<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Blogo-Numericus</title>
	<atom:link href="http://blog.homo-numericus.net/feed" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://blog.homo-numericus.net</link>
	<description></description>
	<lastBuildDate>Sun, 29 Jan 2012 11:00:36 +0000</lastBuildDate>
	<language>en</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.3.1</generator>
		<item>
		<title>Impressions d’automne 1 : Le cas Meredith</title>
		<link>http://blog.homo-numericus.net/article11010.html</link>
		<comments>http://blog.homo-numericus.net/article11010.html#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 28 Jan 2012 22:12:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Mounier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Blogo-numericus]]></category>
		<category><![CDATA[open access]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://blog.homo-numericus.net/?p=11010</guid>
		<description><![CDATA[L’automne dernier, j’ai eu la chance de participer à plusieurs rencontres stimulantes dans le domaine de l’édition électronique, du libre accès et des digital humanities. J’en rendrai compte à travers une série de billets consacrés aux idées, histoires, personnes, projets qui m’ont le plus marqués. Attention, subjectivité assumée. Lorsqu’on se trouve à devoir défendre le libre accès devant un auditoire non spécialisé, lorsqu’il s’agit d’expliquer de manière accessible et marquante pourquoi c’est un mouvement important qui mérite d’être soutenu, il n’est pas toujours évident de trouver les bons arguments. Le bon argument, c’est le magnifique cadeau que Phil Bourne, professeur à l’Université de Californie San Diego a apporté à tous les partisans du libre accès qui assistaient à la conférence Berlin 9  à Bethesda du 9 au 10 novembre dernier. Phil Bourne raconte en effet qu’en tant que rédacteur en chef de la revue Plos Computational Biology, il reçut un jour le manuscrit d’un article particulièrement innovant  sur les questions de modélisation des pandémies qui était proposé par une certaine Meredith. Lorsqu’il voulut discuter de son travail avec l’auteure, c’est à sa grande surprise une lycéenne âgée de 15 ans qui se présenta. Celle-ci avait rédigé son article parce qu’elle [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em><a href="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2012/01/b9-square.png"><img class="alignright size-full wp-image-11021" title="b9-square" src="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2012/01/b9-square.png" alt="" width="210" height="210" /></a>L’automne dernier, j’ai eu la chance de participer à plusieurs rencontres stimulantes dans le domaine de l’édition électronique, du libre accès et des digital humanities. J’en rendrai compte à travers une série de billets consacrés aux idées, histoires, personnes, projets qui m’ont le plus marqués. Attention, subjectivité assumée.<br />
</em></p>
<p>Lorsqu’on se trouve à devoir défendre le libre accès devant un auditoire non spécialisé, lorsqu’il s’agit d’expliquer de manière accessible et marquante pourquoi c’est un mouvement important qui mérite d’être soutenu, il n’est pas toujours évident de trouver les bons arguments. Le bon argument, c’est le magnifique cadeau que Phil Bourne, <a href="http://www.berlin9.org/speakers/#bourne" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.berlin9.org/speakers/_bourne?referer=');">professeur à l’Université de Californie San Diego</a> a apporté à tous les partisans du libre accès qui assistaient à la <a href="http://www.berlin9.org/" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.berlin9.org/?referer=');">conférence Berlin 9  à Bethesda du 9 au 10 novembre dernier</a>.</p>
<p><a href="http://msrworkshop.tumblr.com/post/11854436776" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/msrworkshop.tumblr.com/post/11854436776?referer=');">Phil Bourne raconte</a> en effet qu’en tant que rédacteur en chef de la revue <a href="http://www.ploscompbiol.org/home.action" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.ploscompbiol.org/home.action?referer=');"><em>Plos Computational Biology</em>,</a> il reçut un jour le manuscrit d’un article particulièrement innovant  sur les questions de modélisation des pandémies qui était proposé par une certaine Meredith. Lorsqu’il voulut discuter de son travail avec l’auteure, c’est à sa grande surprise une lycéenne âgée de 15 ans qui se présenta. Celle-ci avait rédigé son article parce qu’elle s’était passionnée pour le sujet à la suite d’une fête de la science. Elle s’était alors renseignée en utilisant <em>Wikipedia</em> puis la littérature spécialisée en libre accès. Enfin, pour établir son modèle, elle avait demandé et obtenu du temps de calcul sur les ordinateurs du San Diego Supercomputer Center ainsi que l’accès à des bases de données.</p>
<p>Après avoir ren<a href="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2012/01/Phil_E_Bourne.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-11014" title="Phil_E_Bourne" src="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2012/01/Phil_E_Bourne-199x300.jpg" alt="" width="199" height="300" /></a>contré Meredith, Bourne lui conseilla de soumettre son article à la revue <em>Science</em> et l’invita à présenter son travail dans un séminaire de son laboratoire. Pour lui, le « cas Meredith » est une illustration d’un phénomène qu’il qualifie de  » lecteur inattendu » (<em>unexpected reader</em>) : lorsqu’une information est publiée, que ce soit des données ou un article de revue, même si l’auteur et l’éditeur ont un lectorat cible en vue (ici les collègues et étudiants spécialisés), il existe probablement quelque part un « lecteur inattendu » qui pourrait en tirer profit et en faire son miel pour créer quelque chose à son tour ou apporter sa pierre à l’édifice. Le phénomène du lecteur inattendu est un puissant argument en faveur du libre accès  car il montre que les modèles de diffusion en accès restreint, en réservant l’information aux seules personnes autorisées, en diminuent la fécondité potentielle.</p>
<p>Plus encore, l’histoire des sciences et des techniques montre que pour une bonne part, les innovations et ruptures qui conduisent à un renouvellement profond d’un domaine viennent d’acteurs marginaux, qui, parce qu’ils ne sont pas tenus et n’ont pas d’intérêt à la reproduction des modèles établis, peuvent avancer des propositions alternatives radicales qui permettent de changer de paradigme. Le seul moyen de préserver des chances pour l’avènement de telles innovations futures, est de miser sur une ouverture complète de la dissémination de l’information, à l’image de la devise « Je sème à tout vent » que Pierre Larousse choisit au XIXe siècle pour son célèbre dictionnaire<a href="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2012/01/larousse.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-11015" title="Larousse" src="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2012/01/larousse-283x300.jpg" alt="" width="283" height="300" /></a>.</p>
<p>Le cas Meredith est une confirmation de la justesse de l’engagement d’<a href="http://www.openedition.org" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.openedition.org?referer=');">OpenEdition</a> pour le libre accès ; en particulier à travers son modèle économique innovant <a href="http://www.openedition.org/8873?lang=fr" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.openedition.org/8873?lang=fr&amp;referer=');">OpenEdition freemium</a>. Pour chaque nouvel article, nouveau livre, nouveau billet de blog que j’y vois « libéré » et diffusé sans restriction,  j’aime à m’imaginer quelque Meredith inconnue derrière son écran, jeune étudiante, activiste engagée ou chercheuse confirmée, entrepreneuse ou future leader politique — pourquoi pas ? — à Poitiers, Nantes ou Marseille, à Toronto, Rio ou Beyrouth, enthousiasmée, illuminée ou destabilisée par ce qu’elle parcourt des yeux, et qui est peut être en train de faire la rencontre de sa vie, de ces rencontres qui mettent ceux qui ont la chance de les faire sur la voie de réalisations exceptionnelles. Il y a beaucoup d’excellentes raisons qui justifient qu’on défende le libre accès. Mais toutes ces raisons dussent-elles être démenties, la jeune Meredith seule suffit à me donner l’énergie dont j’ai besoin pour servir dans la mesure de mes moyens cette magnifique idée.</p>
<p>L’exposé de Ph. Bourne a fait l’objet d’un <a href="http://blogs.library.duke.edu/scholcomm/2011/11/15/the-unexpected-reader/" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/blogs.library.duke.edu/scholcomm/2011/11/15/the-unexpected-reader/?referer=');">compte rendu par K. Smith dans son blog</a>.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://blog.homo-numericus.net/article11010.html/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>4</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Le comité d’éthique du CNRS se prononce pour le libre accès et dresse un portrait édifiant du secteur de l’édition scientifique</title>
		<link>http://blog.homo-numericus.net/article10981.html</link>
		<comments>http://blog.homo-numericus.net/article10981.html#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 22 Dec 2011 11:53:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marin Dacos</dc:creator>
				<category><![CDATA[open access]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://blog.homo-numericus.net/?p=10981</guid>
		<description><![CDATA[Le CNRS dispose d’un Comité d’éthique (COMETS) qui émet des avis sur des questions aussi importantes et complexes que : Les aspects éthiques de la controverse sur le changement climatique : avis (30 juin 2011 — pdf), résumé (pdf) Aspects éthiques du financement public de la recherche sur projet : avis (28 juin 2010 — pdf 235 ko), autosaisine (septembre 2008 — pdf 19 ko) Ethique de la recherche dans l’expérimentation sociale : avis (19 janvier 2010 — pdf 158 ko) En juin 2011, le COMETS a publié un avis sur les relations entre chercheurs et maisons d’édition scientifique (30 juin 2011 — pdf, résumé  — pdf). Cet avis «  se propose d’analyser quelques-uns des problèmes actuellement rencontrés par les chercheurs dans leurs relations avec les maisons d’édition scientifiques, d’en étudier les conséquences et d’envisager des mesures qui pourraient être prises pour y remédier.  » Ce rapport rappelle les fonctions majeures de l’édition dans le processus scientifique: enregistrement, validation par les pairs, valorisation, diffusion et archivage. Ces éléments constituent le point aval de l’ensemble du processus de recherche et sont le coeur de problèmes d’ordre juridiques, éthiques et heuristiques. Le problème de la cession des droits par les auteurs L’avis mentionne le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le CNRS dispose d’un Comité d’éthique (COMETS) qui émet des <a href="http://www.cnrs.fr/fr/organisme/ethique/comets/avis.htm" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.cnrs.fr/fr/organisme/ethique/comets/avis.htm?referer=');">avis</a> sur des questions aussi importantes et complexes que :</p>
<ul>
<li>Les aspects éthiques de la controverse sur le changement climatique : avis (30 juin 2011 — <a href="http://www.cnrs.fr/fr/organisme/ethique/comets/docs/avis_Ethique-controverse-climat.pdf" target="_blank" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.cnrs.fr/fr/organisme/ethique/comets/docs/avis_Ethique-controverse-climat.pdf?referer=');">pdf</a>), résumé (<a href="http://www.cnrs.fr/fr/organisme/ethique/comets/docs/avis_Ethique-controverse-climat_res.pdf" target="_blank" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.cnrs.fr/fr/organisme/ethique/comets/docs/avis_Ethique-controverse-climat_res.pdf?referer=');">pdf</a>)</li>
<li>Aspects éthiques du financement public de la recherche sur projet : avis (28 juin 2010 — <a href="http://www.cnrs.fr/fr/organisme/ethique/comets/docs/avisIncitation.pdf" target="_blank" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.cnrs.fr/fr/organisme/ethique/comets/docs/avisIncitation.pdf?referer=');">pdf</a> 235 ko), autosaisine (septembre 2008 — <a href="http://www.cnrs.fr/fr/organisme/ethique/comets/docs/autosaisineIncitation.pdf" target="_blank" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.cnrs.fr/fr/organisme/ethique/comets/docs/autosaisineIncitation.pdf?referer=');">pdf</a> 19 ko)</li>
<li>Ethique de la recherche dans l’expérimentation sociale : avis (19 janvier 2010 — <a href="http://www.cnrs.fr/fr/organisme/ethique/comets/docs/experimentation-sociale-20100119.pdf" target="_blank" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.cnrs.fr/fr/organisme/ethique/comets/docs/experimentation-sociale-20100119.pdf?referer=');">pdf</a> 158 ko)</li>
</ul>
