/article11070.html#footnote_1_11070" id="identifier_1_11070" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Dans l&#039;&eacute;dition publique, nous avons notamment un r&eacute;seau professionnel (r&eacute;seau M&eacute;dici), une association des presses universitaires (AEDRES), qui contribuent &agrave; la structuration du paysage, et m&ecirc;me une m&eacute;diatrice de l&#039;&eacute;dition publique, et je voulais profiter de cet article pour vous en parler.&nbsp;">2</a></sup> J’ai proposé de considérer que l’édition électronique dispose de <a href="http://blog.homo-numericus.net/article202.html">cinq piliers</a> :</p>
<p style="padding-left: 30px;">- Structuration de l’information</p>
<p style="padding-left: 30px;">- Documentation de l’information</p>
<p style="padding-left: 30px;">- Optimisation des conditions de lecture</p>
<p style="padding-left: 30px;">- Appropriation par les lecteurs</p>
<p style="padding-left: 30px;">- Développement des interopérabilités</p>
<p>Et nous avons également proposé que celle-ci soit conforme à des principes fondamentaux. L’édition électronique ouverte, l’édition électronique idéale selon nous, se doit d’être <a href="http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/05/13/le-livre-numerique-est-dans-l-impasse-faisons-le-choix-de-l-edition-electronique-ouverte-par-marin-dacos-et-pierre-mounier_1350573_3232.html">lisible, manipulable et citable</a>. Sur cette base, il faut bien constater que nous avons besoin de professionnels de l’édition pour faire de l’édition, dont les métiers appartiennent aux cinq familles correspondant aux cinq piliers, qui ne se substituent pas, Ô grand jamais, aux <a href="http://www.univmed.fr/fr/formations/licence-professionnelle-metiers-edition-mention-edition">métiers de l’édition</a>, dits aussi métiers du <a href="http://mondedulivre.hypotheses.org/">monde du livre</a>, qui évoluent avec l’arrivée du numérique, mais dont les fondamentaux persistent (le travail sur le texte). Parfois, la profession a tendance à <a title="Livre objet, livre fétiche" href="http://blog.homo-numericus.net/article10884.html">calquer un peu mécaniquement</a> sa tradition sur le support électronique, mais c’est inévitable, dans la longue période transitoire qui s’est engagée au début du siècle.</p>
<p>Tout ceci a un coût, et il serait suicidaire de le nier. C’est ainsi que <strong><a href="http://blog.homo-numericus.net/article10736.html">la « gratuité » a un coût</a></strong>, ainsi que le montre le budget d’<a href="http://ocw.mit.edu/index.htm">OpenCourseWare</a>, l’initiative de cours en ligne en libre accès du MIT (3,7 millions de dollars).</p>
<p>Du point de vue de l’expertise et de la technicité,<strong> la situation va s’aggraver</strong>. Il sera peu à peu impossible de diffuser un article sans les corpus et données qui les sous-tendent. Il faudra, non seulement, les exposer proprement au public, mais le faire durablement, de façon lisible, exploitable, réexploitable, etc. C’est tout l’enjeu des <strong>données de la recherche</strong>, dont Elsevier a compris qu’il s’agissait de sa nouvelle frontière, de son nouveau business-graal. Il n’a jamais été aussi urgent de structurer la question des données dans des <a href="http://www.corpus-ir.fr/">infrastructures publiques de haut niveau</a>, flexibles et fortement corrélées aux usages de la recherche de terrain.</p>
<h1>Revenons à la question du modèle économique idéal pour le libre accès aux résultats de la recherche</h1>
<div id="attachment_11090" class="wp-caption alignleft" style="width: 565px"><a href="http://www.openaccessweek.org/"><img class=" wp-image-11090 " title="C'est la semaine du libre accès !" src="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2012/10/oaweek_header8.jpeg" alt="C'est la semaine du libre accès !" width="555" height="167" /></a><p class="wp-caption-text">C’est la semaine du libre accès !</p></div>
<p>Rien ne serait pire qu’une solution unique à un problème complexe. Je voudrais que, comme cela se passe dans la vie (la « vraie vie » allais-je dire), une diversité de modèles puissent cohabiter, ce qui garantirait une robustesse et une richesse de ce qui ne serait pas un monolithe, mais un écosystème. Notez que je plaide aussi pour l’abandon de la notion de <strong>chaîne du livre</strong>, chère à la profession du même livre, terriblement linéaire et XXe siècle, pour l’adoption de la notion d’<strong>écosystème du livre</strong>, qui reflète à mon sens bien plus fidèlement le siècle qui s’annonce<sup><a href="http://blog.homo-numericus.net/article11070.html#footnote_2_11070" id="identifier_2_11070" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Et puisque j&#039;y suis, la notion de&nbsp;livre homoth&eacute;tique&nbsp;me para&icirc;t r&eacute;duire les termes du d&eacute;bat. ">3</a></sup>.</p>
<p>La solution unique, par exemple le « <a href="http://marlenescorner.net/2012/08/31/le-rapport-finch/"> Gold </a> » réduit à la notion d’auteur-payeur, c’est une solution de type monopolistique, même si plusieurs organisations portent ce modèle.</p>
<p>Je préfère, vous l’avez compris, parler de <strong>libre accès </strong>que de gratuité. Et il suffirait de faire un peu d’histoire culturelle pour se rendre compte que la radio et la télévision sont en libre accès. Pas gratuites. Elles ont un sacré modèle économique en place. Mais elles ne font pas payer les auteurs des oeuvres (en général, elles les paient, même), et elles ne font pas payer les lecteurs des oeuvres non plus (sauf les télévisions cryptées ; je ne crois pas que des radios cryptées existent). Elles utilisent un modèle qui est publicitaire, pour les uns, ou hybride publicité/redevance, pour les autres. On pourra discuter des conséquences de ce modèle de financement sur les contenus, et déposer sa télévision au pied de son immeuble en la dénonçant comme un modèle d’abrutissement des foules. Mais on ne pourra pas dénier que la télévision est en libre accès.</p>
<h1>Financement invisible ?</h1>
<p>André Gunthert parle de <strong><a href="http://culturevisuelle.org/icones/2536">financement invisible</a></strong>, mais je ne suis pas sûr que la proposition fonctionne, car le financement publicitaire est <em>très</em> visible, il transpire même au-delà des séquences publicitaires elles-mêmes. Et même lorsque le financement est vraiment invisible, c’est presque pire, car il devient opaque. Or, il est important de savoir qui finance. Ainsi, la revue <a href="http://sapiens.revues.org/">SAPIENS</a> est en libre accès, financée par l’<a href="http://www.institut.veolia.org/">Institut Veolia Environnement</a>. On pourra critiquer ce mode de financement et avancer qu’il peut avoir un impact sur les contenus de la revue. Mais on ne pourra pas critiquer la transparence du modèle. Et aucun modèle de financement ne me paraît neutre en ce qui concerne l’édition ou les médias.</p>
<p>C’est bien de cette neutralité qu’il faut parler. Évaluons et débattons des avantages et des inconvénients de chaque modèle, en termes clairs. Et évitons, si possible, les guerres de religion (ton gold est moins gold que le mien ; ton green n’est pas si green ; ton open access n’est pas vraiment open access). Définissons les critères qui paraissent importants :</p>
<p>1. Est-ce que le modèle peut <strong>fonctionner</strong>? C’est-à-dire : est-ce qu’il est en mesure d’apporter le financement nécessaire à la <strong>qualité scientifique</strong> du livre / de la revue, <strong>dans une perspective durable</strong>, sans inféoder le chercheur, c’est-à-dire sans altérer l’indépendance intellectuelle de celui-ci ?</p>
<p>2. Est-ce que le modèle est conforme aux attendus de <strong>qualité éditoriale</strong> définis par des siècle de construction professionnelle? Je distingue la qualité scientifique, brute, de la qualité éditoriale, qui est le produit raffiné (lisible, citable, manipulable) et à haut potentiel de diffusion, c’est-à-dire non seulement déposé mais puissamment exposé et diffusé.</p>
<p>3. Est-ce que le contenu est vraiment <strong>en libre accès</strong>? Est-ce que tous peuvent y avoir accès? Facilement? Peuvent-ils faire un copier-coller d’un paragraphe? Peuvent-ils imprimer? Revenons aux fondamentaux : libre et accès ont un sens bien précis. Il n’y a pas de barrière à l’accès au texte, point. Je suis personnellement favorable aux licences libres, mais pas favorable à rendre obligatoires les <strong>licences libres</strong> pour accorder à un contenu en libre accès le statut d’oeuvre en libre accès. C’est un abus de langage. Certains proposent de parler de <a href="http://www.arl.org/sparc/publications/articles/gratisandlibre.shtml">libre Open Access</a>, ce qui, en français, se dirait « libre libre accès » <img src='http://blog.homo-numericus.net/wp-includes/images/smilies/icon_sad.gif' alt=':-(' class='wp-smiley' /> </p>
