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	<title>Blogo-Numericus</title>
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		<title>Habiter Genève</title>
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		<pubDate>Sat, 21 Aug 2010 20:41:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Mounier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Edition électronique]]></category>

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		<description><![CDATA[Ce texte est publié en réponse au concours 2010 « Décris-moi la citoyenneté numérique » organisé par le 9eme forum eCulture. Le thème de ce concours est : &#171;&#160;Citoyenneté numérique: mes pratiques, mes expériences, mes histoires&#8230;&#160;&#187;. &#171;&#160;Si j’avais eu à choisir le lieu de ma naissance, j’aurais choisi une société d’une grandeur bornée par l’étendue des facultés humaines, c’est-à-dire par la possibilité d’être bien gouvernée, et où chacun suffisant à son emploi, nul n’eût été contraint de commettre à d’autres les fonctions dont il était chargé : un État où tous les particuliers se connaissant entre eux, les manœuvres obscures du vice ni la modestie de la vertu n’eussent pu se dérober aux regards et au jugement du public, et où cette douce habitude de se voir et de se connaître, fît de l’amour de la patrie l’amour des citoyens plutôt que celui de la terre.&#160;&#187; Au moment d’entamer son Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, Jean-Jacques Rousseau choisit par une dédicace de rendre hommage à sa patrie natale, la République de Genève, dont il célèbre les vertus démocratiques et qui lui permet, dit-il, de définir les contours d’un gouvernement exemplaire. L’expérience de la citoyenneté tel que la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p lang="fr-FR"><a href="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2010/08/2331674574_a3464c1713_b.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-10641" title="2331674574_a3464c1713_b" src="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2010/08/2331674574_a3464c1713_b-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" /></a><em>Ce texte est publié en réponse au concours 2010</em><a href="http://www.ynternet.org/forumouvert/concours-2010-decris-moi-la-citoyennete-numerique" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.ynternet.org/forumouvert/concours-2010-decris-moi-la-citoyennete-numerique?referer=');"><em> « Décris-moi la citoyenneté numérique » organisé par le 9eme forum eCulture</em></a><em>. Le thème de ce concours est : &laquo;&nbsp;Citoyenneté numérique: mes pratiques, mes expériences, mes histoires&#8230;&nbsp;&raquo;.</em></p>
<p lang="fr-FR">&laquo;&nbsp;Si j’avais eu à choisir le lieu de ma naissance, j’aurais choisi une société d’une grandeur bornée par l’étendue des facultés humaines, c’est-à-dire par la possibilité d’être bien gouvernée, et où chacun suffisant à son emploi, nul n’eût été contraint de commettre à d’autres les fonctions dont il était chargé : un État où tous les particuliers se connaissant entre eux, les manœuvres obscures du vice ni la modestie de la vertu n’eussent pu se dérober aux regards et au jugement du public, et où cette douce habitude de se voir et de se connaître, fît de l’amour de la patrie l’amour des citoyens plutôt que celui de la terre.&nbsp;&raquo; Au moment d’entamer son <em>Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes</em>, Jean-Jacques Rousseau choisit par une dédicace de rendre hommage à sa patrie natale, la République de Genève, dont il célèbre les vertus démocratiques et qui lui permet, dit-il, de définir les contours d’un gouvernement exemplaire. L’expérience de la citoyenneté tel que la décrit Rousseau est passablement exotique pour le français que je suis, pour qui cette expérience est davantage théorique que pratique, déléguée à l’Etat qu’appropriée par l’ensemble des citoyens, opaque plutôt que transparente et en tout cas, bien peu fondée sur l’&nbsp;&raquo;amour des citoyens&nbsp;&raquo;, surtout sous certains gouvernements&#8230;.</p>
<div style="padding-top: 8px;"><object id="LecteurExportable" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="300" height="195" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="wmode" value="window" /><param name="FlashVars" value="ark=bpt6k5801545j&amp;lang=FR&amp;mode=dp&amp;showArrows=1&amp;bgColor=8553603&amp;autoFlip=0&amp;startPage=1&amp;widthWidget=300&amp;heightWidget=195" /><param name="src" value="http://gallica.bnf.fr/flash/LecteurExportable.swf" /><param name="name" value="LecteurExportable" /><param name="flashvars" value="ark=bpt6k5801545j&amp;lang=FR&amp;mode=dp&amp;showArrows=1&amp;bgColor=8553603&amp;autoFlip=0&amp;startPage=1&amp;widthWidget=300&amp;heightWidget=195" /><embed id="LecteurExportable" type="application/x-shockwave-flash" width="300" height="195" src="http://gallica.bnf.fr/flash/LecteurExportable.swf" name="LecteurExportable" flashvars="ark=bpt6k5801545j&amp;lang=FR&amp;mode=dp&amp;showArrows=1&amp;bgColor=8553603&amp;autoFlip=0&amp;startPage=1&amp;widthWidget=300&amp;heightWidget=195" wmode="window" allowscriptaccess="always"></embed></object></div>
<p lang="fr-FR">Elle est bien plus familière en revanche, pour l’internaute que je suis devenu, qui fit l’expérience dès ses premiers pas dans le cyberespace de ce qu’on pourrait appeler une citoyenneté de proximité. Cette citoyenneté dont la définition ne suppose pas l&#8217;Etat, s&#8217;épanouit dans les mille espaces collectifs, de plus ou moins grandes taille, plus ou moins élaborés, qui forment la véritable structure d&#8217;Internet : listes de discussions, forums publics, blogs où naissent de véritables espaces de discussion, espaces de partage et systèmes collaboratifs comme les wikis, jusqu&#8217;à <em><a href="http://fr.wikipedia.org" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/fr.wikipedia.org?referer=');">Wikipédia</a></em> qui constitue, à mon avis<a href="http://www.homo-numericus.net/spip.php?article273" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.homo-numericus.net/spip.php?article273&amp;referer=');">, l&#8217;exemple le plus élaboré à l&#8217;heure actuelle de ce qu&#8217;est la citoyenneté numérique</a>.</p>
<p lang="fr-FR">C&#8217;était il y a presque dix ans. J&#8217;avais créé mon site Web, <em><a href="http://www.homo-numericus.net" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.homo-numericus.net?referer=');">Homo Numericus</a></em>, quelques temps auparavant, que je concevais comme beaucoup de gens à l&#8217;époque, à la main, page par page, avec un logiciel de conception de site du type Dreamweaver. Puis je découvre l&#8217;univers des CMS, ces logiciels de gestion de contenus sur le Web, qui permettent de publier très facilement des articles sur un site. Bien entendu, je commence par tester le standard de l&#8217;époque : Phpnuke, mais qui me rebute du fait de sa complexité technique et des nombreux bugs qui en empĉchent le fonctionnement. Et voi<a href="http://www.spip.net" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.spip.net?referer=');">ci Spip, Système de Publication pour l&#8217;Internet Partagé</a>, un logiciel libre aussi, mais beaucoup plus facile à installer et utiliser, disposant de nombreuses fonctionnalités et d&#8217;un système de gabarits permettant de personnaliser facilement l&#8217;apparence de son site.</p>
<p lang="fr-FR">Mais ce n&#8217;est pas pour ses qualités techniques que ce logiciel m&#8217;a plu et que je l&#8217;ai adopté. C&#8217;est bien plutôt la qualité de la communauté humaine constituée par l&#8217;ensemble de ses utilisateurs et de ses développeurs qui m&#8217;a séduit et l&#8217;accueil fait au <em>newbie</em> que j&#8217;étais s<a href="http://listes.rezo.net/mailman/listinfo/spip" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/listes.rezo.net/mailman/listinfo/spip?referer=');">ur la liste de discussion des utilisateurs du logiciel</a>. Contrairement à ce que l&#8217;on dit mécaniquement, l&#8217;expérience de la citoyenneté ne se vit pas dans le secret de l&#8217;isoloir – c&#8217;est une expérience anecdotique – mais bien plutôt dans la « mise en commun des paroles et des actes” selon la belle expression d&#8217;Annah Arendt, que constitue l&#8217;insertion au sein de collectifs humains. Or, jusque là, mon expérience des collectifs – partis politiques et associations – était peu engageante, faite pour l&#8217;essentiel de réunions un peu glauques à deux pelés et trois tondus après les heures de bureau. Sur la liste de discussion de Spip, j&#8217;ai trouvé au contraire ce qui constituait à mon grand étonnement un veritable espace public, dynamique et vivant, rassemblant toujours plus de personnes, plus de 1400 aujourd&#8217;hui, echangeant toutes sortes d&#8217;informations et d&#8217;opinions sur tous les sujets relatifs au logiciel : des trucs et astuces pratiques bien sûr, mais aussi de véritables discussions sur les orientations générales du développement du logiciel, sur la notion de logiciel libre, et plus largement sur la régulation d&#8217;Internet, mais aussi, plus étroitement, sur la régulation de la liste elle-même.</p>
<p lang="fr-FR">C&#8217;est en effet une caractéristique importante de ce type de liste qu&#8217;une partie des messages construisent des discussions &laquo;&nbsp;méta&nbsp;&raquo;, sur la manière dont les échanges doivent se dérouler sur cet espace ; les comportements acceptables et ceux qui ne le sont pas, comment gérer les inombrables conflits qui émaillent ces échanges, comment permettre à tous de participer, et surtout, comment auto-réguler cet espace sans chef, gouvernement ni police. En bref, ce qu&#8217;on appelle la netiquette. J&#8217;ai donc d&#8217;abord fait l&#8217;expérience d&#8217;un collectif ouvert, sans barrière, et basé sur l&#8217;entraide, c&#8217;est-à-dire permettant à l&#8217;utilisateur, aidé par d&#8217;autres lorsqu&#8217;il débute, d&#8217;être très rapidement en position d&#8217;aider à son tour, et de faire évoluer sa participation à la communauté vers des formes plus élaborées : rédaction de documentation, organisation de formations et d&#8217;événements, actions de communication, <a href="http://www.spip-contrib.net/Squelettes" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.spip-contrib.net/Squelettes?referer=');">partage de gabarits</a>, jusqu&#8217;à l&#8217;écriture du code lui-même. La vidéo qui suit montre l&#8217;agrégation, année après année, de nouveaux développeurs qui viennent aider à la programmation du logiciel, sur la base du seul volontariat.</p>
<p><iframe src="http://player.vimeo.com/video/3078702" width="400" height="302" frameborder="0"></iframe>
<p><a href="http://vimeo.com/3078702" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/vimeo.com/3078702?referer=');">Historique du développement de SPIP</a> from <a href="http://vimeo.com/user1255126" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/vimeo.com/user1255126?referer=');">mortimer</a> on <a href="http://vimeo.com" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/vimeo.com?referer=');">Vimeo</a>.</p>
<p>Autrement dit, j&#8217;ai trouvé là un espace collectif accueillant au nouveau venu et mettant concrètement en oeuvre une véritable politique d&#8217;intégration, plutôt inverse de celle que nous expérimentons actuellement au sein des espaces nationaux. Je dois donc dire que c&#8217;est sur cette liste, cette « Cyber-Genève » en quelque sorte, et quelques autres espaces publics en ligne où je me suis investi depuis, que j&#8217;ai fait mon éducation politique en ligne. Celle-ci s&#8217;est faite au moyen de l&#8217;apprentissage concret parce que basé sur la proximité, d&#8217;une sociabilité particulière qui me semble être au fondement de la citoyenneté numérique. Le sociologue Nicolas Auray a montré, à propos de la communauté des développeurs et des utilisateurs de la distribution Linux Debian, que celle-ci devait s&#8217;appréhender comme une cité politique ayant adopté ses propres lois.</p>
<p lang="fr-FR">« Internet est une zone de non-droit » ; « Internet est un danger public parce que c&#8217;est la possibilité pour n&#8217;importe qui de dire n&#8217;importe quoi », c&#8217;est le &laquo;&nbsp;tout à l&#8217;égout de la démocratie&nbsp;&raquo; . Les déclarations abruptes, prononcées par quelques personnalités politiques ou médiatiques témoignent de l&#8217;incapacité de ceux qui dominent un espace public traditionnel, structuré par l&#8217;Etat Nation et les <em>mass media</em>, à comprendre les lois fondamentales de fonctionnement d&#8217;Internet. Car celui-ci n&#8217;est pas réductible à des « tuyaux », ni même à des « autoroutes de l&#8217;information » comme on disait dans les années 90, expressions impliquant un flux héraclitéen, un écoulement perpétuel sans permanence ni résidence, qui n&#8217;autorise donc aucune politique possible, sinon imposée de l&#8217;extérieur desdits tuyaux. Internet est un cyberespace, c&#8217;est-à-dire d&#8217;abord un espace, et même un espace habité et public comme le proclamait JP Barlow en 1996. Mais là où <em><a href="http://www.freescape.eu.org/eclat/1partie/Barlow/barlowtxt.html" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.freescape.eu.org/eclat/1partie/Barlow/barlowtxt.html?referer=');">La Déclaration d&#8217;indépendance du Cyberpespace</a></em> faisait fausse route, c&#8217;est lorsqu&#8217;elle construisait un espace politique unifié en miroir inversé de cet autre, dominé par « les géants fatigués de chair et d&#8217;acier ».</p>
<p lang="fr-FR">Il faut bien plutôt se représenter le cyberespace comme un espace fragmenté, en mille-feuilles, où se juxtaposent des centaines de millions d&#8217;espaces autonomes, auto-régulés, et aussi en interaction les uns avec les autres. Des listes de discussion aux forums, des blogs aux wikis, des BBS aux réseaux sociaux, de Usenet au Web 2.0, des jeux massivement multijoueurs aux univers virtuels, c&#8217;est la même histoire qui se joue, selon des modalités différentes : c&#8217;est la construction d&#8217;espaces politiques locaux et interconnectés, c&#8217;est l&#8217;apprentissage invisible pour des centaines de millions de gens d&#8217;une sociabilité de proximité et d&#8217;une citoyenneté à taille humaine. Cette citoyenneté, je l&#8217;ai apprise sur la liste Spip il y a dix ans – en cyber-papy que je commence à devenir, tandis que des millions de jeunes sont, d&#8217;une manière ou d&#8217;une autre, en train de l&#8217;apprendre à leur tour dans World of Warcraft et sur Facebook. La sociologue Danah Boyd a d&#8217;ailleurs bien montré à propos des ces derniers, quel rôle important ils pouvaient jouer dans la construction de l&#8217;identité en société des adolescents qui en sont les principaux utilisateurs.</p>
<p lang="fr-FR">C&#8217;est très exactement à ce niveau que se pose, à mon avis, la question de l&#8217;éducation à la citoyenneté sur Internet : celle-ci passe moins par des injonctions globales à respecter des lois nationales abstraites (droit de propriété intellectuelle, droit à l&#8217;image), que par l&#8217;apprentissage à participer à la vie d&#8217;un espace collectif concret qui se donne à lui-même ses propres lois. Etre un citoyen, pensait Rouseau, ce n&#8217;est pas obéir aux lois, c&#8217;est obéir aux lois qu&#8217;on se donne. La question doit être posée dans les mêmes termes mais dans des conditions matérielles différentes à l&#8217;heure des technologies numériques : ces technologies sont-elles ouvertes ou exclusives, favorisent-elles des relations sociales conflictuelles ou coopératives et, avant tout, encouragent-elles l&#8217;autonomie ou l&#8217;hétéronomie ?</p>