<p>En juin 2011, le COMETS a publié un avis sur les relations entre chercheurs et maisons d’édition scientifique (30 juin 2011 — <a href="http://www.cnrs.fr/fr/organisme/ethique/comets/docs/avis_Relations-chercheurs-maisons-edition.pdf" target="_blank" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.cnrs.fr/fr/organisme/ethique/comets/docs/avis_Relations-chercheurs-maisons-edition.pdf?referer=');">pdf</a>, résumé  — <a href="http://www.cnrs.fr/fr/organisme/ethique/comets/docs/avis_Relations-chercheurs-maisons-edition_res.pdf" target="_blank" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.cnrs.fr/fr/organisme/ethique/comets/docs/avis_Relations-chercheurs-maisons-edition_res.pdf?referer=');">pdf</a>). Cet avis « <em> se propose d’analyser quelques-uns des problèmes actuellement rencontrés par les chercheurs dans leurs relations avec les maisons d’édition scientifiques, d’en étudier les conséquences et d’envisager des mesures qui pourraient être prises pour y remédier. </em> »</p>
<p>Ce rapport rappelle les fonctions majeures de l’édition dans le processus scientifique: enregistrement, validation par les pairs, valorisation, diffusion et archivage. Ces éléments constituent le point aval de l’ensemble du processus de recherche et sont le coeur de problèmes d’ordre juridiques, éthiques et heuristiques.</p>
<h1>Le problème de la cession des droits par les auteurs</h1>
<p>L’avis mentionne le problème des cessions exclusives de droits aux éditeurs : « l’auteur est <em>a priori</em> passible de poursuites s’il met l’article, dont il est l’auteur, sur son site Web ou sur celui de son laboratoire, une pratique pourtant courante, qu’il semble souhaitable de soutenir. »</p>
<p>L’avis ajoute que « <strong> la pratique actuelle du droit d’auteur (…) n’encourage pas de façon évidente la créativité</strong>. » Il va plus loin, en mentionnant le problème de la « position dominante » de certains éditeurs grâce à certains titres considérés comme majeurs. Regrettant l’absence d’aide « <em> aux chercheurs dans la négociation de leurs contrats avec les maisons d’édition </em> », le COMETS insiste surtout sur la nécessité d’une la plus grande circulation des idées et des résultats de la recherche.</p>
<h1>La cession d’une idée est un jeu à somme positive</h1>
<p>Insistant sur le caractère cumulatif et collectif du savoir (« <em> Chaque génération de chercheurs s’appuie sur le savoir des générations précédentes et sur les recherches effectuées dans tous les pays </em> »), le COMETS met en évidence les caractères spécifiques des productions intellectuelles des scientifiques, quelle que soit leur discipline :</p>
<blockquote><p>« quand on donne une pomme on la perd, mais quand on donne une idée, on la garde, tout en en faisant bénéficier d’autres le plus largement possible. Ainsi la cession d’une pomme est-elle un “jeu à somme nulle” (selon la terminologie de Fernand Braudel) tandis que la cession d’une idée est un “jeu à somme positive” « .</p></blockquote>
<p>C’est là qu’intervient la notion de <strong>biens non rivaux</strong>. Cette notion n’est pas utilisée explicitement par l’avis, mais elle sous-tend l’ensemble de l’argumentation du Comité : les caractéristiques des idées et des documents numériques sont très proches. En effet, transmettre à quelqu’un une idée, ou un document numérique, n’en dépossède pas son propriétaire, alors que c’était le cas pour les biens analogiques (le livre papier étant l’idéal-type des biens analogiques dans le secteur des idées).</p>
<h1>Un secteur à la rentabilité commerciale excessive</h1>
<p>Paradoxalement, l’entrée dans le monde numérique a favorisé l’apparition d’un oligopole plaçant les bibliothèques devant une situation bloquée :</p>
<blockquote><p>C’est dans ce contexte que certaines maisons d’édition scientifique commerciales ont progressivement pris le contrôle des échanges académiques. Cette évolution s’est accélérée lors de la dernière décennie depuis que des investisseurs financiers se sont aperçus du caractère “inélastique” du marché de l’édition scientifique (les clients continuent à acheter même si les prix augmentent) de par le caractère non substituable des produits échangés. Cette concentration a été facilitée par la transition aux moyens électroniques de diffusion, qui ont d’abord bouleversé l’industrie de l’impression, nécessitant une reconversion du personnel et des investissements importants. Pour ceux qui ont pu franchir ce pas et qui parviennent à susciter et à tirer parti des progrès technologiques, si le coût marginal de la mise en ligne est négligeable, il reste les coûts d’exploitation de la plate-forme informatique ainsi que sa mise à jour permanente et aussi de promotion, coûts dont la pertinence est souvent discutée. Certaines maisons d’édition commerciales parviennent tout de même à <strong>des taux de rentabilité supérieurs à 35 %,</strong> une situation exceptionnelle pour un secteur économique où est censé régner la concurrence et qui conduit à s’interroger sur les prix pratiqués.</p></blockquote>
<p>Le Comité d’éthique ne se prononçant pas sur des cas particuliers, il ne cite pas Elsevier, mais c’est bien de lui et de ses équivalents qu’il s’agit. Allons au terme du raisonnement. Avec un chiffre d’affaires tournant autour 5 milliards d’euros<sup><a href="http://blog.homo-numericus.net/article10981.html#footnote_0_10981" id="identifier_0_10981" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Source : Livres hebdo - http://www.actualitte.com/actualite/monde-edition/economie/classement-mondial-de-l-edition-et-les-petits-francais-ils-sont-ou-19734.htm ">1</a></sup>, Elsevier est un géant de l’édition. Son chiffre d’affaire est significativement plus élevé que celui d’Hachette Livres. Or, Elsevier fait état de bénéfices tournant autour de 25 à 30% (après salaires, dont on sait qu’ils ne sont pas ridicules). Ces taux sont proches de ceux de Microsoft, qui est dans une situation de quasi-monopole sur son marché.</p>
<h1>Des marges de manoeuvre considérables</h1>
<p>Ainsi, la recherche mondiale pourrait économiser plus d’1,6 milliard d’euros par an avec le seul Elsevier.  Dans la mesure où d’autres éditeurs privés sont dans des situations proches du point de vue de leur marge bénéficiaire, on constate qu’il serait possible de dégager plusieurs milliards de dollars d’économies pour les puissances publiques occidentales.</p>
<p>Le Comité insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas, pour autant, de contester la légitimité du travail d’édition et sa nécessaire rémunération : « <em> La rétribution des services ainsi rendus n’est pas contestée par les utilisateurs, qu’ils soient chercheurs ou bibliothécaires </em> ». En effet, le métier d’éditeur n’a sans doute jamais été aussi indispensable pour structurer  la production de savoir, qui n’a jamais été aussi massive et complexe.</p>
<p>Le Comité met l’accent sur la dimension inélastique du marché de l’édition scientifique, et sur l’incapacité du secteur public à faire face à des pratiques contraires aux intérêts collectifs de la part des éditeurs dominant le marché :</p>
<blockquote><p>Pour appuyer ces remarques nous citerons les conseils donnés, il y a quelques années, par la firme <em>Morgan Stanley</em> à ses investisseurs : <em>“The scientific journal business is characterised by relatively inelastic demand, with individual journals generally having a strong following within their particular niche […] The niche nature of the market and the rapid growth in the budgets of academic libraries have combined to make scientific publishing the fastest growing sub-sector of the media industry over the last 15 years” (Paul Gooden, Matthew Owen, Sarah Simon and Louise Singlehurst, Scientific Publishing: Knowledge is Power, Morgan Stanley, Equity Research Europe, 30 September 2002)</em>. La situation n’a pas vraiment changé mais pourrait changer brusquement dans un avenir proche comme on peut le lire dans l’article <em>“Academic Publishing: Of Goats and Headaches” (The Economist</em>, 26 mai 2011), dont le sous-titre est <em>“One of the best media business is also one of the most resented”</em>.</p></blockquote>
<h1>Pour une redistribution des cartes dans le secteur de l’édition scientifique</h1>
<p>Fort de ce constat, le Comité appelle à une redistribution des cartes dans ce secteur :</p>
<blockquote><p>« Les difficultés rencontrées par de nombreuses institutions scientifiques lors de la négociation des abonnements numériques illustrent bien le fait qu’il devient urgent de <strong>mettre au point de nouvelles pratiques en matière de diffusion des résultats scientifiques</strong>. »</p></blockquote>
<p>Pour cela, le Comité d’éthique émet cinq recommandations qui sont citées intégralement en annexe de ce billet.  Nous retiendrons ici les deux dernières:</p>
<p>- recommandation n°4 : nécessité d’une intervention publique pour permettre « <strong> l’émergence de modèles économiques permettant à des entités, dont les pratiques seraient en accord avec la mission de leurs chercheurs, d’exister face à d’autres opérateurs beaucoup plus puissants financièrement </strong> »</p>
<p>- recommandation n°5 : considérer le savoir scientifique comme « <strong> un patrimoine commun (<em>commons</em>) de l’humanité </strong> », ce qui doit pousser<strong> au libre accès,</strong> dans les délais les plus courts possibles.</p>
<p>C’est le moment. Au travail!</p>
<p style="text-align: right;">Marin Dacos</p>
<p> </p>
<h1><strong>Les recommandations du Comité d’éthique du CNRS</strong></h1>
<blockquote><p><strong>1.</strong> Le CNRS devrait éclairer les chercheurs de ses laboratoires sur la situation juridique dans laquelle ils se trouvent lorsqu’ils publient un article dans une revue. Si le CNRS n’est aucunement impliqué dans la cession du droit d’auteur à une maison d’édition, puisque qu’il ne partage pas le droit d’auteur des chercheurs, il doit les aider à préserver leurs droits et à ne pas s’exposer à des risques juridiques. Dans le cadre de l’élaboration de cet avis, une demande de note de cadrage a été faite à ce propos au service juridique du CNRS.</p>
<p><strong>2.</strong> Le CNRS devrait recommander de faire ajouter dans le contrat de cession des droits une clause sur la libre disposition des articles à des fins non commerciales sur le site des chercheurs sur la toile et sur les sites d’archives publiques. Pourrait être explorée la possibilité de créer un groupement européen d’intérêt économique (GEIE), entité morale reconnue en droit européen (<em>cf.</em> règlement CEE 2137/85 du Conseil du 25 juillet 1985), dont les chercheurs et leurs institutions, CNRS entre autres, seraient membres et qui pourrait être mandataire d’un droit de diffusion sans faire payer de droit d’accès, et à terme pouvoir représenter les chercheurs pour défendre leurs droits.</p>
<p><strong>3.</strong> Lors de négociations avec les maisons d’édition pour l’achat de l’accès aux revues, aussi bien sous forme papier que sous forme électronique, il est impératif que les bibliothécaires, souvent regroupés dans des réseaux centralisant les achats, bénéficient des conseils de juristes connaissant bien la pratique en matière de droit commercial et de droit d’auteur, aussi bien français qu’étranger. Le CNRS doit y pourvoir en ce qui concerne ses laboratoires et ses réseaux. Par ailleurs il est souhaitable que des représentants des chercheurs soient associés à la préparation de ces négociations.</p>
<p><strong>4.</strong> Les dysfonctionnements mis en évidence dans cet avis proviennent du fait que le marché de l’édition scientifique est passé depuis quelques années dans de nombreuses disciplines sous le contrôle, soit de sociétés commerciales, soit de sociétés savantes qui souvent utilisent les revues qu’elles publient pour financer d’autres activités moins lucratives. Il serait souhaitable que des organismes publics, tel le CNRS, interviennent pour <strong>permettre l’émergence de modèles économiques permettant à des entités, dont les pratiques seraient en accord avec la mission de leurs chercheurs, d’exister face à d’autres opérateurs beaucoup plus puissants financièrement</strong>. Il y va du bon fonctionnement de leurs installations scientifiques, dont les centres de documentation et de stockage de données.</p>
<p><strong>5.</strong> Le savoir scientifique se constitue grâce aux financements publics et se diffuse par les publications qui en résultent. Il devrait dès lors être considéré comme <strong>un patrimoine commun (<em>commons</em>) de l’humanité</strong>. A ce titre, il devrait rester librement accessible à chacun, au bout d’un temps aussi court que possible, ceci pour le bénéfice de l’avancement des connaissances et la formation de nouvelles générations de scientifiques. Là encore les efforts faits au niveau de certaines communautés scientifiques pour garantir l’accès sans restriction aux archives scientifiques doivent être relayés par les institutions publiques, dont le CNRS.</p></blockquote>
<p> </p>
<p> </p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_10981" class="footnote">Source : Livres hebdo — <a href="http://www.actualitte.com/actualite/monde-edition/economie/classement-mondial-de-l-edition-et-les-petits-francais-ils-sont-ou-19734.htm" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.actualitte.com/actualite/monde-edition/economie/classement-mondial-de-l-edition-et-les-petits-francais-ils-sont-ou-19734.htm?referer=');">http://www.actualitte.com/actualite/monde-edition/economie/classement-mondial-de-l-edition-et-les-petits-francais-ils-sont-ou-19734.htm</a> </li></ol>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://blog.homo-numericus.net/article10981.html/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>5</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Open Access in Berlin !</title>