<p>On défendra, ici, l’idée d’<strong><a href="http://www.cnrs.fr/fr/pdf/allianceathena/121012-infrastructure-sh/">infrastructures publiques</a></strong> inscrivant la recherche sur le long terme, comme le font depuis des siècles les bibliothèques. Les infrastructures doivent garantir la pérennité, mais il ne s’agit pas de nationaliser le savoir. Là encore, l’exemple du Minitel, stérile, centralisé, fermé, doit nous appeler à la vigilance. Les logiques monopolistiques, qu’elles soient privées ou publiques, débouchent sur des machins. Nous pouvons éviter d’inventer un <strong><a href="http://www.fdn.fr/internet-libre-ou-minitel-2.html">Minitel 2.0</a></strong> en continuant à nous inspirer des f<a href="http://blog.homo-numericus.net/les-maitres-du-reseau">ondateurs d’Internet puis du Web</a>, ces universitaires (et non ces militaires) qui avaient l’égalité et l’ouverture rivés au corps et à l’âme. L’innovation, quoi qu’on en dise, vient souvent, beaucoup, énormément, passionnément de l’université, cette institution publique libre et universelle.</p>
<h1>Post-Scriptum</h1>
<p>Comme toujours, une seule personne tient la plume ou le clavier, mais ce texte est le résultat de nombreuses discussions. Je voudrais donc remercier ceux qui ont contribué à nourrir mes connaissances et la discussion sur cette question de la gratuité et du libre accès. Dans le désordre. <a href="http://pierremounier.net/">Pierre Mounier</a>, <a href="http://paigrain.debatpublic.net/">Philippe Aigrain</a>, <a href="http://scinfolex.wordpress.com/droits-dauteur-en-bibliotheque/">Lionel Maurel</a>, <a href="https://www.zotero.org/jcdrg">Jean-Claude Guédon</a>, <a href="http://gas.ehess.fr/document.php?id=140">Sylvain Piron</a> (qui me rappelle amicalement à l’ordre chaque fois que j’oublie les guillemets sur « Gold » et « Green ») et <a href="https://plus.google.com/109377556796183035206/posts">Peter Suber</a>. Je ne suis pas toujours d’accord avec eux, mais avec il est toujours possible d’échanger en écoutant l’autre, et c’est un plaisir rare.</p>
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<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_11070" class="footnote">Le <a href="http://www.openedition.org/8699">Freemium d’OpenEdition</a> est donc une modalité de <a href="http://blogs.lse.ac.uk/impactofsocialsciences/2012/09/13/open-access-needs-terminology/">libre accès Platinum</a> </li><li id="footnote_1_11070" class="footnote"> Dans l’édition publique, nous avons notamment un réseau professionnel (réseau <a href="http://medici.in2p3.fr/fr/index.php5/Accueil">Médici</a>), une association des presses universitaires (<a href="http://www.aedres.fr/">AEDRES</a>), qui contribuent à la structuration du paysage, et même <a href="http://lannuaire.service-public.fr/services_nationaux/administration-centrale-ou-ministere_171760.html">une médiatrice de l’édition publique</a>, et je voulais profiter de cet article pour vous en parler. </li><li id="footnote_2_11070" class="footnote"> Et puisque j’y suis, la notion de <strong>livre homothétique</strong> me paraît réduire les termes du débat. </li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Engagement et articulation</title>
		<link>http://blog.homo-numericus.net/article11046.html</link>
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		<pubDate>Mon, 07 May 2012 07:06:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Mounier</dc:creator>
				<category><![CDATA[messages de service]]></category>

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		<description><![CDATA[Comme certains d’entre vous le savent déjà, je serai candidat aux élections législatives du 10 juin 2012 dans le 20e arrondissement de Paris où j’habite (15e circonscription) sous les couleurs du Parti Pirate. J’ai mûri cet engagement depuis un certain temps (cf. mon billet précédent intitulé «  Un pique-nique pour les pirates  »). Évidemment, il est dans la continuité de l’enquête que j’ai menée depuis 2001 sur les enjeux sociaux et politiques des technologies numériques avec Homo Numericus. Il est aussi en cohérence avec mon engagement professionnel du côté du libre accès, de l’édition électronique libre et ouverte, et plus largement des humanités numériques.  Ces trois volets (activité professionnelle, travail d’écriture et engagement militant) sont donc cohérents et articulés. Je dis bien articulés, et non fusionnés. La relation entre eux ne doit pas aboutir à la confusion. C’est pour cette raison que vous ne verrez pas ici, sur ce blog ou sur Homo Numericus d’autre texte que j’aurais écrit en tant que candidat ou militant déclaré, que ce billet de mise au point. Pour ceux qui seraient intéressés, mon blog de candidat est disponible ici : http://www.candidatscitoyens.org/mounier2012/ et un groupe de soutien à cette candidature existe sur Facebook Pour ceux qui ne [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2012/05/3387237320_fb8068078d_z.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-11048" title="Levels of transport" src="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2012/05/3387237320_fb8068078d_z-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a>Comme certains d’entre vous le savent déjà, je serai candidat aux élections législatives du 10 juin 2012 dans le 20e arrondissement de Paris où j’habite (15e circonscription) sous les couleurs du <a href="http://partipirate.org" target="_blank">Parti Pirate</a>. J’ai mûri cet engagement depuis un certain temps (cf. mon billet précédent intitulé « <a href="http://blog.homo-numericus.net/article10943.html" target="_blank"> Un pique-nique pour les pirates </a> »). Évidemment, il est dans la continuité de l’enquête que j’ai menée depuis 2001 sur les enjeux sociaux et politiques des technologies numériques avec <em><a href="http://www.homo-numericus.net" target="_blank">Homo Numericus</a></em>. Il est aussi en cohérence avec mon engagement professionnel du côté du libre accès, de l’édition électronique libre et ouverte, et plus largement des humanités numériques.  Ces trois volets (activité professionnelle, travail d’écriture et engagement militant) sont donc cohérents et articulés. Je dis bien articulés, et non fusionnés. La relation entre eux ne doit pas aboutir à la confusion. C’est pour cette raison que vous ne verrez pas ici, sur ce blog ou sur <em>Homo Numericus</em> d’autre texte que j’aurais écrit en tant que candidat ou militant déclaré, que ce billet de mise au point.</p>
<p>Pour ceux qui seraient intéressés, mon blog de candidat est disponible ici : <a href="http://www.candidatscitoyens.org/mounier2012/" target="_blank">http://www.candidatscitoyens.org/mounier2012/</a> et un groupe de soutien à cette candidature existe<a href="http://www.facebook.com/groups/177055982417250/" target="_blank"> sur Facebook</a></p>
<p>Pour ceux qui ne le sont pas, je continuerai à parler ici, de manière non-militante, aux côtés de Marin, d’édition électronique, de libre accès et d’humanités numériques.</p>
<p><strong>Crédit photographique</strong> :  <a href="http://www.flickr.com/photos/ecstaticist/3387237320/" target="_blank">« Levels of Transport » par Ecstaticist en CC by-nc-sa 2.0 sur Flickr</a></p>
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]]></content:encoded>
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		<title>OpenEdition lauréat des équipements d’excellence</title>
		<link>http://blog.homo-numericus.net/article11030.html</link>
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		<pubDate>Tue, 28 Feb 2012 07:00:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marin Dacos</dc:creator>
				<category><![CDATA[Édition électronique]]></category>

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		<description><![CDATA[  Ce n’est pas pour me vanter, mais, OpenEdition est désormais un Equipement d’excellence, ouvert à la communauté scientifique dans son ensemble : Le projet Digital Library for Open Humanities (DILOH) a reçu le 14 février 2012 le Label Equipex des investissements d’avenir. Le jury et le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche reconnaissent ainsi OpenEdition comme domaine stratégique de la recherche et l’innovation. OpenEdition sera doté de 7 millions d’euros sur 8 ans, et construira une bibliothèque internationale pour l’édition en libre accès et les humanités numériques. Le projet est porté par le Centre pour l’édition électronique ouverte (Cléo, Marseille, Paris et Lisbonne), en partenariat avec le Centre pour la communication scientifique directe (CCSD, Lyon), le Laboratoire des sciences de l’information et des systèmes (LSIS-CNRS, Marseille), le Roy Rosenzweig Center for History and New Media (CHNM, Washington) et Open Access Publishing in European Networks (Oapen, La Haye). Lire la suite… OpenEdition Facility of Excellence Awards (Equipex) 14 February 2012, the Digital Library for Open Humanities(DILOH) received the Label Equipex future investment award. The jury and French Higher Education and Research Ministry issued the award in recognition of OpenEdition’s role as a strategic platform for research and innovation. OpenEdition is set to 7 [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p> </p>
<div id="attachment_11031" class="wp-caption alignleft" style="width: 190px"><a href="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2012/02/investissement_davenir_2_.jpg"><img class=" wp-image-11031 " title="Investissements d'avenir" src="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2012/02/investissement_davenir_2_-300x300.jpg" alt="OpenEdition lauréat des équipements d'excellence" width="180" height="180" /></a><p class="wp-caption-text">OpenEdition lauréat des équipements d’excellence</p></div>