<p lang="fr-FR">Le cyberespace est le contraire du « village global » que prédisait McLuhan. Gibson se le représentait plutôt comme une une sorte de<a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Neuromancer" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/en.wikipedia.org/wiki/Neuromancer?referer=');"> métropole virtuelle « glocalisée »</a> : faite d&#8217;un réseau de communautées différenciées mais interreliées dans un espace informatique et sémiotique commun. L&#8217;expérience de la citoyenneté qui en découle peut-être positive ou négative. Certaines communautés sont ouvertes et accueillantes, comme celles que j&#8217;ai eu la chance de connaître, d&#8217;autres sont intolérantes et violentes, abominables pour certaines d&#8217;entre elles. Il reste que ce paysage nouveau, dans sa diversité, definit les conditions concrètes dans lesquelles nous exerçons notre citoyenneté aujourd&#8217;hui. Nous habitons Genève. Il va bien falloir s&#8217;y habituer.</p>
<p lang="fr-FR">Crédits photographiques : <a href="http://www.flickr.com/photos/an_untrained_eye/2331674574/" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.flickr.com/photos/an_untrained_eye/2331674574/?referer=');">Dodgems</a>, par untrained eyes, en cc by-nc 2.0 sur Flickr</p>
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		<title>Belle-maman championne du monde de Linux</title>
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		<pubDate>Mon, 16 Aug 2010 15:04:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marin Dacos</dc:creator>
				<category><![CDATA[Blogo-numericus]]></category>
		<category><![CDATA[Edition électronique]]></category>
		<category><![CDATA[Linux]]></category>
		<category><![CDATA[Linux pour de vrai]]></category>

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		<description><![CDATA[Je vous ai raconté comment le portable 17&#8243; HP de belle-maman, 70 ans, a posé problème avec le Vista préinstallé d&#8217;office et comment j&#8217;ai proposé de lui installer Ubuntu (Linux) en lieu et place de Microsoft Windows (c). Grand bien m&#8217;en a pris. Aucun problème d&#8217;installation et, surtout, aucun problème d&#8217;acclimatation. Belle-maman a adhéré au nouveau système comme si je m&#8217;étais contenté de changer le fond d&#8217;écran et de placer le bouton &#171;&#160;démarrer&#160;&#187; en haut à droite au lieu d&#8217;en bas à gauche. Bref, rien à signaler. Il est vrai que son utilisation de l&#8217;ordinateur est très simple : Google et Gmail sont ses amis, tout autant que Skype. Point. Cela me fait penser, de plus en plus, que Linux est l&#8217;ami des utilisateurs de base et qu&#8217;il ne faut pas écouter les geek gadgétophiles qui attendent que Linux soit mûr pour eux. Pour moi, l&#8217;absence d&#8217;Adobe Photoshop et d&#8217;Adobe Lightroom, qui n&#8217;ont aucun équivalent sérieux dans le monde du libre pour un travail de retouche photographique précis et qualifié, constituent un obstacle majeur à l&#8217;utilisation d&#8217;Ubuntu. Il est vrai que je prends quelques milliers de photographies par an, au format RAW, et que j&#8217;en retouche quelques centaines, en réalisant [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_10636" class="wp-caption alignleft" style="width: 250px"><a href="http://www.flickr.com/photos/a_mason/4021443/in/photostream/" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.flickr.com/photos/a_mason/4021443/in/photostream/?referer=');"><img class="size-full wp-image-10636" title="Ubuntu" src="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2010/08/4021443_5b427fb00b_m.jpg" alt="Ubuntu" width="240" height="180" /></a><p class="wp-caption-text">Ubuntu</p></div>
<p>Je vous ai raconté comment le portable 17&#8243; HP de belle-maman, 70 ans, a posé problème avec le Vista préinstallé d&#8217;office et comment j&#8217;ai proposé de lui installer Ubuntu (Linux) en lieu et place de Microsoft Windows (c). Grand bien m&#8217;en a pris. Aucun problème d&#8217;installation et, surtout, aucun problème d&#8217;acclimatation. Belle-maman a adhéré au nouveau système comme si je m&#8217;étais contenté de changer le fond d&#8217;écran et de placer le bouton &laquo;&nbsp;démarrer&nbsp;&raquo; en haut à droite au lieu d&#8217;en bas à gauche. Bref, rien à signaler.</p>
<p>Il est vrai que son utilisation de l&#8217;ordinateur est très simple : Google et Gmail sont ses amis, tout autant que Skype. Point. Cela me fait penser, de plus en plus, que Linux est l&#8217;ami des utilisateurs de base et qu&#8217;il ne faut pas écouter les geek gadgétophiles qui attendent que Linux soit mûr pour eux. Pour moi, l&#8217;absence d&#8217;Adobe Photoshop et d&#8217;Adobe Lightroom, qui n&#8217;ont aucun équivalent sérieux dans le monde du libre pour un travail de retouche photographique précis et qualifié, constituent un obstacle majeur à l&#8217;utilisation d&#8217;Ubuntu. Il est vrai que je prends quelques milliers de photographies par an, au format RAW, et que j&#8217;en retouche quelques centaines, en réalisant des tirages 40X40. Je suis donc un photographe amateur passionné. Je sais que Digikam couvre l&#8217;essentiel des besoins de classements et d&#8217;étiquettage photographiques. Ce qui me manque, ce sont des outils professionnels de développement des fichiers RAW.</p>
<p>Je souhaite la bienvenue à belle-maman  dans le monde Linux. Et je crois que je ne vais pas tarder à chercher à convaincre ma mère. Celle-ci est un cas plus corsé, car elle utilise énormément le traitement de texte, et n&#8217;aime pas l&#8217;OpenOffice que je lui ai installé sur son Windows. Cela viendra&#8230;</p>
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		<title>Les tyrannies de l&#8217;intimité</title>
		<link>http://blog.homo-numericus.net/article10622.html</link>
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		<pubDate>Tue, 10 Aug 2010 09:57:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Mounier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Edition électronique]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>

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		<description><![CDATA[Comme prévu, j&#8217;ai lu Les Tyrannies de l&#8217;intimité de Richard Sennett et suis bien décidé à en parler ici tant ce livre me semble important. Ecrit en 1974, traduit et publié en France en 1979, ce livre s&#8217;intitule The Fall of the public man dans sa version originale. &#171;&#160;Les tyrannies de l&#8217;intimité&#160;&#187; est le titre de la conclusion du livre. La thèse de Sennet est simple : depuis le XVIIIe siècle, nous assistons dans les sociétés occidentales à un déséquilibre croissant dans la vie sociale et les relations inter-individuelles qui s&#8217;y déroulent. Celle-ci pour Sennet, était régulée par les contraintes d&#8217;un jeu de rôle assignant à chacun une place selon son rang et déterminant son comportement en public. A partir de cette époque, on assiste à, d&#8217;une part, l&#8217;émergence de la notion de personnalité qui suppose l&#8217;existence d&#8217;un moi préexistant aux interactions sociales, et d&#8217;autre part à une séparation de plus en plus forte, jusqu&#8217;à devenir absolue entre vie publique et vie privée. Bientôt, les valeurs que ces sociétés attribuent aux pôles des couples rôle versus moi, vie publique versus vie privée, sont très déséquilibrées. Le moi, la personnalité intime devient synonyme de vérité et et de sincérité, tandis que [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2010/08/intimite.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-10625" title="intimite" src="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2010/08/intimite.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a><a href="http://blog.homo-numericus.net/article10434.html">Comme prévu</a>, j&#8217;ai lu <em>Les Tyrannies de l&#8217;intimité</em> de Richard Sennett et suis bien décidé à en parler ici tant ce livre me semble important. Ecrit en 1974, traduit et publié en France en 1979, ce livre s&#8217;intitule <em>The Fall of the public man</em> dans sa version originale. &laquo;&nbsp;Les tyrannies de l&#8217;intimité&nbsp;&raquo; est le titre de la conclusion du livre. La thèse de Sennet est simple : depuis le XVIIIe siècle, nous assistons dans les sociétés occidentales à un déséquilibre croissant dans la vie sociale et les relations inter-individuelles qui s&#8217;y déroulent. Celle-ci pour Sennet, était régulée par les contraintes d&#8217;un jeu de rôle assignant à chacun une place selon son rang et déterminant son comportement en public. A partir de cette époque, on assiste à, d&#8217;une part, l&#8217;émergence de la notion de personnalité qui suppose l&#8217;existence d&#8217;un moi préexistant aux interactions sociales, et d&#8217;autre part à une séparation de plus en plus forte, jusqu&#8217;à devenir absolue entre vie publique et vie privée. Bientôt, les valeurs que ces sociétés attribuent aux pôles des couples rôle <em>versus</em> moi, vie publique <em>versus </em>vie privée, sont très déséquilibrées. Le moi, la personnalité intime devient synonyme de vérité et et de sincérité, tandis que les rôles sociaux sont dévalorisés comme factices et artificiels.  Par ailleurs, la vie privée, en particulier familiale, en ce qu&#8217;elle est fondée sur le sentiment, ce dévoilement transparent de la personnalité, prend une valeur presque absolue, et en tout cas bien supérieure à tout engagement dans la vie publique.</p>
<p>On reconnaît dans ces traits, toute une tradition philosophique du XVIIIe siècle, mais aussi littéraire et dramatique. D&#8217;ailleurs Sennett s&#8217;intéresse beaucoup, tout au long de son enquête, à l&#8217;évolution historique des pratiques théâtrales, significatives selon lui, des transformations à l&#8217;oeuvre dans le tissu social. Sennett a par ailleurs des passages fascinants sur le XIXe siècle où il traque la progression de ce déséquilibre grandissant, par exemple à travers l&#8217;histoire du vêtement dont les excentricités qui explosent tout au long du siècle manifestent les perturbations à l&#8217;oeuvre dans la représentations de rôles sociaux en constant déséquilibre. Car pour Sennett,  la conception rousseauiste puis romantique de la vie sociale, qui s&#8217;enracine et s&#8217;élargit jusqu&#8217;à aujourd&#8217;hui, cette séparation marquée entre vie publique et vie privée, cette invention du moi et de la personnalité que nous identifions comme les principes de la société libérale moderne,  est en réalité à la racine de bien des difficultés et apparaît finalement comme un principe acide qui vient ronger et finalement empêcher toute vie sociale possible. Le refus d&#8217;une &laquo;&nbsp;sociabilité&nbsp;&raquo; construite sur la mise en oeuvre d&#8217;un jeu de rôles, l&#8217;exigence de sincérité et d&#8217;un dévoilement du moi dans la vie sociale rendent tout simplement les interactions qui s&#8217;y déroulent extrêmement dangereuses car non limitées : le jugement social que nous portons les uns sur les autres ne s&#8217;applique plus aux rôles que nous endossons, mais  à notre personnalité profonde, à notre identité même, ce qui définit un enjeu bien trop important et presque insupportable.</p>
<p>Thèse iconoclaste ! certainement polémique au coeur des années 70, mais sans doute imposible à concevoir aujourd&#8217;hui tant ces principes qu&#8217;il critique avec virulence semblent constitutifs de notre identité culturelle. Et pourtant, cela vaut la peine, il me semble, de l&#8217;écouter car le philosophe annonce tout un ensemble de déréglements dans le domaine de la psychologie, du monde du travail, de l&#8217;urbanisme et bien d&#8217;autres encore, qui sonnent étrangement justes aujourd&#8217;hui. Je m&#8217;attacherai seulement à  quelques conséquences politiques de cette évolution. Dans la dernière partie de son ouvrage, intitulée &laquo;&nbsp;La société intimiste&nbsp;&raquo;, Sennett annonce la fin de la &laquo;&nbsp;culture publique&nbsp;&raquo;, la mort de la <em>res publica</em> où chacun se retirant dans le confort et l&#8217;enfer narcissique en même temps de sa sphère privée, abandonne tout espace public, toute vie publique, toute politique à la &laquo;&nbsp;tyrannie du charisme&nbsp;&raquo; : tyrannie du narcissisme d&#8217;un côté, tyrannie du charisme de l&#8217;autre donc. Car dans le nouveau système politique, l&#8217;homme d&#8217;Etat ne peut lui aussi que recourir au dévoilement simulé de sa personnalité profonde, ne peut que jouer sur les ressorts psychologiques du sentiment pour emporter l&#8217;adhésion populaire. Qu&#8217;attend-on de lui ? Rien d&#8217;autre que d&#8217;être sincère et de déclencher le soutien populaire sur la base du simple charisme de sa personnalité. S&#8217;appuyant sur la puissance émotionnelle de ce que Sennett appelle les &laquo;&nbsp;médias électroniques&nbsp;&raquo; mais qui n&#8217;est en réalité que la télévision (nous sommes dans les années 70), l&#8217;homme politique s&#8217;intègre au <em>star system</em>, il devient un <em>people</em>&#8230;</p>
<p>Sennett évoque aussi de manière tout à fait frappante la réemergence des communautés, soudées sur des constructions aberrantes des identités, enfermées dans le rejet de l&#8217;autre et destructrices pour la société. Je n&#8217;ai trouvé que peu de comptes rendus d&#8217;époque sur cet ouvrage. Certains d&#8217;entre eux sont assez négatifs, il n&#8217;est pas difficile de deviner sur quelle base : Sennett tord la réalité historique pour satisfaire les besoins de sa démonstration. Il est un philosophe empiriste, qui ne parle pas de chic d&#8217;un sujet et appuie au contraire toujours sa réflexion sur des éléments concrets très détaillés (voir <em>Ce que sait la main</em> dont j&#8217;ai fait un compte rendu ici aussi). Dans cet ouvrage, il brosse à grands traits une évolution culturelle profonde qu&#8217;il étend sur plus de deux siècles. La précision n&#8217;est forcément pas au rendez-vous. Mais là n&#8217;est pas le plus important pour moi.</p>
<p>C&#8217;est sur la critique qu&#8217;il développe de la notion de vie privée que cet ouvrage me semble le plus stimulant. Car ce bien que l&#8217;on nous a appris à chérir au plus haut point, que l&#8217;on nous dit devoir protéger en permanence, cette vie privée dont la reconnaissance est censée définir notre identité culturelle et politique et nous procurer implicitement une supériorité morale sur d&#8217;autres cultures qui ne la reconnaissent pas (suivez mon regard&#8230;), ce concept philosophique que l&#8217;on nous dit être la condition de possibilité de la démocratie, peut aussi se révéler être un instrument d&#8217;oppression. Et cette critique que propose Sennett rencontre une réflexion que je me fais depuis quelque temps, sur la question de l&#8217;occupation de l&#8217;espace public. Il est extraordinaire de constater à quel point nous, l&#8217;ensemble des citoyens, sommes progressivement chassés et dépossédés de toute possibilité de contrôle collectif de l&#8217;espace public, à commencer par la rue. Les restrictions légales et pratiques du droit de manifester, l&#8217;impossibilité  légale et pratique d&#8217;occuper, même temporairement, un morceau de cet espace, l&#8217;obligation qui est faite d&#8217;y circuler en permanence, en sont quelques signes.</p>