		<link>http://blog.homo-numericus.net/article10959.html</link>
		<comments>http://blog.homo-numericus.net/article10959.html#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 26 Sep 2011 08:17:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Mounier</dc:creator>
				<category><![CDATA[open access]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://blog.homo-numericus.net/?p=10959</guid>
		<description><![CDATA[Cette semaine, je suis à Berlin pour la session 2011 des Scholarly Publishing Conferences organisées par le Public Knowledge Project. Le PKP est un consortium porté par l’Université Simon Fraser à Vancouver au Canada, qui a pour objectif d’aider les communautés scientifiques à diffuser leurs publications en libre accès. Ils ont développé toute une palette d’outils très simples d’utilisation, distribués sous licence libre, comme Open Journal System (un CMS pour les revues scientifiques), Open Conference System (même chose, mais pour les colloques), Lemon8 (un convertisseur de documents), et, tout récemment, Open Monograph Press, une chaîne de production de livres électroniques pour les presses universitaires. La conférence de Berlin sera pour moi l’occasion de mieux connaître ce dernier logiciel encore dans la forge et qui fera l’objet d’une présentation publique dès le premier jour. J’aurai pour ma part la possibilité de présenter notre offre OpenEdition freemium aux participants. J’essaierai en particulier de montrer que le freemium tel que le conçoit le Cléo est une piste intéressante pour le financement de la voie dorée du libre accès (ie les revues et les livres diffusés en libre accès, par opposition à la voie verte qui concerne les archives ouvertes) et constitue surtout une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_10963" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2011/09/freie.jpg"><img class="size-medium wp-image-10963" title="Cette année la pkp conference se déroule  à la Freie Universität de Berlin" src="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2011/09/freie-300x143.jpg" alt="Cette année la pkp conference se déroule  à la Freie Universität de Berlin" width="300" height="143" /></a><p class="wp-caption-text">Cette année la pkp conference se déroule à la Freie Universität de Berlin</p></div>
<p>Cette semaine, je suis à Berlin pour la <a href="http://pkp.sfu.ca/ocs/pkp/index.php/pkp2011/pkp2011" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/pkp.sfu.ca/ocs/pkp/index.php/pkp2011/pkp2011?referer=');">session 2011 des Scholarly Publishing Conferences</a> organisées par le<a href="http://pkp.sfu.ca/" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/pkp.sfu.ca/?referer=');"> Public Knowledge Project</a>. Le PKP est un consortium porté par l’Université Simon Fraser à Vancouver au Canada, qui a pour objectif d’aider les communautés scientifiques à diffuser leurs publications en libre accès. Ils ont développé toute une palette d’outils très simples d’utilisation, distribués sous licence libre, comme Open Journal System (un CMS pour les revues scientifiques), Open Conference System (même chose, mais pour les colloques), Lemon8 (un convertisseur de documents), et, tout récemment, Open Monograph Press, une chaîne de production de livres électroniques pour les presses universitaires.</p>
<p>La conférence de Berlin sera pour moi l’occasion de mieux connaître ce dernier logiciel encore dans la forge et qui fera l’objet d’une présentation publique dès le premier jour. J’aurai pour ma part la possibilité de présenter notre offre <a href="http://www.openedition.org/8873" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.openedition.org/8873?referer=');">OpenEdition freemium</a> aux participants. J’essaierai en particulier de montrer que le freemium tel que le conçoit le Cléo est une piste intéressante pour le financement de la voie dorée du libre accès (ie les revues et les livres diffusés en libre accès, par opposition à la voie verte qui concerne les archives ouvertes) et constitue surtout une alternative au modèle auteur-payeur qui est en train de se généraliser et est aujourd’hui utilisé par les acteurs commerciaux dominants pour contrer le développement du libre accès.</p>
<p>Je ne pense pas que la PKP Conference ait la portée politique  des Conférences Berlin, celle de cette année, <a href="http://www.berlin9.org/" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.berlin9.org/?referer=');">Berlin 9</a>, se déroulant dans quelques semaines à Washington (donc si je me résume, cette année la conférence de Vancouver se déroule à Berlin et celle de Berlin à Washington ; vous suivez ?).  Malgré tout, le programme est très alléchant.  Voici les premières interventions qui ont excité ma curiosité et auxquelles j’assisterai :</p>
<p><a href="http://pkp.sfu.ca/ocs/pkp/index.php/pkp2011/index/pages/view/ojsintro" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/pkp.sfu.ca/ocs/pkp/index.php/pkp2011/index/pages/view/ojsintro?referer=');">OJS Workshop </a>(une présentation des fonctionnalités d’OJS, toujours utile ; je pourrai sans doute découvrir quelques astuces qui m’auraient échappé)</p>
<p><a href="http://pkp.sfu.ca/ocs/pkp/index.php/pkp2011/index/pages/view/omp" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/pkp.sfu.ca/ocs/pkp/index.php/pkp2011/index/pages/view/omp?referer=');">OMP Workshop</a> ( autrement appelé le « Tadaa ! workshop ». Je découvrirai donc cet outil prometteur et rendrai compte de ce que j’y ai appris)</p>
<p>Je ne manquerai évidemment la Keynote de John Willinsky, <a href="http://pkp.sfu.ca/ocs/pkp/index.php/pkp2011/pkp2011/paper/view/333" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/pkp.sfu.ca/ocs/pkp/index.php/pkp2011/pkp2011/paper/view/333?referer=');">The Intellectual Properties of Learning, Part II: The Medieval Monastic Legacy</a> (J. Willinsky est le fondateur de PKP et une figure importante et visionnaire du mouvement pour le libre accès)</p>
<p>Demain, j’entendrai Eelco Ferwerda (OAPEN Foundation), <a href="http://pkp.sfu.ca/ocs/pkp/index.php/pkp2011/pkp2011/paper/view/334" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/pkp.sfu.ca/ocs/pkp/index.php/pkp2011/pkp2011/paper/view/334?referer=');">Open Access for Books</a> et Sigi Jottkandt (Open Humanities Press), <a href="http://pkp.sfu.ca/ocs/pkp/index.php/pkp2011/pkp2011/paper/view/327" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/pkp.sfu.ca/ocs/pkp/index.php/pkp2011/pkp2011/paper/view/327?referer=');">On Approaching Orbis Tertius: Open Humanities Press</a>  qui portent deux initiatives très intéressantes de publication en libre accès de livres de sciences humaines et sociales. C’est quand même un vrai plaisir de voir que le récent basculement des livres vers le numérique n’a pas laissé en retard les partisans du libre accès qui se portent sur ce secteur avec autant de dynamisme que pour les revues.</p>
<p>Ensuite, je ne manquerai pas une présentation qui s’annonce passionnante d’un certain Pierre Mounier sur le  <a href="http://pkp.sfu.ca/ocs/pkp/index.php/pkp2011/pkp2011/paper/view/285" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/pkp.sfu.ca/ocs/pkp/index.php/pkp2011/pkp2011/paper/view/285?referer=');">Freemium as a sustainable economic model for Open Access publications in the humanities and social sciences</a> <img src='http://blog.homo-numericus.net/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';-)' class='wp-smiley' /> </p>
<p>Pour la suite, je n’ai pas encore totalement fait mon choix. Il y a énormément de présentations en parallèle et je sens la frustration de ne pas avoir le don d’ubiquité commencer à poindre. J’irai en tout cas aux quatre plénières, d’Anurag Acharya (Google Scholar), <a href="http://pkp.sfu.ca/ocs/pkp/index.php/pkp2011/pkp2011/paper/view/329" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/pkp.sfu.ca/ocs/pkp/index.php/pkp2011/pkp2011/paper/view/329?referer=');">Google Scholar: The Adventure Continues</a>, de Ray Siemens (Electronic Textual Cultures Lab, University of Victoria), <a href="http://pkp.sfu.ca/ocs/pkp/index.php/pkp2011/pkp2011/paper/view/332" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/pkp.sfu.ca/ocs/pkp/index.php/pkp2011/pkp2011/paper/view/332?referer=');">Interventions in the Confluence of Open Access and Social Engagement</a>, de Lars Björnshauge (SPARC Europe), <a href="http://pkp.sfu.ca/ocs/pkp/index.php/pkp2011/pkp2011/paper/view/336" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/pkp.sfu.ca/ocs/pkp/index.php/pkp2011/pkp2011/paper/view/336?referer=');">We have won the argument about Open Access – now we have to bring things together and make it work!</a> et de Gustavo E. Fischman (Arizona State University), <a href="http://pkp.sfu.ca/ocs/pkp/index.php/pkp2011/pkp2011/paper/view/328" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/pkp.sfu.ca/ocs/pkp/index.php/pkp2011/pkp2011/paper/view/328?referer=');">Transforming the invisible visibility of Latin America’s Scholarly Work: The Good, the Ugly and the Challenging</a></p>
<p>J’essaierai de faire passer le maximum d’informations sur ce que j’entendrai ici à Berlin, via Twitter (@piotrr70 #pkp2011) et ce blog.</p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://blog.homo-numericus.net/article10959.html/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Deuxième Université d’été de l’édition électronique ouverte : c’est parti !</title>
		<link>http://blog.homo-numericus.net/article10952.html</link>
		<comments>http://blog.homo-numericus.net/article10952.html#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 10 Sep 2011 11:24:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Mounier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Édition électronique]]></category>
		<category><![CDATA[Universités et recherche]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://blog.homo-numericus.net/?p=10952</guid>
		<description><![CDATA[Cela fait plusieurs mois qu’on y travaille en tâche de fond et ces dernières semaines, le fond est remonté à la surface avec une finalisation de préparation plutôt fébrile. Mais ça y est, nous sommes prêts à accueillir lundi les cent et quelques inscrits à notre Deuxième Université d’été à Marseille, sur le campus Saint Charles de l’Université de Provence : les salles sont réservées,  les intervenants sont en route, les petits plats mijotent, le wifi et les prises électriques seront au rendez-vous, les sacs d’accueil –vert pomme — pour les stagiaires remplis de goodies, l’équipe du Cléo est gonflée à bloc pour accueillir tout le monde. Qu’allons nous faire tout au long de cette semaine ? Nous allons construire une communauté éphémère de 150 personnes (participants, intervenants et équipe) qui se rassemblent pour apprendre, réfléchir, échanger ensemble pendant une semaine sur tous les aspects de l’édition électronique. Il s’agit d’une université d’été ; c’est le seul dispositif qui permet de « croiser » : croiser les gens (qui viennent de tous les métiers concernés : chercheurs, éditeurs, informaticiens, documentalistes et bibliothécaires), croiser les thématiques (juridique, technique, économique, scientifique), croiser les approches (conférences, cours de deux heures, ateliers, événements sociaux) pour activer [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Cela fait plusieurs mois qu’on y travaille en tâche de fond et ces dernières semaines, le fond est remonté à la surface avec une finalisation de préparation plutôt fébrile. Mais ça y est, nous sommes prêts à accueillir lundi les cent et quelques inscrits à notre <a href="http://leo.hypotheses.org/7153" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/leo.hypotheses.org/7153?referer=');">Deuxième Université d’été à Marseille</a>, sur le campus Saint Charles de l’Université de Provence : les salles sont réservées,  les intervenants sont en route, les petits plats mijotent, le wifi et les prises électriques seront au rendez-vous, les sacs d’accueil –vert pomme — pour les</p>
<div class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><img class=" " title="Robe rouge et sac vert" src="http://farm7.static.flickr.com/6088/6130248799_0a9f692ec2.jpg" alt="Robe rouge et sac vert" width="300" height="200" /><p class="wp-caption-text">Rouge cerise et vert pomme</p></div>
<p>stagiaires remplis de goodies, l’équipe du Cléo est gonflée à bloc pour accueillir tout le monde.</p>
<p>Qu’allons nous faire tout au long de cette semaine ? Nous allons construire une communauté éphémère de 150 personnes (participants, intervenants et équipe) qui se rassemblent pour apprendre, réfléchir, échanger ensemble pendant une semaine sur tous les aspects de l’édition électronique. Il s’agit d’une université d’été ; c’est le seul dispositif qui permet de « croiser » : croiser les gens (qui viennent de tous les métiers concernés : chercheurs, éditeurs, informaticiens, documentalistes et bibliothécaires), croiser les thématiques (juridique, technique, économique, scientifique), croiser les approches (conférences, cours de deux heures, ateliers, événements sociaux) pour activer le bouillon de culture au sein duquel les idées circulent.</p>