<p><del>Ce n’est pas pour me vanter, mais,</del> OpenEdition est désormais un Equipement d’excellence, ouvert à la communauté scientifique dans son ensemble :</p>
<blockquote><p>Le projet Digital Library for Open Humanities (DILOH) a reçu le 14 février 2012 le <a href="http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid59337/71-laureats-pour-la-vague-2-de-l-appel-a-projets-labex.html">Label Equipex</a> des investissements d’avenir. Le jury et le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche reconnaissent ainsi OpenEdition comme domaine stratégique de la recherche et l’innovation. OpenEdition sera doté de 7 millions d’euros sur 8 ans, et construira une bibliothèque internationale pour l’édition en libre accès et les humanités numériques.<br />
Le projet est porté par le Centre pour l’édition électronique ouverte (<a href="http://cleo.cnrs.fr/">Cléo</a>, Marseille, Paris et Lisbonne), en partenariat avec le Centre pour la communication scientifique directe (<a href="http://www.ccsd.cnrs.fr/">CCSD</a>, Lyon), le Laboratoire des sciences de l’information et des systèmes (<a href="http://www.lsis.org/">LSIS-CNRS</a>, Marseille), le Roy Rosenzweig Center for History and New Media (<a href="http://chnm.gmu.edu/">CHNM</a>, Washington) et Open Access Publishing in European Networks (<a href="http://www.oapen.org/">Oapen</a>, La Haye).</p>
<p><a title="OpenEdition équipement d'excellence" href="http://www.openedition.org/10221?lang=fr">Lire la suite…</a></p>
<h2 id="titre">OpenEdition Facility of Excellence Awards (Equipex)</h2>
</blockquote>
<div id="texte">
<blockquote><p>14 February 2012, the <em>Digital Library for Open Humanities</em>(DILOH) received the<a href="http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid59337/71-laureats-pour-la-vague-2-de-l-appel-a-projets-labex.html"> Label Equipex</a> future investment award. The jury and French Higher Education and Research Ministry issued the award in recognition of OpenEdition’s role as a strategic platform for research and innovation. OpenEdition is set to 7 million euros over 8 years, with which it intends to build an online open-access international library for the digital humanities.</p>
<p>The project is backed by the Centre for Open Electronic Publishing (<a href="http://cleo.cnrs.fr/">Cléo</a>, Marseilles, Paris and Lisbon), in partnership with the Centre pour la Communication Scientifique Directe (<a href="http://www.ccsd.cnrs.fr/">CCSD</a>, Lyon), the Laboratoire des Sciences de l’Information et des Systèmes (<a href="http://www.lsis.org/">LSIS-CNRS</a>, Marseille), the Roy Rosenzweig Center for History and New Media (<a href="http://chnm.gmu.edu/">CHNM</a>, Washington) and the Open Access Publishing in European Networks (<a href="http://www.oapen.org/">Oapen</a>, the Hague).</p></blockquote>
</div>
<blockquote><p><a href=" http://www.openedition.org/10221?lang=en">Read…</a></p></blockquote>
<p> </p>
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		<title>Impressions d’automne 1 : Le cas Meredith</title>
		<link>http://blog.homo-numericus.net/article11010.html</link>
		<comments>http://blog.homo-numericus.net/article11010.html#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 28 Jan 2012 22:12:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Mounier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Blogo-numericus]]></category>
		<category><![CDATA[open access]]></category>

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		<description><![CDATA[L’automne dernier, j’ai eu la chance de participer à plusieurs rencontres stimulantes dans le domaine de l’édition électronique, du libre accès et des digital humanities. J’en rendrai compte à travers une série de billets consacrés aux idées, histoires, personnes, projets qui m’ont le plus marqués. Attention, subjectivité assumée. Lorsqu’on se trouve à devoir défendre le libre accès devant un auditoire non spécialisé, lorsqu’il s’agit d’expliquer de manière accessible et marquante pourquoi c’est un mouvement important qui mérite d’être soutenu, il n’est pas toujours évident de trouver les bons arguments. Le bon argument, c’est le magnifique cadeau que Phil Bourne, professeur à l’Université de Californie San Diego a apporté à tous les partisans du libre accès qui assistaient à la conférence Berlin 9  à Bethesda du 9 au 10 novembre dernier. Phil Bourne raconte en effet qu’en tant que rédacteur en chef de la revue Plos Computational Biology, il reçut un jour le manuscrit d’un article particulièrement innovant  sur les questions de modélisation des pandémies qui était proposé par une certaine Meredith. Lorsqu’il voulut discuter de son travail avec l’auteure, c’est à sa grande surprise une lycéenne âgée de 15 ans qui se présenta. Celle-ci avait rédigé son article parce qu’elle [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em><a href="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2012/01/b9-square.png"><img class="alignright size-full wp-image-11021" title="b9-square" src="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2012/01/b9-square.png" alt="" width="210" height="210" /></a>L’automne dernier, j’ai eu la chance de participer à plusieurs rencontres stimulantes dans le domaine de l’édition électronique, du libre accès et des digital humanities. J’en rendrai compte à travers une série de billets consacrés aux idées, histoires, personnes, projets qui m’ont le plus marqués. Attention, subjectivité assumée.<br />
</em></p>
<p>Lorsqu’on se trouve à devoir défendre le libre accès devant un auditoire non spécialisé, lorsqu’il s’agit d’expliquer de manière accessible et marquante pourquoi c’est un mouvement important qui mérite d’être soutenu, il n’est pas toujours évident de trouver les bons arguments. Le bon argument, c’est le magnifique cadeau que Phil Bourne, <a href="http://www.berlin9.org/speakers/#bourne">professeur à l’Université de Californie San Diego</a> a apporté à tous les partisans du libre accès qui assistaient à la <a href="http://www.berlin9.org/">conférence Berlin 9  à Bethesda du 9 au 10 novembre dernier</a>.</p>
<p><a href="http://msrworkshop.tumblr.com/post/11854436776">Phil Bourne raconte</a> en effet qu’en tant que rédacteur en chef de la revue <a href="http://www.ploscompbiol.org/home.action"><em>Plos Computational Biology</em>,</a> il reçut un jour le manuscrit d’un article particulièrement innovant  sur les questions de modélisation des pandémies qui était proposé par une certaine Meredith. Lorsqu’il voulut discuter de son travail avec l’auteure, c’est à sa grande surprise une lycéenne âgée de 15 ans qui se présenta. Celle-ci avait rédigé son article parce qu’elle s’était passionnée pour le sujet à la suite d’une fête de la science. Elle s’était alors renseignée en utilisant <em>Wikipedia</em> puis la littérature spécialisée en libre accès. Enfin, pour établir son modèle, elle avait demandé et obtenu du temps de calcul sur les ordinateurs du San Diego Supercomputer Center ainsi que l’accès à des bases de données.</p>
<p>Après avoir ren<a href="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2012/01/Phil_E_Bourne.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-11014" title="Phil_E_Bourne" src="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2012/01/Phil_E_Bourne-199x300.jpg" alt="" width="199" height="300" /></a>contré Meredith, Bourne lui conseilla de soumettre son article à la revue <em>Science</em> et l’invita à présenter son travail dans un séminaire de son laboratoire. Pour lui, le « cas Meredith » est une illustration d’un phénomène qu’il qualifie de  » lecteur inattendu » (<em>unexpected reader</em>) : lorsqu’une information est publiée, que ce soit des données ou un article de revue, même si l’auteur et l’éditeur ont un lectorat cible en vue (ici les collègues et étudiants spécialisés), il existe probablement quelque part un « lecteur inattendu » qui pourrait en tirer profit et en faire son miel pour créer quelque chose à son tour ou apporter sa pierre à l’édifice. Le phénomène du lecteur inattendu est un puissant argument en faveur du libre accès  car il montre que les modèles de diffusion en accès restreint, en réservant l’information aux seules personnes autorisées, en diminuent la fécondité potentielle.</p>
<p>Plus encore, l’histoire des sciences et des techniques montre que pour une bonne part, les innovations et ruptures qui conduisent à un renouvellement profond d’un domaine viennent d’acteurs marginaux, qui, parce qu’ils ne sont pas tenus et n’ont pas d’intérêt à la reproduction des modèles établis, peuvent avancer des propositions alternatives radicales qui permettent de changer de paradigme. Le seul moyen de préserver des chances pour l’avènement de telles innovations futures, est de miser sur une ouverture complète de la dissémination de l’information, à l’image de la devise « Je sème à tout vent » que Pierre Larousse choisit au XIXe siècle pour son célèbre dictionnaire<a href="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2012/01/larousse.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-11015" title="Larousse" src="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2012/01/larousse-283x300.jpg" alt="" width="283" height="300" /></a>.</p>