<p>C&#8217;est pour moi surtout, la multiplication des caméras de surveillance qui en est le symptôme le plus marquant. En quoi ces caméras provoquent-elles le malaise ? Non pas parce qu&#8217;elles m&#8217;observent et me surveillent. Comme disent leurs défenseurs : &laquo;&nbsp;je n&#8217;ai rien à cacher&nbsp;&raquo;. Ces caméras me mettent surtout mal à l&#8217;aise, parce qu&#8217;elles me rappellent en permanence que je ne suis pas resposable de la rue, que je ne la contrôle pas, comme si j&#8217;étais simplement toléré à occuper cet espace dont le maître n&#8217;est pas visible, est caché derrière la caméra et m&#8217;observe. Autrement dit, la caméra de surveillance envoie un message politique clair aux citoyens : la rue n&#8217;est pas à vous ; elle est contrôlée par un pouvoir dont le siège est caché et ailleurs. Je sais pour avoir vécu plusieurs mois dans un quartier traditionnel et populaire d&#8217;une ville du Niger, que cette question y est traitée très différemment. Là, la rue est constamment occupée par les riverains, les commerçants et même les petits vendeurs ambulants (les &laquo;&nbsp;tabliers&nbsp;&raquo;), et l&#8217;ensemble de ceux qui se trouvent là, se sentent co-responsables de ce qui s&#8217;y passe. J&#8217;ai souvent été témoin de bagarres entre jeunes immédiatement stoppées et sévèrement, par les adultes présents à ce moment, et qui n&#8217;étaient pas leurs parents. Ici, nous avons besoin de caméras de surveillance parce que si une agression se déroule personne n&#8217;intervient. Est-ce parce que nous sommes lâches ? Pas seulement. Nous avons aussi intégré que la rue n&#8217;est pas à nous, que ce qui s&#8217;y déroule n&#8217;est pas notre affaire, que nous n&#8217;avons pas le droit d&#8217;y intervenir.</p>
<p>La même analyse pourrait être menée sur l&#8217;affaire du niqab et la volonté du gouvernement d&#8217;en interdire l&#8217;usage dans l&#8217;espace public. Au delà des questions proprement religieuses et de l&#8217;égalité des sexes, tout l&#8217;argumentaire du gouvernement consistait à d&#8217;une part, renvoyer les pratiques religieuses dans l&#8217;espace privé exclusivement, et d&#8217;autre part à imposer le dévoilement du visage dans l&#8217;espace public. Mais les deux arguments s&#8217;appuient sur le même raisonnement : le renvoi des particularités dans l&#8217;espace privé est une interdiction de leur expression dans l&#8217;espace public, c&#8217;est une manière d&#8217;expulser les citoyens ordinaires de cet espace qui, du coup, bascule totalement sous les contraintes du contrôle policier. Comme sur sa carte d&#8217;identité, il faut en permanence pouvoir être reconnu et contrôlé. L&#8217;espace public devient un espace lissé, vidé de la diversité qui fait une société, et sous contrôle d&#8217;un pouvoir qui s&#8217;est approprié la sphère publique dans son ensemble.</p>
<p>Mais là n&#8217;est pas le pire à mon avis : le pire est que ce basculement ne s&#8217;est pas fait à la suite d&#8217;un coup de force des gouvernants, mais avec notre propre consentement : nous sommes d&#8217;accord pour abandonner la rue, symbole éminent de l&#8217;espace et de la vie publique, parce que nous ne lui accordons aucune valeur et que nous reportons toute cette valeur sur notre chère &laquo;&nbsp;vie privée&nbsp;&raquo; que nous soignons et protégeons tant. Placés dans une position de servitude volontaire, nous somme finalement responsables de cette situation. Et je pense que le raisonnement doit être étendu à tous les aspects de la vie publique dont la santé est finalement, et c&#8217;est un truisme que nous avons oublié il me semble, dépendante du prix que nous lui accordons. La qualité de la classe politique qui nous gouverne, la qualité des services publics qui assurent le bien commun, la qualité de la sociabilité qui définit nos relations sociales dépendent très étroitement de notre investissement collectif et de la valeur que nous accordons à la chose publique. Elle est aujourd&#8217;hui très faible.</p>
<p>J&#8217;en suis là des réflexions que m&#8217;inspire ce livre et elles valent évidemment pour les espaces électroniques. Tout ce raisonnement m&#8217;incite à développer mon approche d&#8217;Internet comme cyberspace et comme espace public. Mais j&#8217;aurai l&#8217;occasion d&#8217;en reparler.</p>
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<p><a href="http://www.amazon.fr/Tyrannies-lintimit%C3%A9-Richard-Sennett/dp/2020215659" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.amazon.fr/Tyrannies-lintimit_C3_A9-Richard-Sennett/dp/2020215659?referer=');">Sennett, Richard. Les Tyrannies de l&#8217;intimité. Seuil, 1995. </a></p>
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		<title>La fin de l&#8217;imprimé</title>
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		<pubDate>Thu, 05 Aug 2010 10:19:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Mounier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Edition électronique]]></category>
		<category><![CDATA[Métiers]]></category>
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		<description><![CDATA[Une rapide réaction à la suite du billet &#171;&#160;Changer nos façons de travailler&#160;&#187; publié par Virginie Clayssen sur son blog teXtes. Je crois que le fond de la question n&#8217;est pas tellement celle du rapport à la technique, de la bonne distance à adopter pour un éditeur par exemple dans son rapport à la technique, qu&#8217;à sa capacité à gérer la transition d&#8217;un paradigme à l&#8217;autre. Parce qu&#8217;en réalité, le travail d&#8217;un éditeur est déjà très technique, dans sa manière de prendre en charge la préparation, la commercialisation, la circulation du livre imprimé. Le passage n&#8217;est donc pas d&#8217;un travail non technique à un travail technique, mais plutôt le passage d&#8217;un ensemble de compétences techniques exigées pour la réalisation du livre imprimé à un ensemble de compétences techniques demandées pour la réalisation de livres numériques. Du coup, je réagis à ce &#171;&#160;on a des livres à faire !&#160;&#187; évoqué par Virginie, qui dit que le livre numérique vient s&#8217;ajouter au livre imprimé. C&#8217;est du travail en plus, et donc qui passe après le travail normal que l&#8217;on fait tous les jours. Cette position me semble difficile à tenir, pour la simple raison que nous assistons à la disparition du paradigme dans [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Une rapide réaction à la suite du billet &laquo;&nbsp;<a href="http://www.archicampus.net/wordpress/?p=766" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.archicampus.net/wordpress/?p=766&amp;referer=');">Changer nos façons de travailler</a>&nbsp;&raquo; publié par Virginie Clayssen sur son blog <em>teXtes</em>. Je crois que le fond de la question n&#8217;est pas tellement celle du rapport à la technique, de la bonne distance à adopter pour un éditeur par exemple dans son rapport à la technique, qu&#8217;à sa capacité à gérer la transition d&#8217;un paradigme à l&#8217;autre. Parce qu&#8217;en réalité, le travail d&#8217;un éditeur est déjà très technique, dans sa manière de prendre en charge la préparation, la commercialisation, la circulation du livre imprimé. Le passage n&#8217;est donc pas d&#8217;un travail non technique à un travail technique, mais plutôt le passage d&#8217;un ensemble de compétences techniques exigées pour la réalisation du livre imprimé à un ensemble de compétences techniques demandées pour la réalisation de livres numériques. Du coup, je réagis à ce &laquo;&nbsp;on a des livres à faire !&nbsp;&raquo; évoqué par Virginie, qui dit que le livre numérique vient s&#8217;ajouter au livre imprimé. C&#8217;est du travail <em>en plus</em>, et donc qui passe après le travail <em>normal</em> que l&#8217;on fait tous les jours. Cette position me semble difficile à tenir, pour la simple raison que nous assistons à la disparition du paradigme dans lequel ce travail normal est effectué. Nous assistons à rien moins que la fin de l&#8217;imprimé.</p>
<p>Entendons-nous : lorsque j&#8217;évoque la fin de l&#8217;imprimé, c&#8217;est exactement de la même manière que JL Missika évoque <a href="http://www.repid.com/La-fin-de-la-television.html" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.repid.com/La-fin-de-la-television.html?referer=');">la fin de la télévision</a>, c&#8217;est-à-dire, pas la fin des écrans de télévision, mais la fin du paradigme télévisuel tel qu&#8217;on l&#8217;a vu se développer dans la seconde moitié du XXe siècle avec ses usages, son modéle économique, et surtout la manière dont la télévision formate les créations culturelles. De la même manière, lorsque je dis &laquo;&nbsp;fin de l&#8217;imprimé&nbsp;&raquo;, je n&#8217;évoque pas la fin de l&#8217;impression comme technique &#8211; comme les écrans de télévision, les documents imprimés se multiplient au contraire &#8211; mais la fin du livre imprimé, de la revue imprimée et du journal imprimé comme paradigmes culturels et intellectuels. Il est vrai que ce n&#8217;est pas dans le livre qu&#8217;on le voir le plus clairement. Je préfère évoquer pour l&#8217;instant la presse où l&#8217;évolution est beaucoup plus flagrante : l&#8217;apparition des <em>pure players</em>, le surgissement de sources totalement nouvelles comme <em>Wikileaks</em>, le développement du &laquo;&nbsp;journalisme de données&nbsp;&raquo; dont on parle tant sont en train de faire exploser le paradigme du journal imprimé : c&#8217;est-à-dire en particulier que l&#8217;imprimé impose de moins en moins ses contraintes propres au travail et à l&#8217;écriture journalistiques, et que ce sont au contraire les nouveaux supports numériques qui imposent aujourd&#8217;hui leurs contraintes à ce travail. L&#8217;article publié dans <em>Owni </em>sur <a href="http://owni.fr/2010/07/30/la-programmation-lavenir-du-journalisme/" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/owni.fr/2010/07/30/la-programmation-lavenir-du-journalisme/?referer=');">l&#8217;émergence de ces profils hybrides de journalistes-programmeurs</a> est tout à fait significatif il me semble (et il n&#8217;épuise pas tous les nouveaux profils qui surgissent d&#8217;ailleurs : le journaliste-community manager en est un autre).</p>
<p>Dans le secteur des revues, de sciences humaines en particulier, puisque je le connais mieux, il me semble qu&#8217;on commence à voir un frémissement, en particulier dans la manière dont les sources du travail de recherche sont convoquées. L&#8217;insertion de documents annexes, de documents multimédias, le renvoi vers des bases de données sont des éléments qui vont changer progressivement l&#8217;écriture scientifique elle-même. C&#8217;est d&#8217;ailleurs passionnant de voir comment certaines revues exclusivement numériques s&#8217;éloignent progressivement du paradigme original et se mettant à publier des documents, ou des textes très courts, ou des listes, bref, tout un ensemble de productions, d&#8217;écrits qu&#8217;on ne trouve pas dans les revues imprimées. C&#8217;est d&#8217;ailleurs aussi au niveau des rythmes de publication et de l&#8217;organisation documentaire de la revue elle-même que les choses se mettent à changer progressivement.  Il y aura donc toujours des revues imprimées bien sûr, mais je pense que ce seront de plus en plus des versions dérivées et secondaires de la version numérique qui portera de nouvelles manières d&#8217;écrire et de rendre compte de la recherche ou de la réflexion.</p>
<p>Dans le secteur du livre, c&#8217;est plus lent et moins évident. Virginie est justement une bonne observatrice de toutes les expérimentations qui foisonnent ici et là et elle en rend compte sur son blog. Je pense qu&#8217;on aurait tort de considérer ces expérimentations comme simplement marginales, parce qu&#8217;elles préfigurent des évolutions à venir. Dans certains secteurs d&#8217;ailleurs (livre pratique, guide de voyage, encyclopédies), elles sont déjà présentes. Je ne cesse de dire que <em>Wikipédia</em>, <a href="http://homo-numericus.net/spip.php?article273" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/homo-numericus.net/spip.php?article273&amp;referer=');">avec toute son ingénierie sociale et éditoriale en particulier</a>, est pour moi un livre. C&#8217;est même sans doute le premier véritable exemple abouti de livre du paradigme numérique, et on voit bien qu&#8217;il a peu à voir, dans son mode de fonctionnement, dans sa réalisation, son modèle économique, ses usages et même son mode d&#8217;écriture, avec le paradigme du livre imprimé. Ce qui n&#8217;empêche pas qu&#8217;il en existe des version imprimées bien sûr. C&#8217;est ce que dit aussi, mais d&#8217;une autre manière, Bibliomancienne avec <a href="http://bibliomancienne.wordpress.com/2010/08/04/la-bibliotheque-de-jefferson-et-quelques-idees-sur-la-revolution-technologique/" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/bibliomancienne.wordpress.com/2010/08/04/la-bibliotheque-de-jefferson-et-quelques-idees-sur-la-revolution-technologique/?referer=');">son billet sur la Bibliothèque du Congrès</a> que je trouve très stimulant.</p>
<p>Alors voilà l&#8217;enjeu sans doute  pour un éditeur : comment passer d&#8217;un paradigme à l&#8217;autre. C&#8217;est-à-dire, comment, dans ses compétences, savoir abandonner progressivement (et l&#8217;adverbe est important) un certain nombre de celles qu&#8217;il possède aujourd&#8217;hui, parce qu&#8217;elles ne sont plus stratégiques,  pour dégager le temps d&#8217;en acquérir de nouvelles qui, elles, sont en train de le devenir. Comment identifier les tâches qui peuvent être externalisées, pour avoir la possibilité d&#8217;en prendre en charge, en interne, de nouvelles, sur lesquelles se concentreront demain l&#8217;essentiel de la valeur ajoutée d&#8217;un éditeur ? C&#8217;est là-dessus, que j&#8217;aimerais qu&#8217;on avance dans la réflexion. J&#8217;ai essayé de mon côté, d&#8217;explorer cette évolution dans &laquo;&nbsp;<a href="http://cleo.revues.org/179" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/cleo.revues.org/179?referer=');">le livre et les trois dimensions du cyberespace</a>&laquo;&nbsp;. Cet article n&#8217;a pas rencontré beaucoup d&#8217;écho. Je sais pour en avoir discuté avec certain éditeur de mes amis, qu&#8217;il dessine pour lui, un avenir à la fois improbable et détestable de son métier. Mais bon, je suis persuadé que c&#8217;est exactement à ce niveau que se situe le noeud du problème.</p>
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		<title>I love le Web</title>
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		<pubDate>Sun, 01 Aug 2010 20:34:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Piotrr</dc:creator>
				<category><![CDATA[Edition électronique]]></category>
		<category><![CDATA[Web]]></category>