<p>Cette année, nous avons un peu modifié notre formule en introduisant quelques innovations : tout d’abord, les ateliers sont ressérés, plus court, donc plus nombreux et plus nerveux : pas moins de 17 ateliers différents sont proposés : outre les formations que nous proposons à nos propres plateformes (<a href="http://openedition.org" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/openedition.org?referer=');">OpenEdition</a>, Lodel pour Revues.org, WordPress pour Hypothèses ou le webservice de Calenda), nous avons demandé à des spécialistes de venir animer des ateliers sur des sujets aussi pointus que la veille thématique sur Internet, la XML TEI pour l’édition, l’optimisation des données pour Isidore, la conservation du patrimoine scientifique avec Persée, l’enrichissement automatique des métadonnées, les outils de développement d’une « lecture sociale » ou encore l’édition de livres au format Epub.</p>
<div class="wp-caption alignleft" style="width: 250px"><img title="Goodies" src="http://farm7.static.flickr.com/6192/6130770068_9c3c631e34_m.jpg" alt="Goodies" width="240" height="160" /><p class="wp-caption-text">Goodies</p></div>
<p>Autre nouveauté, de taille, nous commençons à introduire une dose d’internationalisation dans notre dispositif : nous avons demandé à quatre experts reconnus de venir faire un cours ou une conférence sur leur sujet de prédilection : il s’agit de<a href="http://leo.hypotheses.org/7289" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/leo.hypotheses.org/7289?referer=');"> Chris Meade</a> qui dirige l’Institute for the Future of the Book à Londres, de <a href="http://leo.hypotheses.org/6589" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/leo.hypotheses.org/6589?referer=');">Janneke Adema</a>, jeune chercheuse britannique elle aussi qui a réalisé une étude très intéressante sur l’édition de livres électroniques de sciences humaines et libre accès, de <a href="http://oep.hypotheses.org/504" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/oep.hypotheses.org/504?referer=');">Cornelius Puschman</a>, jeune chercheur allemand, organisateur du ThatCamp Cologne l’année dernière et spécialiste des réseaux sociaux scientifiques, et enfin d<a href="http://leo.hypotheses.org/6691" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/leo.hypotheses.org/6691?referer=');">’Octavio Kulesz</a>, éditeur argentin qui a réalisé une passionnante étude sur l’édition électronique dans les pays du sud.<a href="http://twitter.com/#!/GuyTeasdale" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/twitter.com/_/GuyTeasdale?referer=');"> Guy Teasdale</a> viendra pour sa part du Canada pour nous parler de la situation du libre accès dans son pays. Il est responsable de tout ce qui concerne le numérique à la bibliothèque de l’Université Laval. Par ces invitations, nous cherchons là encore à croiser les perspectives, à resituer notre expérience dans un contexte plus large, ce qui implique un effort particulier (linguistique en particulier, plusieurs cours sont en anglais). Nous espérons beaucoup de cette évolution qui, si elle est un succès, nous encouragera à accentuer cet aspect pour les prochaines éditions.</p>
<div class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><img class="  " title="&quot;Nous attaquerons par là&quot;" src="http://farm7.static.flickr.com/6063/6130793660_bfb1b9d759.jpg" alt="&quot;Nous attaquerons par là&quot;" width="300" height="200" /><p class="wp-caption-text">« Nous attaquerons par là »</p></div>
<p>Mais que serait l’Université d’été sans ses hapennings ? Outre le bookcamp suivi d’un pique nique du mardi soir et la sortie en mer du mercredi (une nouveauté là aussi), nous invitons Alain Pierrot et Samuel Petit à venir présenter et<a href="http://leo.hypotheses.org/7338" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/leo.hypotheses.org/7338?referer=');"> lancer leur nouvel institut if:lire vendredi soir en conclusion de l’Université d’été. Nous avons organisé une conférence publique à la bibliothèque de l’Alcazar (tous les renseignements ici), ouverte à tous. </a></p>
<p>Il y a deux ans, la secte drupalienne avait hacké l’Université d’été. Cette année, j’ai le sentiment que les <a href="http://twitter.com/#!/ndelavergne" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/twitter.com/_/ndelavergne?referer=');">gazouilleurs virtuels</a> nous préparent quelque chose au cours de la semaine. A suivre.</p>
<p>Je ne veux pas terminer sans parler du partenariat que nous avons conclu avec l’éditeur <a href="http://publie.net" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/publie.net?referer=');">Publie.net</a> à cette occasion. Non seulement François Bon nous fait l’amitié d’intervenir dans notre Université d’été, mais en plus il offre onze livres électroniques personnalisés issus du catalogue de Publie.net à l’ensemble des participants ! Ceux-ci les trouveront lundi dans leur sac à surprises sur une clé USB, mais pas n’importe quelle clé : il s’agit de la Framakey proposée par <a href="http://www.framasoft.net" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.framasoft.net?referer=');">Framasoft</a>, la célèbre association de promotion du logiciel libre. Cette clé est lourde de symbole pour moi : elle fusionne dans un objet matériel l’association du logiciel libre et de l’édition numérique de qualité, c’est-à-dire, très exactement, l’ADN du <a href="http://cleo.cnrs.fr" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/cleo.cnrs.fr?referer=');">Centre pour l’édition électronique ouverte</a> : le Cléo.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://blog.homo-numericus.net/article10952.html/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Un pique-nique pour les pirates</title>
		<link>http://blog.homo-numericus.net/article10943.html</link>
		<comments>http://blog.homo-numericus.net/article10943.html#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 03 Sep 2011 21:58:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Mounier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Blogo-numericus]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://blog.homo-numericus.net/?p=10943</guid>
		<description><![CDATA[Demain dimanche le Parti Pirate organise des pique-niques dans plusieurs régions de France pour lancer la préparation de la campagne pour les élections législatives de juin 2012.  Je viendrai pour ma part en famille à celui qui se déroule à Paris, Place des Vosges à midi. Ce sera pour moi l’occasion de mieux connaître et rencontrer les membres de ce mouvement que j’ai rejoint récemment. Deux éléments ont déterminé mon ralliement après moult hésitations. C’est d’abord le constat de la faiblesse du programme numérique des principaux partis d’opposition pour les échéances électorales à venir. Certes, ce programme existe bien, mais le moins qu’on puisse dire est qu’il n’est pas véritablement porté par les différents candidats putatifs. Bref, les questions du partage des biens culturels, de la protection de la vie privée (contre la menace que représente l’Etat surtout), de la régulation d’Internet et en particulier de la liberté d’expression sur les réseaux, mais aussi de la banalisation de la biométrie, parmi d’autres resteront très marginales voire seront inexistantes dans le débat présidentiel, c’est une évidence. Je crois donc à la nécessité d’une force politique spécialisée qui porte ces questions dans le débat public exactement comme les Verts ont porté la problématique [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2011/09/logo.jpg"><br />
</a>Demain dimanche <a href="http://www.partipirate.org/blog/index.php" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.partipirate.org/blog/index.php?referer=');">le Parti Pirate</a> organise des pique-niques dans plusieurs régions de France pour lancer la préparation de la campagne pour les élections législatives de juin 2012.  Je viendrai pour ma part en famille à celui qui se déroule à Paris, <a href="http://forum.partipirate.org/irl/piquenique-pirate-paris-t6485.html" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/forum.partipirate.org/irl/piquenique-pirate-paris-t6485.html?referer=');">Place des Vosges à midi</a>. Ce sera pour moi l’occasion de mieux connaître et rencontrer les membres de ce mouvement que j’ai rejoint récemment. Deux éléments ont déterminé mon ralliement après moult hésitations.</p>
<p>C’est d’abord le constat de la faiblesse du programme numérique des principaux partis d’opposition pour les échéances électorales à venir.</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-10946" style="border-style: initial; border-color: initial;" title="logo" src="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2011/09/logo.jpg" alt="" width="250" height="250" /></p>
<p>Certes, ce programme existe bien, mais le moins qu’on puisse dire est qu’il n’est pas véritablement porté par les différents candidats putatifs. Bref, les questions du partage des biens culturels, de la protection de la vie privée (contre la menace que représente l’Etat surtout), de la régulation d’Internet et en particulier de la liberté d’expression sur les réseaux, mais aussi de la banalisation de la biométrie, parmi d’autres resteront très marginales voire seront inexistantes dans le débat présidentiel, c’est une évidence. Je crois donc à la nécessité d’une force politique spécialisée qui porte ces questions dans le débat public exactement comme les Verts ont porté la problématique éconologique dans le débat politique il y a vingt ou trente ans, avant que tout le monde s’en empare.</p>
<p>Mais il y a une autre raison qui explique cet engagement. Il m’apparaît de plus en plus que si les technologies numériques impactent l’ensemble des secteurs d’activité dans toutes ses dimensions — et c’est le postulat sur lequel <em><a href="http://homo-numericus.net/article7.html" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/homo-numericus.net/article7.html?referer=');">Homo Numericus</a></em> a été construit, alors il est nécessaire qu’émergent des propositions politiques articulées qui soient adaptées au nouveau contexte global. Autrement dit, la société change à tous les niveaux ; les relations que les gens établissent entre eux, le rapport que les individus établissent avec le collectif, dans tous les domaines, est en train de changer. Or, je suis absolument effaré de constater à quel point notre système politique, et la classe politique qui l’entretient, reste globalement scotché sur un mode de fonctionnement en décalage complet, fossilisé sur des héritages du siècle dernier qui n’ont plus aucune pertinence.</p>
<p>Franchement, je ne me retrouve plus du tout dans le petit théâtre politique qui se joue devant nous, non pas même en ce qui concerne les propositions qui sont faites, mais même du point de vue des procédures par lesquelles elles sont élaborées. Les conditions dans lesquelles nous autres citoyens sommes informés par exemple, avec le journalisme en ligne, les blogs, des initiatives comme Wikileaks, l’open data, mais aussi les conditions dans lesquelles nous participons au débat public via les forums, les sites personnels, les commentaires, les réseaux sociaux, tout cela a complètement changé au cours des dernières années et désamorce aujourd’hui absolument le discours politique traditionnel. C’est quand même un phénomène majeur : Lorsqu’un homme politique fait une déclaration aujourd’hui, il ne convainc à peu près que les militants de son propre parti (et encore). Et on sait à quel point ils sont, en France, peu nombreux, quel que soit le parti considéré.</p>
<p>En un mot, je n’attends plus aujourd’hui des hommes politiques qu’ils trouvent « la » bonne idée, qu’ils formulent « la » bonne proposition pour résoudre tel ou tel problème ; je n’attends pas d’eux qu’ils me disent ce que je dois penser de tel ou tel sujet, et il me semble que c’est le cas aussi d’une part croissante de la population ; car nous avons accès à de tels moyens d’information et d’expression que nous sommes désormais autonomes sur ce point. Ce qui manque désormais, c’est un cadre politique qui permette à cette nouvelle manière de faire citoyenneté de prendre sa place.</p>
<p>Alors, quel rapport avec le Parti Pirate ? Mon opinion est que ce parti est porteur d’un nouveau modèle de citoyenneté même s’il n’est pas encore assez établi et ancien pour l’avancer de manière aussi explicite. Pourquoi ? parce qu’il émane fondamentalement d’une génération qui pour l’essentiel a fait son éducation politique dans les communautés de développement de logiciels libres ou au sein de collectifs collaboratifs et de partage en ligne qui reposent très peu sur la délégation de pouvoir et beaucoup sur une culture démocratique radicale fondée sur la participation et l’échange. Pour le dire autrement, une nouvelle culture politique s’est élaborée depuis vingt ans je dirais, autour de la gestion technique d’Internet, des communautés de logiciel libre comme Linux, de communautés en ligne pour le partage du savoir comme Wikipédia, parmi bien d’autres exemples. Je pense que cette culture politique nouvelle (et qu’on voit émerger dès le début d’ailleurs au sein du Network Working Group avec les RFC) a percolé année après année auprès d’une population toujours plus large. Or, dans la mesure où les technologies et les usages sur lesquels elle repose ont eu une influence considérable dans tous les domaines, il est nécessaire que cette culture politique nouvelle émerge à son tour, sorte du ghetto geek dans lequel on essaie de la maintenir et s’assume à un niveau plus global. C’est comme cela que j’interprète l’émergence des partis pirates dans tous les pays développés, et j’ai évidemment très envie d’apporter mes forces à ce mouvement libérateur.</p>