<p>Le cas Meredith est une confirmation de la justesse de l’engagement d’<a href="http://www.openedition.org">OpenEdition</a> pour le libre accès ; en particulier à travers son modèle économique innovant <a href="http://www.openedition.org/8873?lang=fr">OpenEdition freemium</a>. Pour chaque nouvel article, nouveau livre, nouveau billet de blog que j’y vois « libéré » et diffusé sans restriction,  j’aime à m’imaginer quelque Meredith inconnue derrière son écran, jeune étudiante, activiste engagée ou chercheuse confirmée, entrepreneuse ou future leader politique — pourquoi pas ? — à Poitiers, Nantes ou Marseille, à Toronto, Rio ou Beyrouth, enthousiasmée, illuminée ou destabilisée par ce qu’elle parcourt des yeux, et qui est peut être en train de faire la rencontre de sa vie, de ces rencontres qui mettent ceux qui ont la chance de les faire sur la voie de réalisations exceptionnelles. Il y a beaucoup d’excellentes raisons qui justifient qu’on défende le libre accès. Mais toutes ces raisons dussent-elles être démenties, la jeune Meredith seule suffit à me donner l’énergie dont j’ai besoin pour servir dans la mesure de mes moyens cette magnifique idée.</p>
<p>L’exposé de Ph. Bourne a fait l’objet d’un <a href="http://blogs.library.duke.edu/scholcomm/2011/11/15/the-unexpected-reader/">compte rendu par K. Smith dans son blog</a>.</p>
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		<title>Le comité d’éthique du CNRS se prononce pour le libre accès et dresse un portrait édifiant du secteur de l’édition scientifique</title>
		<link>http://blog.homo-numericus.net/article10981.html</link>
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		<pubDate>Thu, 22 Dec 2011 11:53:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marin Dacos</dc:creator>
				<category><![CDATA[Édition électronique]]></category>
		<category><![CDATA[open access]]></category>
		<category><![CDATA[Universités et recherche]]></category>

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		<description><![CDATA[Le CNRS dispose d’un Comité d’éthique (COMETS) qui émet des avis sur des questions aussi importantes et complexes que : Les aspects éthiques de la controverse sur le changement climatique : avis (30 juin 2011 — pdf), résumé (pdf) Aspects éthiques du financement public de la recherche sur projet : avis (28 juin 2010 — pdf 235 ko), autosaisine (septembre 2008 — pdf 19 ko) Ethique de la recherche dans l’expérimentation sociale : avis (19 janvier 2010 — pdf 158 ko) En juin 2011, le COMETS a publié un avis sur les relations entre chercheurs et maisons d’édition scientifique (30 juin 2011 — pdf, résumé  — pdf). Cet avis «  se propose d’analyser quelques-uns des problèmes actuellement rencontrés par les chercheurs dans leurs relations avec les maisons d’édition scientifiques, d’en étudier les conséquences et d’envisager des mesures qui pourraient être prises pour y remédier.  » Ce rapport rappelle les fonctions majeures de l’édition dans le processus scientifique: enregistrement, validation par les pairs, valorisation, diffusion et archivage. Ces éléments constituent le point aval de l’ensemble du processus de recherche et sont le coeur de problèmes d’ordre juridiques, éthiques et heuristiques. Le problème de la cession des droits par les auteurs L’avis mentionne le [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Le CNRS dispose d’un Comité d’éthique (COMETS) qui émet des <a href="http://www.cnrs.fr/fr/organisme/ethique/comets/avis.htm">avis</a> sur des questions aussi importantes et complexes que :</p>
<ul>
<li>Les aspects éthiques de la controverse sur le changement climatique : avis (30 juin 2011 — <a href="http://www.cnrs.fr/fr/organisme/ethique/comets/docs/avis_Ethique-controverse-climat.pdf" target="_blank">pdf</a>), résumé (<a href="http://www.cnrs.fr/fr/organisme/ethique/comets/docs/avis_Ethique-controverse-climat_res.pdf" target="_blank">pdf</a>)</li>
<li>Aspects éthiques du financement public de la recherche sur projet : avis (28 juin 2010 — <a href="http://www.cnrs.fr/fr/organisme/ethique/comets/docs/avisIncitation.pdf" target="_blank">pdf</a> 235 ko), autosaisine (septembre 2008 — <a href="http://www.cnrs.fr/fr/organisme/ethique/comets/docs/autosaisineIncitation.pdf" target="_blank">pdf</a> 19 ko)</li>
<li>Ethique de la recherche dans l’expérimentation sociale : avis (19 janvier 2010 — <a href="http://www.cnrs.fr/fr/organisme/ethique/comets/docs/experimentation-sociale-20100119.pdf" target="_blank">pdf</a> 158 ko)</li>
</ul>
<p>En juin 2011, le COMETS a publié un avis sur les relations entre chercheurs et maisons d’édition scientifique (30 juin 2011 — <a href="http://www.cnrs.fr/fr/organisme/ethique/comets/docs/avis_Relations-chercheurs-maisons-edition.pdf" target="_blank">pdf</a>, résumé  — <a href="http://www.cnrs.fr/fr/organisme/ethique/comets/docs/avis_Relations-chercheurs-maisons-edition_res.pdf" target="_blank">pdf</a>). Cet avis « <em> se propose d’analyser quelques-uns des problèmes actuellement rencontrés par les chercheurs dans leurs relations avec les maisons d’édition scientifiques, d’en étudier les conséquences et d’envisager des mesures qui pourraient être prises pour y remédier. </em> »</p>
<p>Ce rapport rappelle les fonctions majeures de l’édition dans le processus scientifique: enregistrement, validation par les pairs, valorisation, diffusion et archivage. Ces éléments constituent le point aval de l’ensemble du processus de recherche et sont le coeur de problèmes d’ordre juridiques, éthiques et heuristiques.</p>
<h1>Le problème de la cession des droits par les auteurs</h1>
<p>L’avis mentionne le problème des cessions exclusives de droits aux éditeurs : « l’auteur est <em>a priori</em> passible de poursuites s’il met l’article, dont il est l’auteur, sur son site Web ou sur celui de son laboratoire, une pratique pourtant courante, qu’il semble souhaitable de soutenir. »</p>
<p>L’avis ajoute que « <strong> la pratique actuelle du droit d’auteur (…) n’encourage pas de façon évidente la créativité</strong>. » Il va plus loin, en mentionnant le problème de la « position dominante » de certains éditeurs grâce à certains titres considérés comme majeurs. Regrettant l’absence d’aide « <em> aux chercheurs dans la négociation de leurs contrats avec les maisons d’édition </em> », le COMETS insiste surtout sur la nécessité d’une la plus grande circulation des idées et des résultats de la recherche.</p>
<h1>La cession d’une idée est un jeu à somme positive</h1>
<p>Insistant sur le caractère cumulatif et collectif du savoir (« <em> Chaque génération de chercheurs s’appuie sur le savoir des générations précédentes et sur les recherches effectuées dans tous les pays </em> »), le COMETS met en évidence les caractères spécifiques des productions intellectuelles des scientifiques, quelle que soit leur discipline :</p>
<blockquote><p>« quand on donne une pomme on la perd, mais quand on donne une idée, on la garde, tout en en faisant bénéficier d’autres le plus largement possible. Ainsi la cession d’une pomme est-elle un “jeu à somme nulle” (selon la terminologie de Fernand Braudel) tandis que la cession d’une idée est un “jeu à somme positive” « .</p></blockquote>
<p>C’est là qu’intervient la notion de <strong>biens non rivaux</strong>. Cette notion n’est pas utilisée explicitement par l’avis, mais elle sous-tend l’ensemble de l’argumentation du Comité : les caractéristiques des idées et des documents numériques sont très proches. En effet, transmettre à quelqu’un une idée, ou un document numérique, n’en dépossède pas son propriétaire, alors que c’était le cas pour les biens analogiques (le livre papier étant l’idéal-type des biens analogiques dans le secteur des idées).</p>
<h1>Un secteur à la rentabilité commerciale excessive</h1>
<p>Paradoxalement, l’entrée dans le monde numérique a favorisé l’apparition d’un oligopole plaçant les bibliothèques devant une situation bloquée :</p>
<blockquote><p>C’est dans ce contexte que certaines maisons d’édition scientifique commerciales ont progressivement pris le contrôle des échanges académiques. Cette évolution s’est accélérée lors de la dernière décennie depuis que des investisseurs financiers se sont aperçus du caractère “inélastique” du marché de l’édition scientifique (les clients continuent à acheter même si les prix augmentent) de par le caractère non substituable des produits échangés. Cette concentration a été facilitée par la transition aux moyens électroniques de diffusion, qui ont d’abord bouleversé l’industrie de l’impression, nécessitant une reconversion du personnel et des investissements importants. Pour ceux qui ont pu franchir ce pas et qui parviennent à susciter et à tirer parti des progrès technologiques, si le coût marginal de la mise en ligne est négligeable, il reste les coûts d’exploitation de la plate-forme informatique ainsi que sa mise à jour permanente et aussi de promotion, coûts dont la pertinence est souvent discutée. Certaines maisons d’édition commerciales parviennent tout de même à <strong>des taux de rentabilité supérieurs à 35 %,</strong> une situation exceptionnelle pour un secteur économique où est censé régner la concurrence et qui conduit à s’interroger sur les prix pratiqués.</p></blockquote>