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		<description><![CDATA[Avec la multiplication des tablettes de lecture électronique dédiées et la commercialisation de l&#8217;iPad en particulier, le Web n&#8217;est plus le passage obligé pour la diffusion de contenus sur Internet. C&#8217;est en tout cas l&#8217;idée développée par Michael Hirschorn dans un article très intéressant que publiait le mois dernier le magazine The Atlantic. Les éditeurs de livres d&#8217;un côté, qui ont toujours regimbé à rendre disponibles leurs catalogue sur le Web, se précipitent désormais, qui chez Apple, qui chez Amazon pour être présents dans les librairies virtuelles que ceux-ci mettent à leur disposition. Les éditeurs de presse, laminés par la loi d&#8217;airain du &#171;&#160;information wants to be free&#160;&#187; (IWTBF), considèrent l&#8217;iPad comme le naufragé contemple sa planche de salut. Surtout, dans tous les esprits, sur tous les médias, c&#8217;est désormais la curée contre le Web coupable de toutes les tares : inorganisé, inefficace, dangereux, immoral, le Web est un terrain vague, une zone, une friche, un lieu de perdition à mi-chemin entre le Saloon et le bordel d&#8217;où Saint Steve ramène les consommateurs-brebis égarés pour les conduire vers le jardin d&#8217;Eden sécurisé, ordonné, propre et exempt du péché, enclos de belles palissades blanches (&#171;&#160;white piquet fence&#160;&#187; selon l&#8217;expression imagée de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_10585" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2010/08/medus12.jpg"><img class="size-medium wp-image-10585 " title="L'iPad de la Méduse" src="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2010/08/medus12-300x203.jpg" alt="" width="300" height="203" /></a><p class="wp-caption-text">L&#39;iPad de la Méduse</p></div>
<p>Avec la multiplication des tablettes de lecture électronique dédiées et la commercialisation de l&#8217;iPad en particulier, le Web n&#8217;est plus le passage obligé pour la diffusion de contenus sur Internet. C&#8217;est en tout cas l&#8217;idée développée par Michael Hirschorn dans <a href="http://www.theatlantic.com/magazine/archive/2010/07/closing-the-digital-frontier/8131/" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.theatlantic.com/magazine/archive/2010/07/closing-the-digital-frontier/8131/?referer=');">un article très intéressant</a> que publiait le mois dernier le magazine<em> The Atlantic</em>. Les éditeurs de livres d&#8217;un côté, qui ont toujours regimbé à rendre disponibles leurs catalogue sur le Web, se précipitent désormais, qui chez Apple, qui chez Amazon pour être présents dans les librairies virtuelles que ceux-ci mettent à leur disposition. Les éditeurs de presse, laminés par la loi d&#8217;airain du &laquo;&nbsp;information wants to be free&nbsp;&raquo; (IWTBF), considèrent l&#8217;iPad comme le naufragé contemple sa planche de salut. Surtout, dans tous les esprits, sur tous les médias, c&#8217;est désormais la curée contre le Web coupable de toutes les tares : inorganisé, inefficace, dangereux, immoral, le Web est un terrain vague, une zone, une friche, un lieu de perdition à mi-chemin entre le Saloon et le bordel d&#8217;où Saint Steve ramène les consommateurs-brebis égarés pour les conduire vers le jardin d&#8217;Eden sécurisé, ordonné, propre et exempt du péché, enclos de belles palissades blanches (&laquo;&nbsp;white piquet fence&nbsp;&raquo; selon l&#8217;expression imagée de Hirschorn) dont il est le gardien.</p>
<p>Je voudrais simplement proposer ici une défense et illustration de ce Web bien mal aimé. En un mot, alors que tous le décrient, je proclame pour ma part, bien haut et et bien fort, sans crainte ni tremblement : I love le Web !</p>
<div id="attachment_10578" class="wp-caption aligncenter" style="width: 114px"><a href="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2010/08/iloveleweb.png"><img class="size-full wp-image-10578 " title="I love le Web" src="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2010/08/iloveleweb.png" alt="" width="104" height="104" /></a><p class="wp-caption-text">I love le Web</p></div>
<p>Avant d&#8217;égrener les raisons de cet attachement, peut-être convient-il de définir le Web, et de dire ce qui le particularise par rapport à Internet en général. Le meilleur moyen pour comprendre simplement sans recourir à la technique ce qu&#8217;est le Web, c&#8217;est de partir du navigateur : le Web, c&#8217;est ce qui nous permet d&#8217;accéder à des contenus par l&#8217;intermédiaire d&#8217;un navigateur quel qu&#8217;il soit &#8211; soyons consensuels pour une fois : Internet Explorer, Mozilla Firefox, Google Chrome, Opera ou Safari. Pour fonctionner, le navigateur Web s&#8217;appuie sur trois éléments techniques dont la conjonction font le Web :</p>
<p>1. <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/URL" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/fr.wikipedia.org/wiki/URL?referer=');">un système d&#8217;adressage</a> qui attribue une adresse à chaque &laquo;&nbsp;page Web&nbsp;&raquo;, chaque document, permettant de le retrouver dans l&#8217;incroyable fouillis de milliards de pages que constitue le Web. Ce système des URL &#8211; Uniform Ressource Locator -, c&#8217;est l&#8217;ossature du Web.</p>
<p>2. <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/HTML" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/fr.wikipedia.org/wiki/HTML?referer=');">Un langage de structuration et/ou de mise en forme</a>, le HTML qui permet au navigateur de composer les pages Web en plaçant les éléments de contenus à la bonne place et en se comportant comme le concepteur de la page l&#8217;a voulu. Le HTML -Hypertexte Markup Language, ce sont les muscles du Web.</p>
<p>3. Une technologie très simple permettant de créer des &laquo;&nbsp;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Hyperlien" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/fr.wikipedia.org/wiki/Hyperlien?referer=');">hyperliens</a>&nbsp;&raquo; entre les documents, de les relier entre eux, donnant la possibilité à l&#8217;utilisateur de sauter d&#8217;un document à un autre d&#8217;un clic de souris. C&#8217;est le lien hypertexte et le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/HTTP" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/fr.wikipedia.org/wiki/HTTP?referer=');">protocole HTTP</a> &#8211; Hypertext Transfer Protocol sur lequel il s&#8217;appuie, qui permet de l&#8217;établir. Le lien hypertexte, c&#8217;est le système sanguin du Web.</p>
<p>(4. On pourrait ajouter, pour être tout à fait complet : la mise en forme, l&#8217;apparence finale des documents Web, autrement dit la peau, définie par le langage <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Feuilles_de_style_en_cascade" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/fr.wikipedia.org/wiki/Feuilles_de_style_en_cascade?referer=');">CSS -Cascading Style Sheet</a> &#8211; qui a pris une importance grandissante au cours des dernières années et ce n&#8217;est pas fini, voir le bonus en fin de billet).</p>
<p>Conclusion en forme d&#8217;équation : WWW=URL+HTML+HTTP(+CSS)</p>
<p>Maintenant que les fondamentaux sont posés, voici pourquoi le Web constitue pour moi une technologie irremplaçable qu&#8217;il convient de défendre et chérir avec la dernière énergie ; voici pourquoi j&#8217;aime le Web.</p>
<p><strong>J&#8217;aime le Web parce qu&#8217;il est simple et <em>low tech</em></strong></p>
<div id="attachment_10586" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2010/08/15256153_d4d88a4ede_o.jpg"><img class="size-medium wp-image-10586" title="Cybermonks" src="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2010/08/15256153_d4d88a4ede_o-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a><p class="wp-caption-text">Cybermonks par PIMboula en CC by-nc-nd 2.0 sur Flickr</p></div>
<p>Le Web, c&#8217;est la simplicité à tous les niveaux : au niveau des usages tout d&#8217;abord, grâce aux liens hypertextes qui permettent de passer d&#8217;un document à l&#8217;autre sans devoir apprendre une quelconque taxonomie ni de syntaxe de requête. Il n&#8217;est pas étonnant que ce soit l&#8217;apparition du premier navigateur Web &#8211; Mosaic &#8211; en 1993, qui soit à l&#8217;origine de l&#8217;explosion des usages de l&#8217;Internet que l&#8217;on a connu depuis lors. Pourquoi ? Tout simplement parce que surfer sur le Web est à la portée d&#8217;un enfant de 5 ans. Au niveau technique ensuite : le Web est tellement simple et <em>low tech</em>, demande tellement peu de ressources que la dernière chose que vous permettra de faire un ordinateur cacochyme en fin de vie, celui qui ne peut même plus ouvrir Word 95 en moins de 3 heures, ce sera de vous permettre de surfer sur le Web. Du coup, le Web est accessible à tous, à toutes les machines, à tous les budgets ; bibliothèques et autres espaces publics numériques peuvent mettre à disposition des dizaines d&#8217;ordinateurs dotés d&#8217;un navigateur et les cybercafés fleurissent de Gaza à Hanoï, de Delhi à Lagos donnant un accès gratuit ou à très bas coût à une quantité considérable d&#8217;informations de toutes natures pour des milliards de personnes.  Cela, j&#8217;aimerais bien qu&#8217;on ne l&#8217;oublie pas, parce que c&#8217;est tout simplement une révolution à l&#8217;échelle de la planète : <a href="http://www.youtube.com/watch?v=1ZS8HqOGTbA&amp;feature=player_embedded" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.youtube.com/watch?v=1ZS8HqOGTbA_amp_feature=player_embedded&amp;referer=');">&laquo;&nbsp;magical, wonderful, incredible, amazing, awesome, big, bigger, better,  best, great, huge, terrific, tremendous, ambitious, gorgeous, beautiful,  phenomenal, unbelievable, unbeatable, remarkable, revolutionary,  extraordinary&nbsp;&raquo;</a> dirait Saint Steve.</p>
<p>Mais aussi, le Web est tellement simple qu&#8217;il permet à tous ceux qui le souhaitent de transmettre et diffuser de l&#8217;information à bas coût et sans devoir acquérir de grandes connaissances techniques. Sait-on qu&#8217;il est tout à fait possible de composer une page Web en utilisant le bloc-notes de son ordinateur ? Essayez donc de créer dans les mêmes conditions une application pour iPad pour voir ! Et cette page Web que j&#8217;ai composée sur mon bloc-notes, rien de plus facile que de la poser sur un serveur Web, celui que met gratuitement à ma disposition mon fournisseur d&#8217;accès par exemple, pour la rendre accessible à la terre entière, sans rien demander à personne (et je peux même diffuser ma page directement à partir de mon ordinateur personne, si je veux). A contrario, impossible de publier mon application pour iPad sans avoir obtenu le <em>nihil obstat</em> et l&#8217;<em>imprimatur</em> de Saint Steve&#8230;</p>
<div id="attachment_10590" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2010/08/FireShot-capture-005-homo-numericus-_-index-web_archive_org_web_20001110131800_www_homo-numericus_net.png"><img class="size-medium wp-image-10590" title="Homo Numericus en 2000" src="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2010/08/FireShot-capture-005-homo-numericus-_-index-web_archive_org_web_20001110131800_www_homo-numericus_net-300x256.png" alt="" width="300" height="256" /></a><p class="wp-caption-text">Homo Numericus en 2000 - Hand made</p></div>
<p>C&#8217;est cette simplicité à la création de contenus qui m&#8217;a d&#8217;abord séduit et m&#8217;a fait plonger dans le Web, comme beaucoup de ma génération. Vivant dans un monde où l&#8217;on m&#8217;explique à longueur de temps que tout est très compliqué, où pour faire ceci ou cela, il faut toujours beaucoup de temps, recueillir l&#8217;assentiment d&#8217;un nombre incroyable de personnes autorisées, où il faut en permanence faire des compromis avec les pouvoirs établis, le Web m&#8217;a d&#8217;abord donné la goût de la liberté de pouvoir tout faire tout seul, même si j&#8217;ai appris par la suite, que c&#8217;est aussi bien plus intéressant de faire avec les autres. Mais justement, puisque je suis libre d&#8217;écrire et diffuser mes idées, d&#8217;explorer les possibles sans rien demander à personne, je prends bien plus de plaisir à le faire avec les autres, et d&#8217;abord parce que je n&#8217;y suis pas contraint.</p>
<p><strong>J&#8217;aime le Web parce qu&#8217;il est ouvert et social</strong></p>
<p>Parlons-en justement de ce &laquo;&nbsp;faire avec les autres&nbsp;&raquo;. Une des évolutions les plus réjouissantes du Web est qu&#8217;il devient de plus en plus social : on pense bien sûr aux réseaux sociaux &#8211; profondément immergés dans le Web, mais il faut aussi penser aux centaines de milliers de communautés virtuelles qui se rassemblent autour de sites Web de toutes natures et sur tous les sujets, il faut aussi évoquer les fameux &laquo;&nbsp;planet&nbsp;&raquo; qui structurent la blogosphère et donnent une nouvelle vie aux anciens &laquo;&nbsp;webrings&nbsp;&raquo;, sans même parler de tous les sites collaboratifs, <em>Wikipédia </em>et d&#8217;autres, qui sont nés du Web et permettent à des milliers de gens de co-créer des contenus, dans la logique du Web 2.0. Il faut s&#8217;interroger sur le moteur de cette &laquo;&nbsp;socialisation&nbsp;&raquo; progressive du Web.</p>
<div id="attachment_10588" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2010/08/2423059062_a5d4a46ae3_b.jpg"><img class="size-medium wp-image-10588 " title="Don't use (your) public garden !" src="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2010/08/2423059062_a5d4a46ae3_b-300x176.jpg" alt="" width="300" height="176" /></a><p class="wp-caption-text">Don&#39;t use (your) public garden ! par Castorp Republic en CC by-nc-sa 2.0 sur Flickr</p></div>
<p>Qu&#8217;est-ce qui rend possible ces collaborations multiples, ces mouvements par lesquels les gens échangent en permanence, de manière plus ou moins étroite, mais de plus en plus intense ? Je crois que c&#8217;est précisément ce pour quoi on critique le plus souvent le Web : son caractère inorganisé, sans plan préétabli, et ouvert à tous les vents. Le Web, c&#8217;est un joyeux bazar où un chat ne retrouverait pas ses petits, c&#8217;est une auberge espagnole où chacun apporte un plat de chez lui composant un repas pour le moins bigarré, c&#8217;est une jungle luxuriante ou s&#8217;épanouissent les cent fleurs de la diversité, et c&#8217;est justement tout cela qui lui donne vie et le fait tellement ressembler à&#8230;la société elle-même ; une société ouverte et accueillante, s&#8217;auto-organisant vaille que vaille, mais aussi vulgaire, violente, dangereuse quelquefois, créatrice et destructrice tout à la fois, c&#8217;est-à-dire tout simplement vivante ! En comparaison, l&#8217;Eden de Saint Steve est bien confortable, bien agréable, pas de mauvaise herbe ni de ronces, les chemins y sont rectilignes et bien ratissés, chaque chose à sa place et une place pour chaque chose, on peut s&#8217;y reposer et y laisser gambader les enfants, sans craindre les mauvais coups. Mais son jardin de curé  ne favorise pas les conversations ni les rencontres, il n&#8217;autorise pas ses visiteurs à biner un coin du potager et inventer, ensemble, de l&#8217;inédit.</p>
<p>Une société  n&#8217;est pas une entreprise, ni une armée, pas plus qu&#8217;une église. Ce n&#8217;est pas une boutique ou un média et ce n&#8217;est même pas non plus une famille ou une communauté. La société englobe et dépasse toutes ces formes de collectifs. Elle est comme un océan sans limite, elle est multidimensionnelle et personne n&#8217;en a un plan préétabli en tête. Certains s&#8217;imaginent peut-être la gouverner, mais ils se font des illusions la plupart du temps. Une société vit sa propre vie et se développe dans des directions imprévisibles et inattendues. Elle se nourrit des multiples rencontres, échanges et interactions qui relient les membres qui la composent. Ces interactions sont désordonnées, chaotiques, imprévues elles aussi, et c&#8217;est le moteur de la création. Il me semble que le Web fonctionne à peu près de la même manière.</p>