<p>J’ai longtemps cru que les Verts porteraient avec eux une nouvelle culture politique qui nous sortirait enfin de l’étouffoir démocratique que constituent les institutions bonapartistes de la Ve République auxquelles le Parti Socialiste a fini par se rallier. Lest Verts avaient autrefois ce slogan de « faire de la politique autrement » qui a manifestement été jeté aux orties depuis… En réalité, il y a toujours eu deux cultures politiques presque contradictoires chez les Verts. Une culture scientifique d’abord, et je dirais parfois « scientiste », sur les questions d’écologie : les décisions doivent être prises sur la base de vérités scientifiques indiscutables et il n’y a pas de discussion possible. Il y a d’ailleurs beaucoup de scientifiques chez les Verts qui raisonnent de manière mécaniste sur les questions politiques : s’il y a un réchauffement climatique, s’il y a un problème démographique, si nous ne pouvons gérer correctement le nucléaire, alors…et s’ensuit un chapelet de mesures absolument logiques mais qui mettent juste de côté la variable que représente la volonté humaine, la matière même du politique. D’où un petit côté autoritaire quelquefois que l’on voir surgir en particulier sur les sujet environnementaux. On va dire que c’est la tradition René Dumont.  Et puis au sein des Verts, il y a une tradition absolument anti-autoritaire au contraire qui vient des années 60 via des intellectuels comme Félix Guattari. C’est ici une visée émancipatrice pour l’individu qui s’exprime et qui a développé toute une réflexion pratique au sein du parti pour contrer les mécanismes d’embrigadement, de domination et même de pouvoir dans le contexte politique.</p>
<p>Cette dernière tradition aurait très bien pu faire la jonction avec la nouvelle culture politique venue d’Internet dont je parlais précédemment. Je pense que cela pourrait même donner des pistes très intéressantes. Mais j’ai l’impression qu’elle a été laminée entre-temps par la normalisation des écologistes, contraints de se couler dans le moule institutionnel pour exister politiquement. Et comme par ailleurs le centre de gravité de la proposition politique des Verts s’établit nécessairement autour des questions d’environnement et d’écologie, ils ne se trouvent pas à la bonne position dans le champ politique pour identifier et porter la nouvelle culture démocratique qui vient d’Internet, du logiciel libre, de wikipédia.</p>
<p>Je vais dire les choses plus crûment : l’écologie politique a permis de rendre visible les insuffisance et les limites du système politique actuel : basé sur le principe de la souveraineté nationale et l’électoralisme court-termiste, ce système est incapable, on le voit bien, de répondre aux défis que posent des menaces aussi imposantes, transnationales et de long  terme que le réchauffement climatique et le nucléaire. L’écologie politique a l’immense mérite de poser le problème de la gouvernance. Mais elle s’est aussi avérée absolument incapable de proposer des solutions politiques à ce problème de gouvernance. Je peux bien sûr me tromper mais mon hypothèse est que les communautés techniques qui gèrent l’Internet, les communautés en ligne de type Linux ou Wikipédia, mais aussi les réseaux décentralisés peer to peer au sein desquels s’échangent des contenus, les communautés fortes et les réseaux faibles, parce qu’ils ont fait la preuve de leur capacité à rassembler et coordonner des dizaines de millions de personnes de manière totalement transversale aux frontières nationales et en les mobilisant sur des objectifs complexes et parfois très distants, ont montré qu’elles portaient en germe un ensemble de propositions politiques et je dirais presque institutionnelles très intéressantes pour changer de mode de gouvernance.</p>
<p>Voilà où j’en suis de ma réflexion sur le sujet et c’est pour cet ensemble de raisons que je me rendrai au  pique-nique des pirates demain — en dehors du soleil radieux promis par la météo. J’espère bien y retrouver — pourquoi pas — certains lecteurs de Blogo Numericus pour discuter de tout cela IRL, ce qui n’empêche pas de réagir en ligne en commentant ce billet.</p>
<p>Le  pique-nique francilien se déroule donc <a href="http://forum.partipirate.org/irl/piquenique-pirate-paris-t6485.html" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/forum.partipirate.org/irl/piquenique-pirate-paris-t6485.html?referer=');">Place des Vosges à midi</a>. Pour en connaître la liste dans les autres régions, <a href="http://forum.partipirate.org/wiki/piquenique" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/forum.partipirate.org/wiki/piquenique?referer=');">c’est ici.</a></p>
<p> </p>
<p> </p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://blog.homo-numericus.net/article10943.html/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>3</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Google moins</title>
		<link>http://blog.homo-numericus.net/article10932.html</link>
		<comments>http://blog.homo-numericus.net/article10932.html#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 25 Aug 2011 21:00:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Mounier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Blogo-numericus]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://blog.homo-numericus.net/?p=10932</guid>
		<description><![CDATA[Cela fait maintenant plusieurs semaines que je suis inscrit sur la nouvelle plateforme de réseau social Google Plus et près de cent vingt personnes ont jugé bon de m’ajouter à leurs « cercles ». Il auront pourtant noté que je n’utilise quasiment pas ce nouveau réseau social, auquel je ne parviens pas à m’habituer malgré les éloges quasi-unanimes d’une part, que j’entends partout, et malgré les fonctionnalités très intéressantes et novatrices que propose la plateforme : les cercles et les vidéo-bulles, pour l’essentiel. Pourquoi ? Tout simplement parce que cette plateforme s’annonce comme la pire des boîtes noires fermées que l« on ait jamais vu dans les médias sociaux. En effet, sur Facebook, Twitter, Linkedin que j’utilise aussi, je peux alimenter mon compte de manière automatique à partir de mes publications mais aussi de mes listes de favoris ou des informations que je partage via ma plateforme favorite d’agrégation de flux RSS. Or, contre les pratiques de tous ses concurrents, Google plus ne permet pas ce type d’alimentation automatique. C’est d’ailleurs valable en entrée comme en sortie. Alors que des services comme Backupify me proposent des sauvegardes régulières des informations que je publie sur plusieurs plateformes, rien ne concerne Google Plus dont je [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Cela fait maintenant plusieurs semaines que je suis inscrit sur la nouvelle plateforme de réseau social  <a href="https://plus.google.com/" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/plus.google.com/?referer=');">Google Plus</a> et près de cent vingt personnes ont jugé bon de m’ajouter à <a href="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2011/08/google_plus_logo-276x300.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-10933" title="google_plus_logo-276x300" src="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2011/08/google_plus_logo-276x300.jpg" alt="" width="188" height="205" /></a>leurs « cercles ». Il auront pourtant noté que je n’utilise quasiment pas ce nouveau réseau social, auquel je ne parviens pas à m’habituer malgré les éloges quasi-unanimes d’une part, que j’entends partout, et malgré les fonctionnalités très intéressantes et novatrices que propose la plateforme : les cercles et les vidéo-bulles, pour l’essentiel.</p>
<p>Pourquoi ?</p>
<p>Tout simplement parce que cette plateforme s’annonce comme la pire des boîtes noires fermées que l« on ait jamais vu dans les médias sociaux. En effet, sur Facebook, Twitter, Linkedin que j’utilise aussi, je peux alimenter mon compte de manière automatique à partir de mes publications mais aussi de mes listes de favoris ou des informations que je partage via ma plateforme favorite d’agrégation de flux RSS. Or, contre les pratiques de tous ses concurrents, Google plus ne permet pas ce type d’alimentation automatique. C’est d’ailleurs valable en entrée comme en sortie. Alors que des services comme <a href="http://www.backupify.com" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.backupify.com?referer=');">Backupify </a>me proposent des sauvegardes régulières des informations que je publie sur plusieurs plateformes, rien ne concerne Google Plus dont je ne peux rien extraire ; et pour cause : aucune API publique n’est ouverte.</p>
<p>Autrement dit, Google Plus fonctionne comme un continent isolé : toute l’information qui y est échangée ne peut provenir que de ses utilisateurs et ne peut pas en sortir. La plupart des <a href="http://twitter.com/#!/cercamon" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/twitter.com/_/cercamon?referer=');">gens avec qui j’en discute</a> me disent que ce n’est qu’une question de temps et qu’il suffit de patienter. Voire. Ce service existe maintenant depuis plusieurs mois et Google a préféré y implémenter de manière prioritaire bien d’autres fonctionnalités, comme les jeux, plutôt que celle-ci qui me semble pourtant essentielle.</p>
<p>Je crois pouvoir comprendre un peu cette logique, cela dit : Google n’a peut-être pas envie de voir se multiplier les comptes alimentés automatiquement par de vrais-faux utilisateurs qui n’interagissent pas vraiment au sein du dispositif. Pour ma part, ma stratégie de base est d’envoyer de manière plus ou moins automatisée sur mes comptes Twitter et Facebook les informations que je repère sur Google Reader. Ma stratégie change un peu avec le temps parce que j’expérimente de nouvelles pratiques, mais c’est globalement la base. Et je vois bien les limites du système : on est parfois proche du <em>flood</em> avec des palanqués de news qui tombent un peu comme sur un telex d’agence de presse. C’est peu propice aux interactions qui sont l’essence même des réseaux sociaux.</p>
<p>Evidemment, si j’applique cette stratégie, comme beaucoup d’autres, c’est essentiellement pour des raisons de temps : inscrit sur plusieurs réseaux sociaux, je n’ai pas du tout le temps d’y poster à la main des informations (en les éditant : choix des vignettes, commentaire, etc.) de manière régulière. C’est ici qu’on voit d’ailleurs les limites de l’économie de la contribution . Les réseaux sociaux vivent des informations que nous leur apportons et que nous y partageons. En y branchant un tuyau automatique, je ruse avec les fondamentaux sur lesquels ils reposent. En n’ouvrant pas d’API, Google plus m’interdit pour l’instant de ruser. Il m’intime l’ordre de contribuer et d’y consacrer du temps. Ce que je refuse, évidemment.</p>
<p>Mais alors du coup, est-il raisonnable d’être présent sur plusieurs réseaux à la fois ? Peut-être vaut-il mieux se consacrer à un seul réseau social — au hasard Google Plus — et abandonner mes comptes sur les autres plateformes — au hasard Facebook ? Cette fois-ci, c’est Google qui ruse avec moi et me manipule un peu en m’envoyant des messages subliminaux. Bon, c’est le jeu. Je ne suis pour autant pas obligé de m’y soumettre.</p>
<p>S’il est vrai que l’alimentation automatique est encore un peu trop mécanique et se place en travers de la logique conversationnelle des réseaux sociaux, je crois pourtant qu’elle représente une voie d’avenir. Car les outils de programmation deviennent de plus en plus perfectionnés. La toute nouvelle plateforme<a href="http://ifttt.com" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/ifttt.com?referer=');"> Ifttt.com</a> qui vient d’ouvrir en bêta privée me semble en être un très bon exemple, à la suite de l’excellent<a href="http://pipes.yahoo.com/pipes/" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/pipes.yahoo.com/pipes/?referer=');"> Yahoo Pipes</a>.   Cette plateforme propose à ses utilisateurs de programmer des actions déclenchées par des événements particuliers. C’est le système du If this than that ; si ceci, alors cela ; si un nouvel article est partagé sur tel compte Google Reader, alors publie un nouveau tweet contenant son titre et son adresse. Si je reçois un mail contenant tel mot-clé, alors publie un nouveau statut sur mon compte Facebook ; si une nouvelle photographie est publiée sur tel compte Flickr, alors publie la photo dans <a href="http://ffffound.com/" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/ffffound.com/?referer=');">FFFFound</a>. Et ainsi de suite. La finesse des critères permettant de déclencher les actions n’est pas encore très grande, mais on voit bien qu’il y a du potentiel.</p>