<p>Le Comité d’éthique ne se prononçant pas sur des cas particuliers, il ne cite pas Elsevier, mais c’est bien de lui et de ses équivalents qu’il s’agit. Allons au terme du raisonnement. Avec un chiffre d’affaires tournant autour 5 milliards d’euros<sup><a href="http://blog.homo-numericus.net/article10981.html#footnote_0_10981" id="identifier_0_10981" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Source : Livres hebdo - http://www.actualitte.com/actualite/monde-edition/economie/classement-mondial-de-l-edition-et-les-petits-francais-ils-sont-ou-19734.htm ">1</a></sup>, Elsevier est un géant de l’édition. Son chiffre d’affaire est significativement plus élevé que celui d’Hachette Livres. Or, Elsevier fait état de bénéfices tournant autour de 25 à 30% (après salaires, dont on sait qu’ils ne sont pas ridicules). Ces taux sont proches de ceux de Microsoft, qui est dans une situation de quasi-monopole sur son marché.</p>
<h1>Des marges de manoeuvre considérables</h1>
<p>Ainsi, la recherche mondiale pourrait économiser plus d’1,6 milliard d’euros par an avec le seul Elsevier.  Dans la mesure où d’autres éditeurs privés sont dans des situations proches du point de vue de leur marge bénéficiaire, on constate qu’il serait possible de dégager plusieurs milliards de dollars d’économies pour les puissances publiques occidentales.</p>
<p>Le Comité insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas, pour autant, de contester la légitimité du travail d’édition et sa nécessaire rémunération : « <em> La rétribution des services ainsi rendus n’est pas contestée par les utilisateurs, qu’ils soient chercheurs ou bibliothécaires </em> ». En effet, le métier d’éditeur n’a sans doute jamais été aussi indispensable pour structurer  la production de savoir, qui n’a jamais été aussi massive et complexe.</p>
<p>Le Comité met l’accent sur la dimension inélastique du marché de l’édition scientifique, et sur l’incapacité du secteur public à faire face à des pratiques contraires aux intérêts collectifs de la part des éditeurs dominant le marché :</p>
<blockquote><p>Pour appuyer ces remarques nous citerons les conseils donnés, il y a quelques années, par la firme <em>Morgan Stanley</em> à ses investisseurs : <em>“The scientific journal business is characterised by relatively inelastic demand, with individual journals generally having a strong following within their particular niche […] The niche nature of the market and the rapid growth in the budgets of academic libraries have combined to make scientific publishing the fastest growing sub-sector of the media industry over the last 15 years” (Paul Gooden, Matthew Owen, Sarah Simon and Louise Singlehurst, Scientific Publishing: Knowledge is Power, Morgan Stanley, Equity Research Europe, 30 September 2002)</em>. La situation n’a pas vraiment changé mais pourrait changer brusquement dans un avenir proche comme on peut le lire dans l’article <em>“Academic Publishing: Of Goats and Headaches” (The Economist</em>, 26 mai 2011), dont le sous-titre est <em>“One of the best media business is also one of the most resented”</em>.</p></blockquote>
<h1>Pour une redistribution des cartes dans le secteur de l’édition scientifique</h1>
<p>Fort de ce constat, le Comité appelle à une redistribution des cartes dans ce secteur :</p>
<blockquote><p>« Les difficultés rencontrées par de nombreuses institutions scientifiques lors de la négociation des abonnements numériques illustrent bien le fait qu’il devient urgent de <strong>mettre au point de nouvelles pratiques en matière de diffusion des résultats scientifiques</strong>. »</p></blockquote>
<p>Pour cela, le Comité d’éthique émet cinq recommandations qui sont citées intégralement en annexe de ce billet.  Nous retiendrons ici les deux dernières:</p>
<p>- recommandation n°4 : nécessité d’une intervention publique pour permettre « <strong> l’émergence de modèles économiques permettant à des entités, dont les pratiques seraient en accord avec la mission de leurs chercheurs, d’exister face à d’autres opérateurs beaucoup plus puissants financièrement </strong> »</p>
<p>- recommandation n°5 : considérer le savoir scientifique comme « <strong> un patrimoine commun (<em>commons</em>) de l’humanité </strong> », ce qui doit pousser<strong> au libre accès,</strong> dans les délais les plus courts possibles.</p>
<p>C’est le moment. Au travail!</p>
<p style="text-align: right;">Marin Dacos</p>
<p> </p>
<h1><strong>Les recommandations du Comité d’éthique du CNRS</strong></h1>
<blockquote><p><strong>1.</strong> Le CNRS devrait éclairer les chercheurs de ses laboratoires sur la situation juridique dans laquelle ils se trouvent lorsqu’ils publient un article dans une revue. Si le CNRS n’est aucunement impliqué dans la cession du droit d’auteur à une maison d’édition, puisque qu’il ne partage pas le droit d’auteur des chercheurs, il doit les aider à préserver leurs droits et à ne pas s’exposer à des risques juridiques. Dans le cadre de l’élaboration de cet avis, une demande de note de cadrage a été faite à ce propos au service juridique du CNRS.</p>
<p><strong>2.</strong> Le CNRS devrait recommander de faire ajouter dans le contrat de cession des droits une clause sur la libre disposition des articles à des fins non commerciales sur le site des chercheurs sur la toile et sur les sites d’archives publiques. Pourrait être explorée la possibilité de créer un groupement européen d’intérêt économique (GEIE), entité morale reconnue en droit européen (<em>cf.</em> règlement CEE 2137/85 du Conseil du 25 juillet 1985), dont les chercheurs et leurs institutions, CNRS entre autres, seraient membres et qui pourrait être mandataire d’un droit de diffusion sans faire payer de droit d’accès, et à terme pouvoir représenter les chercheurs pour défendre leurs droits.</p>
<p><strong>3.</strong> Lors de négociations avec les maisons d’édition pour l’achat de l’accès aux revues, aussi bien sous forme papier que sous forme électronique, il est impératif que les bibliothécaires, souvent regroupés dans des réseaux centralisant les achats, bénéficient des conseils de juristes connaissant bien la pratique en matière de droit commercial et de droit d’auteur, aussi bien français qu’étranger. Le CNRS doit y pourvoir en ce qui concerne ses laboratoires et ses réseaux. Par ailleurs il est souhaitable que des représentants des chercheurs soient associés à la préparation de ces négociations.</p>
<p><strong>4.</strong> Les dysfonctionnements mis en évidence dans cet avis proviennent du fait que le marché de l’édition scientifique est passé depuis quelques années dans de nombreuses disciplines sous le contrôle, soit de sociétés commerciales, soit de sociétés savantes qui souvent utilisent les revues qu’elles publient pour financer d’autres activités moins lucratives. Il serait souhaitable que des organismes publics, tel le CNRS, interviennent pour <strong>permettre l’émergence de modèles économiques permettant à des entités, dont les pratiques seraient en accord avec la mission de leurs chercheurs, d’exister face à d’autres opérateurs beaucoup plus puissants financièrement</strong>. Il y va du bon fonctionnement de leurs installations scientifiques, dont les centres de documentation et de stockage de données.</p>
<p><strong>5.</strong> Le savoir scientifique se constitue grâce aux financements publics et se diffuse par les publications qui en résultent. Il devrait dès lors être considéré comme <strong>un patrimoine commun (<em>commons</em>) de l’humanité</strong>. A ce titre, il devrait rester librement accessible à chacun, au bout d’un temps aussi court que possible, ceci pour le bénéfice de l’avancement des connaissances et la formation de nouvelles générations de scientifiques. Là encore les efforts faits au niveau de certaines communautés scientifiques pour garantir l’accès sans restriction aux archives scientifiques doivent être relayés par les institutions publiques, dont le CNRS.</p></blockquote>
<p> </p>
<p> </p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_10981" class="footnote">Source : Livres hebdo — <a href="http://www.actualitte.com/actualite/monde-edition/economie/classement-mondial-de-l-edition-et-les-petits-francais-ils-sont-ou-19734.htm">http://www.actualitte.com/actualite/monde-edition/economie/classement-mondial-de-l-edition-et-les-petits-francais-ils-sont-ou-19734.htm</a> </li></ol>]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Open Access in Berlin !</title>
		<link>http://blog.homo-numericus.net/article10959.html</link>
		<comments>http://blog.homo-numericus.net/article10959.html#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 26 Sep 2011 08:17:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Mounier</dc:creator>
				<category><![CDATA[open access]]></category>