<p><strong> J&#8217;aime le Web parce qu&#8217;il est démocratique.</strong></p>
<p>Oui, dé-mo-cra-tique. J&#8217;ai bien conscience de dire un gros mot par les temps qui courent, et je prie mes lecteurs de bien vouloir m&#8217;en excuser, mais la conjonction de tout ce qui précède : le Web tel que nous le connaissons, c&#8217;est-à-dire accessible, ouvert, social et autogéré lui confère une qualité politique incontestable. C&#8217;est la raison pour laquelle il est autant dénigré par les puissants, politiques, stars médiatiques et autres capitaines d&#8217;industrie, qui n&#8217;ont de mots assez durs pour dénoncer le &laquo;&nbsp;<a href="http://www.dailymotion.com/video/xadssk_olivennes-internet-le-toutalegout-d_news" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.dailymotion.com/video/xadssk_olivennes-internet-le-toutalegout-d_news?referer=');">tout-à-l&#8217;égout</a>&laquo;&nbsp;, la &laquo;&nbsp;<a href="http://www.numerama.com/magazine/14260-seguela-le-net-est-la-plus-grande-saloperie-jamais-inventee-par-les-hommes.html" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.numerama.com/magazine/14260-seguela-le-net-est-la-plus-grande-saloperie-jamais-inventee-par-les-hommes.html?referer=');">pire saloperie jamais inventée par les hommes</a>&laquo;&nbsp;, le repaire de terroristes et de pédophiles et plus récemment de trotsko-fascistes. Le Web fait mal aux puissants parce qu&#8217;il est le</p>
<div id="attachment_10591" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2010/08/2070899672_d55f7c718d.jpg"><img class="size-medium wp-image-10591" title="Student demonstration" src="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2010/08/2070899672_d55f7c718d-300x199.jpg" alt="" width="300" height="199" /></a><p class="wp-caption-text">Student demonstration par Philippe Leroyer, en by-nc-nd 2.0</p></div>
<p>lieu où le peuple &#8211; autre gros mot &#8211; s&#8217;exprime et les critique librement. Il faut comprendre que tout l&#8217;arsenal législatif qui s&#8217;accumule depuis maintenant plus de dix ans et celui qui s&#8217;annonce, toutes les mesures réclamées par les uns et les autres pour réguler et contrôler la &laquo;&nbsp;zone de non-droit&nbsp;&raquo; que serait le Web, tous les discours de dénigrement que l&#8217;on entend à longueur de temps contre ce moyen de communication constituent des tentatives de réduire la liberté d&#8217;expression qui le caractérise.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Internet [elle voulait dire le Web]<em> est un danger public puisque ouvert à n’importe qui pour dire n’importe quoi</em>&nbsp;&raquo; s&#8217;est  un jour écriée Françoise Giroud. Je suis bien d&#8217;accord avec elle, et c&#8217;est pour cela précisément que j&#8217;aime tellement le Web.</p>
<p><strong>Bonus : Et le Web c&#8217;est cool aussi !</strong></p>
<p>La supposée mauvaise qualité, les soi-disant limitations du langage HTML servent souvent à alimenter une critique du Web, de la part des éditeurs et des graphistes en particulier. Le HTML serait incapable de satisfaire aux critères élevés de la belle typographie, avec césures, polices de choix et glyphes léchés, d&#8217;où le recours aux fichiers PDF. Le HTML serait incapable de prendre en charge la moindre animation, d&#8217;où la multiplication des sites ou des vidéos en Flash (dont Saint Steve ne veut pas d&#8217;ailleurs). Ces critiques pouvaient être fondées à une époque. Elles le sont aujourd&#8217;hui de moins en moins, grâce, d&#8217;une part, à la modernisation des navigateurs, et d&#8217;autre part à l&#8217;évolution des standards eux-mêmes. Sur le premier point (texte et typographie), il faut savoir que <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/EPUB_%28format%29" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/fr.wikipedia.org/wiki/EPUB_28format_29?referer=');">le format Epub</a> qui est en train de l&#8217;emporter pour encapsuler les livres électroniques à lire sur les tablettes de lecture est basé sur le format HTML  et écrase très nettement le format PDF, incapable de repositionner un texte à la volée en fonction de la taille du support. Belle revanche ! Sur le second point (images et animations), il faut voir <a href="http://standblog.org/blog/post/2010/07/28/Le-Web-n-a-jamais-ete-aussi-excitant" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/standblog.org/blog/post/2010/07/28/Le-Web-n-a-jamais-ete-aussi-excitant?referer=');">cette vidéo proposée par Tristan Nitot</a> qui associe HTML5, CSS3 et Firefox4 nous en met plein les yeux.</p>
<p><strong>Disclaimer</strong> : j&#8217;ai un iPad moi aussi et je l&#8217;adore&#8230;.surtout pour surfer sur le Web.</p>
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		<item>
		<title>Un  appel d&#8217;offre sur l&#8217;édition numérique dans les pays du sud</title>
		<link>http://blog.homo-numericus.net/article10557.html</link>
		<comments>http://blog.homo-numericus.net/article10557.html#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 27 Jul 2010 06:09:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Piotrr</dc:creator>
				<category><![CDATA[Edition électronique]]></category>

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		<description><![CDATA[L&#8217;Alliance internationale des éditeurs indépendants qui coordonne une réseau de dizaines de petits éditeurs sur les tous les continents et se fait le héraut de la &#171;&#160;bibliodiversité&#160;&#187; vient de lancer un appel à propositions des plus intéressants. Il s&#8217;agit de réaliser une étude sur l&#8217;état de l&#8217;édition numérique dans les pays du sud. Le financement pour la réalisation de cette étude est prévu entre 6000 et 10 000 euros. La date de rendu du projet est fixée au 29 août. Ci-dessous, un descriptif plus complet Contexte et objectif de l’étude • Le principal objectif du programme « Édition numérique et pays en développement » – conduit par l’Alliance internationale des éditeurs indépendants en partenariat avec la Fondation Prince Claus – vise « à établir les conditions d’intégration de l’édition numérique comme un des avenirs possibles de l’édition dans les pays en développement ». Pour cela, quatre phases consécutives sont programmées sur trois ans (2010-2012). La première phase du programme prévoit la réalisation d’une étude qui permettrait à la fois d’apporter les premiers éléments de réponse à la problématique générale, tout en préparant les phases ultérieures. Présentation des partenaires du programme Alliance internationale des éditeurs indépendants (www.alliance-editeurs.org) L’Alliance internationale des éditeurs [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L&#8217;Alliance internationale des éditeurs indépendants qui coordonne une réseau de dizaines de petits éditeurs sur les tous les continents et se fait le héraut de la &laquo;&nbsp;bibliodiversité&nbsp;&raquo; vient de lancer un appel à propositions des plus intéressants. Il s&#8217;agit de réaliser une étude sur l&#8217;état de l&#8217;édition numérique dans les pays du sud. Le financement pour la réalisation de cette étude est prévu entre 6000 et 10 000 euros. La date de rendu du projet est fixée au 29 août. Ci-dessous, un descriptif plus complet</p>
<p><strong>Contexte et objectif de l’étude</strong><br />
• Le principal objectif du programme « Édition numérique et pays en développement » – conduit par l’Alliance internationale des éditeurs indépendants en partenariat avec la Fondation Prince Claus – vise « à établir les conditions d’intégration de l’édition numérique comme un des avenirs possibles de l’édition dans les pays en développement ».</p>
<p>Pour cela, quatre phases consécutives sont programmées sur trois ans (2010-2012).</p>
<p>La première phase du programme prévoit la réalisation d’une étude qui permettrait à la fois d’apporter les premiers éléments de réponse à la problématique générale, tout en préparant les phases ultérieures.</p>
<p><strong>Présentation des partenaires du programme</strong></p>
<p><em>Alliance internationale des éditeurs indépendants (www.alliance-editeurs.org)</em><br />
L’Alliance internationale des éditeurs indépendants est une association à but non lucratif ; véritable réseau de solidarité – composé de 85 maisons d’édition et collectifs d’éditeurs de 47 pays différents – l’Alliance représente directement ou indirectement quelques 360 maisons d’édition. L’Alliance organise des rencontres internationales et mène des actions de plaidoyer en faveur de l’indépendance. Elle soutient aussi des projets éditoriaux<br />
internationaux – soutien qui peut prendre la forme d’une aide à la traduction ou à la coédition. Enfin, l’Alliance contribue à la promotion et à la diffusion des productions du Sud et tente, modestement, d’inverser le sens « unique » des flux commerciaux. L’Alliance participe ainsi à une meilleure accessibilité des oeuvres et des idées, à la défense et à la promotion de la bibliodiversité.</p>
<p><em>Fondation Prince Claus (www.princeclausfund.org)</em><br />
La Fondation Prince Claus est convaincue que la culture est une « nécessité fondamentale », un bien de première nécessité, indispensable à l’épanouissement de l’être humain. La Fondation Prince Claus entre en collaboration, partout dans le monde, avec des partenaires de qualité exceptionnelle ; ensemble, ils luttent pour la sauvegarde de la culture et soutiennent des processus culturels durables. Par ses initiatives, la Fondation veut favoriser la prise de conscience de chacun s’agissant de la culture : elle est indispensable à nos vies quotidiennes. Comme le soulignait le Prince Claus, « on ne développe pas les personnes, elles se développent elles-mêmes ». La Fondation Prince Claus, dont le siège est à Amsterdam, est financée par le ministère des Affaires étrangères et par la Loterie nationale du Code postal des Pays-Bas.</p>
<p><strong>Cahier des charges de l’étude : structure potentielle</strong><br />
L’étude pourrait se développer autour de trois objectifs principaux.<br />
1. Il s’agirait tout d’abord de dresser un panorama succinct de l’édition numérique dans les pays en développement / émergents.<br />
• Quelles sont les initiatives existantes dans les pays en développement ? Quels en sont les principaux acteurs ? Quels sont les premiers enseignements que l’on peut tirer de ces expériences ?<br />
• Existe-t-il une spécificité des pays émergents (Brésil, Russie, Inde, Chine, Mexique, Afrique du Sud), comme pour les autres activités économiques utilisant les technologies numériques ? Si oui, quelles sont les principaux enseignements que l’on peut tirer de ces expériences ?<br />
• Existe-t-il un fossé croissant entre un ensemble de pays développés de plus en plus investis dans la production numérique de livres et un ensemble de pays en développement ou émergents qui seraient très éloignés – sinon indifférents – à la révolution numérique dans le monde du livre ?<br />
2. Il serait ensuite utile d’établir, selon une démarche prospectiviste, un ensemble de conséquences / scénarios probables<br />
• Si un décalage croissant ou une indifférence existe bien dans les pays en développement, quels sont les risques prévisionnels liés à cette situation ? La présence habituelle des groupes éditoriaux des pays développés sur certains marchés des pays en développement est-elle remise en question par la numérisation des contenus ?<br />
• À quelles conditions la numérisation de l’édition pourrait-elle jouer le rôle, pour les éditeurs des pays en développement, qui a été par exemple celui du cellulaire pour le monde de la téléphonie (une nouvelle technologie qui permet de combler un retard basé sur un manque d’infrastructures et de matières premières) ?<br />
• Sachant que les liseuses sont essentiellement (et/ou autres supports) produites, achetées, utilisées dans les pays développés, l’édition numérique peut-elle répondre à des enjeux de lecture – en termes éducatifs ou récréatifs – pour les pays en développement ? Le support essentiel ne serait-il pas, dans ce contexte, l’ordinateur individuel ? Le problème principal de l’édition dans les pays en développement étant la faiblesse de la demande (« pénurie de lecteurs »), l’édition numérique – en dématérialisant les contenus et en les rendant plus « transportables » – ne permettraitelle pas aux éditeurs des pays en développement d’atteindre plus facilement de nouveaux marchés, de nouveaux lecteurs ?<br />
• L’édition numérique n’est-elle pas « une chance pour la bibliodiversité », en particulier pour les éditeurs / contenus des pays en développement ? N’est-elle pas un des nouveaux moyens qui leur permettrait de répondre à des problématiques habituelles, liées au contexte géographique, politique, économique et développemental : rareté ou cherté de matières premières (par exemple, papier) ; rareté et/ou faible compétitivité des infrastructures utiles à l’activité (par exemple, imprimeries) ; réseaux de distribution lacunaires, peu professionnalisés ; cherté de l’action promotionnelle et du marketing, etc.<br />
• Quels seraient, a contrario, les secteurs qui ne seraient pas ou peu touchés par la numérisation des contenus dans les pays en développement : la création ? Le prépresse ? Etc.<br />
• Comment les différents scénarios se positionnent-ils par rapport aux deux scénarios suivants : 1) un retard structurel dans le domaine qui ne sera jamais comblé et qui isolera les pays en développement (devenus « zone papier ») et qui amoindrira encore la présence de leurs contenus dans les systèmes d’information et de formation mondiaux ; 2) un développement rapide de la technologie, comme particulièrement adaptée au contexte des pays en développement.<br />
3. Enfin, compte tenu 1) de la réalité de terrain constatée ; 2) des scénarios possibles envisageables à ce jour ; 3) de la nature des partenaires en présence, il serait souhaitable de clore l’étude par une longue partie consacrée à des recommandations / des propositions.<br />
• Quelles seraient les propositions adressées aux partenaires du programme<br />
« Édition numérique et pays en développement », sachant que les prochaines phases du programme mis en oeuvre par l’Alliance prendront la forme à la fois de rencontres internationales et interprofessionnelles et d’un test grandeur nature (édition ou coédition numérique impliquant des éditeurs des pays en voie de développement) ?<br />
• Quelles seraient les recommandations que vous adresseriez aux éditeurs des pays en développement ? Dans une perspective de solidarité entre éditeurs, quelles seraient les actions solidaires à mettre en oeuvre au sein du réseau de l’Alliance (mobilisant éventuellement des éditeurs des PED et des éditeurs des PD, assurant un transfert de technologie et de savoir-faire, etc.) ?<br />
• Plus généralement, quelles seraient les propositions qui pourraient être adressées aux organisations internationales (Unesco, Cerlalc, etc.) et aux autorités des pays en développement, en vue de favoriser la compréhension (voire le développement) de la numérisation du monde de l’édition ?</p>
<p><strong>Cahier des charges de l’étude : forme prévisionnelle</strong><br />
• Des études spécifiques – pouvant constituer des chapitres de l’étude générale – par zone géographique / région (Afrique, Amérique latine, Asie) ;<br />
• Une synthèse, une analyse transversale, en quelques pages ;<br />
• De courts articles décrivant l’avancée des travaux, des points particulièrement étonnants ou originaux, etc. ;<br />