<p>C’est la raison pour laquelle la politique actuelle de Google plus me semble assez injuste. Elle me cantonne au stade manuel de l’activité sur le réseau (écrire, poster des messages, taguer, commenter) et m’interdit d’accéder à celui de la programmation d’automates qui peuvent démultiplier mes pouvoirs d’interventions. Bien étrange comportement de la part d’un acteur qui a pourtant construit sa réussite et sa fortune sur cette même activité de programmation : au moment où Yahoo!, AOL et quelques autres s’épuisaient à construire des annuaires alimentés manuellement par des armées de documentalistes, Google a balayé tous ses concurrents en déployant son armée d’automates ; pour parcourir le Web, en indexer les contenus, les classer et fabriquer une réponse aux requêtes des internautes. Et ce n’est pas tout car ce sont encore des automates qui me servent de la publicité contextuelle ou qui me suggèrent de nouvelles personnes que je pourrais ajouter à mes cercles.</p>
<p>Je pense que sur ce service, Google instaure une dissymétrie puissante entre la plateforme et ses utilisateurs. J’y vois une sorte de cybercolonialisme qui maintient volontairement ses utilisateurs à l’âge de pierre pour se réserver l’usage exclusif de technologies plus avancées. Mais je veux bien croire que je suis un peu paranoïaque (qui est mon péché mignon) et que Google Plus me démentira dans les jours/semaines à venir.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://blog.homo-numericus.net/article10932.html/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>10</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Chère Hadopi.… (ou comment aider la France à conserver son triple A en réduisant facilement sa dette de 80 000 euros)</title>
		<link>http://blog.homo-numericus.net/article10910.html</link>
		<comments>http://blog.homo-numericus.net/article10910.html#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 16 Aug 2011 21:44:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Mounier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Blogo-numericus]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://blog.homo-numericus.net/?p=10910</guid>
		<description><![CDATA[Chère Hadopi, je viens d’apprendre que tu cherchais à « identifier et analyser en profondeur les freins et les leviers de la consommation licite de biens culturels en ligne » et que, pour ce faire, tu étais prête à débourser jusqu’à 80 000 euros. Franchement, très chère Hadopi, est-ce bien sérieux ? Au moment où les marchés financiers font régner la terreur sur les Etats les plus puissants, est-ce bien sérieux, je te le demande, de contribuer à  mettre ainsi en péril notre triple A en jetant par les fenêtres autant d’argent pour répondre à une question aussi simple ? Car enfin, est-il vraiment besoin de déployer tout un appareillage compliqué d’enquête « qualitative » et « quantitative » pour découvrir ce que tout internaute français sait depuis longtemps. Ces « freins » de la « consommation licite de biens culturels en ligne », tu ne les connais vraiment pas ? Tu ne vois vraiment vraiment pas de quoi il peut s’agir ? Non ? Ah bah, c’est extraordinaire ! Allons, comme je suis de bonne humeur, frais et dispo de retour de vacances, je me propose de t’éclairer quelque peu. Si tu veux, je te fais mon petit Lab à moi, pour rien, gratuitement, en dix minutes chrono. Bel [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Chère Hadopi,</p>
<p>je viens d’apprendre que tu cherchais à « identifier et analyser en profondeur les freins et les leviers de la consommation licite de biens culturels en ligne » et que, pour ce faire, tu étais prête à<a href="http://www.boamp.fr/index.php?action=avis&amp;num_parution=MAPA&amp;num_annonce=11-175199&amp;total=1&amp;_s=0&amp;indice=0&amp;affichage_avis=officiel" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.boamp.fr/index.php?action=avis_amp_num_parution=MAPA_amp_num_annonce=11-175199_amp_total=1_amp_s=0_amp_indice=0_amp_affichage_avis=officiel&amp;referer=');"> débourser jusqu’à 80 000 euros</a>. Franchement, très chère Hadopi, est-ce bien sérieux ? Au moment où les marchés financiers font régner la terreur sur les Etats les plus puissants, est-ce bien sérieux, je te le demande, de contribuer à  mettre ainsi en péril notre triple A en jetant par les fenêtres autant d’argent pour répondre à une question aussi simple ?</p>
<div id="attachment_10919" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.hadopi.fr/la-haute-autorite/l-hadopi-en-bref.html" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.hadopi.fr/la-haute-autorite/l-hadopi-en-bref.html?referer=');"><img class="size-medium wp-image-10919   " title="Mam'zelle Hadopi, consommatrice de produits culturels licites" src="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2011/08/HA_en_bref-300x200.jpg" alt="Mam'zelle Hadopi, consommatrice de produits culturels licites" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">Mam’zelle Hadopi, consommatrice de produits culturels licites</p></div>
<p>Car enfin, est-il vraiment besoin de déployer tout un appareillage compliqué d’enquête « qualitative » et « quantitative » pour découvrir ce que tout internaute français sait depuis longtemps. Ces « freins » de la « consommation licite de biens culturels en ligne », tu ne les connais vraiment pas ? Tu ne vois vraiment vraiment pas de quoi il peut s’agir ? Non ? Ah bah, c’est extraordinaire ! Allons, comme je suis de bonne humeur, frais et dispo de retour de vacances, je me propose de t’éclairer quelque peu. Si tu veux, je te fais mon petit Lab à moi, pour rien, gratuitement, en dix minutes chrono. Bel exemple d’efficacité, non ?</p>
<p>Alors, pour commencer, je vais cibler mon sujet d’étude sur un domaine (un type de « bien culturel » comme tu dis) auquel je ne connais rien à titre professionnel. Non, je ne vais pas te parler des livres en ligne et autres ebooks, parce que tu pourrais me soupçonner d’adopter un point de vue biaisé. Je te sais très pointilleuse sur le sujet, impartiale et aveugle aux intérêts particuliers comme il sied à la Haute Autorité que tu es. Bravo ! (mais veille quand même à ne pas trop recruter ton<a href="http://www.hadopi.fr/la-haute-autorite/directions-de-l-hadopi/l-equipe-dirigeante.html" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.hadopi.fr/la-haute-autorite/directions-de-l-hadopi/l-equipe-dirigeante.html?referer=');"> équipe dirigeante</a> dans les rangs de l’UMP, cela fait un peu mauvais genre, conseil d’amis). Je vais donc te parler de films, domaine sur lequel je ne suis pas plus compétent que n’importe quel français et dans lequel, je l’avoue, je tente de m’adonner quelquefois à une « consommation licite » comme tu dis (c’est un peu bizarre cette expression soit dit en passant ; le rédacteur de l’appel d’offre ne serait-il pas un ancien des stups par hasard ? ). Or donc, hier soir, j’ai voulu m’adonner à la « consommation licite d’un produit culturel en ligne ». Traduction : télécharger un film sur Internet. Cela m’a pris deux heures, et cette petite expérience<em> in video</em> vaut toutes les études du monde à 80 kilo euros. En voici le compte rendu fidèle, décrit avec tout la rigueur froide, clinique, qui caractérise une vraie expérimentation scientifique.</p>
<p>1.<strong> Choix d’un fournisseur de came licite</strong> : En France, il n’y en a pas des dizaines : iTunes, Canalplay, TF1 Vidéo, quelques autres, et on a fait à peu près le tour. Bon , trois vendeurs, c’est déjà pas mal, c’est mieux qu’un seul ; il n’y a pas à dire, on est bien dans une économie de marché doté d’une saine concurrence « libre et non faussée » chère aux libéraux, garantie d’une offre diversifiée et proposée à juste prix. Heu… en fait, cela ne fonctionne pas tout à fait comme cela, car il suffit de  consulter chacune des trois boutiques virtuelles pour se rendre compte qu’en fait, ce sont exactement les mêmes catalogues qui y sont proposés. Regardez les nouveautés ! Les mêmes films sortent exactement au même moment, avec, il faut bien le reconnaître, un petit jeu de différenciation sur les prix. Oui, d’accord, mais quand même, cela ne fait pas beaucoup de choix. <em>Donc, premier point : l’offre est uniforme et non diversifiée. Qu’il y ait une, cinq ou dix plateformes, cela revient au même : on nous propose les mêmes produits au même moment.</em></p>
<div id="attachment_10916" class="wp-caption alignleft" style="width: 290px"><a href="http://www.canalplay.com/films/aventure/la-planete-des-singes,297,302,7589.aspx" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.canalplay.com/films/aventure/la-planete-des-singes_297_302_7589.aspx?referer=');"><img class="size-full wp-image-10916  " title="Canalplay, malin comme un singe" src="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2011/08/afficheSchaffner.gif" alt="Canalplay, malin comme un singe" width="280" height="403" /></a><p class="wp-caption-text">Canalplay, malin comme un singe</p></div>
<p>2. <strong>Choix de la dope licite</strong> : ayant récemment vu la très impressionnante bande-annonce de <em>Planète des Singes : les origines</em>, et mes amis sur Facebook m’en ayant dit du bien, mon regard est attiré, sur le site de Canalplay, par une annonce pour La <em>Planète des Singes</em>. Super ! Je vais pouvoir me faire un bon blockbuster histoire de me détendre (car pour être un scientifique rigoureux au service d’Hadopi et de la science, on n’en est pas moins homme). Ah oui, mais non, en fait, il s’agit <a href="http://www.canalplay.com/films/aventure/la-planete-des-singes,297,302,7589.aspx" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.canalplay.com/films/aventure/la-planete-des-singes_297_302_7589.aspx?referer=');">du film de 1968 avec Charlton Heston</a>. Ce n’est pas que le film est mauvais, mais comment dire… je l’ai déjà vu (et revu même, et re-revu pour tout dire). Ne me décourageant pas, je bascule sur iTunes qui me parle lui aussi de la<em> Planète des Singes</em>, et du plus récent cette fois-ci ! Merveilleux, j’y vais, je clique, je suis prêt à faire chauffer la carte bleue.…ah oui mais non, il s’agit des bonus cette fois-ci et non du film. Heu… je m’en fiche un peu, moi des bonus, c’est plutôt le film que je veux voir.</p>
<p>Bon, j’ai compris, on ne veut pas que je vois le film tranquillement installé devant mon ordi en sirotant mon coca. On veut m’envoyer au cinéma. Ok, message reçu, j’irai donc le voir au ci-né-ma. Pas de problème, je comprends (je suis même très compréhensif comme gars, vu que je sors d’un projection du dernier Harry Potter avec mes 3 enfants ce qui m’est revenu un peu plus cher qu’un location de film en vod, c’est le moins qu’on puisse dire). Soit, mais pour ce soir, qu’est de que je vais bien pouvoir regarder ? Alors, on me propose, toujours dans les nouveautés : <em>Numéro quatre</em> (hum), <em>Rango</em> (hum hum),<em> Le Mytho</em> (houla) et <em>Titeuf le film</em>.….<em>Donc deuxième point : l’offre, non seulement elle n’est pas diversifiée, mais en plus, au niveau de la qualité, heu, comment dire.…</em></p>
<p>3. <strong>Choix de la variété de chnouf licite</strong> : Je suis un chevalier de la Science, ne l’oublions pas, prêt à griller mes quelques neurones dans la quête de la Vérité que j’entreprends pour toi, ma chère Hadopi (et j’espère que tu m’en sais gré). J’enclenche donc la vitesse supérieure et choisis donc un nanar de belle facture : <a href="http://www.canalplay.com/films/cinema/space-battleship,297,346,18157.aspx" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.canalplay.com/films/cinema/space-battleship_297_346_18157.aspx?referer=');"><em>Space Battleship</em></a> qui m’excite assez, je dois l’avouer, par son côté un peu pervers: un film de SF japonais présenté comme le chef d’oeuvre du créateur d’Albator, c’est sûr, ça fait saliver. Par ailleurs, j’ai de la chance, il est annoncé comme disponible en VF ET en VOST, ce qui en fait une quasi-exception. Car bizarrement, nombre de films proposées sur les plateformes « licites », ne le sont qu’en version doublée, en VF donc. Or moi, la VF, j’ai quand même du mal ; ça me rappelle trop la télé de mon enfance, quand j’écoutais Starky (ou Hutch ?) débiter ses blagues à deux balles avec une voix de canard en désynchronisation avec le mouvement des lèvres. Alors bon, des nanars d’accord, mais sans les voix de canards si possible !C’est un truc qui m’étonne d’ailleurs, pourquoi diable les plateformes de vod ne proposent-elles pas systématiquement les versions originales puisqu’elles existent ?  Je ne sais pas moi, peut-être qu’ils fabriquent les fichiers numériques à partir de cassettes VHS (d’où Charlton Heston) ? Il y a en tout cas là un mystère à résoudre, qui résiste à la science jusqu’à présent.</p>
<p>En tout cas, ce soir, j’avais de la chance car <em>Space Battleship</em> était proposé en VO sous-titré. Cette fois, c’est bon, je le tiens mon sujet d’expérimentation ! J’achète ! Comme ce n’est pas la première fois que je me livre à ce genre d’opération et que je suis un consommateur licite expérimenté, je passe brillamment toutes les étapes techniques de mon achat en ligne et me débrouille comme un chef de toutes les petites tracasseries qu’engendre inévitablement la lecture d’un fichier DRMisé</p>