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		<description><![CDATA[Cette semaine, je suis à Berlin pour la session 2011 des Scholarly Publishing Conferences organisées par le Public Knowledge Project. Le PKP est un consortium porté par l’Université Simon Fraser à Vancouver au Canada, qui a pour objectif d’aider les communautés scientifiques à diffuser leurs publications en libre accès. Ils ont développé toute une palette d’outils très simples d’utilisation, distribués sous licence libre, comme Open Journal System (un CMS pour les revues scientifiques), Open Conference System (même chose, mais pour les colloques), Lemon8 (un convertisseur de documents), et, tout récemment, Open Monograph Press, une chaîne de production de livres électroniques pour les presses universitaires. La conférence de Berlin sera pour moi l’occasion de mieux connaître ce dernier logiciel encore dans la forge et qui fera l’objet d’une présentation publique dès le premier jour. J’aurai pour ma part la possibilité de présenter notre offre OpenEdition freemium aux participants. J’essaierai en particulier de montrer que le freemium tel que le conçoit le Cléo est une piste intéressante pour le financement de la voie dorée du libre accès (ie les revues et les livres diffusés en libre accès, par opposition à la voie verte qui concerne les archives ouvertes) et constitue surtout une [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_10963" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2011/09/freie.jpg"><img class="size-medium wp-image-10963" title="Cette année la pkp conference se déroule  à la Freie Universität de Berlin" src="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2011/09/freie-300x143.jpg" alt="Cette année la pkp conference se déroule  à la Freie Universität de Berlin" width="300" height="143" /></a><p class="wp-caption-text">Cette année la pkp conference se déroule à la Freie Universität de Berlin</p></div>
<p>Cette semaine, je suis à Berlin pour la <a href="http://pkp.sfu.ca/ocs/pkp/index.php/pkp2011/pkp2011">session 2011 des Scholarly Publishing Conferences</a> organisées par le<a href="http://pkp.sfu.ca/"> Public Knowledge Project</a>. Le PKP est un consortium porté par l’Université Simon Fraser à Vancouver au Canada, qui a pour objectif d’aider les communautés scientifiques à diffuser leurs publications en libre accès. Ils ont développé toute une palette d’outils très simples d’utilisation, distribués sous licence libre, comme Open Journal System (un CMS pour les revues scientifiques), Open Conference System (même chose, mais pour les colloques), Lemon8 (un convertisseur de documents), et, tout récemment, Open Monograph Press, une chaîne de production de livres électroniques pour les presses universitaires.</p>
<p>La conférence de Berlin sera pour moi l’occasion de mieux connaître ce dernier logiciel encore dans la forge et qui fera l’objet d’une présentation publique dès le premier jour. J’aurai pour ma part la possibilité de présenter notre offre <a href="http://www.openedition.org/8873">OpenEdition freemium</a> aux participants. J’essaierai en particulier de montrer que le freemium tel que le conçoit le Cléo est une piste intéressante pour le financement de la voie dorée du libre accès (ie les revues et les livres diffusés en libre accès, par opposition à la voie verte qui concerne les archives ouvertes) et constitue surtout une alternative au modèle auteur-payeur qui est en train de se généraliser et est aujourd’hui utilisé par les acteurs commerciaux dominants pour contrer le développement du libre accès.</p>
<p>Je ne pense pas que la PKP Conference ait la portée politique  des Conférences Berlin, celle de cette année, <a href="http://www.berlin9.org/">Berlin 9</a>, se déroulant dans quelques semaines à Washington (donc si je me résume, cette année la conférence de Vancouver se déroule à Berlin et celle de Berlin à Washington ; vous suivez ?).  Malgré tout, le programme est très alléchant.  Voici les premières interventions qui ont excité ma curiosité et auxquelles j’assisterai :</p>
<p><a href="http://pkp.sfu.ca/ocs/pkp/index.php/pkp2011/index/pages/view/ojsintro">OJS Workshop </a>(une présentation des fonctionnalités d’OJS, toujours utile ; je pourrai sans doute découvrir quelques astuces qui m’auraient échappé)</p>
<p><a href="http://pkp.sfu.ca/ocs/pkp/index.php/pkp2011/index/pages/view/omp">OMP Workshop</a> ( autrement appelé le « Tadaa ! workshop ». Je découvrirai donc cet outil prometteur et rendrai compte de ce que j’y ai appris)</p>
<p>Je ne manquerai évidemment la Keynote de John Willinsky, <a href="http://pkp.sfu.ca/ocs/pkp/index.php/pkp2011/pkp2011/paper/view/333">The Intellectual Properties of Learning, Part II: The Medieval Monastic Legacy</a> (J. Willinsky est le fondateur de PKP et une figure importante et visionnaire du mouvement pour le libre accès)</p>
<p>Demain, j’entendrai Eelco Ferwerda (OAPEN Foundation), <a href="http://pkp.sfu.ca/ocs/pkp/index.php/pkp2011/pkp2011/paper/view/334">Open Access for Books</a> et Sigi Jottkandt (Open Humanities Press), <a href="http://pkp.sfu.ca/ocs/pkp/index.php/pkp2011/pkp2011/paper/view/327">On Approaching Orbis Tertius: Open Humanities Press</a>  qui portent deux initiatives très intéressantes de publication en libre accès de livres de sciences humaines et sociales. C’est quand même un vrai plaisir de voir que le récent basculement des livres vers le numérique n’a pas laissé en retard les partisans du libre accès qui se portent sur ce secteur avec autant de dynamisme que pour les revues.</p>
<p>Ensuite, je ne manquerai pas une présentation qui s’annonce passionnante d’un certain Pierre Mounier sur le  <a href="http://pkp.sfu.ca/ocs/pkp/index.php/pkp2011/pkp2011/paper/view/285">Freemium as a sustainable economic model for Open Access publications in the humanities and social sciences</a> <img src='http://blog.homo-numericus.net/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';-)' class='wp-smiley' /> </p>
<p>Pour la suite, je n’ai pas encore totalement fait mon choix. Il y a énormément de présentations en parallèle et je sens la frustration de ne pas avoir le don d’ubiquité commencer à poindre. J’irai en tout cas aux quatre plénières, d’Anurag Acharya (Google Scholar), <a href="http://pkp.sfu.ca/ocs/pkp/index.php/pkp2011/pkp2011/paper/view/329">Google Scholar: The Adventure Continues</a>, de Ray Siemens (Electronic Textual Cultures Lab, University of Victoria), <a href="http://pkp.sfu.ca/ocs/pkp/index.php/pkp2011/pkp2011/paper/view/332">Interventions in the Confluence of Open Access and Social Engagement</a>, de Lars Björnshauge (SPARC Europe), <a href="http://pkp.sfu.ca/ocs/pkp/index.php/pkp2011/pkp2011/paper/view/336">We have won the argument about Open Access – now we have to bring things together and make it work!</a> et de Gustavo E. Fischman (Arizona State University), <a href="http://pkp.sfu.ca/ocs/pkp/index.php/pkp2011/pkp2011/paper/view/328">Transforming the invisible visibility of Latin America’s Scholarly Work: The Good, the Ugly and the Challenging</a></p>
<p>J’essaierai de faire passer le maximum d’informations sur ce que j’entendrai ici à Berlin, via Twitter (@piotrr70 #pkp2011) et ce blog.</p>
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		<title>Deuxième Université d’été de l’édition électronique ouverte : c’est parti !</title>
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		<pubDate>Sat, 10 Sep 2011 11:24:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Mounier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Édition électronique]]></category>
		<category><![CDATA[Universités et recherche]]></category>

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		<description><![CDATA[Cela fait plusieurs mois qu’on y travaille en tâche de fond et ces dernières semaines, le fond est remonté à la surface avec une finalisation de préparation plutôt fébrile. Mais ça y est, nous sommes prêts à accueillir lundi les cent et quelques inscrits à notre Deuxième Université d’été à Marseille, sur le campus Saint Charles de l’Université de Provence : les salles sont réservées,  les intervenants sont en route, les petits plats mijotent, le wifi et les prises électriques seront au rendez-vous, les sacs d’accueil –vert pomme — pour les stagiaires remplis de goodies, l’équipe du Cléo est gonflée à bloc pour accueillir tout le monde. Qu’allons nous faire tout au long de cette semaine ? Nous allons construire une communauté éphémère de 150 personnes (participants, intervenants et équipe) qui se rassemblent pour apprendre, réfléchir, échanger ensemble pendant une semaine sur tous les aspects de l’édition électronique. Il s’agit d’une université d’été ; c’est le seul dispositif qui permet de « croiser » : croiser les gens (qui viennent de tous les métiers concernés : chercheurs, éditeurs, informaticiens, documentalistes et bibliothécaires), croiser les thématiques (juridique, technique, économique, scientifique), croiser les approches (conférences, cours de deux heures, ateliers, événements sociaux) pour activer [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Cela fait plusieurs mois qu’on y travaille en tâche de fond et ces dernières semaines, le fond est remonté à la surface avec une finalisation de préparation plutôt fébrile. Mais ça y est, nous sommes prêts à accueillir lundi les cent et quelques inscrits à notre <a href="http://leo.hypotheses.org/7153">Deuxième Université d’été à Marseille</a>, sur le campus Saint Charles de l’Université de Provence : les salles sont réservées,  les intervenants sont en route, les petits plats mijotent, le wifi et les prises électriques seront au rendez-vous, les sacs d’accueil –vert pomme — pour les</p>