• Un document final sous forme numérique – et sous format papier, le cas échéant – contiendra l’ensemble des analyses, des annexes, etc. Ce dossier pourrait alimenter la collection « État des lieux de l’édition » de l’Alliance ou être utilisé en totalité ou en partie pour alimenter le centre de ressources en ligne de l’Alliance (partie « Analyses » et/ou « Formation en ligne ») ;<br />
• Le budget pour l’ensemble des étapes de l’étude devra être compris entre 6 000 et 10 000<br />
euros.<br />
<strong> Candidatures</strong><br />
• Vous êtes intéressés par cette mission ; nous vous invitons à déposer votre candidature<br />
avant le 29/08/2010<br />
• Il est souhaitable que les candidats parlent et puissent écrire en français et en anglais (voire espagnol), sans que cela soit une condition obligatoire (une des deux langues, bien maîtrisée, est suffisante).<br />
• Une candidature repose sur l’envoi à l’adresse lhugues@alliance-editeurs.org des éléments suivants :<br />
o une présentation du candidat ;<br />
o une proposition de mise en oeuvre de l’étude ;<br />
o une proposition de budget prévisionnel concernant la réalisation de l’étude,<br />
organisée si possible en postes de dépense ;<br />
o une proposition de calendrier de réalisation prévisionnel.<br />
• Il n’y a pas a priori de restriction aux candidatures ; par contre, le candidat pourra se prévaloir d’être en mesure de : générer une facturation conformément aux dispositions légale de la loi française ; être payé en droits d’auteurs si son travail fait l’objet d’une publication ; (etc.).<br />
• Les candidatures seront examinées par un Comité de sélection, composé de Thierry Quinqueton (Président de l’Alliance) et de Laurence Hugues (directrice de l’Alliance), de Serge Dontchueng Kouam (coordinateur du réseau francophone de l’Alliance), d’un représentant de la Fondation Prince Claus et d’Étienne Galliand (Double ponctuation).</p>
<p>Les avis seront rendus avant le 20/09/2010 et communiqués aux candidats, sans que le Comité de sélection soit tenu de motiver ses décisions.</p>
<p><a href="http://www.alliance-editeurs.org/appel-d-offre-realisation-d-une,550" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.alliance-editeurs.org/appel-d-offre-realisation-d-une_550?referer=');">Annonce sur le site de l&#8217;Alliance</a></p>
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		<title>Belle-maman a 70 ans et passera à l&#8217;informatique libre dimanche soir</title>
		<link>http://blog.homo-numericus.net/article10543.html</link>
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		<pubDate>Sun, 18 Jul 2010 09:57:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marin Dacos</dc:creator>
				<category><![CDATA[Digital Humanities]]></category>
		<category><![CDATA[Linux]]></category>
		<category><![CDATA[Linux pour de vrai]]></category>
		<category><![CDATA[Web]]></category>

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		<description><![CDATA[Avec l&#8217;arrivée de l&#8217;informatique dans les nuages (cloud computing), on pourrait penser que le choix d&#8217;un système d&#8217;exploitation pourrait devenir de plus en plus secondaire. On peut même imaginer que l&#8217;OS pourrait devenir une couche préhistorique, enfouie profondément dans des strates informatiques, toujours présente, mais de moins en moins visible, de moins en moins décisive, dans l&#8217;ordinateur du futur. En pensant cela, on ne peut s&#8217;empêcher d&#8217;espérer la confirmation du déclin de Microsoft, qui a tant neutralisé ses concurrents et écrasé la distribution informatique de sa puissance commerciale. Les deux mamelles de Microsoft que sont Windows et la suite Office sont, en effet, chacune attaquée de front par divers concurrents redoutables. Avec l&#8217;accident industriel que fut Microsoft Windows Vista instable, lent, laid, lourd et procédurier, Microsoft semblait avoir engraissé et intériorisé sa position de domination mondiale au point d&#8217;être capable de produire le plus mauvais OS du monde. Il a mis du temps à prendre la mesure de son incroyable erreur. Microsoft Windows Seven redresse la barre, avec un OS plus moderne, enfin stable&#8230; Les trois OS concurrents Trois concurrents majeurs ont profité de la bourde Vista pour continuer à avancer leurs pions. Google, avec Google Chrome OS, est le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_10548" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.flickr.com/photos/cpc-a-gogo/3336928080/" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.flickr.com/photos/cpc-a-gogo/3336928080/?referer=');"><img class="size-medium wp-image-10548" title="Chicago's Frozen Shadows - CC par Mike Lavoie" src="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2010/07/3336928080_e96ea509af-300x171.jpg" alt="Chicago's Frozen Shadows - CC par Mike Lavoie" width="300" height="171" /></a><p class="wp-caption-text">Chicago&#39;s Frozen Shadows - CC par Mike Lavoie</p></div>
<p>Avec l&#8217;arrivée de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Cloud_computing" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/fr.wikipedia.org/wiki/Cloud_computing?referer=');">l&#8217;informatique dans les nuages </a>(<em>cloud computing</em>), on pourrait penser que le choix d&#8217;un système d&#8217;exploitation pourrait devenir de plus en plus secondaire. On peut même imaginer que l&#8217;OS pourrait devenir une couche préhistorique, enfouie profondément dans des strates informatiques, toujours présente, mais de moins en moins visible, de moins en moins décisive, dans l&#8217;ordinateur du futur.</p>
<p>En pensant cela, on ne peut s&#8217;empêcher d&#8217;espérer la confirmation du déclin de Microsoft, qui a tant neutralisé ses concurrents et écrasé la distribution informatique de sa puissance commerciale. Les deux mamelles de Microsoft que sont Windows et la suite Office sont, en effet, chacune attaquée de front par divers concurrents redoutables. Avec l&#8217;accident industriel que fut Microsoft Windows Vista instable, lent, laid, lourd et procédurier, Microsoft semblait avoir engraissé et intériorisé sa position de domination mondiale au point d&#8217;être capable de produire <em>le plus mauvais OS du monde</em>. Il a mis du temps à prendre la mesure de son incroyable erreur. Microsoft Windows Seven redresse la barre, avec un OS plus moderne, enfin stable&#8230;</p>
<h1>Les trois OS concurrents</h1>
<p>Trois concurrents majeurs ont profité de la bourde <em>Vista</em> pour continuer à avancer leurs pions.</p>
<p>Google, avec <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Google_Chrome_OS" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/en.wikipedia.org/wiki/Google_Chrome_OS?referer=');">Google Chrome OS</a>, est le plus jeune acteur, puisque son système n&#8217;est encore qu&#8217;annoncé. Cependant, on sait qu&#8217;il sera basé sur Linux, s&#8217;appuiera fortement sur le navigateur Chrome et fera la part belle à la suite bureautique en ligne de Google (<a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Google_Docs" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/en.wikipedia.org/wiki/Google_Docs?referer=');">Google docs</a>). Il complètera la stratégie de Google en matière d&#8217;OS, couronnée par une première étoile avec <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Google_android" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/en.wikipedia.org/wiki/Google_android?referer=');">Android</a>, le système d&#8217;exploitation pour smartphones.</p>
<p>Apple, avec Mac OS X et iOS 4, dispose de deux systèmes d&#8217;exploitations modernes, lechés et fermés. On connaît le succès de l&#8217;Iphone et de son OS, désormais appelé iOS, qui a produit une dynamique dans laquelle le Macintosh s&#8217;est engouffré avec son Mac OS X,  dont les qualités sont indéniables, et qui est moins fermé qu&#8217;iOS : il est en effet possible de développer une application pour Mac OS X sans demander l&#8217;autorisation de M. Steve Jobs Ier. iOS est une machine à cash qui a pour ambition d&#8217;enfermer l&#8217;utilisateur dans un écosystème rassurant, un hypermarché culturel <em>design</em>. Pour allumer son Iphone la première fois, il faut donner son numéro de carte bleue, qui est ensuite le cézame pour toute évolution dans le monde souriant conçu par Apple pour endormir les populations à fort pouvoir d&#8217;achat. Le magasin est en le coeur. Lent et ergonomiquement mal conçu, il se comporte pourtant comme un immense concentrateur qui relie le consommateur et le vendeur, marché au sein duquel Apple se place en entremetteur de luxe, prélevant sa dîme au passage et multipliant les efforts pour capturer l&#8217;utilisateur dans son écosystème.</p>
<p><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Ubuntu" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/fr.wikipedia.org/wiki/Ubuntu?referer=');">Ubuntu</a>, enfin. La distribution <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Linux" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/fr.wikipedia.org/wiki/Linux?referer=');">Linux</a> la plus facile à installer et à utiliser s&#8217;appuie sur deux réussites exemplaires dans le monde du logiciel libre. Tout d&#8217;abord, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Debian" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/fr.wikipedia.org/wiki/Debian?referer=');">Debian</a>, distribution rugueuse mais parfaitement fiable, et <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/GNOME" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/fr.wikipedia.org/wiki/GNOME?referer=');">Gnome</a>, interface confortable et très simple, inspirée par la recherche de simplicité mise en oeuvre par Apple. Encore relativement peu connu par le grand public, il souffre de la main-mise de Microsoft sur les étals des supermarchés. Pourtant, avec l&#8217;arrivée des <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Netbooks" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/fr.wikipedia.org/wiki/Netbooks?referer=');">Netbooks</a>, la situation a  commencé à changer et sa visibilité a progressé. La débâcle constituée par Microsoft Windows Vista a constitué une opportunité pour les alternatives, qui n&#8217;en demandaient pas tant. Mais, surtout, ce sont les progrès rapides et réguliers d&#8217;Ubuntu et de la famille Linux qui ont fait évoluer la donne. D&#8217;autant plus que quatre logiciels libres progressaient en parallèle, sur tous les OS :  Firefox, Thunderbird, OpenOffice.org et VLC.</p>
<h1>Les logiciels libres qui permettent de décrocher face à la dépendance Windows</h1>
<p>Avec <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Firefox" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/fr.wikipedia.org/wiki/Firefox?referer=');">Firefox</a>, le monde du logiciel libre a trouvé son navigateur. Puissant et respectueux des standards, il s&#8217;est vite révélé indispensable  grâce à ses extensions qui ont permis le développement de fonctionnalités nombreuses. Surtout, il fonctionne sur Mac OS X, sur Windows et sur Linux. Il a, dès lors, constitué le principal Cheval de Troie du logiciel libre dans le logiciel propriétaire. Il a habitué des centaines de millions d&#8217;utilisateurs à utiliser un logiciel qui fonctionne à l&#8217;identique dans un environnement Linux. Il a donc préparé le terrain, en douceur, pour permettre la bascule vers Linux.</p>
<p>Mozilla Thunderbird a constitué une première opportunité libre pour dépasser le très vieillissant Eudora et les propriétaires Apple Mail Microsoft Outlook. Mais l&#8217;indépendance face aux environnements propriétaires a été accentuée par la montée en puissance des Webmails, Gmail en tête : rapides et d&#8217;une capacité de stockage inimaginable il y a encore quelques années, ils modifient la donne en profondeur. Autrefois, pour changer de machine ou d&#8217;OS, il fallait procéder à une sauvegarde de ses courriels, de ses filtres, de ses dossiers. Cette tâche, hautement périlleuse, était un frein important à toute évolution du poste de travail. Facebook et Gmail sont, depuis, passés par là, et les données se sont envolées vers les nuages. Cela pose bien sûr des problèmes de société, mais autonomise fortement de l&#8217;environnement matériel et logiciel utilisé localement.</p>
<p>Ainsi, les deux principaux usages d&#8217;un ordinateur aujourd&#8217;hui, qui sont le courrier électronique et la navigation sur Internet, se sont déconnectés de l&#8217;influence des environnements de Microsoft et d&#8217;Apple.</p>
<p>Restaient le visionnage de films (DivX et DVD) et la bureautique. Pour le premier, VLC s&#8217;est révélé d&#8217;une redoutable efficacité. Rapide, léger, libre, il supporte la quasi-totalité des formats existants. Et il fonctionne sur Mac OS X autant que sur Windows et, surtout, sur Linux. Pour le second, OpenOffice.org présente les mêmes qualités : il lit les .doc et .docx, propose un traitement de texte relativement évolué (bien que moins sophistiqué que Word), un tableur et même un efficace concurrent de Powerpoint (Présentation). Et, bien sûr, OpenOffice.org fonctionne sur les trois OS : Mac, Windows et Linux.</p>
<p>Depuis longtemps déjà, Linux domine le secteur de l&#8217;informatique  professionnelle, en particulier dans le domaine des serveurs Web. Le  géant Google n&#8217;utilise-t-il pas des centaines de milliers de serveurs  utilisant Linux? Il n&#8217;est pas nécessaire de démontrer la puissance du  carré magique Linux Apache PHP MySQL (OS, Serveur Web, Langage de  programmation, Système de base de données), appelé LAMP. Celui-ci est  utilisé dans la majorité des sites web du monde. Voilà pour la puissance  et la fiabilité. Mais <em>quid</em> des usages et des habitudes? Elles  semblent avoir la vie dure. En effet, Linux ne serait installé que sur  1,24% des postes de particuliers en 2009 (<a href="http://www.atinternet-institute.com/fr-fr/equipement-internaute/systemes-d-exploitation-fevrier-2009/index-1-1-7-165.html" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.atinternet-institute.com/fr-fr/equipement-internaute/systemes-d-exploitation-fevrier-2009/index-1-1-7-165.html?referer=');">enquête  XITI</a>). Comment expliquer une telle situation, alors que l&#8217;environnement Linux est très mûr, très fiable, très stable et très convivial?</p>
<h1>Trois obstacles persistent</h1>
<p>Il ne faut pas compter sur l&#8217;industrie du jeu vidéo pour développer des versions pour Linux. Cependant, les petits jeux en ligne en Flash, d&#8217;une part, et les consoles de jeu dédiées, d&#8217;autre part, ont permis d&#8217;imaginer un passage vers Linux sans douleur.</p>
<p>De même, les fabricants de matériel informatique ont longtemps fait la source oreille à Linux, ce qui a constitué un frein considérable au développement de Linux. En effet, vous deviez d&#8217;abord acheter votre machine, puis la tester avec un Live CD Ubuntu pour savoir si l&#8217;ensemble de ses particularités matérielles seraient supportées par Ubuntu. Pire : à chaque achat de nouveau matériel (imprimante, smartphone, clé 3G), le suspense est présent. Ce périphérique sera-t-il géré par Ubuntu? L&#8217;auteur de ces lignes a lui-même dû abandonner Linux pour ce type de raison : très mobile professionnellement, j&#8217;ai dû revenir sur Windows puis passer à Macintosh pour avoir une bonne gestion de l&#8217;économie d&#8217;énergie, donc de l&#8217;autonomie, de mon portable, ainsi qu&#8217;un support de ma clé 3G me connectant au reste du monde, et notamment à <a href="http://cleo.cnrs.fr/122" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/cleo.cnrs.fr/122?referer=');">l&#8217;équipe</a> avec laquelle je travaille.</p>