<div id="attachment_10917" class="wp-caption alignright" style="width: 300px"><a href="http://www.canalplay.com/films/fantastique-sf/space-battleship,297,310,18157.aspx" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.canalplay.com/films/fantastique-sf/space-battleship_297_310_18157.aspx?referer=');"><img class="size-full wp-image-10917 " title="Banzai sur le consommateur !" src="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2011/08/space-battleship-yamato-290x414.jpg" alt="Banzai sur le consommateur !" width="290" height="414" /></a><p class="wp-caption-text">Banzai sur le consommateur !</p></div>
<p>jusqu’à la gueule (il faut absolument avoir le logiciel truc avec la version machin, ouvrir le firewall Windows pour permettre au lecteur de se connecter au serveur qui délivre la licence, relancer le bouzin trois fois en se frottant le nez de la main gauche, etc.) et lance le film…en japonais. Oui, me diras-tu, en japonais, c’est normal, tu as demandé la VOST. Certes, j’ai demandé la VOST, te réponds-je, et la VO, je l’ai bien eue, mais de ST point !! Aucun sous-titre, rien ! contrairement à ce qui était promis ! Pauvre de moi qui ne parle pas le japonais couramment (et c’est une faute, je le sais bien), me voilà désormais condamné à regarder un nanar de SF japonais doublé en français avec des voix de canards ! Arrrrgghhhhh !!! Remboursez ! (ah ben non c’est pas prévu) <em>Donc troisième point : les distributeurs de films mettent absolument n’importe quoi sur les plateformes car c’est bien assez bon pour le cochon de consommateur</em>.</p>
<p>Voilà, chère Hadopi, tu l’as désormais ton « analyse approfondie » des freins à la consommation licite de produits culturels. Tu vois, ce n’est pas si compliqué, il suffit d’en faire simplement l’expérience et tout s’éclaire ! Et puis, comme tu me fais un peu pitié quand même, avec toute ton artillerie lourde pour attraper les mouches, je vais même te dire un secret, bien gardé, mais, chut, tu ne devras le dire à personne. Tu sais, quand je ne travaille pas pour toi et que je veux vraiment me détendre en regardant un bon film, et bien.…comment dire.… je passe un peu du côté obscur de la force. Quand je veux vraiment regarder un bon film, récent, avec un fichier de bonne qualité dans la version linguistique de mon choix, avec ou sans les sous-titres que je veux, et bien je creuse mon petit tunnel pour échapper aux radars que tu as posés sur les autoroutes de l’information, et puis je télécharge très simplement mon film, que je peux visionner sans aucun problème. En fait, le service de l’autre côté de mon tunnel est tellement bon que j’aimerais bien payer pour cela car, comme tu le sais, « tout travail mérite salaire » et je suis absolument d’accord avec ce vieux précepte. Mais voilà, de l’autre côté du tunnel, personne ne veut de mon argent, personne ne me demande de payer. C’est dommage non ? Tu ne trouves pas que le monde est mal fait, ma chère Hadopi ? Tes 80 000 euros là, que tu t’apprête à donner à n’importe qui pour inventer l’eau chaude, tu ne pourrais pas les utiliser un peu plus intelligemment ?</p>
<p>Allez, bisous,</p>
<p>Piotrr /-)</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://blog.homo-numericus.net/article10910.html/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>6</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Dans la Toile des médias sociaux : nouveaux moyens de communication et de publication pour les sciences humaines et sociales</title>
		<link>http://blog.homo-numericus.net/article10899.html</link>
		<comments>http://blog.homo-numericus.net/article10899.html#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 27 Jun 2011 08:07:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Mounier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Universités et recherche]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://blog.homo-numericus.net/?p=10899</guid>
		<description><![CDATA[Depuis quelques semaines, j’ai le très grand plaisir de donner un coup de main à Mareike König de l’Institut Historique Allemand pour l’organisation d’un colloque sur les réseaux ou médias sociaux dans les sciences humaines et sociales, qui se déroule aujourd’hui et demain à Paris dans les locaux de l’Institut. Le programme est ici.  Il reste quelques places, vous pouvez encore vous inscrire (c’est ici), mais dépêchez vous ! Le colloque sera ouvert ce soir plutôt de belle manière par une conférence de Geert Lovink, le fondateur et directeur de l’Institute of Network Cultures. Pour ma part, je ferai une petite intervention introductive en compagnie de Mareike demain matin. Voici un brouillon de ce que je voudrais dire. Je suis preneur d’ici demain de toute remarque que vous pourriez faire sur cette proposition. Merci !   Les médias sociaux dans la recherche / dans le procès de production de savoir : Les premiers réseaux sociaux ont émergé à partir de 2003–4. Au départ, grand public : outils de sociabilité pour tout un chacun. Pourtant, rapidement, émergence de réseaux sociaux professionnels : Linkedin ou Viadeo, et puis scientifiques : Academia.edu, UniPhy, Biomedexpert, Scitable, Mysciencework, etc. Mendeley ou CiteUlike pour les bibliographies. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2011/06/DHI_Programm_2011_RZ_img_0-194x300.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-10900" title="DHI_Programm_2011_RZ_img_0-194x300" src="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2011/06/DHI_Programm_2011_RZ_img_0-194x300.jpg" alt="" width="194" height="300" /></a>Depuis quelques semaines, j’ai le très grand plaisir de donner un coup de main à Mareike König de <a href="http://www.dhi-paris.fr/" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.dhi-paris.fr/?referer=');">l’Institut Historique Allemand</a> pour l’organisation d’un colloque sur les réseaux ou médias sociaux dans les sciences humaines et sociales, qui se déroule aujourd’hui et demain à Paris dans les locaux de l’Institut. <a href="http://dhiha.hypotheses.org/25" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/dhiha.hypotheses.org/25?referer=');">Le programme est ici</a>.  Il reste quelques places, vous pouvez encore vous inscrire (<a href="mailto:dhouelleu@dhi-paris.fr">c’est ici</a>), mais dépêchez vous ! Le colloque sera ouvert ce soir plutôt de belle manière par une <a href="http://dhiha.hypotheses.org/33" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/dhiha.hypotheses.org/33?referer=');">conférence de Geert Lovink, le fondateur et directeur de l’Institute of Network Culture</a>s.</p>
<p>Pour ma part, je ferai une petite intervention introductive en compagnie de Mareike demain matin. Voici un brouillon de ce que je voudrais dire. Je suis preneur d’ici demain de toute remarque que vous pourriez faire sur cette proposition.</p>
<p>Merci !</p>
<p> </p>
<p>Les  médias sociaux dans la recherche / dans le procès de production de  savoir : Les premiers réseaux sociaux ont émergé à partir de 2003–4. Au  départ, grand public : outils de sociabilité pour tout un chacun.  Pourtant, rapidement, émergence de réseaux sociaux professionnels :  Linkedin ou Viadeo, et puis scientifiques : Academia.edu, UniPhy,  Biomedexpert, Scitable, Mysciencework, etc. Mendeley ou CiteUlike pour  les bibliographies.<br />
De manière générale, ces réseaux sociaux scientifiques fournissent trois types de services :</p>
<ul>
<li>affichage de l’identité du chercheur (CV en ligne)</li>
<li>outils de sociabilité et de conversation en ligne</li>
<li>partage de références bibliographiques qui constituent la matière première du chercheur</li>
</ul>
<p>Il y a deux manières d’envisager le développement des réseaux sociaux scientifiques :</p>
<ul>
<li>ils  se situent dans la continuité d’une sociabilité scientifique  traditionnelle : l’Académie a un fonctionnement très communautaire et a  développé depuis très longtemps des lieux et pratiques de sociabilité :  machine à café, séminaire, colloque, revues, comités, etc. C’est le  phénomène “un Tout Petit Monde”  [ce titre a-t-il été traduit en  allemand ?] de David Lodge. Les réseaux sociaux sont la continuation de  ces pratiques par le moyen des nouvelles technologies.</li>
<li>En  science comme dans d’autres secteurs, on assiste à un affaiblissement  des institutions (de recherche ici) : les structures institutionnalisées  de recherche (instituts, universités, laboratoires) seraient des lieux  de sociabilité scientifique de moins en moins satisfaisants et de plus  en plus concurrentiels (classement de Shangaï). Les chercheurs  inventeraient alors des lieux de sociabilité, d’échange, mais aussi de  co-construction des savoirs transversaux aux institutions moins  hiérarchisés, plus coopératifs, plus ouverts (aussi sur la société),  plus flexibles, mais aussi plus individualistes. C’est le passage d’une  société de classe à une société en réseau théorisée par M. Castells par  exemple.</li>
</ul>
<p><strong>Conclusion </strong>:  on a une ambigüité des réseaux sociaux, parfaitement illustrée par le film <em>The  Social Network</em> qui montre comment Facebook naît au sein de  l’institution universitaire, mais en dynamite les codes et la structure  (le système des fraternités par exemple).<br />
<strong>Conséquence  de cette ambiguïté</strong> : on est souvent confronté à une critique  utilitariste de ces pratiques d’échanges au sein des réseaux sociaux  scientifiques : elles seraient une “perte de temps” par rapport au  travail productif de recherche et de publication qui est de plus  contrôlé, évalué, mesuré et intégré dans une mise en compétition et en  concurrence des chercheurs entre eux. Le rôle ambigu que jouent les  réseaux sociaux aujourd’hui dans les pratiques professionnelles et donc  aussi scientifiques a pour conséquence que deux réponses à cette  critique diamétralement opposées sont autant valables :</p>
<ul>
<li>Une  réponse “anti-utilisariste” qui défend un modèle de recherche  désintéressé (amour de la science et partage des savoirs) et  collaboratif qui viendrait se loger dans les réseaux sociaux à l’écart  de tout l’appareil de mise en compétition des chercheurs et des équipes  de chercheurs</li>
<li>Une  réponse utilitariste pour qui les réseaux sociaux sont au contraire des  outils permettant au chercheur “entrepreneur de lui-même” de développer  un avantage comparatif par rapport à ses collègues en enrichissant son  carnet d’adresses, en optimisant sa visibilité, en “occupant le terrain”  de la conversation scientifique dans son domaine de spécialité.</li>
</ul>
<p>Cette  ambiguïté fondamentale des réseaux sociaux  n’est pas propre aux  réseaux scientifiques. Théorisée par Manuel Castells, elle est  développée en France par des sociologues comme Dominique Cardon, Nicolas  Auray ou Antonio Casilli. Mais elle s’applique aussi aux réseaux  scientifiques et il serait intéressant que le colloque, dans un effort  de réflexivité de la communauté scientifique sur ses propres pratiques  contribue à l’explorer.</p>
<p> </p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://blog.homo-numericus.net/article10899.html/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>3</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Le livre-objet, objet fétiche</title>
		<link>http://blog.homo-numericus.net/article10884.html</link>
		<comments>http://blog.homo-numericus.net/article10884.html#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 13 Jun 2011 17:00:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Mounier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Blogo-numericus]]></category>
		<category><![CDATA[Édition électronique]]></category>
		<category><![CDATA[édition]]></category>
		<category><![CDATA[information]]></category>
		<category><![CDATA[livres]]></category>
		<category><![CDATA[Web]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://blog.homo-numericus.net/?p=10884</guid>
		<description><![CDATA[Le livre-objet est-il aux livres ce que la femme-objet est aux femmes ? C’est la question que je finis par me poser en m’intéressant depuis quelques mois à la manière dont on peut donner accès sur le web à des collections de livres électroniques. Avez-vous remarqué à quel point dans l’environnement numérique il semble presque impossible de désigner un livre autrement que comme un objet physique ? Le champion toute catégorie du fétichisme du livre est sans doute Apple qui va jusqu’à construire des étagères Ikéa en bois  à l’intérieur des iPads et mimer l’ouverture du livre et la page-qui-se-tourne dans son application iBooks. Mais sans aller jusqu’à de telles extrémités, je suis frappé de voir, en passant de sites en portails, de plateformes en librairies électroniques (et ici même sur ce blog, regardez à gauche et à droite), qu’il semble impossible de représenter le livre autrement que par.…sa couverture ! Qu’est-ce qu’un livre ? Une « réunion de plusieurs cahiers de pages manuscrites ou imprimées » répond très platement le Littré. Qu’est-ce qu’un livre sur le web ? « Une couverture suivie de plusieurs caractères » pourrais-je ajouter dans la même veine. Mais donc ; aurait-il échappé à tout le monde que la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le livre-objet est-il aux livres ce que la femme-objet est aux femmes ? C’est la question que je finis par me poser en m’intéressant depuis quelques mois à la manière dont on peut donner accès sur le web à des collections de livres électroniques. Avez-vous remarqué à quel point dans l’environnement numérique il semble presque impossible de désigner un livre autrement que comme un objet physique ?</p>