<div class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><img class=" " title="Robe rouge et sac vert" src="http://farm7.static.flickr.com/6088/6130248799_0a9f692ec2.jpg" alt="Robe rouge et sac vert" width="300" height="200" /><p class="wp-caption-text">Rouge cerise et vert pomme</p></div>
<p>stagiaires remplis de goodies, l’équipe du Cléo est gonflée à bloc pour accueillir tout le monde.</p>
<p>Qu’allons nous faire tout au long de cette semaine ? Nous allons construire une communauté éphémère de 150 personnes (participants, intervenants et équipe) qui se rassemblent pour apprendre, réfléchir, échanger ensemble pendant une semaine sur tous les aspects de l’édition électronique. Il s’agit d’une université d’été ; c’est le seul dispositif qui permet de « croiser » : croiser les gens (qui viennent de tous les métiers concernés : chercheurs, éditeurs, informaticiens, documentalistes et bibliothécaires), croiser les thématiques (juridique, technique, économique, scientifique), croiser les approches (conférences, cours de deux heures, ateliers, événements sociaux) pour activer le bouillon de culture au sein duquel les idées circulent.</p>
<p>Cette année, nous avons un peu modifié notre formule en introduisant quelques innovations : tout d’abord, les ateliers sont ressérés, plus court, donc plus nombreux et plus nerveux : pas moins de 17 ateliers différents sont proposés : outre les formations que nous proposons à nos propres plateformes (<a href="http://openedition.org">OpenEdition</a>, Lodel pour Revues.org, WordPress pour Hypothèses ou le webservice de Calenda), nous avons demandé à des spécialistes de venir animer des ateliers sur des sujets aussi pointus que la veille thématique sur Internet, la XML TEI pour l’édition, l’optimisation des données pour Isidore, la conservation du patrimoine scientifique avec Persée, l’enrichissement automatique des métadonnées, les outils de développement d’une « lecture sociale » ou encore l’édition de livres au format Epub.</p>
<div class="wp-caption alignleft" style="width: 250px"><img title="Goodies" src="http://farm7.static.flickr.com/6192/6130770068_9c3c631e34_m.jpg" alt="Goodies" width="240" height="160" /><p class="wp-caption-text">Goodies</p></div>
<p>Autre nouveauté, de taille, nous commençons à introduire une dose d’internationalisation dans notre dispositif : nous avons demandé à quatre experts reconnus de venir faire un cours ou une conférence sur leur sujet de prédilection : il s’agit de<a href="http://leo.hypotheses.org/7289"> Chris Meade</a> qui dirige l’Institute for the Future of the Book à Londres, de <a href="http://leo.hypotheses.org/6589">Janneke Adema</a>, jeune chercheuse britannique elle aussi qui a réalisé une étude très intéressante sur l’édition de livres électroniques de sciences humaines et libre accès, de <a href="http://oep.hypotheses.org/504">Cornelius Puschman</a>, jeune chercheur allemand, organisateur du ThatCamp Cologne l’année dernière et spécialiste des réseaux sociaux scientifiques, et enfin d<a href="http://leo.hypotheses.org/6691">’Octavio Kulesz</a>, éditeur argentin qui a réalisé une passionnante étude sur l’édition électronique dans les pays du sud.<a href="http://twitter.com/#!/GuyTeasdale"> Guy Teasdale</a> viendra pour sa part du Canada pour nous parler de la situation du libre accès dans son pays. Il est responsable de tout ce qui concerne le numérique à la bibliothèque de l’Université Laval. Par ces invitations, nous cherchons là encore à croiser les perspectives, à resituer notre expérience dans un contexte plus large, ce qui implique un effort particulier (linguistique en particulier, plusieurs cours sont en anglais). Nous espérons beaucoup de cette évolution qui, si elle est un succès, nous encouragera à accentuer cet aspect pour les prochaines éditions.</p>
<div class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><img class="  " title="&quot;Nous attaquerons par là&quot;" src="http://farm7.static.flickr.com/6063/6130793660_bfb1b9d759.jpg" alt="&quot;Nous attaquerons par là&quot;" width="300" height="200" /><p class="wp-caption-text">« Nous attaquerons par là »</p></div>
<p>Mais que serait l’Université d’été sans ses hapennings ? Outre le bookcamp suivi d’un pique nique du mardi soir et la sortie en mer du mercredi (une nouveauté là aussi), nous invitons Alain Pierrot et Samuel Petit à venir présenter et<a href="http://leo.hypotheses.org/7338"> lancer leur nouvel institut if:lire vendredi soir en conclusion de l’Université d’été. Nous avons organisé une conférence publique à la bibliothèque de l’Alcazar (tous les renseignements ici), ouverte à tous. </a></p>
<p>Il y a deux ans, la secte drupalienne avait hacké l’Université d’été. Cette année, j’ai le sentiment que les <a href="http://twitter.com/#!/ndelavergne">gazouilleurs virtuels</a> nous préparent quelque chose au cours de la semaine. A suivre.</p>
<p>Je ne veux pas terminer sans parler du partenariat que nous avons conclu avec l’éditeur <a href="http://publie.net">Publie.net</a> à cette occasion. Non seulement François Bon nous fait l’amitié d’intervenir dans notre Université d’été, mais en plus il offre onze livres électroniques personnalisés issus du catalogue de Publie.net à l’ensemble des participants ! Ceux-ci les trouveront lundi dans leur sac à surprises sur une clé USB, mais pas n’importe quelle clé : il s’agit de la Framakey proposée par <a href="http://www.framasoft.net">Framasoft</a>, la célèbre association de promotion du logiciel libre. Cette clé est lourde de symbole pour moi : elle fusionne dans un objet matériel l’association du logiciel libre et de l’édition numérique de qualité, c’est-à-dire, très exactement, l’ADN du <a href="http://cleo.cnrs.fr">Centre pour l’édition électronique ouverte</a> : le Cléo.</p>
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		<title>Un pique-nique pour les pirates</title>
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		<pubDate>Sat, 03 Sep 2011 21:58:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Mounier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Blogo-numericus]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Demain dimanche le Parti Pirate organise des pique-niques dans plusieurs régions de France pour lancer la préparation de la campagne pour les élections législatives de juin 2012.  Je viendrai pour ma part en famille à celui qui se déroule à Paris, Place des Vosges à midi. Ce sera pour moi l’occasion de mieux connaître et rencontrer les membres de ce mouvement que j’ai rejoint récemment. Deux éléments ont déterminé mon ralliement après moult hésitations. C’est d’abord le constat de la faiblesse du programme numérique des principaux partis d’opposition pour les échéances électorales à venir. Certes, ce programme existe bien, mais le moins qu’on puisse dire est qu’il n’est pas véritablement porté par les différents candidats putatifs. Bref, les questions du partage des biens culturels, de la protection de la vie privée (contre la menace que représente l’Etat surtout), de la régulation d’Internet et en particulier de la liberté d’expression sur les réseaux, mais aussi de la banalisation de la biométrie, parmi d’autres resteront très marginales voire seront inexistantes dans le débat présidentiel, c’est une évidence. Je crois donc à la nécessité d’une force politique spécialisée qui porte ces questions dans le débat public exactement comme les Verts ont porté la problématique [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2011/09/logo.jpg"><br />
</a>Demain dimanche <a href="http://www.partipirate.org/blog/index.php">le Parti Pirate</a> organise des pique-niques dans plusieurs régions de France pour lancer la préparation de la campagne pour les élections législatives de juin 2012.  Je viendrai pour ma part en famille à celui qui se déroule à Paris, <a href="http://forum.partipirate.org/irl/piquenique-pirate-paris-t6485.html">Place des Vosges à midi</a>. Ce sera pour moi l’occasion de mieux connaître et rencontrer les membres de ce mouvement que j’ai rejoint récemment. Deux éléments ont déterminé mon ralliement après moult hésitations.</p>
<p>C’est d’abord le constat de la faiblesse du programme numérique des principaux partis d’opposition pour les échéances électorales à venir.</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-10946" style="border-style: initial; border-color: initial;" title="logo" src="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2011/09/logo.jpg" alt="" width="250" height="250" /></p>