<p>Le dernier obstacle est la puissance de l&#8217;artillerie commerciale mise en place par Microsoft et l&#8217;immense flotille qui en dépend. Pour acheter un ordinateur équipé d&#8217;Ubuntu, il faut se lever tôt le matin. La FNAC ou Carrefour ne vous en vendront pas, du moins pas pour l&#8217;instant. Seul votre <a href="http://micr-os.com/" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/micr-os.com/?referer=');">assembleur local</a> pourra avoir envie de se lancer dans l&#8217;aventure. Et si vous considérez que les escadrilles de machines équipées de Windows constituent de la vente liée ou forcée, vous avez raison, mais il faudra vous armer de patience pour vous faire rembourser. On appelle ce type de logiciels des Racketiciels &lt;<a href="http://racketiciel.info/" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/racketiciel.info/?referer=');">http://racketiciel.info/</a>&gt;. Si vous appeler l&#8217;assistance téléphonique de votre fournisseur d&#8217;accès à Internet, il vous demandera de cliquer sur le bouton &laquo;&nbsp;Démarrer&nbsp;&raquo; ou d&#8217;ouvrir le poste de travail&#8230; Si vous lui dites que vous utilisez Ubuntu, il vous répondra sans doute que ce n&#8217;est pas conforme, que le problème vient de vous, que vous devez d&#8217;abord formater votre ordinateur et ensuite rappeler&#8230; On a vu des assistances téléphoniques de fabricants d&#8217;ordinateurs procéder de la sorte. Cette alliance industrielle a pour objectif de culpabiliser le chaland et de simplifier le marché en l&#8217;uniformisant. Elle place l&#8217;environnement Linux dans une situation de marginalité déligitimante, qu&#8217;il est difficile de contrer. Seriez-vous un odieux <em>hacker</em>, un mauvais <em>bidouilleur</em> incapable d&#8217;utiliser un système qui marche vraiment, attiré par la complexité et l&#8217;odieuse ligne de commande, cet irréaliste idéaliste technoborné, faisant joujou avec son bidule <em>high-tech underground</em>? Vous feriez mieux d&#8217;aller jouer à Linux dans les caves de Berlin&#8230;</p>
<h1>Pourtant&#8230;</h1>
<p>Cette situation pourait durer longtemps ainsi. Pourtant, Linux entre dans l&#8217;actualité quotidienne de personnes qui sont très loin d&#8217;être technophiles. Le signal a été donné par ma soeur. Débrouillarde mais pas absolument pas férue d&#8217;informatique, elle a toujours pensé que sa machine devait avant tout marcher, et trouvait son grand-frère excessivement techno. Elle s&#8217;est donc tenue loin de toutes ses pérégrinations linuxiennes, jusqu&#8217;à ce jour de printemps où son collègue lui a installé Linux. Pourquoi? Parce que son Windows était à bout de course. Elle allait jeter l&#8217;ordinateur avec le système&#8230; et son collègue lui a gentiment proposé de faire un dernier essai, pour voir si le cadavre bougeait encore. Miracle, me dit-elle! Elle a une machine véloce, qui réalise 100% des missions qu&#8217;elle lui confie. Et elle me demande comment virer son Windows installé en dual-boot, par sécurité&#8230; Elle utilise un webmail, OpenOffice, Firefox, Facebook et Netvibes. Point. <a href="http://twitter.com/marind/" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/twitter.com/marind/?referer=');">Mon fil Twitter</a> semble frémir face à cette option et je découvre des cas similaires. Est-ce une révolte? Non, Sire, une Révolution! Se pourrait-il donc que Linux soit parvenu à un degré de maturité tel qu&#8217;il soit désormais en mesure de faire de l&#8217;ombre à ses concurrents?</p>
<p>Pour en avoir le coeur net, j&#8217;ai décidé de sauver belle-maman des griffes de Windows. Son histoire est simple : achat d&#8217;un PC portable 17&#8243; de marque HP à la FNAC. Celui-ci embarque un Windows Vista horriblement buggué, plus rapide qu&#8217;un pélican englué, et qui plante plusieurs fois par jour, dès le premier allumage. Une honte! A un point tel que j&#8217;ai dû installer un Windows Seven par dessus, récemment, pour redonner vie à cette machine pourtant neuve&#8230; Mais j&#8217;ai fait le test avec une version de Windows circulant sur le réseau, n&#8217;ayant pas envie de vider le portefeuille de belle-maman alors qu&#8217;elle a une licence de Windows Vista dans la sacoche de son rutilant HP (mais pas de CD, car il n&#8217;y a pas de petite économie). Comme Microsoft a détecté que je n&#8217;avais pas payé de licence, il affiche sur le poste des messages d&#8217;alerte m&#8217;indiquant que, décidément, je suis un honteux pirate et belle-maman est très inquiète. Du coup, de la colère, je me suis laissé convaincre par les amis et vais tenter le virage. Accrochez vos ceintures, belle-maman, vous passez à Linux!</p>
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		</item>
		<item>
		<title>PizzaWeb. Garderons-nous le mot &#171;&#160;crowdsourcing&#160;&#187; dans notre langue ?</title>
		<link>http://blog.homo-numericus.net/article10527.html</link>
		<comments>http://blog.homo-numericus.net/article10527.html#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 04 Jun 2010 08:48:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marin Dacos</dc:creator>
				<category><![CDATA[Digital Humanities]]></category>
		<category><![CDATA[Nouveau mot]]></category>
		<category><![CDATA[Web]]></category>

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		<description><![CDATA[L&#8217;arrivée du mot care dans le discours du Parti socialiste français m&#8217;a étonné et inquiété par sa forme. La force de légitimation du vocabulaire anglais semble n&#8217;avoir plus de limite. Or, les acteurs du numérique ont un vocabulaire fortement anglophone. Parfois, c&#8217;est logique, et je ne fais pas partie des gens marqués par un complexe obsidional dans le domaine linguistique. J&#8217;aime bien me représenter la langue française comme la table d&#8217;un grand banquet, auquel sont conviés les génies des langues de tous les pays du monde, de pizza à Web, de même que restaurant est un mot français qui a dépassé nos frontières linguistiques. Mais, trop souvent, nous utilisons des termes anglais sans choix,  par défaut, par inertie ou, plus précisément, par incapacité à réagir au flot de nouveautés. Il est donc intéressant de se pencher, de temps en temps, sur cette question. J&#8217;avais commencé un travail de réflexion terminologique sur les mots tournant autour des blogs (Do you speak blog?). Je crois que nous devrions prendre le temps de nous arrêter un moment de temps en temps, pour nous regarder, nous écouter et nous lire en train de parler, écrire et penser. Il ne s&#8217;agit pas de contrer l&#8217;influence [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left;">
<div id="attachment_10529" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.flickr.com/photos/surrealmuse/4757004/" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.flickr.com/photos/surrealmuse/4757004/?referer=');"><img class="size-medium wp-image-10529" title="Magnetic Poetry, par Surreal Muse, licence CC" src="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2010/06/4757004_69f7ec8fea_o-300x240.jpg" alt="Magnetic Poetry, par Surreal Muse, licence CC" width="300" height="240" /></a><p class="wp-caption-text">Magnetic Poetry, par Surreal Muse, licence CC</p></div>
<p>L&#8217;arrivée du mot <em>care</em> dans le discours du Parti socialiste français m&#8217;a étonné et inquiété par sa forme. La force de légitimation du vocabulaire anglais semble n&#8217;avoir plus de limite. Or, les acteurs du numérique ont un vocabulaire fortement anglophone.  Parfois, c&#8217;est logique, et je ne fais pas partie des gens marqués par un complexe obsidional dans le domaine linguistique. J&#8217;aime bien me représenter la langue française comme la table d&#8217;un grand banquet, auquel sont conviés les génies des langues de tous les pays du monde, de <em>pizza</em> à <em>Web</em>, de même que restaurant est un mot français qui a dépassé nos frontières linguistiques. Mais, trop souvent, nous utilisons des termes anglais sans choix,  par défaut, par  inertie ou, plus précisément, par incapacité à réagir au flot de  nouveautés. Il est donc intéressant de se pencher, de temps en temps,  sur cette question.</p>
<p>J&#8217;avais commencé un travail de réflexion terminologique sur les mots tournant autour des blogs (<a href="http://blog.homo-numericus.net/article165.html">Do you speak blog?</a>). Je crois que nous devrions prendre le temps de nous arrêter un moment de temps en temps, pour nous regarder, nous écouter et nous lire en train de parler, écrire et penser. Il ne s&#8217;agit pas de contrer l&#8217;influence anglo-américaine, mais de travailler en conscience, avec une boîte à outils conceptuelle et technique fine, assumée et précise.</p>
<h1><em>Crowdsourcing</em></h1>
<p>Difficile à prononcer correctement en français, ce mot décrit un phénomène majeur du Web. Puissant et précis, sa sonorité me semble un véritable obstacle à sa transposition en français. La <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Crowdsourcing" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/fr.wikipedia.org/wiki/Crowdsourcing?referer=');">notice Wikipedia française</a> propose &laquo;&nbsp;approvisionnement par la foule&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;impartition à grande échelle&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;externalisation à grande  échelle&nbsp;&raquo;. Tout ceci me paraît difficile à mettre en oeuvre.</p>
<p><strong>Proposition : </strong><strong>enrichissement collaboratif.</strong></p>
<h1><em>Community manager</em></h1>
<p>Définit par l&#8217;APEC comme celui qui &laquo;&nbsp;a pour  mission de fédérer les internautes via les plateformes internet autour  de pôles d&#8217;intérêts communs (marque, produits, valeurs&#8230;), d&#8217;animer et  de faire respecter les règles éthiques de la communauté&nbsp;&raquo;. On utilise parfois <a href="comme &quot;animateur de communautés web&quot;,">animateur de communautés web</a>, ou <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Gestionnaire_de_communaut%C3%A9" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/fr.wikipedia.org/wiki/Gestionnaire_de_communaut_C3_A9?referer=');">gestionnaire de communautés</a>. On a proposé &laquo;&nbsp;<a href="http://www.pr2peer.net/2008/07/community-manag.html" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.pr2peer.net/2008/07/community-manag.html?referer=');">attaché de web</a>&laquo;&nbsp;, mais je trouve que cela relie trop à la communication. Le mot &laquo;&nbsp;communauté web&nbsp;&raquo; a beaucoup de sens, et je crois qu&#8217;il faudrait parvenir à le conserver. Gestionnaire fait penser à l&#8217;administration, animateur associe peut-être trop à l&#8217;animateur de colonies de vacances. Mais, à tout prendre, je préfère un animateur à un gestionnaire, et un mot peut avoir plusieurs connotations. Bien souvent, il s&#8217;agit d&#8217;un modérateur de communauté, mais il joue un rôle bien plus large, car c&#8217;est véritablement quelqu&#8217;un qui accueille, qui dit aux nouveaux venus : &laquo;&nbsp;sentez-vous chez vous&nbsp;&raquo;, qui encourage la prise de parole et l&#8217;expression. C&#8217;est quelqu&#8217;un qui donne envie de travailler ensemble, qui donne du sens collectif à l&#8217;apparent désordre des individualités ; c&#8217;est aussi un passeur, c&#8217;est-à-dire quelqu&#8217;un qui transmet aux plateformes la situation de la &laquo;&nbsp;communauté&nbsp;&raquo;, et qui transmet, dans l&#8217;autre sens, les règles et capacités de la plateforme au service de la communauté. De ce point de vue, c&#8217;est un intercesseur, un médiateur. C&#8217;est quelqu&#8217;un qui est &laquo;&nbsp;chargé des gens&nbsp;&raquo;, si on peut se permettre une telle expression. Le médiateur est, au fond, le meilleur terme, mais il est utilisé en France pour désigner les personnes qui font de la médiation sociale, dans les populations défavorisées, et pour recevoir les plaintes et complaintes des lecteurs d&#8217;un journal ou des téléspectateurs d&#8217;une chaine de télévision&#8230;</p>
<p><strong>Proposition : chargé de médiation pour communauté web.</strong></p>
<h1>Digital evangelist</h1>
<p>En France, les &laquo;&nbsp;évangélistes numériques&nbsp;&raquo; risquent de passer pour les têtes de ponts de sectes. La connotation religieuse est difficile à accepter dans notre conception laïque, et la langue s&#8217;en fait le porteur. Pire, ce sont bien souvent des &laquo;&nbsp;Chief evangelist&nbsp;&raquo; qui sont désignés comme tels avec une mission d&#8217;évangélisation des foules à un produit particulier, c&#8217;est-à-dire des VRP de luxe. Dans cette dernière expression &laquo;&nbsp;chef&nbsp;&raquo; a remplacé &laquo;&nbsp;digital&nbsp;&raquo;, ce qui ajoute à la dimension markenting moderne, quel que soit le &laquo;&nbsp;produit&nbsp;&raquo;, quel que soit le secteur. On entend parfois également &laquo;&nbsp;Digital activist&nbsp;&raquo;, qui a perdu la connotation religieuse, mais qui risque d&#8217;affoler les médias, toujours enclins à considérer que les hackers, pour ne pas dire les terroristes du 3e millénaire, sont au coin de la rue. Les dits <em>hackers</em> ne sont pourtant pas des pirates, mais c&#8217;est ainsi que le mot a été traduit. Un bon exemple d&#8217;adoption d&#8217;un terme anglais, avec perversion de son sens au moment du passage de la frontière&#8230;Pour ceux qui ont inlassablement diffusé et défendu des idées nouvelles qui ont fini par l&#8217;emporter, l&#8217;université français utilise volontiers le terme de pionniers. Cela élimine la dimension sociale, avec la force de conviction du porteur de la &laquo;&nbsp;bonne parole&nbsp;&raquo;, mais permet de maintenir l&#8217;idée d&#8217;une conquête nécessaire.</p>
<p><strong>Proposition : </strong><strong>pionniers du numérique.</strong></p>
<h1>Early adopters</h1>
<p>Les &laquo;&nbsp;premiers adoptants&nbsp;&raquo; sont une traduction mot à mot, assez lourde, mais techniquement exploitable. Je lui préfère primo-adoptants, parce que ça m&#8217;amuse d&#8217;utiliser la même racine que les primo-arrivants, ces immigrés venant d&#8217;arriver dans leur nouveau pays d&#8217;adoption, qui sont en général en situation très difficile, ayant à acquérir de nouveaux repères linguistiques, culturels et même économiques. La notion d&#8217;<em>early adopters</em> a également une connotation supplémentaire: ce sont des éclaireurs, certains diraient des influenceurs, par leur rôle de défricheurs de nouveaux usages numériques, qui servent ensuite de modèle et d&#8217;exemples. Comme nous sommes dans une société de consommation, il y a souvent confusion entre les amateurs de gadgets qui font procession le matin dans un <em>i-</em>magasin le jour de la sortie du dernier <em>i-</em>gadget pour lequel roulent les <em>i-</em>médias.</p>
<p><strong> Propositions : </strong></p>
<p>1) <strong>primo-adoptants</strong> : pour ceux qui explorent les usages possibles du numérique, même sans marque, même obscur, même sans grade.</p>
<p>2) <strong>gadgétophiles (ou victimes des gadgets) </strong>: pour ceux qui ont une oreillette bluetooth même quand ils ne téléphonent pas et ne font pas des travaux manuels (respect) ou pour ceux qui ont un budget d&#8217;<em>i-</em>acquisition de <em>i-</em>matériel supérieur à leur budget lecture. <span style="text-decoration: line-through;">Ben quoi, je ne suis pas en train de rédiger le Petit Robert, j&#8217;ai bien le droit de manifester un petit peu de subjectivité, non?</span></p>