<div>Le champion toute catégorie du fétichisme du livre est sans doute Apple qui va jusqu’à construire des étagères Ikéa en bois  à l’intérieur des iPads et mimer l’ouverture du livre et la page-qui-se-tourne dans son application iBooks.</div>
<div>
<div id="attachment_10885" class="wp-caption alignleft" style="width: 235px"><a href="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2011/06/4960105856_37d2623ba6_o.jpg"><img class="size-medium wp-image-10885 " title="Ikéaïpad" src="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2011/06/4960105856_37d2623ba6_o-225x300.jpg" alt="Ikéaïpad" width="225" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Ikéaïpad</p></div>
</div>
<div>Mais sans aller jusqu’à de telles extrémités, je suis frappé de voir, en passant de sites en portails, de plateformes en librairies électroniques (et ici même sur ce blog, regardez à gauche et à droite), qu’il semble impossible de représenter le livre autrement que par.…sa couverture ! Qu’est-ce qu’un livre ? Une « réunion de plusieurs cahiers de pages manuscrites ou imprimées » répond très platement le Littré. Qu’est-ce qu’un livre sur le web ? « Une couverture suivie de plusieurs caractères » pourrais-je ajouter dans la même veine.</div>
<div>
<div id="attachment_10886" class="wp-caption alignright" style="width: 235px"><a href="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2011/06/4940950490_aa31fce57f_o.jpg"><img class="size-medium wp-image-10886" title="La-page-qui-se-tourne" src="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2011/06/4940950490_aa31fce57f_o-225x300.jpg" alt="La-page-qui-se-tourne" width="225" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">La-page-qui-se-tourne</p></div>
</div>
<div>Mais donc ; aurait-il échappé à tout le monde que la couverture, artefact relativement pratique lorsqu’il s’agit de transmettre de l’information au lecteur sur le contenu de l’objet qu’il tient entre les mains, est très peu adaptée à la transmission d’information via l’écran d’un ordinateur…<em>a fortiori</em> d’une tablette électronique voire un smartphone ? Mais peu importe semble-t-il, puisque la fonction de ces couvertures de livres systématiquement mobilisées sur tous les portails, que l’on aligne sur de fausses étagères et que l’on fait tourner sur de faux carrousels ne semble pas de renseigner l’utilisateur sur la nature de l’ouvrage qu’il va lire. Mon hypothèse est que ces couvertures permettent de faire fonctionner une magnifique illusion référentielle : « ceci est un vrai livre » (et pas un site, un blog, un twitt, un « mur », une page web) semblent-elles toutes dire, y compris lorsqu’audit livre, purement électronique, ne correspond parfois aucun objet imprimé mais un simple fichier pdf. La couverture confère alors au texte qu’elle désigne toute l’aura du livre, son prestige et son importance, elle le hisse au dessus du babillage quotidien du web, avec lequel il ne saurait être confondu.</div>
<div>
<div id="attachment_10888" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2011/06/FireShot-capture-143-Le-catalogue-Littérature-française-Les-éditions-du-Seuil-www_seuil_com_catalogue-thematique_php_c0.png"><img class="size-medium wp-image-10888" title="Couv'titres" src="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2011/06/FireShot-capture-143-Le-catalogue-Littérature-française-Les-éditions-du-Seuil-www_seuil_com_catalogue-thematique_php_c0-300x228.png" alt="Couv'titres" width="300" height="228" /></a><p class="wp-caption-text">Couv’titres : le duo infernal</p></div>
<p>Que c’est compliqué pourtant de présenter des livres sur une page web lorsqu’on a la seule pauvre couverture pour tout outil sémiotique : on est alors replacé dans le dilemme classique du libraire qui doit mettre en valeur le maximum d’ouvrages sur un espace limité : la table de présentation. Pour que la table soit efficace, il faut qu’elle présente très peu de titres ; on dira entre 9 et 12. Mais alors, que faire des autres ? Le libraire les placera debout dans ses rayonnages où ils ne seront vus que de ceux qui connaissent ce qu’ils viennent chercher. Le portail web renverra via un lien « tous les ouvrages » à une liste textuelle classée, un catalogue, à peu près aussi efficace pour mettre en valeur les titres que le rayonnage sous la table du libraire.</p>
<div id="attachment_10889" class="wp-caption alignright" style="width: 210px"><a href="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2011/06/couv3.jpg"><img class="size-medium wp-image-10889" title="Générateur automatique d'aura" src="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2011/06/couv3-200x300.jpg" alt="Générateur automatique d'aura" width="200" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Générateur automatique d’aura</p></div>
</div>
<div>La référence à la couverture du livre est parfaitement justifiée lorsque l’interface renvoie justement à des ouvrages physiques : portails de livres numérisés comme <em>Gallica </em>ou outils de gestion de bibliothèque personnelle comme <em>Librarything</em>. Mais dans les autres cas ? Il me semble qu’il serait temps de commencer à se détacher de la référence à l’objet, qui sera de moins en moins pertinente, et de commencer à utiliser de manière plus massive, moins marginale d’autres modes de présentation ou de représentation du livre : illustration, portrait de l’auteur, </p>
<p>extraits, selon le résultat qu’on cherchera à obtenir. J’aurais tendance à penser que, libéré du carcan référentiel, le livre pourrait avantageusement profiter de l’expérience acquise par le Web dans le domaine de la presse et des magazines en ligne, voire des blogs en matière de présentation et de valorisation de l’information : bannières tournantes, nuages de mots-clés, classements multiples et variés, systèmes de rebonds. Et ce ne serait pas forcément très difficile, car certains éditeurs font déjà un travail d’illustration et de mise en valeur iconographique sur leurs ouvrages. Mais alors pourquoi diable faut-il laisser enfermées ces illustrations dans le cadre pré-contraint de la couverture en mode portrait ? Contrairement à la couverture, la page web donne de la place, elle permet de disposer l’information différemment ; elle permet de respirer, et d’inventer aussi. Je trouve dommage que si peu de ces possibilités soient effectivement exploitées, et d’abord, me semble-t-il, parce que nous sommes tous soumis à la tyrannie de la couverture, qui plaque perpétuellement le livre sur son actualisation physique. Cette fiction du livre-comme-livre-objet que nous avons acceptée jusqu’à présent est de moins en moins tenable. Il faudra bien qu’elle vole en éclat un de ces jours.</p>
</div>
<p>Et vous, qu’en pensez-vous ?</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://blog.homo-numericus.net/article10884.html/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>20</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Cultures du numérique</title>
		<link>http://blog.homo-numericus.net/article10874.html</link>
		<comments>http://blog.homo-numericus.net/article10874.html#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 26 May 2011 16:46:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Mounier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Édition électronique]]></category>
		<category><![CDATA[Nos livres]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://blog.homo-numericus.net/?p=10874</guid>
		<description><![CDATA[Marin et moi avons contribué à la rédaction du numéro 88 de la revue Communications, qui vient de paraître. Ce numéro spécial, qui marque les 50 ans de la revue, explore le thème des cultures du numérique et fut coordonné par Antonio Casilli. Pour notre part, nous avons écrit un article sur devinez quoi.…l’édition électronique. Voici le sommaire du numéro, avec, en particulier, des contributions d’Antonio Casilli bien sûr, mais aussi de Fabien Granjon, Serge Tisseron, Jean-Paul Fourmentraux, Dominique Cardon ou encore Nicolas Auray. Le numéro n’est pas encore en libre accès malheureusement. Il le sera dans quelques années sur Persée. En attendant, on peut télécharger notre contribution dans sa version auteur sur Archivesic. (en attente de validation, le lien sera effectif dans quelques jours) « Cultures du numérique », Communications, 88, 2011. Numéro dirigé par Antonio A. Casilli. Sociologues, psychologues, économistes, philosophes… : vingt-trois spécialistes en sciences sociales dressent ici un panorama très complet des recherches autour de l’impact des technologies numériques sur la culture et les modes de vie. Le format encyclopédique des articles reflète l’ambition de synthèse de ce numéro appelé à devenir un outil de référence pour les étudiants et les chercheurs. Sommaire Antonio A. Casilli Présentation Éric [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Marin et moi avons contribué à la rédaction du <a href="http://www.seuil.com/fiche-ouvrage.php?EAN=9782021045789" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.seuil.com/fiche-ouvrage.php?EAN=9782021045789&amp;referer=');">numéro 88 de la revue <em>Communications</em></a>, qui vient de paraître. Ce numéro spécial, qui marque les 50 ans de la revue, explore le thème des cultures du numérique et fut coordonné par <a href="http://www.bodyspacesociety.eu/" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.bodyspacesociety.eu/?referer=');">Antonio Casilli</a>. Pour notre part, nous avons écrit un article sur devinez quoi.…l’édition électronique.  Voici le sommaire du numéro, avec, en particulier, des contributions d’Antonio Casilli bien sûr, mais aussi de Fabien Granjon, Serge Tisseron, Jean-Paul Fourmentraux, Dominique Cardon ou encore Nicolas Auray. Le numéro n’est pas encore en libre accès malheureusement. Il le sera dans quelques années <a href="http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/revue/comm" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.persee.fr/web/revues/home/prescript/revue/comm?referer=');">sur Persée</a>. En attendant, on peut télécharger<a href="http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/sic_00595927/fr/" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/archivesic.ccsd.cnrs.fr/sic_00595927/fr/?referer=');"> notre contribution dans sa version auteur sur Archivesic</a>. (en attente de validation, le lien sera effectif dans quelques jours)</p>
<p><a href="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2011/05/9782021045789.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-10875" title="9782021045789" src="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2011/05/9782021045789.jpg" alt="" width="350" height="550" /></a>« Cultures du numérique », <em>Communications</em>, 88, 2011.<br />
Numéro dirigé par Antonio A. Casilli.</p>
<p>Sociologues, psychologues, économistes, philosophes… : vingt-trois  spécialistes en sciences sociales dressent ici un panorama très complet  des recherches autour de l’impact des technologies numériques sur la  culture et les modes de vie. Le format encyclopédique des articles  reflète l’ambition de synthèse de ce numéro appelé à devenir un outil de  référence pour les étudiants et les chercheurs.</p>
<p><strong>Sommaire</strong></p>
<p>Antonio A. Casilli<br />
<em>Présentation</em></p>
<p>Éric Dagiral<br />
<em>Administration électronique</em></p>
<p>Claire Lobet-Maris<br />
<em>Âge et usages informatiques</em></p>
<p>Étienne Perény et Étienne Armand Amato<br />
<em>Audiovisuel interactif</em></p>
<p>Stéphane Hugon<br />
<em>Communauté</em></p>
<p>Pierre Mounier et Marin Dacos<br />
<em>Édition électronique</em></p>
<p>Dominique Dupagne<br />
<em>E-santé</em></p>
<p>Fabien Granjon<br />
<em>Fracture numérique</em></p>
<p>Julie Denouël<br />
Identité</p>
<p>Serge Tisseron<br />
<em>Intimité et extimité</em></p>
<p>Sébastien Genvo<br />
<em>Jeux vidéo</em></p>
<p>Kevin Mellet<br />
<em>Marketing en ligne</em></p>
<p>Jean-Paul Fourmentraux<br />
<em>Net art</em></p>
<p>Fabrice Rochelandet<br />
<em>Propriété intellectuelle</em></p>
<p>Valérie Beaudouin<br />
<em>Prosumer</em></p>
<p>Dominique Cardon<br />
<em>Réseaux sociaux de lʼInternet</em></p>
<p>Pierre-Antoine Chardel et Bernard Reber<br />
<em>Risques éthiques</em></p>
<p>Nicolas Auray<br />
<em>Solidarités</em></p>
<p>Laëtitia Schweitzer<br />
<em>Surveillance électronique</em></p>
<p>Patrick Dieuaide<br />
<em>Travail cognitif</em></p>
<p>Date de publication : 19/05/2011<br />
EAN13 : 9782021045789</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://blog.homo-numericus.net/article10874.html/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>