<p>Certes, ce programme existe bien, mais le moins qu’on puisse dire est qu’il n’est pas véritablement porté par les différents candidats putatifs. Bref, les questions du partage des biens culturels, de la protection de la vie privée (contre la menace que représente l’Etat surtout), de la régulation d’Internet et en particulier de la liberté d’expression sur les réseaux, mais aussi de la banalisation de la biométrie, parmi d’autres resteront très marginales voire seront inexistantes dans le débat présidentiel, c’est une évidence. Je crois donc à la nécessité d’une force politique spécialisée qui porte ces questions dans le débat public exactement comme les Verts ont porté la problématique éconologique dans le débat politique il y a vingt ou trente ans, avant que tout le monde s’en empare.</p>
<p>Mais il y a une autre raison qui explique cet engagement. Il m’apparaît de plus en plus que si les technologies numériques impactent l’ensemble des secteurs d’activité dans toutes ses dimensions — et c’est le postulat sur lequel <em><a href="http://homo-numericus.net/article7.html">Homo Numericus</a></em> a été construit, alors il est nécessaire qu’émergent des propositions politiques articulées qui soient adaptées au nouveau contexte global. Autrement dit, la société change à tous les niveaux ; les relations que les gens établissent entre eux, le rapport que les individus établissent avec le collectif, dans tous les domaines, est en train de changer. Or, je suis absolument effaré de constater à quel point notre système politique, et la classe politique qui l’entretient, reste globalement scotché sur un mode de fonctionnement en décalage complet, fossilisé sur des héritages du siècle dernier qui n’ont plus aucune pertinence.</p>
<p>Franchement, je ne me retrouve plus du tout dans le petit théâtre politique qui se joue devant nous, non pas même en ce qui concerne les propositions qui sont faites, mais même du point de vue des procédures par lesquelles elles sont élaborées. Les conditions dans lesquelles nous autres citoyens sommes informés par exemple, avec le journalisme en ligne, les blogs, des initiatives comme Wikileaks, l’open data, mais aussi les conditions dans lesquelles nous participons au débat public via les forums, les sites personnels, les commentaires, les réseaux sociaux, tout cela a complètement changé au cours des dernières années et désamorce aujourd’hui absolument le discours politique traditionnel. C’est quand même un phénomène majeur : Lorsqu’un homme politique fait une déclaration aujourd’hui, il ne convainc à peu près que les militants de son propre parti (et encore). Et on sait à quel point ils sont, en France, peu nombreux, quel que soit le parti considéré.</p>
<p>En un mot, je n’attends plus aujourd’hui des hommes politiques qu’ils trouvent « la » bonne idée, qu’ils formulent « la » bonne proposition pour résoudre tel ou tel problème ; je n’attends pas d’eux qu’ils me disent ce que je dois penser de tel ou tel sujet, et il me semble que c’est le cas aussi d’une part croissante de la population ; car nous avons accès à de tels moyens d’information et d’expression que nous sommes désormais autonomes sur ce point. Ce qui manque désormais, c’est un cadre politique qui permette à cette nouvelle manière de faire citoyenneté de prendre sa place.</p>
<p>Alors, quel rapport avec le Parti Pirate ? Mon opinion est que ce parti est porteur d’un nouveau modèle de citoyenneté même s’il n’est pas encore assez établi et ancien pour l’avancer de manière aussi explicite. Pourquoi ? parce qu’il émane fondamentalement d’une génération qui pour l’essentiel a fait son éducation politique dans les communautés de développement de logiciels libres ou au sein de collectifs collaboratifs et de partage en ligne qui reposent très peu sur la délégation de pouvoir et beaucoup sur une culture démocratique radicale fondée sur la participation et l’échange. Pour le dire autrement, une nouvelle culture politique s’est élaborée depuis vingt ans je dirais, autour de la gestion technique d’Internet, des communautés de logiciel libre comme Linux, de communautés en ligne pour le partage du savoir comme Wikipédia, parmi bien d’autres exemples. Je pense que cette culture politique nouvelle (et qu’on voit émerger dès le début d’ailleurs au sein du Network Working Group avec les RFC) a percolé année après année auprès d’une population toujours plus large. Or, dans la mesure où les technologies et les usages sur lesquels elle repose ont eu une influence considérable dans tous les domaines, il est nécessaire que cette culture politique nouvelle émerge à son tour, sorte du ghetto geek dans lequel on essaie de la maintenir et s’assume à un niveau plus global. C’est comme cela que j’interprète l’émergence des partis pirates dans tous les pays développés, et j’ai évidemment très envie d’apporter mes forces à ce mouvement libérateur.</p>
<p>J’ai longtemps cru que les Verts porteraient avec eux une nouvelle culture politique qui nous sortirait enfin de l’étouffoir démocratique que constituent les institutions bonapartistes de la Ve République auxquelles le Parti Socialiste a fini par se rallier. Lest Verts avaient autrefois ce slogan de « faire de la politique autrement » qui a manifestement été jeté aux orties depuis… En réalité, il y a toujours eu deux cultures politiques presque contradictoires chez les Verts. Une culture scientifique d’abord, et je dirais parfois « scientiste », sur les questions d’écologie : les décisions doivent être prises sur la base de vérités scientifiques indiscutables et il n’y a pas de discussion possible. Il y a d’ailleurs beaucoup de scientifiques chez les Verts qui raisonnent de manière mécaniste sur les questions politiques : s’il y a un réchauffement climatique, s’il y a un problème démographique, si nous ne pouvons gérer correctement le nucléaire, alors…et s’ensuit un chapelet de mesures absolument logiques mais qui mettent juste de côté la variable que représente la volonté humaine, la matière même du politique. D’où un petit côté autoritaire quelquefois que l’on voir surgir en particulier sur les sujet environnementaux. On va dire que c’est la tradition René Dumont.  Et puis au sein des Verts, il y a une tradition absolument anti-autoritaire au contraire qui vient des années 60 via des intellectuels comme Félix Guattari. C’est ici une visée émancipatrice pour l’individu qui s’exprime et qui a développé toute une réflexion pratique au sein du parti pour contrer les mécanismes d’embrigadement, de domination et même de pouvoir dans le contexte politique.</p>
<p>Cette dernière tradition aurait très bien pu faire la jonction avec la nouvelle culture politique venue d’Internet dont je parlais précédemment. Je pense que cela pourrait même donner des pistes très intéressantes. Mais j’ai l’impression qu’elle a été laminée entre-temps par la normalisation des écologistes, contraints de se couler dans le moule institutionnel pour exister politiquement. Et comme par ailleurs le centre de gravité de la proposition politique des Verts s’établit nécessairement autour des questions d’environnement et d’écologie, ils ne se trouvent pas à la bonne position dans le champ politique pour identifier et porter la nouvelle culture démocratique qui vient d’Internet, du logiciel libre, de wikipédia.</p>
<p>Je vais dire les choses plus crûment : l’écologie politique a permis de rendre visible les insuffisance et les limites du système politique actuel : basé sur le principe de la souveraineté nationale et l’électoralisme court-termiste, ce système est incapable, on le voit bien, de répondre aux défis que posent des menaces aussi imposantes, transnationales et de long  terme que le réchauffement climatique et le nucléaire. L’écologie politique a l’immense mérite de poser le problème de la gouvernance. Mais elle s’est aussi avérée absolument incapable de proposer des solutions politiques à ce problème de gouvernance. Je peux bien sûr me tromper mais mon hypothèse est que les communautés techniques qui gèrent l’Internet, les communautés en ligne de type Linux ou Wikipédia, mais aussi les réseaux décentralisés peer to peer au sein desquels s’échangent des contenus, les communautés fortes et les réseaux faibles, parce qu’ils ont fait la preuve de leur capacité à rassembler et coordonner des dizaines de millions de personnes de manière totalement transversale aux frontières nationales et en les mobilisant sur des objectifs complexes et parfois très distants, ont montré qu’elles portaient en germe un ensemble de propositions politiques et je dirais presque institutionnelles très intéressantes pour changer de mode de gouvernance.</p>
<p>Voilà où j’en suis de ma réflexion sur le sujet et c’est pour cet ensemble de raisons que je me rendrai au  pique-nique des pirates demain — en dehors du soleil radieux promis par la météo. J’espère bien y retrouver — pourquoi pas — certains lecteurs de Blogo Numericus pour discuter de tout cela IRL, ce qui n’empêche pas de réagir en ligne en commentant ce billet.</p>
<p>Le  pique-nique francilien se déroule donc <a href="http://forum.partipirate.org/irl/piquenique-pirate-paris-t6485.html">Place des Vosges à midi</a>. Pour en connaître la liste dans les autres régions, <a href="http://forum.partipirate.org/wiki/piquenique">c’est ici.</a></p>
<p> </p>
<p> </p>
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