<h1>Hackers</h1>
<p>Ce ne sont pas des pirates. Les pirates de jeux vidéos <em>crackent</em> des logiciels, ils ne les <em>hackent</em> pas. Les <em>hackers</em> sont des bidouilleurs, souvent géniaux, au moins astucieux. Ce sont les gens qui, au XXIe siècle, s&#8217;amusent à comprendre comment ça marche, de la même manière que mon grand-père réparait sa moissonneuse batteuse lui-même dans les années 1950 (véridique). Il y a des <em>hackers</em> sympas, d&#8217;autres antipathiques. Les premiers continuent à parler un langage humain articulé. Les autres ont mis en place une stratégie technocratique comme une autre, qui est la constitution d&#8217;une frontière linguistique entre eux et le reste du monde. Les <em>hackers</em> seront les résistants de demain. Lors de la deuxième guerre mondiale, pour résister au nazisme, il fallait du courage, des convictions, et savoir utiliser des armes à feu ou les armes à mots. Dans le XXIe siècle, le réseau aura besoin de personnes armées, s&#8217;il fallait contrer une avancée totalitaire. Cela dit, il n&#8217;est pas nécessaire d&#8217;être un <em>hacker</em> pour être respectable&#8230; il y a d&#8217;ailleurs très peu de vrais <em>hackers</em>. Je n&#8217;en connais qu&#8217;une poignée. Je crains que leur proposer le mot &laquo;&nbsp;bidouilleurs&nbsp;&raquo; ne leur plaise guère, alors que, pour moi, c&#8217;est très noble, au sens que donne Tristan Nitot à la <a href="http://standblog.org/blog/post/2009/10/01/Bidouillabilit%C3%A9-%3A-une-d%C3%A9finition" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/standblog.org/blog/post/2009/10/01/Bidouillabilit_C3_A9-_3A-une-d_C3_A9finition?referer=');">bidouillabilité</a>. C&#8217;est vrai que bidouille fait un peu penser aux Bidochons et à l&#8217;andouille, toutes choses très françaises, mais il me semble possible de rendre ses lettres de noblesse à ce terme.</p>
<p><strong>Proposition : bidouilleurs de génie.</strong></p>
<h1><strong>Hackability</strong></h1>
<p><strong>Proposition : bidouillabilité.<br />
</strong></p>
<blockquote><p><a href="http://standblog.org/blog/post/2009/10/01/Bidouillabilit%C3%A9-%3A-une-d%C3%A9finition" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/standblog.org/blog/post/2009/10/01/Bidouillabilit_C3_A9-_3A-une-d_C3_A9finition?referer=');">Définition complète</a> par Tristan Nitot de bidouillabiilité : <strong>Bidouillabilité</strong> <em>nom féminin</em>, traduction du  terme anglais <em>Hackability</em>. Capacité – pour un objet technique  ou un outil – à être détourné de sa vocation initiale en vue d&#8217;essayer  de lui trouver de nouveaux usages. Se dit d&#8217;un système dont on peut  observer le fonctionnement interne pour le comprendre, en vue de le  modifier. Issu du terme anglais <em>Hacker</em> qui a donné <em>hackability</em>,  qu&#8217;il ne faut pas prendre au sens de pirate informatique (abus de  langage récent, surtout dans les médias). La bidouillabilité ne tient  pas compte de la légalité de la démarche : quand on détourne l&#8217;usage  d&#8217;un système technique de façon créative, c&#8217;est démontrer sa  bidouillabilité, que la démarche soit légale ou pas. Voir aussi le <a hreflang="en" href="http://standblog.org/blog/post/2009/10/01/Bidouillabilit%C3%A9-%3A-une-d%C3%A9finition" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/standblog.org/blog/post/2009/10/01/Bidouillabilit_C3_A9-_3A-une-d_C3_A9finition?referer=');">Jargon file</a> : <a hreflang="en" href="http://catb.org/jargon/html/meaning-of-hack.html" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/catb.org/jargon/html/meaning-of-hack.html?referer=');">The  meaning of Hack</a>, qui définit le <em>hack</em> comme étant &laquo;&nbsp;une  démonstration de créativité intelligente&nbsp;&raquo;.</p></blockquote>
<h1><em>Freemium</em></h1>
<p>Ce terme désigne un modèle économique associant une offre  gratuite, en libre accès, et une offre « Premium », haut de gamme, en  accès payant (découvrant que Wikipedia ne contenait pas ce mot, j&#8217;ai créé la notice, à vous de l&#8217;enrichir : <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Freemium" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/fr.wikipedia.org/wiki/Freemium?referer=');">http://fr.wikipedia.org/wiki/Freemium</a>). Cette contraction entre gratuit et <em>premium</em>, dont la langue anglaise a le secret, pour ne pas dire le génie, aura du mal à être supplantée par Gratuitmium ou &laquo;&nbsp;Gratuit pour tous, payant pour la version maxi-luxe&nbsp;&raquo;, <em>GratospourtousPayantpourlesautres</em>, ou toute autre invention. <em>Free</em> est un mot simple et compris par tous. <em>Freemium </em>a une terminaison latine, par ailleurs, qui devrait le conforter. Bref, en un mot comme en 100, je propose donc de conserver le mot original.</p>
<p><strong>Proposition : <em>Freemium</em>.<br />
</strong></p>
<h1><em>Digital humanities</em></h1>
<p>Stratégiquement, il me paraissait important de rédiger un <a href="http://tcp.hypotheses.org/318" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/tcp.hypotheses.org/318?referer=');">Manifeste des Digital humanities</a> incluant ce terme en anglais (<a href="http://tcp.hypotheses.org/411" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/tcp.hypotheses.org/411?referer=');">version anglaise</a> du Manifeste, pour les curieux), pour construire une communauté s&#8217;inscrivant directement dans un mouvement international au sein duquel nous ne serons ni suiveurs ni copieurs, mais dont nous serons membres à part entière. Cela était fait, il paraît évident que nous pourrons prochainement utiliser Humanités numériques. D&#8217;ici-là, je crois qu&#8217;une réflexion sur le fatras de termes désignant nos disciplines s&#8217;imposera : Lettres, Arts, Sciences humaines, Sciences sociales, Sciences humaines et sociales&#8230; n&#8217;en jetez plus! Humanités pourrait prendre un sens neuf, en recouvrant l&#8217;ensemble des disciplines citées, sans exclusive. Cela nous offrirait plus de force, en tant que groupe s&#8217;étant donné l&#8217;homme pour objet d&#8217;étude, que ce soit à travers la façon dont il se meut en société, la façon dont il crée ou dont il use de langages. Ma conviction est que nous pourrions ainsi dépoussiérer les <em>humanités</em> et leur conférer noblesse et globalité, en les redéfinissant. Ce devrait être l&#8217;objet d&#8217;un futur billet, mais je propose donc comme traduction, pour bientôt, humanités numériques<em>.</em> Le terme a donné son titre à un livre publié aux éditions Lavoisier. Pierre Mounier et moi-même avions signé un chapitre de ce livre. Mais, recevant le contrat envoyé par l&#8217;éditeur, nous avons découvert qu&#8217;il exigeait une cession exclusive de nos droits sur ce texte, nous interdisant explicitement de le déposer dans une archive ouverte, refusant même de négocier une période de barrière mobile&#8230; Nous avons donc refusé la publication de ce chapitre, qui a été transformé par l&#8217;éditeur en page blanche. Nous l&#8217;avons ensuite publié dans la revue <a href="http://necplus.eu/action/displayIssue?jid=CML&amp;volumeId=2009&amp;issueId=159" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/necplus.eu/action/displayIssue?jid=CML_amp_volumeId=2009_amp_issueId=159&amp;referer=');"><em>Communication &amp; langage</em></a> : &laquo;&nbsp;Sciences et société en interaction sur Internet. Éléments pour une  histoire de l’édition électronique en sciences humaines et sociales&nbsp;&raquo;. Il est disponible pour <a href="http://journals.cambridge.org/action/displayAbstract?fromPage=online&amp;aid=2424164&amp;fulltextType=RA&amp;fileId=S0336150009001100" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/journals.cambridge.org/action/displayAbstract?fromPage=online_amp_aid=2424164_amp_fulltextType=RA_amp_fileId=S0336150009001100&amp;referer=');">les abonnés chez l&#8217;éditeur</a>. Il est également disponible sur HAL : <a href="http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/sic_00439828/fr/" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/archivesic.ccsd.cnrs.fr/sic_00439828/fr/?referer=');">http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/sic_00439828/fr/</a></p>
<p><strong>Proposition : humanités numériques.</strong></p>
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		<title>Que recouvre le terme de &#171;&#160;numérique&#160;&#187; dans l&#8217;édition ?</title>
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		<pubDate>Sat, 22 May 2010 06:29:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Piotrr</dc:creator>
				<category><![CDATA[Edition électronique]]></category>

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		<description><![CDATA[Effervescence organise la conférence : L’édition numérique : réalité et enjeux. Samedi 22 mai de 14h à 17h Amphithéâtre Guizot, 17 rue de la Sorbonne, Université de La Sorbonne, 75005 Paris. Entrée libre. Inscription sur info@effervescencesorbonne.com Invités, par ordre de passage : Pierre Mounier, enseignant à l’EHESS et auteur du livre Les Maîtres du Réseau (2001), Xavier Cazin, distributeur numérique à Immateriel.fr, Sébastien Bigo, département numérique des éditions Eyrolles, André Schiffrin, directeur de The New Press. Retrouvez le programme complet sur : http://www.paris-sorbonne.fr/fr/spip.php?article12093]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Effervescence organise la conférence : L’édition numérique : réalité et enjeux. Samedi 22 mai de 14h à 17h Amphithéâtre Guizot, 17 rue de la Sorbonne, Université de La Sorbonne, 75005 Paris. Entrée libre. Inscription sur info@effervescencesorbonne.com Invités, par ordre de passage : Pierre Mounier, enseignant à l’EHESS et auteur du livre Les Maîtres du Réseau (2001), Xavier Cazin, distributeur numérique à Immateriel.fr, Sébastien Bigo, département numérique des éditions Eyrolles, André Schiffrin, directeur de The New Press. Retrouvez le programme complet sur : <a href="http://www.paris-sorbonne.fr/fr/spip.php?article12093" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.paris-sorbonne.fr/fr/spip.php?article12093&amp;referer=');">http://www.paris-sorbonne.fr/fr/spip.php?article12093</a> </p>
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		<title>Le livre numérique est dans l’impasse, faisons le choix de l’édition électronique ouverte !</title>
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		<pubDate>Fri, 14 May 2010 07:06:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marin Dacos</dc:creator>
				<category><![CDATA[Edition électronique]]></category>
		<category><![CDATA[L'édition électronique (La Découverte, Repères)]]></category>

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		<description><![CDATA[Pierre et moi venons de publier une Tribune sur Lemonde.fr Le livre numérique est dans l’impasse, faisons le choix de l’édition électronique ouverte !, par Marin Dacos et Pierre Mounier LEMONDE.FR &#124; 13.05.10 &#124; 10h43 Ca y est, elle est là, enfin ! La voici qui arrive après avoir tant été annoncée : la révolution numérique du livre. Depuis plusieurs semaines, le monde de l’édition est agité d’une étrange fièvre technologique. Après être resté des années durant à l’écart du développement du web, les acteurs de la filière du livre semblent vouloir plonger tête baissée dans le grand bain électronique. Tandis que les rapports se multiplient, les éditeurs français focalisent leur attention sur une question importante mais plutôt étroite : le taux de TVA du livre électronique. Les vrais enjeux sont cependant d’une toute autre ampleur et ils sont peu discutés : sur le segment de la distribution et de la vente de livres électroniques, trois acteurs d’envergure internationale ont pris position et semblent bien décidés à verrouiller le marché dans une situation d’oligopole : il s’agit de Google, déjà présent avec le très contesté Google books et bientôt avec Google édition annoncé pour l’été, Amazon avec sa tablette de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.lemonde.fr/opinions/article/2010/05/13/le-livre-numerique-est-dans-l-impasse-faisons-le-choix-de-l-edition-electronique-ouverte-par-marin-dacos-et-pierre-mounier_1350573_3232.html" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.lemonde.fr/opinions/article/2010/05/13/le-livre-numerique-est-dans-l-impasse-faisons-le-choix-de-l-edition-electronique-ouverte-par-marin-dacos-et-pierre-mounier_1350573_3232.html?referer=');"><img src="http://blog.homo-numericus.net/wp-content/uploads/2010/05/Le-livre-numérique-est-dans-limpasse-faisons-le-choix-de-lédition-électronique-ouverte-par-Marin-Dacos-et-Pierre-Mounier-LeMonde.fr_-300x193.png" alt="" title="Le livre numérique est dans l&#039;impasse, faisons le choix de l&#039;édition électronique ouverte !, par Marin Dacos et Pierre Mounier - LeMonde.fr" width="300" height="193" class="alignnone size-medium wp-image-10517" /></a>Pierre et moi venons de publier une Tribune sur Lemonde.fr<br />
<a href="http://www.lemonde.fr/opinions/article/2010/05/13/le-livre-numerique-est-dans-l-impasse-faisons-le-choix-de-l-edition-electronique-ouverte-par-marin-dacos-et-pierre-mounier_1350573_3232.html" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.lemonde.fr/opinions/article/2010/05/13/le-livre-numerique-est-dans-l-impasse-faisons-le-choix-de-l-edition-electronique-ouverte-par-marin-dacos-et-pierre-mounier_1350573_3232.html?referer=');"><br />
Le livre numérique est dans l’impasse, faisons le choix de l’édition électronique ouverte !, par Marin Dacos et Pierre Mounier</a><br />
LEMONDE.FR | 13.05.10 | 10h43</p>
<p>Ca y est, elle est là, enfin ! La voici qui arrive après avoir tant été annoncée : la révolution numérique du livre. Depuis plusieurs semaines, le monde de l’édition est agité d’une étrange fièvre technologique. Après être resté des années durant à l’écart du développement du web, les acteurs de la filière du livre semblent vouloir plonger tête baissée dans le grand bain électronique. Tandis que les rapports se multiplient, les éditeurs français focalisent leur attention sur une question importante mais plutôt étroite : le taux de TVA du livre électronique.</p>
<p>Les vrais enjeux sont cependant d’une toute autre ampleur et ils sont peu discutés : sur le segment de la distribution et de la vente de livres électroniques, trois acteurs d’envergure internationale ont pris position et semblent bien décidés à verrouiller le marché dans une situation d’oligopole : il s’agit de Google, déjà présent avec le très contesté Google books et bientôt avec Google édition annoncé pour l’été, Amazon avec sa tablette de lecture Kindle, et enfin Apple son tout récent iPad. Les trois initiatives ne relèvent pas de la même logique. Elles ont pourtant des points communs et sont grosses de dangers : pour les lecteurs, pour les auteurs, et même pour les éditeurs…</p>
<p><a href="http://www.lemonde.fr/opinions/article/2010/05/13/le-livre-numerique-est-dans-l-impasse-faisons-le-choix-de-l-edition-electronique-ouverte-par-marin-dacos-et-pierre-mounier_1350573_3232.html" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.lemonde.fr/opinions/article/2010/05/13/le-livre-numerique-est-dans-l-impasse-faisons-le-choix-de-l-edition-electronique-ouverte-par-marin-dacos-et-pierre-mounier_1350573_3232.html?referer=');">Lire la suite…</a></p>
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